Rénovation au Carihem

Début 1980, l’Office public des HLM a deux projets dans ses cartons : réhabilitations au Carihem et au Nouveau-Roubaix. Mis en location en 1964, pour le relogement d’une partie des habitants des Trois Ponts d’avant l’actuelle cité, le groupe du Carihem, qui représente 228 logements s’est dégradé. Ce qui a entraîné le départ d’un grand nombre de locataires. De quoi s’agit-il exactement ? D’abord il faut remédier aux problèmes de chauffage par des travaux d’isolation thermique. Il faudrait ensuite améliorer le confort de ces logements : refaire les entrées, installer des baignoires, revoir les revêtements de sol, améliorer l’isolation acoustique des appartements, et remettre aux normes de sécurité les installations électriques.

Le Carihem en 1980 Photo Nord Éclair

Qui dit travaux, dit financements. Il y a près de 14 millions de francs à trouver. Le montage se fera de la manière suivante : 10% par les HLM, 50% par l’Etat, 10% par la communauté urbaine, une participation du Conseil régional à déterminer. Un prêt de 11% auprès du CIL et le reste financé par un prêt de la Caisse d’épargne de Roubaix.

Qui dit investissements, dit hausse des loyers pour les locataires. Là encore, un dispositif de compensation est prévu, les locataires auraient droit à l’A.P.L. (aide personnalisée au logement) à laquelle ils n’avaient pas droit jusqu’ici.

Les loyers de cette époque au Carihem sont les plus bas de l’Office de 350 francs pour un type 1 à 756 francs pour un type 5, charges comprises. La hausse serait donc compensée : un peu plus de la moitié des locataires verront leur loyer diminuer de 30 à 60 francs, un quart paieront entre 0 et 120 francs par mois, et un dernier quart de 120 à 300 francs par mois. On escompte également près de 35% d’économie de consommation de fuel suite aux travaux d’isolation thermique.

 Travaux de réhabilitation engagés en 1980 Photo Nord Éclair

Certains locataires n’ont pas attendu l’office HLM pour faire des travaux à leurs frais dans leur appartement. S’il est avéré que ces travaux font faire des économies, ils seront chiffrés et feront l’objet d’un crédit de travaux pour effectuer une autre amélioration dans le logement concerné.

La présentation de ces décisions a été faite aux locataires par lettre individuelle et par une assemblée générale. Il semble qu’elles aient trouvé l’agrément des locataires, qui ont pu par la suite choisir la couleur de la peinture des paliers, ou le papier peint à coller dans les pièces en pignon dont les murs sont affectés par les travaux d’isolation thermique.

En plus des aménagements intérieurs, il est prévu d’aménager un terrain de football et de tracer des aires de stationnement pour les voitures. Un chemin piétonnier vers la station de bus est également prévu. Les travaux ont commencé en septembre 1980 et ils dureront un an.

D’après Nord Éclair

Rénovation des HBM

En 1984, la rénovation des immeubles HBM va commencer. Comment en est-on arrivé là ? Un article daté de février 1979, relate la visite de Bernard Carton, adjoint à l’urbanisme, aux comités de quartier, et particulièrement à celui qui regroupe à l’époque les représentants du secteur Justice Hauts Champs Chemin Neuf Nouveau Roubaix Edouard Vaillant.

Il est venu pour insister sur l’importance de la concertation sur la question des aménagements futurs du quartier. Il en vient à parler de la rénovation des vieilles HBM[1], donnant sur le boulevard de Fourmies et sur l’avenue Motte. Ces grands immeubles qui ont fait la fierté du Nouveau Roubaix datent du début des années trente, et on commence à s’intéresser à leur modernisation. Un programme de réhabilitation est annoncé, qui devrait concerner 300 logements.

Les vieilles HBM dans les années soixante Collection Particulière

En avril, le journal Nord Éclair signale un certain laisser aller dans le quartier, notamment rue Rubens où les papiers rejoignent les feuilles des arbres par terre. Les riverains garent leurs voitures sur les pelouses et les transforment en bourbiers. On est loin de l’aspect champêtre et salubre des immeubles du temps de Jean Lebas.

En janvier 1980, la question a avancé : les organismes de logement social concernés sont d’accord avec le principe, mais s’inquiètent du coût pour les locataires. Le Carihem et les immeubles HBM du Nouveau Roubaix sont concernés, pour des raisons différentes, l’insonorisation pour le premier, le coup de neuf pour le second.

Les locataires eux s’inquiètent déjà : l’augmentation annuelle des loyers près de 15%, le chauffage insuffisant des hlm de la rue Carpeaux et du Nouveau Roubaix, entre autres sujets de mécontentement.

Les HBM en 1980 Photo Nord Éclair

Le mot réhabilitation ne parle pas aux habitants. Le comité de quartier organise alors en juin 1980 une réunion qui se déroule au centre familial Carpeaux. Sont invités le groupement de défense des locataires, la CSCV (Confédération Sociale du Cadre de Vie) et la CNL (Confédération Nationale du Logement). Dans le débat qui s’instaure, il apparaît qu’une part du loyer payé par les locataires doit servir à l’entretien et aux réparations des logements, ce qui n’a pas l’air d’être le cas. Une dame témoigne : voilà 56 ans que j’habite dans mon appartement et jamais de gros travaux n’ont été réalisés ! Les locataires font part de leurs craintes quant à l’augmentation du loyer qu’entraînera la réhabilitation.

à suivre

D’après Nord Éclair

[1] Habitations à bon marché construites en deux tranches fin des années vingt et début des années trente