Auguste et Louis Derryx

Au début des années 1900, Auguste Derryx crée son commerce, au 301 rue du Tilleul ( aujourd’hui rue Jules Guesde ), à l’enseigne : « La grande maison blanche ».

Publicité 1932 ( document collection privée )

C’est le supermarché avant l’heure ; on y trouve presque tout : articles de chauffage, cuisinières, meubles, vêtements, chaussures, draps, lingerie, machines à coudre, vélos, etc. Chacun se pose toujours la même question : comment vendre autant de produits différents dans si peu de place, car l’échoppe est petite. Auguste a le sens du commerce ; il est très disponible, le magasin est ouvert de 8h à 20h sans interruption et même le dimanche matin jusque midi.

Publicité 1937 ( document collection privée )

Il accorde des facilités de paiement à tous les clients ( 10% à la commande et le reste en 10 mensualités avec un taux d’intérêt très faible ), ce qui permet à son commerce de connaître un succès grandissant ; la clientèle de ce quartier populaire et ouvrier, n’a pas toujours les moyens d’acheter au comptant. En 1938, Louis Derryx, le fils d’Auguste, reprend l’affaire. Il abandonne progressivement les meubles, vêtements et autres produits, pour distribuer principalement les 2 roues, car il est passionné de vélo et moto.

( documents collection privée )

Après guerre, en 1945, Louis Derryx fait modifier sa façade, et ne vend plus que des bicyclettes, cyclomoteurs et motocyclettes. Il distribue les marques Aiglon et Vespa, et, dans les années 60, les cycles Peugeot. Il assure l’entretien, les réparations, et vend des pièces détachées.

Publicité 1960 ( document collection privée )

La façade du 301 rue J Guesde ( document Pile à cœur )

Tous les ans, Louis organise « le petit tour du Pile à vélo » avec ses fameuses courses à étapes et ses animations radiophoniques. Louis a été bien formé par son père et sa devise reste la même : le service avant tout.. Il installe une cabine téléphonique, pour que les clients puissent appeler ; il sert de scribe, rédige des courriers et monte des dossiers administratifs ; il emmène des malades à l’hôpital de la Fraternité. Il est très près de ses clients : un grand cœur ouvert aux autres.

Louis Derryx ( document Pile à cœur )

Au début des années 1970, Louis Derryx cède son commerce de cycles à A Debenne qui continue l’activité, avant de fermer le magasin au milieu des années 1980.

la façade dans les années 1990 ( document Archives Municipales )

Récemment, le 301 rue Jules Guesde et les maisons voisines ont été rasées, dans le cadre d’un important programme de rénovation du quartier du Pile

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Remerciements aux Archives Municipales, ainsi qu’à Serge Leroy et Raymond Plateau

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Le bazar des halles

Alfred Devriese est né en 1897 à Roubaix. Il se marie en 1921 avec Marguerite Duthilleul, née en 1902. Alfred et Marguerite Devriese reprennent le commerce d’articles de ménage de C. Vanparys-Deldique, au 4 rue Pierre Motte, au milieu des années 1920. Ils s’installent un peu plus loin, au 37 de la même rue, dans un local beaucoup plus vaste, et créent « Le Bazar des Halles ». La rue Pierre Motte est une artère commerçante ; les halles de Roubaix sont à deux pas ; le nouvel hôtel des postes est en construction, et ils habitent sur place.

( Document Archives Départementales )

( Document coll. priv. )

Ils décident de vendre un peu de tout, sans vraiment se spécialiser dans une activité précise ; c’est « le bazar », comme on appelle à l’époque ce genre de magasin. On y trouve donc de tout : Faïences, Verrerie, Articles de ménage, Objets d’art, Objets fantaisie, Jouets, Lustres, Meubles, Voitures d’enfants, Laveuse-batteuse, Postes de radio. Dans les années 30, les affaires sont florissantes. La clientèle apprécie de trouver beaucoup de choses, à un prix défiant toute concurrence, sous un même toit.

( Documents coll. priv. )

Alfred est toujours à l’affût d’événements qui peuvent améliorer ses affaires. Dans les années 1940, l’activité musicale roubaisienne se concentre au cœur de la ville, autour des halles, et la rue Pierre Motte se transforme en « rue du jazz ». Les principaux commerces créent leur formation de jazz et de swing. Dans cette rue, nous trouvons l’orchestre de Jean Poulin au 55, le Celtic au 11 (voir précédent reportage), et la Rotonde à l’angle du Boulevard Gambetta. Alfred Devriese constate le succès de ses confrères, et décide de former un orchestre, en débauchant des musiciens (dont Richard Herne) de ses concurrents. Une fois l’époque des zazous et du swing terminée, chacun reprend ses occupations et Alfred retourne à ses casseroles.

( Document Charles Verstraete )

Les années 50 connaissent un bouleversement du commerce de l’électro ménager, et Alfred a bien l’intention d’en profiter. Il distribue les téléviseurs Télérêve, les réfrigérateurs Frigéavia et les machines à laver Flandria fabriquées à Wattrelos. Il remplace son enseigne « le bazar des halles » par son nom propre : les Ets Devriese.

( Documents coll. priv. )

Pour faire face au développement de son magasin, il en fait transformer la façade et installe un auvent, en 1956, pour un montant total de 3.000.000 Frs. En 1966, il se spécialise en installateur agréé GDF et crée un rayon de chauffage central au gaz.

( Documents coll. priv. )

En 1967, arrive la télévision couleur. Alfred compte bien profiter de cette occasion exceptionnelle, pour vendre ses téléviseurs Téléavia.

( Documents coll. priv. )

Alfred Devriese prend sa retraite et cède son commerce, en 1977, à Christiane Vanaldewelt qui va changer complètement l’activité. Le bazar des halles change d’enseigne et devient « Au Grand Marché ». C’est un commerce de fruits, légumes et fleurs ; viennent ensuite un rayon poissonnerie, boulangerie et crémerie.

( Documents coll. priv. )

( Document Archives Municipales )

En 1998, une nouvelle enseigne « Nouveau Siècle » voit le jour. C’est un commerce de bijoux, maroquinerie, cadeaux, bibelots et articles de décoration géré par Nicolas et Hélène Chu.

( Photo BT )

Aujourd’hui, et depuis 2013, nous trouvons un magasin de vêtements et sacs à main, à prix discount, à l’enseigne « Roubaix modes ».

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Remerciements aux Archives Municipales.

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