La piscine des trois villes

C’est en juillet 1974 que débutent les travaux de construction de la piscine des Hauts Champs, l’appellation piscine des trois villes viendra plus tard. Elle doit ouvrir fin août, début septembre 1975. En mai, on annonce que le gros œuvre ne sera terminé qu’en juin, et qu’il faudra s’occuper des abords, de la construction de la maison du concierge, du gazon, et poser une clôture. Bref, le chantier a pris du retard. Les habitants espèrent toutefois que la structure sera ouverte pour l’été, car l’équipement répond à la demande des familles qui ne partent pas en vacances. Mais ce sera plutôt pour septembre, car le problème du personnel n’est pas encore réglé. Si l’on a trouvé un gérant, le syndicat intercommunal doit encore recruter trois maîtres nageurs diplômés.

Le chantier de la piscine en mai 1975 Photo Nord Eclair

En juin, le syndicat intercommunal reçoit une délégation de l’union des associations des trois villes, et la piscine est à l’ordre du jour. Les participants s’entendent sur quatre points : l’ouverture de la piscine aux handicapés adultes avec deux séances spécifiques par semaine, l’accès réservé pour deux séances hebdomadaires à un club de natation représentatif des trois villes, l’ouverture aux scolaires et la mise en place d’un accueil favorisant les relations humaines. Deux questions restent posées : l’ouverture pour l’été et les tarifs. Le principe d’une concertation régulière est adopté, et l’on se penche déjà sur le projet d’aménagement d’un terrain d’aventures derrière la Grande Barre.

La piscine pendant l’été 1976 Photo Nord Matin

Un an plus tard, à l’occasion de la grande canicule de l’été 1976, les habitants apprécient qu’on ait construit une piscine avec un toit ouvrant et une porte coulissante. Le temps a fait mentir les météorologues, il fait beau et chaud, même dans le Nord ! Les jeunes du quartier des trois villes ont pu bénéficier de cette piscine à ciel ouvert dont beaucoup avaient prédit qu’on la laisserait couverte. Il reste encore des aménagements à réaliser sur le pourtour. Cette piscine connaîtra une première rénovation en 1992. Elle bénéficie à nouveau d’un vaste chantier de rénovation, prévu jusqu’en novembre 2011.

Le syndicat et la piscine

Le 4 février 1971 une réunion regroupe au centre social des Hauts Champs les trois municipalités de Hem, Lys lez Lannoy et Roubaix, le CIL, les grandes administrations et les associations de locataires. Le principe de la création d’un syndicat intercommunal est adopté, dont la mission sera de définir les besoins du quartier en équipements, et de les réaliser.  Il y a plus de dix ans que le quartier existe, et l’on se préoccupe enfin d’en faire autre chose qu’une cité dortoir.

M. Leplat, maire d’Hem estime que ce syndicat devra s’occuper des équipements sportifs et socio culturels, et que cette association permettra d’obtenir des subventions plus importantes. M. Thibeau, adjoint au maire de Roubaix, pense que le quartier des Trois Villes forme un tout qui bénéficie d’équipements scolaires en nombre suffisant, mais pour le reste, il faut compléter. M. Desmulliez,  maire de Lys, voit dans cette création de syndicat la possibilité d’éviter les établissements concurrentiels. Un plan d’aménagement d’ensemble pourra ainsi être mis au point.

Historiquement la construction des logements par le cil et l’office départemental des hlm s’est faite pour répondre à la demande importante des logements, sans qu’il soit pensé aux équipements collectifs. Ils ont ainsi paré au plus pressé. De plus, rappelle M. Gacon, directeur du CIL, ces immeubles ont été réalisés avec des financements ne permettant pas de faire autre chose que du logement. Il ajoute que la vocation du CIL est de construire des logements, non des crèches ou des bureaux de poste. L’environnement, c’est-à-dire les espaces verts et l’installation de l’éclairage public aussi, pas plus loin.

Puis c’est au tour des édiles de s’exprimer sur l’état des lieux. M. Leplat rappelle l’avis défavorable donné par sa municipalité à la construction de la grande barre. Un projet d’assainissement aurait du être préalable, celui du riez d’Elbecq, obtenu récemment quinze ans après l’accord pour la construction de la cité (3 décembre 1956). Il estime que les structures scolaires sont suffisantes, et que les deux salles de sport (Brossolette sur Roubaix et rue Blaise Pascal sur Hem) doivent pouvoir répondre aux besoins. Le plus urgent est d’aménager le terrain de sport derrière la grande barre, dont la réalisation est prévue.

Aménager le terrain derrière la Grande Barre…Photo Nord Eclair

M. Thibeau ne voit pas la nécessité d’un dispensaire, d’une crèche ou d’une pouponnière dans l’immédiat. Il faudrait par contre une structure du type foyer socio éducatif de Wattrelos. Il manque de salles de réunion dans le quartier, le centre social ne peut suffire. Il faudrait aussi quelques cafés dans le secteur. Le roubaisien pense que ses élus roubaisiens ne seront pas tentés par la construction d’une nouvelle salle de sport, ni d’une piscine, des efforts ayant déjà été faits dans la ville. Mais il est d’accord pour l’aménagement du terrain derrière la grande barre, et propose même de prendre en charge une partie du drainage. Le lyssois Desmulliez souhaite des équipements qui serviront au plus grand nombre : salle de réunions réclamées par la population, espaces verts, petits coins de détente, équipements sportifs. Lys participera au financement d’équipements aux Hauts Champs, d’autant qu’il y aura bientôt 1000 habitants lyssois dans le quartier de Longchamps. Il envisage un certain nombre d’aménagements derrière l’école maternelle Anatole France, un petit terrain omnisports et une salle de réunion… Les trois représentants sont d’accord pour refuser l’implantation de mairies annexes dans le quartier, mais plutôt des bureaux de renseignement où l’on n’y établira pas d’actes d’état civil. La création d’une  commune libre ou le rattachement du quartier à l’une des trois villes, sont envisagés, mais la solution du syndicat intercommunal est retenue, avec le souhait de la participation des habitants !

 …un souci partagé par les trois villes Photo Nord Eclair

La création du syndicat intercommunal est actée plus d’un an après en mars 1972. A ce moment, le projet d’une piscine entre la maison médicale et le groupe Longchamps est arrêté. Elle sera réalisée dans le cadre de l’opération des 1000 piscines industrialisées de la jeunesse et des sports. Le quartier des trois villes aura une piscine couverte avec un bassin de 25 mètres sur 10, et elle sera construite à partir de 1973. Son coût : 1.250.000 francs, l’Etat finance à hauteur de 300.000 francs, et le reste est à la charge des communes, en gestion tripartite. Le maire d’Hem estime déjà le déficit annuel à 10 millions de francs. La création du syndicat a vraisemblablement été accélérée pour obtenir cette piscine.

Gymnastique volontaire

gymLa section de gymnastique volontaire Jean Macé Pasteur Photo communiquée par Gillette Mullié

Le projet était « dans les cartons » de l’amicale Jean Macé Pasteur depuis plusieurs mois. En juin 1971, il devient une réalité. Une cinquantaine de dames se retrouvent désormais tous les lundis de 19 h 30 à 20 h 30 pour pratiquer la gymnastique volontaire sous la conduite de Mme Gillette Mullié, professeur d’éducation physique. Dans ce quartier en pleine mutation du Pile et des Trois Ponts, la création d’une section de gymnastique volontaire permet aux dames de conserver forme et entrain dans la bonne humeur. Cette activité demandée depuis longtemps se déroule dans la salle des sports du boulevard de Mulhouse, déjà haut lieu du basket féminin. Cette section de l’amicale Jean Macé Pasteur est présidée par Mme Odette Vroman, entourée par Mmes Honoré et Verspeeeten, secrétaire et trésorière. En avez vous fait partie ? A vos souvenirs !

Tournoi 71

florin&cadetteLe Président Florin récompense la capitaine des cadettes Photo Nord Éclair

Le club sportif Jean Macé Pasteur organise en mai 1971 un tournoi ouvert à toutes les catégories, masculines et féminines. Cet événement couronne une brillante saison. Les minimes qui remportent la coupe du Nord UFOLEP sont championnes du Nord UFOLEP : vingt huit matches sans défaite ! Les cadettes reçoivent le trophée Nord Eclair, et quatre d’entre elles vont participer à un tournoi en Allemagne de l’est au début du mois de juillet.

Mademoiselle Christine Delmarle, qui entraîne bénévolement les joueuses de Jean Macé, reçoit  la plaquette de la ville. Les dirigeants sont également mis à l’honneur pour la parfaite organisation du tournoi : le secrétaire du club, Jean Pierre Mahieu, son adjoint Robitaille et le trésorier Verspeeten.

provo&basketteusesVictor Provo félicite les basketteuses du Club Sportif Jean Macé Pasteur Photo Nord Éclair

Après la lecture du palmarès par le Président du Club, M. Florin, c’est au tour du maire Victor Provo de féliciter organisateurs et participants, et  d’engager les jeunes à suivre avec assiduité les entraînements.

Le club sportif Jean Macé Pasteur prévoit pour la saison prochaine d’engager dix équipes de basket, la création d’une section de volley et celle d’une section de gymnastique volontaire. Beau programme d’un club au brillant palmarès !

L’école de basket

ecoledebasketL’école de basket du Club Sportif Jean Macé Pasteur en 1969 Photo Nord Éclair

L’ouverture de la salle des sports du boulevard de Mulhouse va permettre au Club Sportif Jean Macé Pasteur de développer son école de basket du jeudi. A l’époque le club accueille 87 jeunes filles et les garçons demandent aussi à s’inscrire, des équipes supplémentaires sont donc à prévoir pour la saison prochaine. La réunion de commission qui a lieu le 19 avril 1969, et qui regroupe les membres dirigeants ainsi que les délégués, managers d’équipe et entraîneurs bénévoles, fut ouverte à toutes les personnes qui désiraient se dévouer à la cause des jeunes sportifs. Cette réunion se déroula dans la salle des fêtes rue d’Anzin, aujourd’hui appelée Richard Lejeune, du nom d’un ancien Président de l’amicale Jean Macé.

De plus, une section de ping-pong  rejoignait le club, et une section de gymnastique volontaire pour les dames était en voie de formation, dont nous reparlerons dans un autre article. Pour l’heure, les inscriptions étaient prises au Café Verspeeten 4 Place Carnot.

Avec tous ces projets, le Club Sportif Jean Macé Pasteur se présente alors comme un solide club de quartier…

Inauguration de la salle des sports

nouvellesalleCérémonie d’inauguration de la Salle des Sports du boulevard de Mulhouse Photo Nord Éclair

C’est au mois d’août 1969 que Victor Provo, maire de Roubaix inaugure la nouvelle salle des sports située 248 boulevard de Mulhouse, déjà prévue dans les projets de 1966. Cette salle omnisports est présentée comme un modèle du genre. Elle mesure 40 mètres de longueur sur 20 de large, pour une hauteur de 7 mètres. Elle comprend des vestiaires et des douches hommes et femmes, le chauffage est assuré par la chaufferie du groupe scolaire.

Dans son discours, le maire évoque l’inauguration récente de la salle Buffon, et les projets dans les quartiers Edouard Anseele et Potennerie, comme autant de signes de la volonté de développer le sport de masse à Roubaix.

Puis vient le moment de la remise des palmes académiques à Robert Hétuin, en reconnaissance des services rendus à la cause du sport postscolaire. Le récipiendaire est en effet l’un des fondateurs du basket féminin UFOLEP, et plus particulièrement celui du Club Sportif Féminin Pasteur en 1947, devenu depuis le Cercle Sportif Jean Macé Pasteur.

Ensuite les jeunes filles de l’Ancienne enchaînent avec des évolutions gymniques fort appréciées par l’assistance, avant que l’Evolution Sportive et le Club Sportif Jean Macé Pasteur ne donnent une démonstration de basketball féminin.

Le Tour de France à l’usine

En février 1969, les démolitions ne sont pas encore terminées, on s’apprête à raser les bureaux de l’usine Huet, pour permettre à l’opération Edouard Anseele de déboucher sur le boulevard Gambetta. Les bulldozers de l’entreprise Mailler s’attaquent au bâtiment de façade de l’ancienne usine, situé à l’angle de la rue Centrale, derrière laquelle se trouvent les bureaux. Mais on ne démolit que la façade car les salles des ateliers vont servir pour accueillir le tour de France, dont le départ sera donné à Roubaix en juin 1969. Ils abriteront l’ensemble des services de la course.

usineEtTourLa grande salle à nefs de l’usine Huet, les maillots, le public Photo Nord Éclair

Désaffectée depuis cinq ans, l’usine a été remise en état, les murs repeints, le sol nettoyé. L’équipement sanitaire a été refait, les salles et la façade extérieure ont été décorés par les élèves du CET du boulevard de Lyon. On accède au bâtiment par trois portes situées sur le boulevard Gambetta, dont une pour les véhicules. Dans la grande salle à nefs d’usine, les mécaniciens s’affairent à préparer les vélos des champions. Le public est admis à visiter l’endroit. La seconde partie de la grande salle a été équipée pour recevoir les bureaux, les services médicaux, et une salle d’attente de trente places pour les coureurs.

Les visites se déroulent sous la conduite du médecin du Tour, le docteur Nègre, accompagné d’un confrère lillois, le docteur Niquet. L’ancien pavillon du concierge est occupé par la direction de la course, son secrétariat et une salle de conférence. La salle de presse s’y trouve également où dix lignes téléphoniques et huit téléscripteurs ont été installés par les P.T.T.

La fête du Tour représente trois jours de manifestations sportives : le vendredi soir, c’est la grande fête du Tour. Le samedi à 15 heures commence la partie sportive : les grands champions pistards Trentin et Morelon affrontent les champions belges, hollandais, allemands, anglais et régionaux. Une demi-étape contre la montre se déroule ensuite à partir de 17 heures, c’est le prologue, pour l’attribution du maillot jaune. Le lendemain, dimanche, le maire Victor Provo donne le départ de l’étape Roubaix Bruxelles au parc municipal. Le peloton traverse Roubaix en remontant l’avenue Salengro, la rue de Lannoy, le boulevard de Belfort, la rue Pierre de Roubaix, le boulevard Gambetta, la place de la Liberté, la Grand Rue, la Grand Place, la rue du Maréchal Foch, le boulevard de Paris, le boulevard de Douai, le boulevard Lacordaire, la Place du Travail, le boulevard de Fourmies, pour arriver à la Place Charles Spriet, lieu du véritable départ. Après ce parcours de près de sept kilomètres dans la ville, le départ est donné à 10 heures 15. La veille, pour sept secondes, l’allemand Rudi Altig a privé Eddy Merckx de maillot jaune.

leTourLe Tour dans Roubaix Photo Nord Éclair

Les 7000 m² de l’usine seront ensuite démolis. On prévoit de bâtir sur l’emplacement une station service, un grand magasin et un immeuble de cent logements. Cette ouverture permettra, dit-on au nouveau quartier Anseele de respirer. Il reste encore une filature et la caserne de pompiers à démolir, pour atteindre le carrefour de la rue Pierre de Roubaix. Il est question de raser tout cela pour construire trois tours séparées par des espaces verts. Tous ces projets ne seront-ils menés à bien ?

Basket

basketL’équipe du Club Sportif Féminin Pasteur en juillet 1951 Photo Nord Éclair

Au début des années cinquante, les équipes féminines de basket sont nombreuses à Roubaix : l’amicale Sévigné, le club sportif féminin Pasteur, les féminines de l’Evolution Sportive de Roubaix, les jeunes filles du Stade Roubaisien, les basketteuses de la RAF, section féminine du Roubaix Athlétic Club. Ces différentes formations évoluent principalement dans les championnats UFOLEP.

En 1951, l’une de ces équipes se met particulièrement en valeur, le Club Sportif féminin Pasteur. En janvier, elles manquent de peu la victoire en finale du tournoi féminin de l’UFOLEP, face à l’amicale Sévigné : ex aequo à la fin du temps réglementaire, elles seront départagées par une série de lancers francs. Mais en juillet de la même année, l’équipe du Club Sportif Féminin Pasteur est championne du nord d’Excellence. C’est le début d’un beau parcours. L’entraîneur est M. Brouwers et l’équipe est alors composée des joueuses suivantes : Melles Jérome, Beuscart, Van Cassel, Corneilde, Hétuin, Desbarbieux et Corteville.

Le lutteur club du Nouveau Roubaix

LCNVRX1974La lutte est pratiquée depuis plus d’un siècle à Roubaix. On se souvient encore des champions que furent Charles Pacôme (médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Los Angeles) ou Charles Dumoulin dont la salle des sports fut longtemps rue Jeanne d’Arc, près des Halles de Roubaix, ou encore de Stanislas Drymala, qui fut également un entraîneur d’exception. De nombreux clubs de lutte se sont créées dans les quartiers roubaisiens, et le Nouveau Roubaix ne fait pas exception. La photo ci-contre représente le Lutteur Club du Nouveau Roubaix, en 1974. Quelqu’un saura-t-il nous raconter l’histoire de ce club, qui possède de nombreux champions ?

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Un grand ancien : le Stade Roubaisien

staderoubaisienLa création du Stade Roubaisien remonte à l’année 1896, année qui vit son affiliation à l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA) fédération nationale omnisports qui éclata en plusieurs fédérations sportives spécialisées dès la fin de la première guerre mondiale. Le Président du Stade Roubaisien, Albert Bonnier, venait à peine d’avoir 16 ans. Le club louait alors une pâture au Pont de Croix, et son siège se trouvait au café Bellevue, à l’angle de la Grand Place et de la rue du Vieil Abreuvoir. Il comptera bientôt plus de cent membres, et s’installera après la première guerre mondiale sur une partie de l’ancien Parc Cordonnier qui prendra le nom de Parc Maurice Maertens, du nom du capitaine de l’équipe première du Stade, tombé au champ d’honneur. Les Stadistes ont construit eux-mêmes l’installation du Parc Cordonnier, se faisant peintres, menuisiers et manœuvres. Arthur Lepers, puis Edouard Toulet seront les présidents du club omnisports qui connaîtra ses premiers succès dès avant 1914…Le Stade Roubaisien fut la première société de France affiliée à la Fédération Française de Football le 9 juin 1919.

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