Le 19 rue Galvani

Quand on passe dans la rue Galvani, on constate que toutes les maisons se ressemblent. Ce sont des maisons de ville assez étroites et semblables, sauf une ! Au 19 de la rue, la façade de la maison est très large : une porte centrale et deux fenêtres latérales ; à gauche se trouve un garage. C’est un bâtiment très imposant, par rapport aux maisons voisines.

Photo BT

La maison a été construite en 1894-1895 par Alphonse Verfaillie. Au 17 de la rue, se trouve une courée qui porte son nom : la cour Verfaillie.

Photo BT

Alphonse Verfaillie est cordonnier. La concurrence est rude entre les artisans ( 225 cordonniers sont recensés, en 1913, dans notre ville ). Pour se démarquer de ses confrères, Alphonse Verfaillie se spécialise : il crée et fabrique des chaussures sur mesure. Sa clientèle est vaste : des particuliers bien sûr, mais aussi des entreprises et des collectivités, comme en atteste le document ci-dessous : facture de 26 Frs à la ville, pour livraison de deux paires de chaussures à l’institut Turgot, en 1902.

( Document collection privée )

( Document BNR )

Au début des années 1920, Henri Verfaillie, apporte une aide précieuse à son père Alphonse. Il a 24 ans, est également chausseur-cordonnier et habite au N° 11 de la rue Galvani. Au début des années 1930, Henri gère seul la petite entreprise. Son épouse Marguerite est professeure de musique. Ils habitent désormais sur place au rez de chaussée du N° 19. Quant aux deux étages de la maison, ils sont occupés par des locataires.

( Documents collection privée )

Après guerre, le 19 rue Galvani est occupé par un imprimeur, Émile Meunier ; il fournit également des papiers en gros. La profondeur importante de la maison lui permet de stocker du matériel et des fournitures. Son activité est maintenue jusqu’au milieu des années 60. La maison est pendant quelques temps, inoccupée, puis louée à différents locataires particuliers dans les années 1970-1980. La façade est peinte en blanc. La cour Verfaillie existe encore.

( Documents Daniel Labbé et Archives Municipales )

En Août 2013, la municipalité accorde un permis de démolir les 5 habitations de la cour Verfaillie.

( Documents Archives Municipales )

De nos jours, la façade actuelle du N° 19 a été rénovée, grâce à un ravalement complet. Les briques d’origine sont de nouveau mises en valeur. Cette maison est désormais superbement bien entretenue.

( Photo BT )

Remerciements aux Archives Municipales

Un abattoir à Roubaix

Roubaix eut autrefois son abattoir municipal. Toute trace a aujourd’hui disparu, que ce soit de l’abattoir lui-même, ou de la place et de la rue qui en découlaient. Voici son histoire. Le projet d’un abattoir municipal à Roubaix date de 1852, mais il ne peut aboutir qu’avec le décret impérial du 23 mai 1860. Jusque là, le territoire de Roubaix était parsemé de tueries particulières, dans les cours de fermes ou dans le pire des cas, les arrières cours des estaminets. Il y eut aussi un marché aux viandes qui se tint un moment sur la place de la Liberté dont l’espace exigu ne favorisait pas les conditions sanitaires. Les motivations des édiles étaient multiples : tout d’abord assurer la salubrité d’un tel service, réguler l’arrivage des viandes et centraliser les abattages. La municipalisation devait également apporter des ressources financières supplémentaires à la ville, une fois remboursé l’emprunt contracté. Pour réaliser cet abattoir un emprunt de 230.000 avait été autorisé, remboursable en 19 ans. Il sera remboursé à partir des recettes de l’abattoir. Un temps prévu à l’extrémité de la rue du Moulin Bernard (rue Bernard, aujourd’hui rue Jules Watteeuw) là où se tiendra un temps la caserne des pompiers, ce sera finalement dans le quartier du Jean Guislain, à proximité du hameau de la vigne, lequel est à l’époque en pleine campagne. L’installation de l’abattoir s’effectue donc aux portes de la ville. Le terrain situé entre les rues Lacroix et Lavoisier, est acheté le 4 Juillet 1860, les bâtiments sont adjugés le 16 Juillet 1860. Le terrain acheté n’offrant pas vers le Nord, une forme régulière, on a dû, pour le compléter, acheter à une bande de terrain complémentaire, suivant acte du 29 Décembre 1862.

Annonce dans le Journal de Roubaix

L’abattoir est ouvert aux bouchers le 12 septembre 1862. Un médecin vétérinaire fut attaché à l’établissement pour l’inspection des viandes. Le 12 décembre on y a abattu des bœufs, des taureaux, des vaches, des génisses, des veaux gras, des moutons, des porcs et des veaux de lait pour un total de plus de 3.000 têtes. L’année suivante, on dénombrera l’abattage de 13.000 têtes. Et le nombre ne fera qu’augmenter chaque année jusqu’à atteindre plus de 40.000 têtes en 1913. La réception définitive de l’abattoir eut lieu le 31 mars 1863. Le 15 mai, on procède au nivellement et à la pose d’aqueduc sur la future place qui sera dénommée Place de l’abattoir suite à une délibération municipale du 18 septembre 1867.

L’abattoir en 1904 Doc BNR Med Rx

Il semble que les aménagements se poursuivent régulièrement : construction de bergeries, porte cochère et campanile, prise d’eau, horloge, en même temps qu’on pense à le rentabiliser, un droit de pesage est perçu dès février 1863, en plus des droits d’abattage. Par la suite, la ville percevra le droit d’abri et des loyers pour l’abattoir. En 1865 la petite rue qui relie la place de l’abattoir à la grand rue prend le nom de rue de l’Abattoir puis elle deviendra en 1906 la rue Léon Allart du nom de l’industriel maire de Roubaix.

Dès lors, l’abattoir remplit sa mission et voit ses équipements se compléter peu à peu. En novembre 1871, il est procédé à l’achat d’une bascule. En octobre 1872 un crédit de 6500 fr. est voté pour travaux d’amélioration. En Janvier 1873, un marché de gré à gré est passé pour l’enlèvement des engrais provenant de l’Abattoir public. L’environnement d’un tel établissement n’est sans doute pas très agréable. Comme l’indique la pétition d’un certain nombre d’habitants au sujet de la fonderie de suif existant à l’Abattoir. En 1876, il est envisagé de construire trois nouveaux échaudoirs, sorte de cuves contenant de l’eau bouillante. On se préoccupe également des abords de l’abattoir et notamment des arbres de la place pour lesquels sont commandés des abris en fer. La grille de l’abattoir est également modifiée. Une deuxième bascule est achetée, signe de l’évolution grandissante du service. Et l’on demande l’adjonction d’un nouvel atelier : une triperie.

Vue sur la grille doc BNR Méd Rx

En 1880, il est question du rehaussement du bâtiment sans doute afin d’améliorer l’atmosphère ambiante de l’abattoir. On continue d’entretenir l’abattoir comme l’indiquent l’acquisition de tables et l’appropriation des échaudoirs. En 1883, on aura abattu plus de 20.000 têtes. Un vétérinaire assermenté est chargé de l ’inspection sanitaire des Halles et de l’Abattoir. Il opère la saisie des denrées reconnues impropres à la consommation, lesquelles sont enfouies ; il examine les bêtes de boucherie amenées en ville pour y être abattues, et fait pratiquer par un sous-inspecteur placé sous ses ordres, des inspections dans les boutiques de comestibles. L’organisation de ce service est antérieure à 1883. L’Abattoir communal manque bientôt d’échaudoirs et il est question de l’extension et de l’aménagement des locaux. En 1889, 27.000 têtes abattues !

L’abattoir vers 1900 doc BNR Méd Rx

En 1890, il est décidé la construction d’un logement pour l’Inspecteur. Il est également procédé à la réception définitive des travaux de construction d’un hangar et d’appropriations diverses à l’abattoir. En sa séance du 13 octobre 1893, on envisage la construction de nouveaux échaudoirs, décision entérinée le 3 novembre. Une décision importante concerne le marché aux bestiaux. Créé à Roubaix par arrêté ministériel en date du 21 Décembre 1863, il a été relativement florissant dans sa période de début, mais il a perdu peu à peu de son importance, en réalité, il n’existe plus. Une délibération du Conseil Municipal, en date du 18 Novembre 1892, a cherché à lui donner un regain de vitalité, en instituant des primes, en faveur des éleveurs ou commerçants y amenant des bestiaux. Cette délibération n’ayant été approuvée que le 27 Novembre 1893, ce n’est que le 13 Février 1894 qu’elle a pu être mise en application. Le marché aux bestiaux de Roubaix est franc de tous droits ; il se tient sur la place de l’Abattoir le Mardi de chaque semaine de deux à quatre heures. Le 13 avril 1894, c’est l’établissement d’un parc à moutons, suite à une demande des bouchers. En 1898 34.000 têtes sont abattues. Signe de l’importance des activités professionnelles, le Syndicat des marchands bouchers et charcutiers en gros de l’Abattoir de Roubaix est créé le 22 Mars 1898 et son siège se trouve à deux pas de l’abattoir, au n°30 Rue Lacroix. En 1899, l’étuve Wodon consiste essentiellement en un autoclave dans lequel se trouve un chariot à claies, recouvertes de la viande dépecée en morceaux de 3 à 4 kilos ; la viande est cuite par la vapeur sous pression, à la température de 115°, pendant trois heures. L’appareil est d’une grande simplicité ; un seul homme suffit au maniement, la dépense en charbon est minime. Cette étuve à stériliser les viandes tuberculeuses est installée à l’abattoir dans le courant de l ’année 1900, elle a permis de rendre applicables les mesures indiquées dans l’arrêté ministériel du 28 Septembre 1896 qui réglemente les saisies des viandes provenant d’animaux tuberculeux. Ces viandes, après la stérilisation dans la vapeur surchauffée, sont livrées à la consommation et leur vente remplit un double but ; elle permet d’indemniser les propriétaires des animaux saisis et de livrer au public, à prix réduit, une marchandise rendue tout à fait saine et nutritive.

Chevilleurs et vache doc BNR Méd Rx

Le 20 novembre 1908, le Conseil municipal approuve le projet de l’agrandissement de l’échaudoir des charcutiers et de la tuerie des chevaux. Adolphe Coupez conseiller municipal rappelle qu’il est nécessaire de changer la place où se fait la fonte des suifs et la boyauderie. Les habitants de la rue Lacroix et de la rue Fourcroy se plaignent très souvent des buées nauséabondes qui se dégagent à cet endroit. De plus du point de vue de l’hygiène, il y a encore beaucoup à faire, conclut-il. En 1910, plus de 40.000 animaux abattus. En sa séance du 21 novembre 1913, le conseil municipal décide de moderniser l’abattoir et d’exécuter divers travaux de réfection, d’aménagements, les travaux ont été évalués à la somme de 827.769 fr. 59. En 1912, les 42.049 animaux abattus ont fourni 5.435.483 kil. de viande, soit une augmentation, pour 1913, de 741 animaux et une diminution de 166.353 kilos de viande. La boucherie hippophagique a sacrifié 350 chevaux de moins que l ’année précédente. La constante progression de la production fait que l’abattoir est estimé trop petit, et un projet de nouvel abattoir est envisagé dès 1909 par l’administration Motte. Nous verrons dans le prochain épisode ce qu’il adviendra de ce projet.

à suivre

 

 

 

Jean Cirez : A VOTRE SERVICE

Jean Cirez naît à Roubaix en 1930. Il passe son certificat d’études, puis enchaîne quelques petits boulots. En 1967, il habite au 69 rue Pellart. Il crée avec son ami André Haelvoet, une petite entreprise de dépannage tous corps d’état ( plomberie, chauffage, électricité, rénovation toitures ) et installe son bureau au 75 rue Saint Louis.

Publicité 1968 ( Document JP Cirez )

Les deux hommes se complètent parfaitement : Jean est technicien et homme de terrain, André est plutôt administratif, il s’occupe des devis, des factures, et de la comptabilité. Pour développer l’activité de dépannage, Jean Cirez fait appel à son frère Claude, menuisier, et à son beau frère Jacques, électricien. Jean et André sont très sensibles au service apporté à la clientèle. Ils déposent donc la marque « A VOTRE SERVICE » pour la petite entreprise.

La petite entreprise A VOTRE SERVICE au 75 rue Saint Louis en 1968 ( Document JP Cirez

Les résultats sont satisfaisants et encourageants, dès le démarrage, si bien qu’en 1971, ils créent une SARL et s’installent dans un local de 312 m2 au 149 rue du Collège, qui était auparavant le siège de la « Société Anonyme de tissus nouveautés ». Ils transforment complètement la façade la même année, en créant une baie vitrée et une porte de garage. Jean habite à l’étage, avec son épouse Gisèle.

( Documents collection privée )

Leur expérience et leur qualité de travail sont très vite reconnues par la clientèle, mais également par les fournisseurs. En 1974, l’entreprise Airelec, fabricant de chauffage électrique, contacte Jean Cirez et André Haelvoet, leur propose d’assurer le Service après vente et la distribution de pièces détachées, en exclusivité, sur six départements. L’accord est conclu. Cette nouvelle activité apporte un complément à celle du bâtiment.

D’autres fabricants vont ensuite accorder également leur confiance aux deux hommes, comme les marques Moulinex, Rowenta, SEB, Krups, Tornado, Electrolux avec le label de qualité  »Pièces certifiées constructeurs ». Dès ce moment, la société devient le centre d’entretien de plus de 30 marques ; cela représente 250.000 pièces détachées, et plus de 15.000 références. Jean Haelvoet décède malheureusement cette même année. Jean Cirez décide de continuer seul l’activité.

A l’extrême droite Jean Cirez et son épouse Gisèle, à l’extrême gauche l’un de ses deux fils, Jean Pierre ( Document JP Cirez )

L’entreprise se développe fortement. 11 véhicules de dépannage composent désormais la flotte de l’entreprise, laquelle compte 14 dépanneurs qui sillonnent la métropole.

Une partie de la flotte, devant le siège au 149 rue du Collège ( Document JP Cirez )

Eric, un des techniciens devant le véhicule plateau Peugeot 504 ( Document collection privée )

Jean reprend le 149 ter de la même rue, en 1980. C’est une simple porte cochère, mais un long couloir permet d’arriver dans un local où il crée son magasin destiné à recevoir la clientèle. Cela lui permet de vendre des pièces détachées toutes marques,  »au comptoir ».

Le comptoir ( Document JP Cirez )

La façade ( Document JP Cirez )

La façade après les travaux ( Document JP Cirez )

En 1984, l’entreprise de Jean Cirez fête ses 18 années d’existence et de succès. C’est l’occasion de célébrer cette réussite, par un verre de l’amitié, avec des membres de la municipalité, les 19 salariés, les principaux clients et fournisseurs.

( Document NE 1984 )

Au début des années 1990, Jean Cirez reprend le 149 bis qui était un atelier de bijouterie. Il peut désormais étendre son activité au 149, 149 bis et 149 ter, ce qui représente plus de 1000 m2 de surface et peut alors transformer complètement la large façade de plus de 18 mètres. Tous les travaux d’aménagement sont, bien sûr, réalisés par l’ensemble du personnel ; quand on s’appelle « A Votre Service » on montre l’exemple : le service bien compris commence par soi-même.

Le nouveau comptoir ( Document JP Cirez )

Depuis le début des années 1990, l’activité du SAV dépasse largement celle du bâtiment. L’entreprise « A VOTRE SERVICE » devient alors, un des plus importants centres agréé de France, en matière de Service après vente. De très grosses entreprises comme Darty, Boulanger, Auchan, La Redoute, Carrefour doivent faire appel à l’entreprise Cirez pour la garantie des appareils électro-ménager des constructeurs.

( Document JP Cirez )

En 1993, Jean Cirez décide de prendre une retraite bien méritée. A cette occasion son ami, André Diligent, lui remet la médaille de la ville. Jean transmet l’entreprise à ses deux fils, Jean-Pierre et Pascal, qui vont continuer l’activité. Jean garde cependant un œil bienveillant sur l’activité de la société.

( Document VDN )

Jean Cirez décède malheureusement en cette fin d’année 1993, l’activité continue de façon satisfaisante. Au début des années 2000, les premières difficultés apparaissent : la réduction des marges bénéficiaires, les tensions sociales au sein de l’entreprise, les super marchés de bricolage sont une concurrence directe pour l’activité bâtiment, et en ce qui concerne le SAV, les particuliers s’approvisionnent sur Internet. En 2008, l’entreprise cesse son activité, et ferme ses portes, après 44 ans d’activité. De très nombreux clients de toute la région, gardent encore un très bon souvenir de l’entreprise « A VOTRE SERVICE »

( Document JP Cirez )

Remerciements aux Archives Municipales, et à Jean Pierre Cirez, pour son témoignage et sa documentation.

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Les meubles De Beyne

Adolphe De Beyne est né, en 1884, à Waregem en Belgique. Il est menuisier, il crée son atelier et s’installe au 167 rue Pellart, en 1906. Il fabrique des cercueils, des malles et des valises.

Publicités 1917 et 1918 ( Documents coll. priv. )

A la fin de la première guerre mondiale, les besoins sont énormes, et les artisans menuisiers s’orientent vers la fabrication de meubles. Adolphe devient ébéniste, il se spécialise dans la production de meubles haut de gamme, de différents style : Louis XV, Empire etc. Il utilise exclusivement des bois nobles : le chêne bien sûr, mais également le merisier, l’acajou. La qualité irréprochable du mobilier qu’il fabrique, lui apporte une clientèle fidèle, et une forte notoriété.

Publicités 1920 1925 ( Documents coll. priv. )

Il se marie avec Laure Cours. Leur fils, Pierre, naît en 1922. Adolphe De Beyne est bon commerçant. Il est présent lors des salons et des foires. Il obtient des médailles et diplômes d’honneur lors d’expositions internationales à Lille, Bruxelles et Paris. Pour faire face au développement de son entreprise au début des années 20, il décide d’acquérir un nouveau local, au 44 rue de la Vigne, pour agrandir son atelier de production.

Le bâtiment de la rue des Sept Ponts 1938 ( Document coll. priv. )

Mais il se retrouve à nouveau très à l’étroit. En 1929, il déménage son atelier dans une usine ultra moderne, au 56 rue des Sept Ponts, et crée un salon d’exposition, au 86 Grande rue, avec un nouveau slogan publicitaire : « Les meubles d’art De Beyne »

( Documents coll. priv. )

Pierre Debeyne en 1955 ( Document Nord Eclair )

Après la deuxième guerre mondiale, son fils Pierre prend la relève et gère l’entreprise.

( Document A. Courtel et coll. priv. )

En 1954, Pierre décide de transformer complètement le bâtiment de la Grand Rue, en créant un hall d’exposition, grâce à 3 magnifiques vitrines en façade. Les travaux sont confiés aux Ets Rabot Dutilleul.

( Documents Archives Municipales, Google Maps, et A. Courtel )

En 1956, il demande à son architecte, Maurice Caucheteux à Croix, un projet pour agrandir son entreprise, en construisant un entrepôt de stockage et atelier de réparation de 260 m2, au bout de son terrain.

Publicités 1967 ( Documents A. Courtel et Nord Eclair )

A la fin des années 60, il diversifie son activité en important des meubles, surtout de Grande Bretagne. Les premières difficultés apparaissent dans les années 70. Les habitudes des consommateurs changent ; l’acquisition d’une salle à manger ne se fait plus pour une vie entière ; la mode est au changement de mobilier tous les 10 ou 15 ans. Des grandes surfaces, spécialisées en meubles modernes voient le jour, après la mode du « Formica », elles distribuent des meubles composés de panneaux de particules à des prix défiant toute concurrence, puis des meubles en kit.

Pierre préfère se recentrer davantage sur le négoce de meubles et réduire sa production. Le bâtiment de la rue des sept ponts devient alors un lieu de stockage. L’entreprise ferme en 1985.

( Document Auction.fr )

On trouve parfois, dans des salles de ventes, des meubles fabriqués par les Ets De Beyne, comme cette armoire en palissandre des années 1940.

Aujourd’hui, le 86 Grande rue est occupé par Alain Courtel, photographe professionnel spécialisé dans des reportages publicitaires, et le bâtiment de la rue des Sept Ponts abrite la Croix Rouge.

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Remerciements aux Archives Municipales, et à Alain Courtel

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Gilbert Leman

Gilbert Leman est né à Mouscron le 24 Mai 1908. Dans les années 30, il habite rue du Collège, avec Angèle, son épouse. Dans les années 40, il est répartiteur de « produits de matière grasse », c’est à dire que c’est un grossiste, désigné par le Ravitaillement Général, pour fournir de la margarine et du saindoux à la population, contre des bons d’approvisionnement établis par le service compétent.

( Document coll. priv. )

Après guerre, il devient grossiste alimentaire ; il continue à vendre de la margarine et du saindoux et développe son activité en ajoutant des produits complémentaires : café, biscuits, chocolat, huile, vinaigre, boites de conserve…


( Document coll. priv. )

Il s’installe au 166 rue de l’Hommelet, et commence à vendre et à livrer ses produits aux épiciers de Roubaix, avec son camion. Malgré la situation économique difficile d’après guerre, les affaires de Gilbert se développent. Il embauche un représentant, un chauffeur et un magasinier. Angèle l’aide pour l’administration du bureau.

La façade actuelle ( Photo BT )

Au début des années 50, il demande aux Ets Kiebbe, rue de Rohan, un devis pour construire une charpente métallique dans la cour arrière, pour un montant de 350.000 Frs, afin que ce futur entrepôt puisse abriter le stockage de ses produits toujours plus nombreux.

L’année suivante, en 1951, il demande déjà, un permis de construire pour une extension de sa charpente métallique par la Sté Metallia, rue du Nouveau monde, pour un montant de 150.000 Frs.

Gilbert Leman ( Document A. Delporte )

En 1953, il fait percer le mur d’enceinte au fond de son terrain, ( donnant sur l’impasse Beaufort ), pour un meilleur accès des camions de livraison sur la rue Lacroix, afin d’atteindre plus facilement la place de la Nation.

Les affaires sont florissantes et les agrandissements successifs de l’entreprise de la rue de l’Ommelet ne sont pas suffisants. Le manque de place évident amène Gilbert à acheter, en 1955, un entrepôt, au 20 rue Richard Lenoir, local occupé autrefois par les Ets Leclercq, fabricant de caisses en bois.

Photos actuelles ( Document Google Maps et Photo BT )

Au centre de la façade, il y avait une porte cochère pour l’accès des camions ; à gauche il y avait l’habitation de Gilbert, Angèle et leur fille Annie, et à droite, se trouvaient les bureaux.

Ces locaux beaucoup plus spacieux, permettent à Gilbert Leman, dans les années 60, de développer sa gamme de produits en y ajoutant des produits d’entretien, des collants, des chemises, du couscous pour faire face à la nouvelle clientèle et, plus tard, des couches pour bébés.

Angèle et sa fille Annie dans l’entrepôt en 1957 ( Document A. Delporte )

Annie, la fille de Gilbert et Angèle, vient aider ses parents, à la fin les années 60, à la gestion du commerce, la facturation, la livraison des clients, les déplacements pour chercher les produits chez les fournisseurs très proches, comme les gaufres Rita rue Daubenton.

Pub 1968 (Document coll. Priv. )

Après le décès d’Angèle en 1969, Gilbert prend sa retraite en 1970. Leur fille Annie et son mari Jean-Bernard reprennent alors l’activité familiale. En 1975, 20 personnes travaillent désormais dans l’entreprise. Au début des années 80, les premières difficultés apparaissent. Le développement croissant des grandes surfaces alimentaires entraîne la disparition du petit commerce, et, par voie de conséquence, des grossistes alimentaires.

L’entreprise ferme ses portes en 1984. Le dynamisme d’ Annie et Jean-Bernard leur permet, fort heureusement, de trouver un emploi salarié très rapidement.

Le bâtiment de la rue de l’Hommelet est occupé, en 1968, par Guido Magris (monuments funéraires ) et aujourd’hui, par une entreprise de bâtiment. Celui de la rue Richard Lenoir est à ce jour transformé en salles de classe pour le Lycée professionnel St François d’Assise.


Remerciements aux Archives Municipales, ainsi qu’à Annie et Jean Bernard Delporte-Leman pour la documentation et leur témoignage.


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L’opération Balzac

Jusqu’au milieu des années 60 on pouvait voir, côté pair de la rue de l’Ommelet, entre les rues Pellart et Lavoisier, on trouve un ensemble d’habitations vétustes : la courée Hourez-Castelain, située entre les numéros 36 et 38, et le fort Balzac, entre les numéros 44 et 60, composé lui-même de plusieurs courées. Il comportait alors 84 maisons réparties en six alignements parallèles, fermés par une longue rangée perpendiculaire qui s’étendait jusqu’à la rue Lavoisier. Ces ensembles étaient reportés derrière les maisons placées en front à rue. Un passage plus large situé au centre du dispositif, noté impasse Balzac dans le Ravet-Anceau de 1885, commandait deux autres accès perpendiculaires plus étroits qui desservaient les différentes courées. L’ensemble est partiellement édifié en 1845, alors que, sur le plan cadastral de 1884 il apparaît construit dans son ensemble. A cet époque, il appartient pour l’essentiel à la veuve Henri Mulliez-Despatures. La cour Hourez-Castelain doit son nom à son propriétaire, qui tenait une crèmerie au 34 entre les deux guerres. Derrière le site, l’abattoir et la savonnerie Bass et Compagnie.

Document IGN

Document IGN

La fin des années 60 est le théâtre de vastes opérations visant la lutte contre les taudis, la suppression des courées et des logements insalubres. Dans ce but, le PACT (Propagande et Action contre les Taudis ) se porte acquéreur en 1969 du fort et le CIL construit avec le concours financier de l’État un collectif comprenant 39 logements de type P.S.R. (Programme Social de Relogement). C’est une cité de transit, destinée au logement les gens expulsés par l’opération de résorption des courées et ne disposant que de trop peu de moyens pour payer un loyer, même dans un HLM. L’ensemble comporte une antenne sociale placée au rez de chaussée.

Photos IGN et Nord Matin - 1969

Photos IGN et Nord Matin – 1969

Les finitions sont en cours en Août, et l’ouverture a lieu début 1970, la gestion étant confiée à la société d’HLM « Le Toit Familial ». La presse salue alors la construction de ce « magnifique collectif », aux « lignes sobres et modernes ».

Pourtant, dix ans après, le ton a changé : Dès 1981 les journaux dénoncent l’état de l’immeuble. Un représentant des locataires de l’immeuble déclare « le groupe Balzac n’a rien à envier aux bidonvilles ! ». On réclame des travaux importants de réhabilitation : Nouvelles portes aux entrées, (toutes les vitres en sont brisées), remplacement de l’installation électrique dans les entrées, dératisation régulière, (les rats pullulent depuis la démolition de l’abattoir), échange des boites aux lettres, remplacement au rez de chaussée par du béton du bardage isolant arraché sur les façades, rénovation des peintures, équilibrage du chauffage.

Les boites à lettres – photo Nord Eclair

Les boites à lettres – photo Nord Eclair

Le CAL, qui assure la gestion, promet des réparations, tout en doutant de leur pérennité, insiste sur le fait que les rentrée dues aux loyers ne permettent pas de faire face aux dégradations continuelles et fait un appel au civisme des locataires. Il faut dire que les 150 enfants utilisaient provisoirement comme terrain de jeu un espace libre, propriété du lycée Jean XXIII, avant qu’on y construise de nouvelles classes.

Photo la Voix du Nord

Photo la Voix du Nord

On songe à détruire ce véritable ghetto avant qu’il ne devienne invivable pour tous. 1982 voit un projet de projet de démolition. Mais les locataires, d’accords pour quitter les lieux, veulent disposer de nouveaux logements satisfaisants à proximité et forment un atelier-relogement, qui joue le rôle d’intermédiaire dans les discussions et les démarches. L’année suivante, quelques familles déménagent, mais les logements libérés sont vandalisés. Les autres sont en attente et la situation se dégrade pour eux. On met en cause l’inertie des organismes de gestion et de la mairie. L’association de quartier prend sur elle de murer certains appartements. Les dernières familles quittent les lieux en mai 1984. Vingt cinq familles sont relogées dans le quartier, les autres doivent aller plus loin. La démolition prévue pourrait être différée à cause du coût des travaux. Finalement, ceux-ci débutent en Novembre.

Photo la Voix du Nord

Photo la Voix du Nord

Les photos aériennes montrent en 1986 un terrain vague en bordure de l’avenue des Nations Unies qu’on vient de tracer. Deux ans plus tard, on assiste à la construction d’un nouvel ensemble : C’est un hôtel Formule 1 qu’on édifie sur l’emplacement de l’ancien fort Balzac.

Photo Jpm

Photo Jpm

Les documents proviennent de la médiathèque et des archives municipales

La belle maison du coin

Au coin nord-est du carrefour formé par la rue de l’Hommelet et la Grand rue on retrouve tout au long du 19ème siècle un bâtiment qui subit un certain nombre de modifications au gré de ses propriétaires successifs. On retrouve ces modifications sur les plans cadastraux de l’époque :

Documents archives municipales

Documents archives municipales

Le Ravet-Anceau de 1886 fait état, au 159 de l’estaminet B. Luyx, au 159bis du carrossier Deblauwe, et au 161 d’un charron, C. Legrand. Mais ce sont les dernières années d’une construction, qui, rachetée par Jules Flipo, époux de Jeanne Cousin, va bientôt être démolie.

Jules Flipo est le fils de Carlos Flipo et de Sophie Delcroix, qui, veuve, habite en 1886 au 125, un peu plus haut dans la grand rue. On trouve également, en 1866, un Louis Flipo propriétaire de la maison frappée d’alignement située au 1, de l’autre côté de la rue de l’Hommelet, sur le coin nord ouest.

Une visite aux archives municipales nous apprend qu’en 1893 M. Flipo-Cousin demande l’autorisation de construire au 161, à côté de sa propriété, une maison qui existe encore aujourd’hui.

Documents archives municipales et google

Documents archives municipales et google

Cette maison fait maintenant le coin de l’avenue des Nations Unies, mais elle a été accolée à une autre maison grande et de belle apparence, que Jules Flipo fait construire à cette époque au coin de la rue et qui prend le numéro 159. Il y habite d’ailleurs en 1903, alors que le 161 abrite la famille Courouble-Meillasoux et que le 163 devient une pharmacie. On retrouve encore cette officine de nos jours sous le nom de pharmacie du Progrès, qu’elle a pris après la deuxième guerre.

Photo IGN 1965

Photo IGN 1965

La belle maison s’étire après le coin le long de la rue de l’Hommelet. Elle s’y prolonge par un bâtiment annexe situé après la grand porte donnant accès au parc. La propriété représente plus de 2600 mètres carrés.

La famille Flipo-Cousin habite la maison jusqu’avant la deuxième guerre, et on retrouve au 161 en 1939, à côté de chez ses parents leur fils Léon marié avec Elisabeth Guerre-Tissot. Ceux-ci habiteront à leur tour en 1953 le 159, où ils resteront jusqu’en 1970 avant de choisir un domicile à Tourcoing.

Document archives municipales

Document archives municipales

A cette époque, la municipalité se préoccupe d’abriter les activités culturelles de la ville et cherche, en attendant la réalisation d’un ensemble permettant d’accueillir la bibliothèque, le musée, des salles d’expositions et de conférences, un endroit où installer de manière provisoire les collections pour le futur musée. La propriété fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique et est rachetée en décembre 1971 par la ville. Mais, en 1974, on pense que la création du nouvel hôtel des postes pourra libérer un espace suffisant dans l’ancienne poste pour le musée. Les frais nécessaires à l’installation d’un service public dans notre belle maison font que l’on renonce à son utilisation, et qu’on accepte de la mettre à la disposition de la société Scrépel-Pollet, dont le magasin se situe en face, moyennant une redevance d’occupation. Deux ans plus tard, Scrépel Pollet, qui l’utilise comme lieu de stockage, offre à la ville de racheter la propriété, et le conseil municipal accepte la transaction.

Document archives municipales

Document archives municipales

Malheureusement, cette société ne profitera pas longtemps de son acquisition : le percement de l’Avenue des Nations Unies va la frapper d’alignement, ainsi d’ailleurs que le magasin Scrépel-Pollet lui-même, qui sera contraint d’aller s’installer un peu plus loin. On commence à démolir la belle maison :

Document archives municipales

Document archives municipales

Elle disparaît durant l’hiver 1984-85, à l’issue d’une longue période de travaux qui ont avancé progressivement depuis le pont St Vincent et finissent par toucher la rue de l’Hommelet et le boulevard Gambetta.

Photo aérienne IGN 1988

Photo aérienne IGN 1988

Le coin nord est est désormais représenté par le 161, repris par la pharmacie qui en profite pour ouvrir une nouvelle vitrine sur le pignon du côté de la nouvelle avenue.

Photo Google

Photo Google

Un dernier élargissement

Le coin de la grand rue et des rues de l’Hommelet et Pierre de Roubaix n’a pas fini d’être élargi : la pioche des démolisseurs va maintenant s’attaquer aux deux angles Est.

Le plan cadastral de1845 nous montre un bâtiment formant l’angle sud-est du carrefour. Il est composé de plusieurs propriétés, numérotées 134bis, 136 et 138 sur la grand rue, et 1 sur la rue du quai . Le 138 est prolongé parallèlement à la rue du quai par un bâtiment long qui forme un retour à angle droit pour rejoindre cette même voie, enserrant ainsi un terrain clôturé par un mur. La propriété porte les numéros 3 à 9 dans la rue.

Plan cadastral 1884

Plan cadastral 1884

Un article de la Voix du Nord publié en 1958 nous apprend que c’est justement au 138 qu’Eugénie Scrépel-Pollet transfère le magasin de pianos et instruments de musique qu’elle a ouvert en 1880 rue des Champs. Très vite, M. et Mme Marcellin Willot-Scrépel prennent une part active dans le commerce qu’ils reprennent rapidement. En effet, en 1893, monsieur Willot-Scrépel , négociant, domicilié au 70 boulevard de Strasbourg, est propriétaire du 138. L’enseigne affiche toujours néanmoins le nom de Scrépel-Pollet.

Il procède à des aménagements (installation d’une vitrine grand rue, et percement d’une grand porte et de fenêtres sur l’ancienne rue du quai, devenue rue Pierre de Roubaix.

Le magasin - Document médiathèque de Roubaix

Le magasin – Document médiathèque de Roubaix

Marcellin Willot-Scrépel était employé de commerce lors de son mariage avec Justine Scrépel-Pollet, fille de François Scrépel et de Marie Françoise Pollet. Leur gendre, Amand Lecat, les aide dans le commerce qu’il reprendra à son tour dans les années 30.

Il installe sur la rue Pierre de Roubaix des ateliers, car il fabrique également sa propre gamme d’instruments.

Les ateliers - Document médiathèque de Roubaix

Les ateliers – Document médiathèque de Roubaix

Très tôt, le commerce s’élargit par la commercialisation de machines parlantes, mais aussi de pianos automatiques à cylindres et et pneumatiques. L’entreprise suit les évolutions de près : avec l’avènement du pick up, on assiste à l’ouverture d’un rayon de disques. Apparaissent les premiers postes de radio ; l’enseigne a des relations suivies avec la maison Philips, dont elle deviendra distributeur officiel. On passera ensuite à la télévison et la Hi-fi, mais aussi à l’électroménager.

Documents journal de Roubaix

Documents journal de Roubaix

Durant cette période, les numéros 134 bis et 136, ainsi que le numéro 1 rue Pierre de Roubaix abritent encore d’autres commerces. On trouvera longtemps un estaminet au numéro 134 bis, un coiffeur au 136, une épicerie, puis une école de coupe au 1. cette situation dure jusque dans les années 50, où, finalement, Scrépel Pollet rachète les propriétés formant le coin.

En 1958, M. Francis Lecat étant responsable du commerce, la presse nous annonce l’ouverture d’un magasin agrandi et rénové, dont les vitrines ouvrent désormais sur les deux rues. L’inauguration réunit de nombreuses personnalités.

La nouvelle vitrine - Document Nord Eclair

La nouvelle vitrine – Document Nord Eclair

Le magasin s’agrandit encore au détriment des anciens ateliers de pianos rue Pierre de Roubaix. Les vitrines sont surmontées d’un bardage métallique reprenant le sigle stylisé de la société. La propriété s’étend désormais jusqu’au boulevard Gambetta.

Photo Lucien Delvarre

Photo Lucien Delvarre

En 1984 le magasin est repris par les établissements Leroy-Horinque. A cette même époque, les travaux de l’avenue des nations-unies avançant, supprimant le dernier tronçon de la rue de l’HOmmelet, et obligeant à un élargissement de la rue Pierre de Roubaix jusqu’au boulevard Gambetta. Le magasin, désormais frappé d’alignement, est démoli, ainsi que la belle maison située en face, de l’autre côté de la grand rue.

L'extrémité côté Gambetta. Photo la Voix du Nord

L’extrémité côté Gambetta. Photo la Voix du Nord

On reconstruit un nouveau magasin dans l’alignement, situé du côté du boulevard Gambetta.. Celui-ci changera de nom, la nouvelle enseigne arborant Leroy-Horinque, avant de disparaître victime de la concurrence des grandes surfaces. Il est désormais remplacé par un centre de remise en forme.

Les autres documents proviennent des archives municipales.

 

 

 

 

On continue à dégager le carrefour

A peine les bâtiments des 1 et 3 rue de l’Hommelet sont-ils démolis, qu’on regarde en face, de l’autre côté de la grand-rue, où se trouvent tout une série de maisons vétustes qui gênent la visibilité des automobilistes. Ces bâtiments sont placés sur la grand-rue côté pair, juste avant la rue Pierre de Roubaix, et aux premiers numéros pairs de cette dernière voie. Sur le coin même, au 134 grand rue, se trouvait un estaminet, tenu en 1920 par Mme Vansteenkiste ; en 1939 on trouvait au 130 un marchand de légumes, et, au 134, un serrurier. Nord Eclair insiste en 1952 sur l’état de délabrement de ce bâtiment :

Photo Nord Eclair

Photo Nord Eclair

On remarque sur la photo, au premier plan, la maison qui vient d’être démolie au 1 rue de l’Hommelet, et, au troisième plan à droite, les premières maisons de la rue Pierre de Roubaix, des « basses toitures » également très anciennes, à qui l’administration n’a pas, non plus, l’intention de faire grâce. Tous ces bâtiments font un ensemble fermé autour d’une cour, qu’on trouve déjà sur le plan cadastral de 1804, cent cinquantenaires tout comme l’impasse St Paul, placée juste après entre les numéros 4 et 6.

 

Plan cadastral 1826

Plan cadastral 1826

 

On trouve dans les bâtiments bas au début de la rue Pierre de Roubaix jusqu’à la seconde guerre un estaminet, qui porte, au 2, l’enseigne « à l’encre noire » en 1895, et, au 4, une épicerie.

La décision d’abattre tous ces bâtiments est prise en conseil municipal, mais la réalisation se fait attendre. Deux ans plus tard, Nord Matin rappelle l’existence de cet ensemble qui continue à se dégrader :

 Photo Nord Matin

Photo Nord Matin

Ce rappel ne suffit toujours pas , et ce n’est que trois ans plus tard que l’entreprise Vandecastelle porte la pioche contre ces vénérables demeures.

Photo La Voix du Nord

Photo La Voix du Nord

Elles disparaissent donc en 1957, pour faire place à un parking ouvert. Celui-ci permettra de restaurer la visibilité dans ce carrefour très emprunté par les automobilistes, le reste du terrain restant en friche pour un moment encore.

Documents IGN

Documents IGN

 Mais cette friche va peut pas rester là à déparer ce coin de rue : en 1965, on y construit un immeuble, toujours présent aujourd’hui.. L’immeuble comporte au rez de chaussée des commerces, parmi lesquels on trouvera un moment un magasin « les coopérateurs ». Il sera dénommé « Super Coop » en 1968.On voit sur les photos que le 128 ter est épargné et qu’on le retrouve aujourd’hui à cet endroit :

Documents IGN 1965 – Google 2014

Documents IGN 1965 – Google 2014

 

On élargit à l’Hommelet

La rue de l’Hommelet est classée au réseau communal en 1838. En 1848, une commission municipale se penche sur l’opportunité de paver ce chemin, reliant le hameau de l’Ommelet et celui du Tilleul, sur une largeur de 3 mètres, à condition que les riverains abandonnent gratuitement le terrain nécessaire, pour transformer ce chemin en une rue de 10 mètres de large, la chaussée étant alors bordée de deux fossés « larges et profonds ». Le plan cadastral de1845 nous montre que le chemin fait un coude pour se raccorder à la rue du Quai (qui deviendra le début de la rue Pierre de Roubaix), et présente un étranglement au carrefour avec la rue du Galon d’eau (future grand rue), causé par des bâtiments qui débordent sur le chemin tant du côté pair que du côté impair. Ces bâtiments semblent très anciens, puisque, déjà présents sur le plan cadastral du Consulat daté du 25 vendémiaire an 13 (1804), ils persistent à marquer un état très antérieur de l’alignement du chemin. Cette situation, bien qu’incommode pour la circulation, va pourtant perdurer très longtemps.

Document archives municipales

Document archives municipales

 

Le bâtiment carré qui empiète du côté pair disparaît le premier (les photos aériennes de 1932 montrent qu’il a été remplacé par une maison de belle apparence construite en suivant l’alignement). Il n’est pas numéroté dans la rue de l’Hommelet, mais dans la Grand rue où on trouve en 1920 au 159 J. Flipo-Cousin, propriétaire, au 161 Eugène Leclercq, fabricant, et au 163 la pharmacie A. Delabaere. En 1939, on retrouve les mêmes propriétaires, sauf au numéro 161 où habite M. Flipo-Guerre-Tissot, industriel.

Le coin de la rue en 1965 – photo IGN

Le coin de la rue en 1965 – photo IGN

Cet immeuble va marquer le coin du carrefour jusqu’à la disparition de cette partie de la rue.

Le même immeuble vers 1980 – photo Nord Eclair

Le même immeuble vers 1980 – photo Nord Eclair

En revanche, le bâtiment situé à droite en débouchant sur la grand rue, au numéro 1, va connaître une carrière très longue. C’est d’autant plus étonnant que, dès 1866, le directeur des travaux municipaux conseille de racheter la parcelle pour dégager le carrefour.

La parcelle à acquérir – document archives municipales 1866

La parcelle à acquérir – document archives municipales 1866

Mais, très curieusement, cet avis n’est pas suivi d’effet et le bâtiment n’est pas démoli, puisqu’il va gêner la circulation au carrefour jusqu’au milieu du 20ème siècle. Côté numéros impairs, on trouve en 1920 au 1 R. Vandewille (-wiele?), fripier. En 1922 l’estaminet Verhoeve (157 gde rue), s’agrandit en achetant le 3 rue de l’Ommelet (ancienne tannerie Flipo). En 1939, on trouve au 1 M. Van de Wiele, qui est camionneur, et, au 3 E. Pennel, coiffure dames et la maison Paul fils, fripier.

Ce bâtiment ne va pas disparaître avant 1952 où, qualifié d’inutile et de vétuste, rendant le carrefour très dangereux, il sera finalement démoli à la suite d’une décision du conseil municipal.

Document Nord Matin

Document Nord Matin

Cette construction aura alors plus de 150 ans : bel exemple de longévité !