Ibis à Roubaix

Le 31 janvier 1988, la première pierre d’un nouvel hôtel est posée, comme signe tangible de la volonté de transformation de Roubaix voulue par l’équipe Diligent : transformer une ville repoussoir en un pôle d’attraction. Et en premier lieu, loger les visiteurs ! André Diligent rassure le monde hôtelier existant à Roubaix : avec un trois étoiles de 92 chambres, un deux étoiles de 13 chambres, quatre une étoile de 20 chambres, nous ne disposions que de 200 chambres pour tout Roubaix. D’un seul coup, nous augmentons notre capacité hôtelière de 50 % et ce n’est pas fini. Mais je suis convaincu qu’il y a de la place pour tout le monde.

Le Sénateur Maire André Diligent posant la première pierre Photo NE

Le partenaire, c’est la chaîne Ibis, dont le premier hôtel ibis a ouvert à Bordeaux en 1974, construit par la société hôtelière Novotel-SIEH, qui a absorbé les hôtels Mercure en 1975 et deviendra le futur groupe Accor en 1983. L’objectif de cet hôtel est de créer une chambre 30% moins chère que celle de Novotel. En 1977, 14 hôtels Ibis ont ouvert en France. En 1980, Ibis ouvre son 50ème établissement. La même année, la société Aéroports de Paris autorise pour une durée de 50 ans les hôtels Ibis à exercer une activité hôtelière (556 chambres) sur les domaines publics des aéroports. Le groupe hôtelier Accor prend naissance en 1983 et ouvre son premier hôtel Ibis aux États-Unis en 1983. En 1984, Accor et la banque La Hénin réunissent les 123 hôtels ibis et Urbis au sein de la structure Sphère SA, qui devient le premier opérateur d’hôtels 2 étoiles en France. Roubaix sera le 215e Ibis.

Avant l’Ibis, un café restaurant CP Méd Rx

Estaminet déjà présent en 1898, bénéficiant de la clientèle des Halles Centrales, dénommée Brasserie de Belfort en 1908, toujours café dineurs en 1929, puis café de la poste en 1972, l’emplacement a toujours eu une vocation d’accueil du public en s’adaptant à son environnement. Nous sommes à présent face à l’IUT, à deux pas de l’ancienne filature Motte-Bossut qui est sur le point d’accueillir les Archives nationales du monde du travail (ANMT). Elles y seront installées en 1993. Le nouvel Hôtel est un deux étoiles, propose 64 chambres, un restaurant bar de 70 places. La presse cite d’ailleurs un programme en six points : dans les deux ou trois ans, Roubaix va se doter d’un formule un de la chaîne Accor, d’un Campanile deux étoiles, d’un trois étoiles de standing Accor Srai inséré dans un projet de centre d’affaires, un deux étoiles de la chaîne Ibis, celui-là vient de commencer et un Hotelia équipement hôtelier original pour personnes âgés qui s’installera à la place de l’ancienne CAF.

L’Ibis en attente de l’Eurotéléport et des ANMT Photo Guy Sadet

Inauguré en septembre 1988, l’hôtel Ibis connaît un démarrage assez calme, du selon le directeur de l’époque à la concurrence de Lille, de son animation et de ses restaurants. À l’occasion, l’Ibis joue le rôle de déversoir quand Lille affiche complet. Roubaix est par ailleurs en pleine transition. L’Ibis accueille plutôt un public de cadres, comme ceux du Lloyd continental. L’ouverture prochaine de l’Eurotéléport porte de grands espoirs. On sert 80 à 100 repas par jour et c’est souvent le midi. Le manque d’animation (il n’y a plus qu’un seul cinéma à Roubaix) et trop peu de restaurants pour intéresser les clients à rester le soir.

Sources : presse locale, Ravet Anceau, Wikipédia

Les tissus Hallynck

Dans les années 1920, le jeune Emile Hallynck entre dans la vie active. Il trouve un poste d’employé chez un négociant en tissus et draperies : J. Houzet au 18 et 20 rue de la Fosse aux Chênes. En plus de son activité, et pour compléter ses revenus, il vend des pièces de tissus dans différents commerces : forains, tailleurs, etc. Il parcourt à bicyclette les rues de la région pour laisser des coupons d’étoffe en dépôt chez ses clients.

Emile Hallynck ( document J. Hallynck )

Émile se marie avec Marthe, née Leclerc. Ils habitent au 196 rue de l’Hommelet. Émile a un sens inné du commerce et les affaires deviennent très rapidement florissantes. Il crée, avec son épouse, au début des années 1930, l’entreprise  »Émile Hallynck-Leclerc ». Ce commerce de détail de tissus se trouve à son domicile. En 1938, ils déménagent au 198 bis de la même rue, pour un local plus spacieux. Émile et Marthe ont 5 enfants : Pierre, Jean, Marguerite, Marc et Michel. A l’adolescence, ceux-ci aident leurs parents à tenir le commerce.

A la petite Jeannette ( document collection privée )

Après la seconde guerre mondiale, les affaires reprennent. Marthe et Émile souhaitent ouvrir un commerce dans le centre ville et trouvent, dans la rue du Vieil Abreuvoir, deux endroits complémentaires : au N° 8, un magasin de détail ( tissus, lainages et soieries ) pour Marthe et sa fille Marguerite. L’enseigne « A la Petite Jeannette » est gardée car très connue des roubaisiens. Au N° 28, un local qu’ Émile Hallynck transforme en commerce de draperies, gros et détail. Il crée ainsi, en 1949, la société  »Hallynck et fils » avec ses enfants Pierre, Jean, et Marc. En 1951, son gendre Gilles Nuytten (le mari de Marguerite) rejoint l’équipe dirigeante. Michel, le cadet, s’oriente vers une brillante carrière  musicale avec son épouse Jacqueline.

Dans les années 1950, la société Hallynck et fils couvre le marché des DOM-TOM par l’envoi massif d’échantillons. Le succès est immédiat, l’offre répondant à un besoin important, et les prix étant très attractifs. La société garde ce marché jusqu’à l’indépendance de ces territoires.

Façade du 16 avenue Jean Lebas ( document Archives Municipales )

En 1962, Marthe Hallynck transfère son commerce de détail au 16 avenue Jean Lebas. Elle entretient de bonnes relations avec ses confrères du centre-ville : Pauchant et Segard. Ils publient régulièrement des publicités communes dans la presse locale.

Publicité de 1962 ( document collection privée )

La nouvelle société  »Hallynck et fils » est très dynamique. Jean et son épouse Angèle, Gilles et Marc participent avec leur père à l’évolution de l’entreprise et développent la clientèle : artisans tailleurs, confectionneurs, créateurs de mode, commerçants en  »mesure industrielle » pour la confection. Les tissus proviennent principalement des usines textiles de Roubaix et de ses environs : Louis Lepoutre, Auguste Lepoutre, César Pollet, Jean Deffrenne, Motte-Bossut, P et J Tiberghien, Prouvost-Bernard et bien d’autres. Toutes ces usines ont aujourd’hui disparu.

L’entreprise est ensuite transférée dans un local plus spacieux, au 15 de l’avenue Jean Lebas. Puis, dans les années 1970, le Crédit Lyonnais, situé au 17 de l’avenue souhaite prendre possession de ce local ; les tissus Hallynck et fils déménagent à nouveau pour le 29 de la même avenue. Cet immeuble, alors vide, avait longtemps été occupé par un confrère : les Ets Noblet, fabricant de draperies haut de gamme.

Façade du 29 avenue Jean Lebas construit vers 1885, consacré au stockage des tissus ( document J. Hallynck )

 

Publicité 1970 ( document J. Hallynck )

 

Publicité 1975 ( document collection privée )

A ce jour, la famille Hallynck a développé son activité et la vente par correspondance, dans une ambiance familiale, avec un personnel attaché à l’entreprise, comme par exemple, Marie-Claude Berthe, entrée à l’âge de 14 ans et qui en est à sa 60° année de carrière ! Les relations avec les fournisseurs, clients et prestataires sont également privilégiées. Ainsi, si l’imprimerie Truffaut n’existe plus à ce jour, les relations très amicales avec Mr Truffaut existent toujours. La famille Hallynck, en plus de ses valeurs morales et relationnelles a eu une gestion rigoureuse et une capacité d’adaptation à l’évolution du marché.

Jean Hallynck en 2002 ( document J. Hallynck )

Depuis de nombreuses années, tout en continuant de vendre de la draperie pour costumes et de beaux lainages, Jean, Angèle et leur fille Isabelle ont élargi les gammes de tissus en privilégiant toujours la qualité et le haut de gamme. Les tissus pour femmes, les soieries pour robes de mariées, tissus pour enfants, tissus d’ameublement, ont pris place dans les rayons et sont très appréciés par la clientèle.

Le choix incomparable des tissus ( Photo BT )

Les tissus Hallynck, sous l’impulsion d’Isabelle (fille de Jean) dévouée depuis 35 ans à l’entreprise, continuent l’activité grâce à 90 années d’expérience et de passion, une très forte notoriété sur le marché et un choix important de tissus.

Marie-Claude Berthe, Jean et Isabelle Hallynck ( document J. Hallynck )

Remerciements à Jean et Isabelle Hallynck.

Pelotes de Laine, chaussettes et vinyles.

Henri Bausier est commerçant. Il gère un commerce Phildar, à Tourcoing, dans les années 1950. Il devient dépositaire Pingouin-Stemm, en 1960, et s’installe à Roubaix au 3 rue Pierre Motte. C’est un endroit idéalement bien placé, car situé dans une artère très commerçante de la ville, à 10 mètres de la Grand-Place. Le 3 rue Pierre Motte est un ancien café-friture, qu’Henri fait transformer en magasin de détail des produits Pingouin-Stemm, qui sont, bien sûr, les célèbres marques de la  »Lainière de Roubaix », leader en pelotes de laine Pingouin et en chaussettes Stemm.

Façade ( documents archives municipales )

 

Publicités ( documents collection privée )

Il fait construire un mur de séparation à l’intérieur, entre le couloir et le magasin, de façon à ce que les propriétaires du bâtiment, les deux sœurs Victorine et Jeanne-Alphonsine Van Weynsberger, puissent regagner leur habitation à l’étage, sans devoir traverser le magasin. Les travaux sont confiés à l’entreprise d’Isidore Baseotto à Tourcoing.

Ouverture du magasin ( document Nord Eclair Nov 1960 )

L’ouverture a lieu début Novembre 1960. Les roubaisiens découvrent un magasin accueillant et chaleureux : les comptoirs sont en laque, les pelotes de laine aux coloris infinis sont exposées sur toute la longueur du mur, les chaussettes sont vendues en libre-service. L’inauguration se fait en présence de Mr le maire, Victor Provo. Pendant toute la semaine d’ouverture, Henri Bausier offre des louis d’or, à la clientèle, par tirage au sort.

Henri Bausier dans son magasin ( document JJ Bausier )

Le démarrage de l’activité est satisfaisant. Henri Bausier est bon commerçant, très sensible au service apporté à la clientèle, et passionné par la publicité qu’il utilise très régulièrement, dans la presse locale.

( documents Nord Eclair )

Henri développe ensuite une gamme de produits complémentaires : les bas, collants, cravates, les tapis Pingouin à faire soi-même et également les machines à tricoter. Gisèle, son épouse, lui apporte une aide précieuse à la tenue du magasin et à l’accueil de la clientèle principalement féminine. A côté de son magasin, au 1 bis, se trouve une mini-cave. Henri Bausier connaît bien son voisin M Delepierre, commerçant en légumes. Les deux hommes vont créer ensemble, un commerce de tricots, pour distribuer dans ce point de vente, des produits de la marque Rodier en 1967, à l’enseigne  »Jeune ».

Le magasin  »Jeune » au 1 bis – Façade et intérieur ( documents JJ Bausier)

Henri Bausier confie à son fils, Jean-Jacques et à une jeune vendeuse, la gestion du magasin. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, car les tricots Rodier sont peut-être un peu trop haut de gamme pour les roubaisiens. Ils décident donc d’arrêter leur activité en 1968. Jean Jacques Bausier a 20 ans ; jeune et passionné de musique, il propose à son père d’ouvrir un magasin de disques vinyles dans cette cave qui est un endroit plutôt sympa pour les jeunes. La façade extérieure est en bois ; 7 marches seulement sont nécessaires pour descendre au niveau intermédiaire ; 3 petites pièces se succèdent sur toute la longueur du magasin ; le plafond est en lambris acajou vernis. L’ouverture de la  »Discocave » a lieu, cette même année : 1968.

( document collection privée )

Jean Jacques se spécialise en musique Pop, Rock, Variétés. La vente se fait essentiellement en disques vinyles et surtout en 33 tours. Les deux hommes communiquent alors ensemble, par des publicités communes pour les deux magasins, dans la presse locale.

Publicités communes ( documents Nord Eclair )

En 1973, le succès aidant, Henri et Jean-Jacques décident d’ouvrir un second magasin de disques, dans le tout nouveau centre commercial Roubaix 2000. L’enseigne sera : Discocave 2.

Discocave 2 à Roubaix 2000 ( documents JJ Bausier et Nord Eclair )

Le père et le fils se relaient pour assurer une présence permanente, dans les deux magasins de disques. Jean-Jacques est spécialisé en musique Pop Rock. Henri préfère plutôt la variété française.Le magasin Discocave 1 ferme ses portes, en 1977, car Jean Jacques Bausier choisit une autre orientation pour sa carrière et part dans le domaine des photocopieurs. Henri continue le magasin Discocave 2, jusque la fin du centre commercial Roubaix 2000. Il continue ensuite de gérer son magasin Pingouin Stemm de la rue Pierre Motte avec son épouse, jusqu’au milieu des années 1980, date à laquelle ils prennent une retraite bien méritée.

Henri Bausier ( document JJ Bausier )

Remerciements aux Archives Municipales, et à Jean Jacques Bausier.

Un abattoir à Roubaix (fin)

Du centenaire à la disparition

L’abattoir vient de fêter le centenaire de sa construction quand le constat est fait de sa vétusté et de l’impossibilité d’une réfection totale de ses locaux car il est à présent situé quasiment en centre ville. Un projet de nouvel abattoir coûtant trois millions de francs est à l’étude. On pense à l’implanter en lieu et place de l’ancien dépôt de tramways rue de Mascara au Laboureur devenu propriété communale. La voie de chemin de fer toute proche est un argument pour cette implantation. Finalement en 1974, par arrêté du préfet, les abattoirs de Roubaix et Tourcoing sont condamnés, ils ne feront pas partie de la liste des neuf abattoirs du nord qui subsisteront à savoir Dunkerque, Hazebrouck, Valenciennes, Saint Amand, Douai, Avesnes, Maubeuge, Caudry et Lille.

Dernières images de l’abattoir Photo NE

Tous les abattoirs non autorisés doivent cesser de fonctionner au plus tard dans les quatre ans (1978 pour Roubaix et Tourcoing) avec une prime incitative pour fermeture de 334.160 francs. Il est vrai que les tonnages abattus étaient en baisse. Le reclassement du personnel est prévu : 22 personnes à Roubaix iront dans d’autres services, d’autres sont proches de la retraite, d’autres iront à Lille, ce sont principalement des chevillards.

Le lycée professionnel rue Lavoisier Photo VDN

L’abattoir fut démoli en 1978 et on établit sur son emplacement un lycée d’enseignement professionnel, dont la construction démarra en décembre 1978 pour s’achever en novembre 1980. Cet établissement propose aujourd’hui des filières vers un CAP ou un Bac pro dans les domaines de la restauration ou des services à la personne. La fonction de l’établissement jouxtant la Place ayant changé, le nom de la Place en fit autant : elle fut rebaptisée Place Jean Baptiste Clément, du nom de l’auteur du « Temps des cerises » le 28 février 1979.

Le lycée a remplacé l’abattoir plein centre de la photo Vue IGN 1982

Un abattoir à Roubaix (suite)

Cet abattoir fut agrandi plusieurs fois (1894, 1908 et 1925), modernisé en 1899 et équipé de chambres froides en 1919. Cette année là, un peu partout, les municipalités des grandes villes installent des services frigorifiques pour maintenir les produits congelés importés à basse température jusqu’au moment de leur consommation. Roubaix ne fait pas exception. Un projet d’installation pouvant abriter 200 tonnes de viandes est examiné. Il s’agirait de transformer une écurie de l’abattoir en un frigorifique et en une anti chambre de décongélation. La salle des machines serait établie sur un petit terrain libre à côté dépendant de l’abattoir.

Le quartier se développe autour de l’abattoir. Parmi ses riverains, on trouve deux tailleurs, deux estaminets, dont l’un s’appela un temps A la vache d’or, et bien sûr deux bouchers. La Place de l’Abattoir reçut sa disposition actuelle en 1925 : elle fut composée de deux terre-pleins plantés de tilleuls argentés, agrémentés de bancs pour les promeneurs, et elle fut alignée en son centre avec la rue de l’abattoir (future rue Léon Allart).

L’abattoir des années trente CP Méd

À cette époque, l’Abattoir communal est ouvert de 6 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Avril au 30 Septembre. De 7 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Octobre au 31 Mars. L’établissement est fermé les dimanches et jours de fêtes.

L’abattoir accueille un grand nombre de professions : bouchers, charcutiers, chevilleurs, tripiers, fondeurs de suif et leur accès est sévèrement réglementé. MM. le Vétérinaire Inspecteur de l’Abattoir, le Directeur du Bureau d’Hygiène et le Commissaire Central de Police, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du règlement.

L’Administration Motte avait projeté en 1909 la construction d’un nouvel abattoir aux Trois-Ponts près du Tir National. Ce projet avait plusieurs gros inconvénients : il portait préjudice au commerce du quartier. Trop éloigné du centre, il perdait une partie importante de sa clientèle de bouchers qui se seraient rendus aussi rapidement à Lille ou à Tourcoing. D’où augmentation de dépenses et diminution des recettes.

L’abattoir modernisé CP Méd Rx

En 1925, on fait le choix de la modernisation. Les travaux vont pourvoir l’abattoir d’un outillage moderne et des perfectionnements pour l’hygiène : aqueducs, eau saine et abondante sous forte pression, lumière électrique dans les halls d’abattage, échaudoirs lambrissés en grès émaillés, monorails avec crocs ou baquets suspendus pour le transport, augmentation du nombre de pendoirs, salles de grattage et de dégraissage conformes aux exigences de l’hygiène, écuries, étables, bergeries, vestiaires et lavabos pour le personnel. Partout de l’air et de la lumière. Les recettes, loin de diminuer vont augmenter. Double bénéfice pour la Ville. Et pas de perte pour le commerce du quartier. L’abattoir sera complètement modernisé en 1928.

 

N° 9 rue Pierre Motte

Le 9 de la rue Pierre Motte a été, pendant très longtemps, occupé par un débit de boissons : l’estaminet de L. Rousseaux dans les années 1900, puis celui de M. Deffrenne ( chez Marius ) dans les années 1920 et 1930.

( document collection privée )

Après la libération, le café est tenu par Stanislas Ryba Coppens. L’enseigne est le « LA MI DO » Trois notes de musique ! car Stanislas, musicien passionné, profite de cette période d’après guerre, pour transformer son établissement en café-concert. L’activité musicale roubaisienne se concentre au cœur de la ville, autour des halles, et la rue Pierre Motte se transforme en « rue du jazz ». Les principaux commerces créent leur formation de jazz et de swing. Dans cette rue, nous trouvons le Celtic au 11, le Bazar des Halles au 35, l’orchestre de Jean Poulin au 55, la Rotonde à l’angle du Boulevard Gambetta, et un peu plus loin, le café du Broutteux.

( document Nord Eclair )

Au début des années 1950, Claude Ryba, le jeune fils de Stanislas, est accordéoniste. Il anime les après-midi dansants pour divertir la clientèle. Le « LA MI DO » devient un lieu renommé et apprécié.

( documents Nord Éclair )

En 1962, l’opticien André Her, installé au 94 96 rue de l’Epeule, reprend le café et demande à l’architecte Henry Hache, situé place de la Fraternité, des travaux de transformation de la vitrine pour la création d’un magasin de prêt-à-porter et plus précisément d’imperméables et de manteaux à l’enseigne : Toutemps. M et Mme Lagast sont responsables du commerce jusqu’en 1966.

( document collection privée )

Daniel Jacquart reprend le commerce du 9 rue Pierre Motte, en 1966. Daniel est déjà commerçant ; il possède un commerce de bonneterie, à l’enseigne « La Bicoque », au 53 bis rue de Lannoy, en 1962. Trois années plus tard, une grande partie de la rue de Lannoy est rasée pour faire place au futur centre commercial Roubaix 2000. Daniel Jacquart comme beaucoup de commerçants, s’installe au Lido à l’emplacement N° 15, toujours avec son enseigne « La Bicoque ». Le Lido étant un centre de transit provisoire, Daniel pense déménager pour trouver un commerce digne de ce nom, et choisit donc, le 9 rue Pierre Motte. En Septembre 1966, il demande à l’entreprise Trousson une modification de la vitrine.

( document Archives Municipales )

Il abandonne l’enseigne La Bicoque pour afficher son nom : Jacquart, et, en 1968, il fait transformer complètement le magasin par l’entreprise Delcour de Wasquehal. Son enseigne est désormais ; Jacq’bis.

La façade en 1986 ( document Archives Municipales )

Daniel continue son commerce de bonneterie, mais va surtout développer la vente de prêt-à-porter féminin, avec des grandes marques, connues du grand public. Sa devise est : Jacq’bis, la plus parisienne des boutiques roubaisiennes

publicités ( documents collection privée )

La façade en 1999 ( document F. Hamès )

En 1999, Daniel Jacquart cède son commerce à Fabien Hamès et son épouse Nathalie. Fabien est opticien adhérent Krys depuis 1989, au N° 13 de la rue Pierre Motte ( 2 commerces plus loin ! ). Les affaires fonctionnent très correctement, mais dix ans après, le développement se fait de plus en plus difficile, par un manque cruel de place. Ne pouvant agrandir son petit magasin de 70m2, Fabien souhaite déménager son commerce. Il entretient de bonnes relations avec les commerçants voisins, et l’occasion se présente quand Daniel Jacquart lui annonce vouloir céder son affaire.

La façade Krys en 2000 ( document F. Hamès )

Fabien réalise les travaux nécessaires, pour transformer le magasin de prêt-à-porter en commerce d’opticien. Il ouvre son nouveau magasin au 9 rue Pierre Motte, en Février 2000. La surface de vente est désormais de 120 m2, ce qui lui permet de développer le choix des montures de lunettes et de devenir spécialiste en lentilles de contact et en basse vision pour les mal-voyants.

La façade du magasin Krys ( document F. Hamès )

L’Intérieur du magasin ( document F. Hamès )

En Janvier 2009, Fabien Hamès et son épouse Nathalie, reprennent le magasin de la bijouterie Soyez de Philippe Heim, au N° 7 de la rue Pierre Motte. (voir sur notre site, l’article intitulé : La bijouterie Soyez)

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Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à Fabien et Nathalie Hamès.

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La bijouterie Soyez

Au début des années 1900, le 7 de la rue Pierre Motte est composé de deux magasins jumeaux : le 7 et le 7 bis.

Les magasins jumeaux 7 et 7 bis ( document collection privée )

Sur cette photo, à gauche le N° 7 est une bijouterie tenue par M et Mme Desagre-Verfaillie. A droite, au N° 7 bis, se trouve l’imprimerie Castelain.

( document collection privée )

Au N° 7, la bijouterie du couple Desagre-Verfaillie est un commerce de bijoux, certes, mais également d’articles religieux, cadres photos, articles fumeurs, meubles. On peut se demander comment gérer autant d’articles dans une si petite échoppe, car le magasin est peu profond, et très étroit. La maison Verfaillie a été crée en 1880.

( document collection privée )

( document collection privée )

Au N° 7 bis, F. Castelain a créé son commerce en 1895. Il imprime des journaux, des brochures, des catalogues, des registres. Il vend également des articles de papeterie et des cartes postales. Curieusement, sur leurs publicités de l’époque, les deux commerçants préfèrent indiquer leur adresse : Place des Halles, plutôt que le 7 rue Pierre Motte, probablement car leurs points de vente se trouvent juste en face des célèbres Halles de la ville, que tous les roubaisiens connaissent. Pendant de très nombreuses années, les deux magasins vont rester jumeaux : Au N° 7 bis – Le commerce est repris par un ébéniste : J. Herbeau dans les années 1910, puis deviendra un magasin de chaussures tenu par Mlle Chavet dans les années 1920 et par G. Rouzé dans les années 1930-1940.

Au N° 7 – Albert Soyez et son épouse Jeanne, née Delerue, reprennent le commerce d’Hélène Verfaillie, vers 1910. Il était installé bijoutier, au 133 rue de Lannoy, et son souhait est de se rapprocher du centre ville. Il décide de se limiter uniquement au commerce de bijoux, en supprimant le reste des produits vendus jusqu’alors.

Albert Soyez et son épouse Jeanne ( documents P. Heim )

( document collection privée )

Albert Soyez décède en 1914. Sa veuve, Jeanne, continue seule l’activité du commerce. Quelques années plus tard, elle rencontre Fernand Heim. Il reprend la bijouterie, au milieu des années 1920, et garde l’enseigne Soyez qui a une très bonne notoriété : une maison de confiance qui rassure la clientèle. Ils habitent sur place, à l’étage.

( document P. Heim )

Fernand est excellent commerçant et développe son commerce de façon très satisfaisante, toujours avec l’enseigne Soyez, et ce, pendant des années.

Publicités Soyez ( documents collection privée )

Jacques Heim ( le fils de Fernand ) aide son père, dès 1945, à la gestion du commerce. Dans les années 1950, il habite au 112 rue de Lannoy ; Fernand a toujours son domicile rue Pierre Motte.

De gauche à droite : Jacques Heim, Hermance la mère de Fernand, Fernand, et Jeanne devant le magasin en 1945 ( document P. Heim )

En 1963, la locataire du commerce de chaussures du 7 bis, Mlle C Rouzé, quitte les locaux et part s’installer au 14 de la rue du Maréchal Foch. Jacques Heim reprend le point de vente, fermé depuis peu. Il fait effectuer des travaux pour ne faire qu’un seul magasin : le 7 et 7 bis sont ainsi regroupés. Les travaux d’aménagement sont confiés à l’entreprise Romain d’Arras.

La façade avant travaux en 1962 ( document P. Heim )

La façade après travaux en 1964 ( documents Nord Eclair )

La nouvelle Bijouterie-Horlogerie-Joaillerie Soyez ouvre en 1964. Le commerce est bien connu des roubaisiens depuis plusieurs générations et s’est constitué une clientèle désireuse d’acheter dans une maison de confiance.

Intérieur du magasin 1964 ( document P. Heim )

L’installation du nouveau magasin est moderne et de grand standing : vastes rayons, larges comptoirs vitrés ; c’est une véritable exposition permanente. Un personnel compétent conseille les acheteurs pour choisir les prestigieuses pièces de bijouterie joaillerie, ainsi que les montres des plus grandes marques, dont Lip, Universal. Après cette transformation, Jacques Heim continue de développer fortement le commerce dans les années 1970-1980, son fils Philippe vient l’aider en 1978 en tant qu’employé.

Publicités années 70 80 ( documents collection privée )

En 1975, intervient une nouvelle modification de façade et d’aménagement intérieur. Les travaux sont à nouveau confiés à l’installateur Romain à Arras. Il créé un concept moderne, avec hall d’entrée, porte automatique, et de magnifiques vitrines d’exposition.

Nouvelle façade 1975 ( document P. Heim )

Intérieur du magasin en 1985 ( document P. Heim )

En 1985, Jacques Heim prend sa retraite après 40 ans d’activité. Il transmet le magasin à son fils, Philippe. Celui-ci et son épouse Joëlle vont désormais assurer la gestion complète du commerce.

Philippe Heim en 1996 ( document P. Heim )

Philippe Heim cesse son activité en 2008, après 30 années passées derrière le comptoir. La bijouterie Soyez fondée en 1889, ferme ses portes en 2008.

La façade en 2008 ( document Google Maps )

Philippe Heim propose à son voisin Fabien Hamès, opticien adhérent Krys, installé au N° 9 de la rue Pierre Motte, de lui céder son commerce. Un accord est conclu en début d’année 2009 ( voir sur notre site, l’article intitulé : 9 rue Pierre Motte ). Fabien et son épouse Nathalie décident de regrouper les deux magasins en un seul point de vente. Ils confient le dossier à leur architecte d’intérieur Didier Leclercq ; les travaux sont réalisés par l’entreprise Gruson 177 rue de Maufait à Roubaix. Fabien et Nathalie décident de ne pas fermer leur point de vente pendant les 2 ou 3 mois de travaux nécessaires. Le 7 et le 9 de la rue Pierre Motte, sont ainsi regroupés et l’ouverture se fait dans le courant de l’année 2009. Le magasin est superbe.

( document Google maps )

La surface de vente de 240 m2 permet de proposer un choix plus large en montures, de développer les verres progressifs, la basse vision, et l’espace audition. Aujourd’hui, le magasin Krys de Roubaix, est l’un des plus grand point de vente de la marque Krys sur la région.

( documents F Hamès )

Remerciements aux Archives Municipales, ainsi qu’à Philippe Heim, à Fabien et Nathalie Hamès

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Union Biscuits (suite et fin)

En 1992, afin d’élargir sa gamme de produits, Union Biscuits rachète la société Preneel à Bergues, spécialisée dans la fabrication artisanale de pains d’amandes. Une grue immense est nécessaire pour soulever le four Preneel, et l’amener au premier étage de la cour intérieure de l’entreprise roubaisienne.

Le four de cuisson Preneel ( document J. Duparcq )

Eugène et Donat Duquesne décident de vendre Union Biscuits, en 1994, au groupe Leroux, leader mondial de la chicorée, désireux d’élargir son image, en créant un univers « P’tit Déj » : café, café-chicorée et biscuits. Union Biscuits fait donc désormais partie de Finaler ( holding du groupe Leroux ) qui investit fortement dans la rénovation de l’entreprise de la Grande Rue.

Plan cadastral ( document Archives Municipales )

A la fin des années 1990, la circulation de plus en plus dense des automobiles entraîne des problèmes de logistique pour l’entreprise, surtout pour les transports. Les camions d’approvisionnement et de livraison ont de plus en plus de difficulté à circuler en centre ville, et à manœuvrer dans la minuscule cour intérieure de la société. D’ailleurs, le restaurant asiatique « La Grande Muraille » situé juste en face, au N° 62 de la Grande rue, a eu sa vitrine fracassée, à trois reprises, par des camions de livraison !

De plus, l’entreprise a un mur mitoyen avec l’école Saint Louis de l’avenue des Nations Unies. Or, la municipalité, désireuse de prendre des mesures de protection des enfants roubaisiens, et, compte tenu des risques de pollution et d’incendie, souhaite le départ de la société, d’autant plus que le complexe cinématographique « Le Duplexe » a également un mur commun avec la biscuiterie.

L’entreprise au 59 Grande rue, à côte de la droguerie de J. Paoli, au début des années 2000 ( document Google Maps )

document Nord Eclair

La ville de Roubaix n’ayant pas de terrain à proposer, le Directeur Général de l’Union Biscuits, François Vatelot, décide alors de déménager, en 2002, à Marcq-en-Baroeul, dans la Z.I. de la Pilaterie, dans les anciens locaux de la CERP ( grossiste en produits pharmaceutiques ). Le déménagement d’une grosse entreprise n’est pas une simple affaire. Plusieurs semi-remorques sont nécessaires pour transporter, le matériel, les machines, le stock … Les camions doivent assurer plusieurs trajets, pour effectuer les déplacements.

Déménagement vers Marcq en Baroeul ( documents J. Duparcq )

De 2.000 m2 sur trois niveaux à Roubaix, l’entreprise s’étend désormais sur 4000 m2 de plein pied, sur un terrain de 10.000 m2. Jean Duparcq qui était responsable des travaux à Roubaix, devient directeur de ce nouveau site de production.

L’entreprise de Marcq-en-Baroeul ( documents UB et J. Duparcq )

Ce déménagement permet d’investir dans du nouveau matériel, avec des lignes de production performantes. La marque Régal est supprimée du catalogue. Il reste bien évidemment, les deux produits leaders : Familial et Big Choco.

Le nouveau four  »Imaforni » installé à Marcq en B ( document J. Duparcq )

David Portet, conducteur de machine ( Document VDN )

L’entreprise est reprise en 2006 par le groupe de Monique Piffaut qui crée : Les Comptoirs du Biscuit. Après divers aléas économiques et revirements de situation, l’entreprise est sauvée de la liquidation judiciaire, en 2013, par Vincent Duprez, patron du Comptoir des Flandres. La société entre alors dans un réseau de fabricants nordistes de confiseries, biscuits, gâteaux et gaufres ( Eugène Blond, La Dunkerquoise, Afchain ). Le nom : Union Biscuits est repris. L’entreprise est toujours dirigée par Jean Duparcq.

En 2019, l’entreprise connaît quelques difficultés financières, suite à des pertes de marchés, comme l’armée ou des marques de distributeurs, et à la concurrence de grands groupes internationaux. L’union Biscuits de Marcq-en-Baroeul ferme ses portes, cette même année.

( document Eugene Blond )

( documents Eugene Blond )

La biscuiterie Eugène Blond, de Lambersart, qui fabrique des gaufres, des gaufrettes, des biscuits, depuis 1894, reprend, en 2020, l’activité et les 2 marques de l’Union Biscuits : Familial et Big Choco.

Que reste-t-il aujourd’hui d’ Union Biscuits à Roubaix ?

– Les deux produits leaders sont désormais fabriqués à Lambersart.

– L’usine de la Grande Rue a été rasée.

Ne subsiste, dès lors, que le célèbre tableau « Les vaches hollandaises » au Musée de la Piscine et le buste d’Édouard Duquenne, au square Pierre Catteau.

( document collection particulière )

Sur cette photo de 1910, dans le bureau de l’administration de la boulangerie de l’Union, est exposé un tableau de très grande taille ( 1,84m sur 2,42m ). Cette œuvre a été réalisée, en 1890, par le peintre Gustave Krabansky (1852 – 1902). Gustave Krabansky était le beau frère d’Édouard Duquenne, le fondateur de la boulangerie de l’Union. Ce dernier avait en effet, épousé Coralie Krabansky ( la sœur du peintre ) en 1896.

Donat Duquenne ( le fils d’Édouard ) fait don du tableau au musée de Roubaix, en 1986 ( quelques temps avant la vente de l’entreprise au groupe Leroux ). De nos jours, nous pouvons toujours admirer cette œuvre au musée d’art et d’industrie André Diligent  » La Piscine  » à Roubaix.

( Photo BT 2020 )

Le buste d’Edouard Duquenne, au square Pierre Catteau (Photo BT 2020)

Remerciements aux Archives Municipales, à Jean Duparcq, cadre dirigeant d’Union Biscuits, et à Bruno Gaudichon, conservateur du musée  »La Piscine ».

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L’îlot de l’Hôtel des ventes

Aussitôt l’avenue des Nations Unies tracée, la salle des sports et le parking-Silo construits, on s’aperçoit, au milieu des années 80, que le virage de l’avenue offre à la vue de l’automobiliste un alignement de façades disparates datant du siècle précédent, peu attrayantes et incompatibles avec le standing de la nouvelle avenue. Dans la foulée des restructurations réalisées dans le quartier, on envisage alors une nouvelle opération de modernisation.

Photo Nord Eclair

Très vite, c’est l’ensemble du pâté de maisons limité par l’avenue des Nations Unies, la rue Pauvrée, la grand rue et la rue du curé qui retient l’attention des pouvoirs publics : après avoir restructuré l’Alma gare et l’Alma centre, on veut poursuivre les travaux de reconstruction. Cet ensemble est dénommé Îlot de l’hôtel des ventes.

L’îlot en 1953

Cette dénomination vient du fait qu’en 1968 s’est installé sur des parcelles au centre du pâté de maisons l’hôtel des ventes, venu de la rue du Collège en quête de l’espace qui lui manquait cruellement. Cet hôtel des ventes se trouvait rue du Collège depuis les années 30, après avoir déménagé de la grand rue. On construit sur le site un vaste bâtiment et des parkings, qui vont accueillir enchérisseurs et curieux.

Photos IGN et Nord Eclair

L’entrée principale s’ouvre au 22 rue du curé, face à la rue du vieil abreuvoir. Là se trouvait déjà une porte cochère. Un autre accès donne sur la rue Pellart

Avant et après – Photos Nord Eclair et Daniel Labbe

Pourtant, le projet de restructuration prévue de l’îlot reste modeste : comme on ne désire toucher ni à l’hôtel des ventes lui-même, construit récemment, ni au commissariat, dont le remplaçant est encore en projet et qu’on prévoit d’agrandir. Ces deux ensembles constituent avec la CAF, qui doit être reconstruite rue Gambetta en 1984, l’essentiel du centre de l’îlot. On projette seulement deux ensembles d’immeubles d’habitation donnant sur l’avenue des Nations Unies. L’un comportera 100 logements, et l’autre 90. Leurs emprises sont colorées sur le plan ci-après.

La Voix du Nord 1982

Tout l’alignement qui constitue les numéros pairs de la rue Pellart jusqu’au commissariat seraient donc amenés à disparaître. Ces immeubles en bon état, quoique souffrant d’un manque d’entretien abritaient depuis l’origine diverses entreprises de taille modeste, dont les locaux ont été repris après guerre par des associations. On y trouvait en effet, dans les années 60-70, au 8 l’atelier de réadaptation de l’association des paralysés de France, au 12-14 le centre d’apprentissage de filature du coton, au 34 le foyer des travailleurs africains, ainsi que plusieurs commerces et petites entreprises, sans compter quelques habitations individuelles.

Les immeubles du coin de la rue Pellart pendant les travaux de construction du Parking-Silo

Mais, au final, ce projet ne se concrétise pas. Il faut attendre la fin de la décennie suivante pour que les premières démolitions interviennent. Elles seront les prémices à un projet beaucoup plus vaste.

En 1996, le maire, René Vandirendonck, conscient de la disparition progressive du commerce dans le centre de la ville, défend devant la communauté urbaine un plan de réimplantation commerciale.

Celui-ci se concrétise d’abord par l’implantation de l’ensemble Mac Arthur Glenn sur les ruines de Roubaix 2000. Ce premier pas est suivi du projet d’ouverture d’un centre commercial Casino qui s’implanterait sur notre îlot de l’hôtel des ventes. Il comporterait un hypermarché de 8300 mètres carrés et une galerie marchande, l’ensemble représentant la création de 600 emplois pour les roubaisiens. On prévoit également de compléter cet ensemble par l’ouverture d’un complexe de neuf salles de cinéma juste à côté. Pour le coup, le projet va entraîner la destruction presque totale de l’îlot.

Photo Lucien Delvarre

La photo, reprenant le même point de vue que la précédente, nous montre le coin des rues du Curé et Pellart après les démolitions. Les immeubles de la rue Pauvrée disparaissent également, la rangée de gauche pour faire place au centre commercial, l’autre pour le complexe cinématographique.

Photo Lucien Delvarre

Quand à la grand rue, elle y perd quelques immeubles pour permettre l’implantation des accès au centre commercial.

Photo Nord Eclair

Mis à part le reste des commerces de la grand rue, l’ancien commissariat et quelques bâtiments à l’entrée de la rue du Curé, tout est rasé. On a fait place nette.

Photos IGN et Daniel Labbe

Il ne reste qu’à procéder à l’édification de ce qui prendra le nom d’Espace Grand Rue.

Photos la Voix du Nord

Les documents proviennent des archives municipales, de la médiathèque de Roubaix, et des sites de la Voix du Nord et de l’Institut Géographique National.

Union Biscuits

Cet article fait suite à «  La Boulangerie de l’Union » précédemment édité.

En 1914, la première guerre mondiale éclate. L’état ordonne à la  »Boulangerie de l’Union », de fabriquer des biscuits pour l’armée française, pour les poilus qui se battent au front. A la fin du conflit, en 1918, la situation est catastrophique pour la population. Il a été très difficile, en effet, de pouvoir se nourrir correctement pendant ces quatre années. L’Union continue et développe alors fortement la production de biscuits de suralimentation, très nutritifs et fortifiants, pour satisfaire les besoins énormes des roubaisiens, qui souffrent de carence alimentaire.

( documents collection particulière )

Sur ce catalogue de 1923, une gamme très complète de biscuits est proposée à la clientèle : biscuit sec, petit beurre, sablé, galette, pain d’amande, gaufrette, madeleine, boudoir, langue de chat, macaron, biscotine, biscuit de régime, et même biscotte pour potage !

La marge bénéficiaire sur les biscuits étant plus confortable que sur le pain, à la fin des années 1920, la société stoppe son activité de boulangerie pour ne fabriquer que des biscuits, et devenir la « Biscuiterie de l’Union ». Édouard Duquenne, le fondateur de l’Union, passe le relais, en 1927, à ses deux plus jeunes fils, Eugène et Donat.

L’entreprise cesse également toutes les actions sociales qui avaient été entreprises jusqu’alors. C’est en 1936 que l’entreprise prendra le nom d’ « Union Biscuits ».

( document collection particulière )

L’Union met en place, dans les années 1930, un système de points fidélité. Des bons sont remis à la clientèle, à chaque achat. Les bons cumulés donnent la possibilité d’obtenir des pièces d’un magnifique service de table en porcelaine de Limoges.

Publicités Familial et Régal ( documents collection particulière )

Dans les années 1950, la société Union Biscuits crée deux nouveaux produits :  »le Familial » et  »le Régal ».

Le Familial ( document J. Duparcq

« Le Familial » est un biscuit feuilleté, très digeste, destiné à toute la famille. C’est l’inimitable et incomparable casse-croûte.

Le Régal ( document J. Duparcq )

« Le Régal » est fourré d’une délicieuse pâte à base de vanille ou de chocolat, apprécié en particulier par les enfants, pour leur goûter de 4 heures. Ces deux nouveaux produits connaissent un énorme succès.

Début des années 1970 ( Document D Labbé )

En 1974, Joseph Desmarecaux, qui est entré dans l’entreprise en tant que représentant, est nommé PDG par les deux frères Eugène et Donat Duquenne. Particulièrement commerçant et dynamique, il multiplie les actions de communication et d’animation sur les produits de l’entreprise : présence lors de salons professionnels, animation-jeux ( bicyclettes ) dans des galeries marchandes, ou dans diverses fêtes locales.

Joseph Desmarecaux au centre, entouré de deux représentants ( document J. Duparcq )

( documents J. Duparcq )

Le Big Choco est créé au début des années 1980. C’est un casse-croûte familial, nappé de chocolat. Ce produit est fortement apprécié de la clientèle. De nombreux roubaisiens se souviennent certainement de ces odeurs très agréables, de biscuit et de chocolat, qui parfumaient la Grande Rue.

Big Choco ( document collection particulière )

Ces 3 produits leaders du marché ( Familial, Régal et Big Choco ) sont à l’origine du développement de l’entreprise Union Biscuits, dans les années 1980, mais la concurrence commence à devenir agressive sur le marché, avec des marques comme Lu, Brun, BN, Delacre, Belin et même des entreprise belges Parein et DeBeukelaer. Union Biscuits résiste, et, en 1985, l’entreprise rachète les biscuits IDC à la gare des Francs, à Tourcoing qui est le principal concurrent en biscuits casse-croûte.

( document J. Duparcq )

En 1988, le PDG de la société Union Biscuits, Joseph Desmarecaux conclut un accord avec Jean-Pierre Bourgois du club des collectionneurs de Roubaix pour présenter une magnifique exposition de l’entreprise, lors du salon des 5 et 6 Mars 1988, au Centre aéré du Parc des sports. Il confie à trois étudiantes de l’école ESAD, ( dont sa fille Anne Caroline Desmarecaux ) la mission d’organiser la présentation des affiches, des publicités et même des objets comme une caisse de comptoir de la boulangerie, datant des années 1910. C’est l’occasion de rappeler aux nombreux roubaisiens, l’importance d’Union Biscuits, de son histoire depuis 1892 et de ses produits de qualité.

( documents J. Duparcq )

A suivre . . .

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Remerciements aux Archives Municipales et à Jean Duparcq pour son témoignage et ses documents.