Devianne ( suite )

Jean et Michel Devianne sont toujours à l’affût de nouveautés pour le développement de l’entreprise : création de la « jeannerie », avec la mode des jean’s, le lancement d’une gamme complète de blousons en cuir, un service de retouche immédiat, une fermeture tardive le mercredi soir, une ouverture exceptionnelle certains dimanches, l’organisation de l’anniversaire du magasin avec une voiture à gagner…

Michel Devianne choisit ses peaux avec le plus grand soin. Il apprécie en priorité la qualité et la souplesse des cuirs

Publicités ( Documents Nord Éclair )

Jean et Michel Devianne, sont des commerçants et des hommes d’affaires, certes, mais ont le cœur sur la main, et sont engagés pour leur ville avec différentes missions civiles et caritatives. Jean crée l’Accueil Fraternel Roubaisien au 35 rue Pellart : maison qui reçoit la nuit, des sans abris, et des personnes en situation précaire.

Michel s’occupe de l’association Amitié Partage, qui aide des hommes et des femmes en difficultés, à se remettre debout. Il sera d’ailleurs Président d’Amitié Partage pendant quelques années. Michel est également l’initiateur, avec Guy Talpaert, de l’hôpital qui porte son nom. En récompense de toutes ces actions, Michel a reçu la médaille d’or de la ville de Roubaix.

Jean Devianne est juge, puis président du tribunal de commerce de Roubaix. Il est également président de l’UCC Union des Commerçants du Centre. Il organise toutes les campagnes publicitaires des commerçants, les fêtes en centre ville qui ont une renommée régionale.

Jean Devianne, juge au Tribunal de Commerce (document Michel Devianne )

En 1972, Michel Devianne ( huitième génération ! ) devient président du conseil d’administration de la société. Il rachète la maison voisine, au 72 Grande rue. Ce petit commerce inoccupé était auparavant l’agence immobilière NIC, gérée par R Declercq dans les années 1960-1970, et autrefois le magasin de fourrures de Mme Matton dans les années 1950.

Michel fait alors transformer toute la façade du magasin, agrandir la porte d’entrée et créer une nouvelle vitrine, et une porte d’entrée supplémentaire pour la  »jeannerie ». Il devient ainsi le voisin immédiat de Bossu Cuvelier au 74. Il continue de faire confiance à l’architecte Emile de Plasse.

Michel est membre de la chambre de commerce, à l’époque de la fusion avec celle de Lille.

Nouvelle façade ( Documents Archives Municipales )

En 1976, le premier magasin VETIR ouvre à Englos, en face d’Auchan ; il est rapidement rebaptisé « Devianne ». C’est un changement de stratégie pour l’entreprise : ouvrir un magasin en périphérie, dans une zone commerciale, et donc délaisser quelque peu les centres-villes. C’est la première grande surface, vendant des vêtements, hors des villes. En 1983, la société Devianne fête son 101° anniversaire.

( Document Nord Eclair )

Michel Devianne rachète les N° 9, 11 et 13 du Boulevard Leclerc en vue d’agrandir le parking. L’accès sera ainsi plus aisé sur le Boulevard que sur la Grande Rue.

( Documents Archives Municipales )

En 1988, le projet d’extension de 208 m2, à l’arrière du magasin, permet de développer la surface de vente de manière très significative. Le nouveau bâtiment est construit sur une partie du parking ouvrant sur le Boulevard Leclerc. La démolition d’un petit garage de 35m2 est nécessaire.

( Document Archives Municipales )

( Documents Archives Municipales )

La création de la collection femme amène, en 1989, un confort d’achat pour le consommateur, car il peut désormais trouver sous un même toit, les vêtements pour Monsieur et Madame. « Devianne pour Elle » devient le nouveau slogan publicitaire car la mode se conjugue aussi au féminin.

Document collection privée

En 1998, la Municipalité envisage un projet d’urbanisme très important et instruit une étude de faisabilité :

– le rachat du terrain de l’ancienne entreprise Bossu Cuvelier, rasée en 1994, permettrait de prolonger la rue du Collège, afin d’arriver sur le Boulevard du Général Leclerc.

– la reprise du magasin Devianne au 70 72 de la Grande rue, deviendrait nécessaire, car il se situe à proximité immédiate.

– la station Midas de la place de la Liberté, serait déplacée sur un autre emplacement.

– la création d’un immeuble pour l’entreprise Devianne pourrait alors voir le jour, sur un terrain de 3695 m2, dont 1381 m2 de commerces au rez de chaussée, et de 1457 m2 de bureaux pour les 2 étages.

Le terrain en question, serait desservi à la fois par le 70 72 Grande rue, par la place de la Liberté à la limite du N° 5, et par le boulevard Leclerc, à la limite du N° 17.

Le projet est abandonné par la municipalité.

Documents archives Municipales

Le magasin de Roubaix ferme à l’aube des années 2000 ; le magasin de Tourcoing ferme quelques années plus tard. Désormais, l’Entreprise Devianne va confirmer son intention de privilégier les commerces en zones commerciales, plutôt qu’en centre-ville.

En 2005, Michel Devianne a 69 ans. Il souhaite prendre une retraite bien méritée. Ses enfants, ne désirent pas reprendre sa succession, ni continuer dans le domaine du textile, qu’ils estiment fragile. La société Devianne, forte de ses 37 points de vente, est alors cédée à Joël Toulemonde, qui était auparavant le Directeur Général de l’entreprise.

Celui-ci développe l’entreprise en reprenant de nombreux points de vente : 7 magasins Magvet en 2005, 3 magasins Capmod en 2006 et 11 magasins Stanford en 2010. Le groupe Devianne s’appelle désormais « Verywear ». Son siège se trouve à Wasquehal, dans la zone de la Pilaterie, et plus de 40 magasins sont implantés aujourd’hui sur la moitié Nord de la France.

Photo BT

Le magasin Devianne de la Grande Rue, est loué, en début d’année 2011, à Kilic Mehtap. Il ouvre une solderie à l’enseigne CKDO, mais le point de vente ferme quelques mois plus tard. Depuis, le bâtiment est inoccupé et se dégrade irrémédiablement.

Document collection privée

Depuis 1754, Devianne, c’est une histoire taillée sur mesure. Le petit artisan a fait place au tailleur, puis au maître tailleur. Le petit commerce, a laissé sa place au grand magasin en centre ville, dans un esprit succursaliste, puis au super-marché du prêt à porter en zone commerciale. Les huit générations Devianne ont toujours été capables de s’adapter à la pointe du progrès, toujours en avance sur leur temps, et d’anticiper l’évolution du commerce des « textiliens ».

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Remerciements aux Archives Municipales, et à Michel Devianne, pour son témoignage et sa documentation

Un morceau de rue disparaît

Mai 1999, l’annonce paraît dans les journaux, on va amputer un morceau de Grand Rue, celui qui fermait le rectangle de la place de la liberté à partir de la rue Jean Monnet (ex rue Pauvrée). De l’autre côté du trotttoir c’était autrefois le magasin Nord et Loire qui a disparu (entre autres) pour laisser place à l’entrée de l’ensemble Géant Casino. On va prépare maintenant s’attaquer à la suite de l’alignement des magasins existants pour l’arrivée d’un nouveau cinéma, à ce moment prévu le complexe australien Village Road Show.

Quels sont les immeubles qui vont être abattus ? Il s’agit des n° 43 au 51, des commerces plus que centenaires. Ainsi le n°43 fut-il longtemps un café tenu par M. Vanongeval puis après la seconde guerre, sous l’enseigne « Au Forgeron » par Jules Prez, professeur de musique. C’était aussi le siège des transports en commun Lebas et Dumont et du Trait d’Union Messagers au début des années soixante. Les chaussures Sam viennent s’y installer en 1968 et s’y trouvent encore au moment de la démolition.

Le magasin de chaussures Sam au n°43 Coll particulière

Le n°45 était la célèbre chemiserie de la famille Hamard, à l’enseigne des « Cent mille cravates ». Depuis les années soixante dix, le magasin était occupé par les Tricots Nord Maille.

Les cent mille cravates au n°45 Coll Particulière

Le n°47 a toujours été occupé par un bijoutier, M. Masquelier auquel succéde M. Meurisse à la fin des années soixante. Le n°49 fut longtemps l’échoppe d’un tailleur M Verhelle, puis M. Leroy-Verhelle, avant de laisser la place à la maroquinerie « Au cuir de France », au début des années soixante dix.

Vue aérienne des premiers numéros Photo NE

Le 49bis, c’était la célèbre bijouterie de M Fourgous, « au Coeur d’or », auquel succède M. Daraut. Puis le magasin Lano, confections hommes, s’y installe, tout droit venu de la rue de Lannoy au moment de sa démolition en 1964. Le photographe Bourgeois prendra la suite pendant les années quatre-vingts, venant de la rue Pauvrée. Il se réinstallera par la suite dans la Grand Rue, un peu plus haut, au n°33.

La bijouterie Fourgous, au cœur d’or Coll Particulière

Depuis les années vingt, on pouvait trouver au 49ter les Galeries Ste Anne, mercerie, soieries, tricots. En 1979 l’Office du tourisme y fait un passage avant de s’installer dans l’ancienne entrée du cinéma Casino place de la liberté. Dans les derniers temps, on y trouve Abrinor, une agence immobilière.

Les Galeries Saint Anne au n°49 Coll Particulière

Le n°51 était occupé par les tissus Lesur, puis Massard. Le fabricant de matelas et de literie Cheval vient s’adjoindre aux négociants, en même temps que les jardins populaires de Roubaix.

Vue des derniers bâtiments à démolir Coll Particulière

Le n°53 échappera aux démolitions, c’est un café tenu par Georges Desmytter, qui porte au moment de la démolition l’enseigne des Olympiades.

Les olympiades, le café survivant Coll Particulière

L’ensemble de ces bâtiments disparaît en 1999. C’est en 2004 que s’ouvre le Duplexe, des œuvres de Michel Vermoesen et Daniel Najberg, célébrant le retour du cinéma dans une ville qui en était privée depuis 1986.

Le Duplexe Vue Google Maps

Un berceau chez Ducroquet

Nous possédons un berceau de famille un peu particulier puisqu’il s’agit d’un « chariot alsacien » fabriqué en 1956 à Virieux le Petit (département de l’Ain) par un artisan vannier itinérant. Tous les nouveaux nés de la famille ont dormi dedans et le chariot a été transmis de foyer en foyer au gré des naissances, neuf en tout à ce jour. Pour l’arrivée de notre fille, nous le récupérons fin 1995. Il a donc près de 40 ans et il a déjà beaucoup servi. Aussi va-t-il nécessiter la réparation des arceaux de la capote et, surtout, le remplacement de la parure en tissu.

Le berceau à reprendre Coll particulière

Pas moins de 14 mètres de broderie anglaise sont nécessaires et nous nous rendons chez Ducroquet , mercerie réputée de la Ville, au 95-97 Grand Rue à Roubaix. Surpris et ne sachant pas ce qu’est un « chariot alsacien », Monsieur Ducroquet nous demande quel usage sera fait d’un tel métrage, compte tenu, notamment de son coût. Après nos explications, il enregistre notre commande et nous demande à voir le travail fini, ce que nous avons fait volontiers en lui apportant la photo qui illustre cet article. Ajoutons pour finir que la facturation fut bienveillante !

Le magasin Ducroquet Grand Rue Vue Google Maps

Devianne

En 1754, Pierre François Devianne est tailleur d’habits à Blandain, en Belgique, près de Tournai (première génération de tailleurs). En 1882, Jean Louis Devianne (cinquième génération) est maître-tailleur, à Néchin, près de Leers, sur un chemin mitoyen à deux pas de la frontière, ce qui explique le nom figurant sur son enseigne : « Aux Deux Nations ».

Jean Louis Devianne ( document Sté Devianne )

Le commerce de Jean Louis Devianne est également un estaminet (document Michel Devianne )

Grâce à son expérience et à son professionnalisme, Jean Louis développe très rapidement son activité. Son fils, Albert, naît en 1881, à Templeuve. Il devient artisan tailleur à son tour, et reprend la boutique de M Vangeluwe, tailleur en 1911, à Roubaix, au 14 bis rue de Tourcoing, à l’enseigne « A la Ville de Courtrai ». Albert Devianne est tailleur pour hommes, mais également pour femmes, c’est à dire qu’il crée des « vêtements sur mesure ». Il vend aussi des vêtements confectionnés pour hommes et enfants ; c’est le début du « prêt à porter ».

Le magasin 14 bis rue de Tourcoing ( document collection privée et Michel Devianne )

La plaque de la façade du magasin de la rue de Tourcoing (document Michel Devianne )

Au début des années 1920, Albert ouvre un nouveau magasin de confection pour hommes, à Tourcoing, au 41 rue de Tournai, à l’enseigne « Au Printemps ». Le succès étant également au rendez vous, au début des années 1930, il ouvre un deuxième magasin à Tourcoing, au 50 rue Carnot. Albert habite avec son épouse Jeanne Devianne, née Mormentyn, à Roubaix, à l’étage du magasin de la rue de Tourcoing, avec leurs 5 enfants Marie-Thérèse, Jean, Pierre, Marguerite et Monique, tous nés au-dessus du magasin. En 1927, il reprend un atelier mécanique de confections au 3 bis rue Saint Joseph. Il y emploie 20 tailleurs sur place, mais également des tailleurs qui travaillent à leur domicile.

Le magasin 2 rue Pierre Motte ( document Michel Devianne )

A la fin des années 1930, il ferme le magasin de la rue de Tournai à Tourcoing, pour déménager au 50 rue Carnot à Tourcoing. Il ouvrir un deuxième magasin à Roubaix, au 2 rue Pierre Motte, à l’enseigne « A Jeanne d’Arc ». Albert possède dès lors trois magasins au service de la clientèle. Il choisit alors son nom comme enseigne : « Les Vêtements Devianne », et commence à communiquer par la publicité. Il installe également, place de la fosse aux chênes, un magasin vendant uniquement des vêtements de travail, de la marque Adolphe Lafont.

( Documents collection privée )

Dans les années 1940 et 1950, les magasins continuent de se développer, en vendant à la fois du  »sur mesures » et du  »tout fait ».

Publicité 1945 ( Document collection privée )

Jean Devianne, le fils d’Albert, après de brillantes études à l’EDHEC à Lille, reprend à son père, la tenue et la gestion des trois magasins, et en particulier celui de la rue de Tourcoing. Il devient maître tailleur, diplômé. Après cinq années de captivité, en 1945, il reprend la direction des trois points de vente, vides de tout stock. C’est une période difficile. Il habite au 151 bis rue du Collège, à Roubaix, avec Madeleine, son épouse née Callens. Ils ont 6 enfants : Michel, Philippe, Françoise, Raphaël, Bernadette et Jean-Luc.

Jean Devianne est ambitieux, bien décidé à prendre la succession de son père, et à réussir. Il souhaite ouvrir un magasin en centre ville. Il fait l’acquisition d’un hôtel particulier, au 70 de la Grande Rue, en 1954. C’est une magnifique demeure, occupée par Mme Van Nieuwenhuysse, veuve d’un chirurgien ORL, qui avait son cabinet au 5 rue Pauvrée. A droite de la propriété une porte cochère donne sur un jardin, au bout d’un long couloir au milieu duquel se trouve la porte d’entrée du bâtiment d’habitation.

La maison de Mme Van Nieuwenhuysse ( Document Archives Municipales )

L’année suivante, Jean fait appel à l’architecte Joseph Dhoosche, de Tourcoing, pour transformer la maison en magasin de prêt à porter. C’est donc un projet important : une transformation complète, avec installation d’un ascenseur pour accéder à l’habitation à l’étage. Le magasin ouvre en 1956. Jean revend alors les magasins de la rue Pierre Motte et de la rue de Tourcoing, pour en assurer le financement, avec l’aide financière de ses fournisseurs. Michel Devianne, autodidacte, le fils de Jean, entre dans l’entreprise et commence sa formation, à l’âge de 17 ans. Il obtient son CAP d’aide-comptable, après avoir suivi des cours du soir à l’institut Turgot.

La façade et le plan du magasin ( Documents Archives Municipales )

Au début des années 1960, la circulation automobile se développe de façon très importante et il devient de plus en plus difficile de trouver une place de stationnement pour se garer, près du magasin. En 1966, Jean et Michel Devianne décident donc de créer un parking privé de 41 emplacements, à la place du jardin. Ils profitent de l’occasion pour agrandir le magasin en ajoutant un nouveau bâtiment : au rez de chaussée se trouve le magasin, et au sous sol, les ateliers. Il fait transformer la façade de la Grande rue. Il fait appel à l’architecte Emile de Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix.

Agrandissement du magasin et création du parking, accès par le porche ( Documents Archives Municipales et D. Labbé )

Devianne habille les stars. Sur la photo de gauche ci-dessous, Jean Devianne et Jacques Brel. Sur la photo de droite, Henri Salvador.

( documents Michel Devianne )

Jean et Michel Devianne, pour l’agrandissement de leur magasin, décident de marquer un grand coup publicitaire. Ils invitent le chanteur Pierre Perret, en Mars 1967, pour un gala gratuit qui réunit plus de 1500 personnes, sur le nouveau parking à l’arrière du magasin.

Pierre Perret, lors du gala de réouverture ( Document VDN 1967 )

Jean et Michel Devianne sont des hommes de communication. Ils sont parfaitement convaincus que la publicité est indispensable dans ces années 1960-1970, d’autant que la concurrence est rude entre les commerçants de prêt à porter, comme Herbaut-Denneulin, Blondeau, Marchand, ou le Palais du vêtement. Chaque semaine, ils font paraître une publicité dans Nord Eclair, différente à chaque fois, en fonction de la saison, comme par exemple :

Janvier Février – les pardessus, blousons d’hiver et lodens

Mars Avril – les imperméables pour les printemps pluvieux

Mai Juin – les costumes de communions pour garçonnets et les costumes de cérémonies pour les mariages

Juillet Août – les vêtements ultra légers, comme le « costume Plume » de 881 g

Septembre Octobre – les parkas pour la rentrée des classes

Novembre Décembre – les trench-coat, blazers, chemises et pulls

Publicités communes aux magasins de Roubaix et Tourcoing ( Documents Nord Eclair )

Ils investissent aussi, en publicité sur des panneaux bien situés ( avenue Jean Jaurès ) et sur l’avant des tramways mongys. Le nouveau slogan :  »Bien habillé par Devianne »

La Pub sur le Mongy Grand Place ( document Michel Devianne )

à suivre…

Remerciements aux Archives Municipales, et à Michel Devianne, pour son témoignage et sa documentation.

La place de la Liberté

Au 15ème siècle, Pierre de Roubaix fait édifier une chapelle dédiée au St Sepulchre le long du chemin de Wattrelos, à ce qui était alors l’extrémité de la grand-rue, dans l’alignement de la rue Pauvrée. Un hospice pour les vieillards la jouxte. Le jardin s’étend jusqu’au Trichon. À la fin du 17ème siècle l’édifice brûle dans l’incendie du centre ville, mais il est reconstruit. Lors de la révolution, il est vendu comme bien national, et on le retrouve ensuite propriété des hospices de Roubaix qui le cèdent finalement à la municipalité.

Plan cadastral 1804 et Journal de Roubaix 1933

En 1815 on installe les services de la douane dans l’ancienne chapelle. Sur les jardins, côté Trichon, est édifiée une caserne de gendarmerie. Le reste de l’espace accueille le marché aux charbons. Un numéro du Journal de Roubaix de 1909 nous retrace ainsi cette époque : Les chariots, appelés « carabeux » apportaient le charbon de bois depuis la forêt de Mormal. Celui-ci était utilisé par l’industrie pour la préparation des laines. Ils se dirigeaient vers un terrain vague devant la chapelle… La place va garder le nom de marché aux charbons jusqu’en 1848. La rue qui longe les habitations est baptisée rue du Sépulchre.

Plan cadastral 1826

Peu de temps après, un plan de 1832 nous montre que les bâtiments de l’Hospice ont disparu et qu’on a ajouté un corps de bâtiment à la gendarmerie, qui forme maintenant un « U ». Celle-ci, servant de caserne a sans doute vu ses effectifs augmenter entre-temps.

La gendarmerie est située face au canal, creusé récemment. La rue de Lannoy le traverse sur le pont dit « de la gendarmerie ». Entre le canal et la gendarmerie, le terrain appartient au fabricant Bulteau-Prouvost, dont l’usine borde la rue du Galon d’eau.

Plan 1832

Mais le bâtiment de la chapelle se dégrade et les douaniers le quittent. L’ensemble est rasé. La place ainsi dégagée prend le nom de place du Sépulchre pour peu de temps, car on y plantera lors de la révolution de 1848 un peuplier, l’arbre de la Liberté au milieu du marché et la place prendra ainsi son nom définitif.

Eugène Grimonprez-Delaoutre, fils de Pierre Grimonprez et d’Hyacinthe Bulteau va ériger une filature sur le terrain situé entre la gendarmerie et le chemin de halage du canal.

Plan cadastral 1845

Même si les bâtiments de la gendarmerie brûlent en 1877, amenant les gendarmes à partir s’installer rue des Arts, et que la ville devient propriétaire de l’ancienne caserne qui appartenait au département, l’issue de la place vers le canal reste toujours étranglé. L’usine Grimonprez empêche encore le débouché de la place vers le boulevard Gambetta.

Les photos suivantes nous montrent, la première, les bâtiments de l’usine face au boulevard Gambetta, qu’arpentent les promeneurs, avec, à gauche la silhouette du café du Broutteux, et, la suivante, les constructions situées le long de la place jusqu’au coin de la grand rue.

Photos Nord Matin 1952

En 1889, la filature a cessé ses activités, et les bâtiments qui empiètent sur la place appartiennent à Léontine Grimonprez, veuve d’Alfred Philippe Motte. Les autres, le long de la place, sont à sa belle-mère, la veuve Liévine Grimonprez-Delaoutre, veuve du filateur Eugène Grimonprez. En outre, le coin situé en face du Broutteux, est loué au brasseur Desurmont qui y a installé un cabaret.

La municipalité, après maintes discussions, frappe d’alignement le bâtiment en mauvais état, pour empêcher les travaux de réparation et forcer ainsi sa démolition. Elle a l’idée d’y construire un théâtre puis, cette idée étant abandonnée, elle veut simplement élargir la place. Une délibération municipale de 1890 souligne que le passage entre la place et le boulevard est trop étroit pour laisser le passage aux tramways. La mairie cherche donc à acheter l’immeuble pour le démolir. Il est à noter sur le plan suivant que le passage entre l’ancienne filature et les autres bâtiments a pris le nom de rue de Lannoy, dont il est le prolongement.

Le bâtiment à démolir

Des pourparlers ont lieu avec la municipalité pour l’immeuble débordant sur la place, que Mme Grimonprez a vendu à la veuve Motte, venant elle-même de décéder en 1899. Pour ce qui est des bâtiments longeant la place et comportant des écuries et remises, les contacts sont pris avec la banque de France, qui cherche à s’implanter dans le centre-ville. Les interlocuteurs sont donc les héritiers, représentés par Albert Motte. Entre-temps, le bâtiment qui fait obstacle à l’ouverture de la place menace ruine aux dires des services de la voirie, ce qui permet à la ville, soucieuse des deniers publics, de marchander le prix d’achat. On finit en 1900 par tomber d’accord sur la vente, et la mairie va s’empresser de démolir une partie des bâtiments, tout en conservant la partie louée par M.Desurmont jusqu’à expiration de son bail en 1905. La photo suivante nous montre l’ancienne filature partiellement démolie entre 1901 et 1906. A gauche le café du Broutteux, et au fond, la grand rue.

Photo Nord Matin 1952

En 1906, la dernière partie de l’usine disparaît finalement. La ville va maintenant pouvoir aménager la place notablement agrandie, le marché aux charbons gagner un surcroît de superficie, et la banque de France ériger son agence.

Document collection particulière

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

Péripéties autour d’un parking

La Ville de Roubaix souhaite depuis quelques années aménager un parking non loin du centre ville afin d’améliorer l’accès aux commerces et désengorger la Grand Place. L’Administration municipale a envisagé l’aménagement au Centre de la Ville dans sa partie comprise entre la Place de la Liberté, la Grande-rue, la Grand’Place, la rue du Général Sarrail, la rue du Bois, la rue des Fabricants, la rue Pierre Motte et le Bd. Leclerc. Plusieurs événements vont contribuer à faire avancer ou reculer ce projet.

L’incendie du Radio Ciné

En décembre 1961, à peine quelques heures après la troisième séance permanente de la journée de Noël, le cinéma Radio Ciné est la proie des flammes. Cette salle de cinéma qui s’appelait la salle Sainte Cécile jusqu’à la deuxième guerre, disparaît ainsi victime d’un violent incendie, malgré l’intervention des sapeurs pompiers arrivés sur place dans la nuit à 1 h 45. Au matin, le froid a saisi ce qui reste du cinéma avec sa façade en bois façon « western ». Tout est calciné, réduit en cendres, les 420 fauteuils, la cabine de projection s’est écroulée au milieu du faux plafond qui cachait la verrière, car le toit du cinéma était une véranda . Les dégâts sont évalués à une trentaine de millions de francs.

L’incendie du Radio Ciné le 25 décembre 1961 Ph NE

On a craint pour les maisons voisines et particulièrement le 17bis dont les locataires ont été relogés provisoirement dans les locaux du commissariat situé à deux pas. Le mur qui sépare la propriété du n°25 a également souffert, il faudra l’abattre. En effet, ce mur, d’une hauteur de 6 mètres n’est plus contreventé et présente un hors d’aplomb très important vers la cour et le jardin de la propriété portant le n° 25. L’écroulement de la totalité de la toiture et du plancher du cinéma a provoqué le descellement de poutres et, consécutivement, une ouverture béante et de larges fissures dans la partie supérieure du mur. De gros blocs de maçonnerie sont en équilibre instable et peuvent s’abattre à tout moment dans le jardin voisin.

Trois pompiers ont été blessés lors de l’intervention. La ville donne quinze jours au propriétaire pour la démolition du mur du côté du n°25. En 1963, elle se porte acquéreuse du terrain du cinéma pour y réaliser un parking. Il semble que ce parking soit devenu celui du Crédit Commercial de France en 1974 (signalé Ravet Anceau).

Le rachat du 45

Entre-temps, d’autres acquisitions ont été faites. L’expropriation du 45 rue du Général Sarrail, immeuble appartenant à l’association de gestion des services médicaux et sociaux de l’industrie et du commerce de Roubaix Tourcoing est envisagée dès 1959, une indemnité est proposée au locataire Pennel et Flipo, et une somme de rachat au propriétaire. En 1962, il est procédé à la démolition de l’immeuble qui est confiée aux établissements Mailler (95 rue du Hutin à Roubaix) qui emporte l’adjudication en proposant le délai de démolition le plus court à savoir 6 mois. Mais l’hiver particulièrement rigoureux entraînera un report jusqu’en septembre de l’année 1963. En vue de clore la propriété communale sise rue du Général Sarrail n° 45, une palissade publicitaire fait l’objet d’un appel d’offres remporté par la S.A. Affichage Giraudy en novembre 1964.

Les 47-49

Une autre acquisition est en cours, celle des n°47-49, dont le propriétaire est la SARL Fernand Carissimo et fils en liquidation. L’acte de vente date du 9 octobre 1959 et son contenu nous permet d’avoir une description des lieux. C’est une propriété bâtie sur et avec 2.346 m2 environ comprenant 2 corps de bâtiments reliés entre eux par 2 bâtiments latéraux et les fonds et terrain en dépendant, ainsi que ledit bien existe s’étend et se comporte, sans aucune exception ni réserve dans l’état où il se trouve actuellement c’est-à-dire bâtiments en cours de démolition terrain arasé en tout ou partie. Tous les matériaux de démolition y compris les pavés appartiennent à l’entrepreneur Dhaze et les travaux étant effectués sous la surveillance de M. Lecroart, architecte.

Vue aérienne de la propriété Carissimo Photo IGN en haut la rue du Général Sarrail, en bas la rue des Fabricants

On apprend que le bâtiment est partiellement démoli, suite à une convention passée le 13 novembre 1958 entre les liquidateurs de la S.A.R.L. Carissimo et M. Dhaze, entrepreneur de démolition (97, rue du Brun Pain à Tourcoing). Tous les travaux doivent être entièrement terminés dans un délai de 5 mois à partir du jour du permis de démolition daté du 1er décembre 1958, la démolition devant se faire jusqu’au niveau du trottoir et des cours, toutes excavations comblées et arasées suivant une pente régulière allant du seuil de la grande porte rue du général Sarrail au niveau haut du trottoir de la rue des Fabricants. Mais malgré de nombreux entretiens et plusieurs lettres rappelant à M. Dhaze, ses obligations, la démolition est très imparfaite, le terrain n’est pas nivelé et donc inutilisable dans son état actuel.

La ville, qui tient là une surface de parking digne de ses ambitions à l’intérieur du quadrilatère délimité par les rues du Maréchal Foch, des Fabricants, du Bois et du Général Sarrail, envisage l’acquisition de la propriété sise 36, 38, 40 rue des Fabricants, d’une superficie totale de 1.991 m2, appartenant à la S. A. Dupont-Desfontaines et Fils. Cela permet la création d’un parking s’ouvrant dans la rue du Général Sarrail (n°45,47,49) et débouchant dans la rue des Fabricants. S’y ajoute en 1965 l’entrepôt sis 46, rue des Fabricants dont la S. A. Dupont-Desfontaines et fils est également propriétaire et dont elle n’a plus l’usage. La ville s’en porte acquéreuse.

Si l’affaire avance bien du côté de la rue des Fabricants, il n’en va pas de même du côté Sarrail. Par une ordonnance de référé du 26 mars 1963, le Président du Tribunal de Grande Instance de Lille, accordait à l’entrepreneur Dhaze, un dernier délai jusqu’au 27 avril 1963 pour parfaire les travaux litigieux. Maître Poissonnier est nommé expert avec mission de déposer un rapport, ce qu’il fait le 25 juin 1964. Ce rapport détaille les travaux restant à exécuter. Cela fait l’objet d’un appel d’offres auprès des entrepreneurs de démolition. M. Fried, 72, rue de la Blanche Porte à Tourcoing, est retenu le 6 mai 1964. Le parking est pour bientôt.

Le grand collecteur à l’entrée de la rue Photo NE

Les grands travaux de 1965

L’année 1965 apporte de nouvelles données : le 25 janvier 1965 les consorts Journel proposent à la ville la vente de leur propriété occupée commercialement sise rue du Général Sarrail n° 51. Depuis le début des années 1960, le traiteur Michel Duplouy tient le commerce à l’enseigne renommée de Blot. Il devient donc pour un temps locataire de la ville de Roubaix. Puis le 3 mai 1965, c’est le grand chantier du collecteur qui démarre dans la rue du Général Sarrail. Le Syndicat Intercommunal d’Assainissement du Bassin de l’Espierre a approuvé un vaste projet d’amélioration du réseau intercommunal comportant la construction de plusieurs collecteurs. Certaines voies de Roubaix seront ainsi éventrées pour un temps, comme le boulevard Gambetta, la rue Pierre Motte et la rue du Général Sarrail.

Vue de la rue en 1965 Photo NE

De plus, la conduite d’eau potable de 200 mm de la rue du Général Sarrail qui longe le collecteur est en très mauvais état. Elle a dû être remplacée à la demande du Syndicat, pour éviter toute catastrophe en cas de rupture, par une conduite provisoire de faible diamètre implantée dans chaque trottoir !

Le parking Sarrail en 1965 Photo NE

Le parking, enfin !

Le 22 Novembre 1965, le parking est terminé ! Un arrêté municipal détermine les conditions d’utilisation de ce nouveau parking :

Article 1er. Un parc destiné au stationnement des véhicules ne dépassant pas 1.500 k g de poids total en charge, est mis à la disposition du public, entre les rues du Général Sarrail et des Fabricants.

Article 2. La durée du stationnement des véhicules sera celle indiquée sur les dispositifs de contrôle de la durée du stationnement et définie aux articles 1, 3, 4, 6 et 7 de l’arrêté municipal en date du 26 octobre 1962.

Article 3. L’utilisation de ce parking devra se faire en respectant les sens de circulation imposés par des panneaux et des flèches peintes sur le sol. Les automobilistes devront prendre toutes dispositions pour effectuer leurs manœuvres d’entrées et de sorties sans danger pour les autres usagers de la route.

Article 4 . Les prescriptions du présent arrêté entreront en vigueur à partir du 13 novembre 1965.

Le parking Sarrail en 1984 doc AmRx

 

Un singe à Saint Martin

En Octobre 1964, un couple de touristes visite Roubaix. Après avoir contemplé le majestueux hôtel de ville, ils traversent la Grande Place, pour admirer l’église Saint Martin. Soudain, leur regard est attiré par un animal sur le toit ! Un singe se promène tout en haut du vénérable édifice. Il suffit que quelqu’un lève les yeux vers le ciel, pour qu’aussitôt, nombre de badauds en fassent autant. Le petit groupe de curieux se met à grossir ; une centaine de personnes se trouve maintenant sur la place et le contour de l’église.

A droite, le sacristain, M. Fichelle

Le sacristain, M. Fichelle, mécontent que l’on vienne squatter le toit de son église, décide de faire sonner les cloches du carillon, pour tenter de chasser le petit animal ; en vain car le primate continue sa promenade, nullement intimidé.

Mais que fait donc ce singe sur les toits de l’église ? s’interroge le journaliste de Nord Eclair. Après enquête, il s’agit d’une petite guenon appelée « Nénette », qui s’est sauvée du commerce Truffaut de la Grande rue, et qui a bien l’intention de profiter de sa liberté quelques temps.

Nénette devient, au bout de 3 jours, le chouchou des roubaisiens. On jette, sur le toit peu élevé, des bananes, des pommes, des cacahuètes, et même des frites pour la nourrir. Nénette se plaît ainsi dans sa nouvelle retraite. Les enfants sont ravis de la voir escalader le clocher, en imaginant King Kong en haut de l’Empire State Building !

Comment faire pour récupérer le primate ? On installe une cage piégée : peine perdue car Nénette l’évite avec une aisance déconcertante et invraisemblable. Ne dit-on pas  »malin comme un singe » ! On dépose des fruits farcis de somnifère : en vain, car cela est également inefficace ; son instinct lui fait rejeter les produits contaminés. Un roubaisien, M. Steux, propose d’amener son singe mâle, qui pourrait séduire Nénette, et la faire sortir de sa réserve. Peine perdue, Nénette grogne et s’enfuit rapidement.

M. Steux amène son singe mâle dans son sac, pour essayer de séduire Nénette

Cela fait maintenant une semaine que Nénette apprécie sa liberté, et continue son escapade. Elle devient une véritable vedette, et pourtant il est impossible de l’approcher, et très difficile de la photographier ou de la filmer. Les caméras de télévision se déplacent, devant l’église, dans le dessein de filmer le petit animal, sans résultat probant. Notre guenon doit être hostile aux médias !

Le 11° jour, Nénette n’apparaît pas. La LPA s’inquiète. Elle est peut-être malade. Tous les roubaisiens se mobilisent. Il faut absolument capturer en douceur la guenon, saine et sauve et en parfaite santé.

Le 13° jour, Nénette apparaît de nouveau. On installe une nouvelle cage piégée, et cette fois-ci, Nénette cède à la tentation des oranges fraîches, et clac ! elle se fait prendre dans la cage. Le piège s’est refermé. C’en est fini, de la liberté. La petite guenon est examinée par un vétérinaire qui la trouve en pleine forme ; elle est ensuite rendue à son propriétaire mais celui-ci n’a pas la possibilité d’en assurer la garde, ce qui l’avait amené, d’ailleurs, à vendre l’animal par l’entremise d’un commerçant roubaisien. Quelques jours après, la LPA décide donc de vendre Nénette aux enchères.

A la salle des ventes de la rue du Collège, une foule immense se presse, pour voir notre Nénette qui est adjugée pour la somme incroyable de 1800 F. La guenon partira au zoo de Bagatelle, de M et Mme Parent, à Merlimont. Nénette va revenir à Roubaix, pour quelques jours mi-Décembre, car elle est prêtée au magasin Bossu Cuvelier de la Grande rue, pour les fêtes de Noël. Confortablement installée au rayon jouets, elle accueille tous les enfants sages. Elle repartira ensuite au zoo de Bagatelle, privée de liberté, certes, mais elle pourra profiter d’une fin de vie plus sereine.

Sacrée Nénette !

Remerciements aux Archives Municipales et à Daniel Labbé. Tous les documents proviennent des quotidiens de la presse locale d’Octobre et Novembre 1964.

Le commissariat de la rue Pellart

Dans les années 1930, le commissariat principal se trouve dans les locaux de la Mairie. Le commissaire divisionnaire, M. Mulot, dirige tout le personnel; il est également responsable des 5 postes de Police de quartiers. Après la libération, le commissariat principal déménage au 36 rue Pellart, ( aujourd’hui le 301 avenue des Nations Unies ).

Vue aérienne ( document IGN )

C’est un hôtel particulier, construit vers 1868, pour Amédée Prouvost, gros industriel dans le domaine du textile, fondateur du Peignage Amédée, dont les descendants créeront la Lainière de Roubaix. En 1902, le bâtiment est repris par A. Lepoutre, également industriel dans le textile. Son usine est située juste en face, de l’autre côté de la rue. En 1940, l’hôtel, vide, est loué aux sergents de ville, et devient en 1945 : «  le Commissariat Central de Police ». Honoré Dieu en est le commissaire divisionnaire et le restera jusqu’à la fin des années 1950.

Vue générale ( document Google Maps )

Le bâtiment principal ( Document Photo BT )

Cet hôtel particulier a été construit entre cour et jardin. Depuis la rue, on ne voit que la conciergerie et la porte cochère, qui permet d’accéder à la cour intérieure. La façade extérieure ne laisse pas deviner le prestige du bâtiment principal, dans la cour centrale.

Plan du rez de chaussée ( Document ARA )

Le hall ( Document Photo BT )

( Document Photo BT )

Au rez de chaussée, le grand hall crée une séparation entre toutes les pièces donnant sur la cour et sur le jardin. On y trouve le bureau du commissaire, qui était la salle de réception de la famille Lepoutre. Le secrétariat est disposé dans la pièce voisine, qui était la salle à manger.

Plan de l’étage ( Document ARA )

Le couloir de l’étage ( Document Photo BT )

L’escalier principal en marbre est magnifique; il mène à l’étage où se trouvent les bureaux des officiers et des inspecteurs. Autrefois, ces pièces étaient les chambres à coucher; le couloir ressemble à celui du rez de chaussée, mais plus sobre, car l’étage n’était pas destiné à accueillir des convives. Au sous sol, des cellules de détention sont aménagées ( une grande salle et 5 cellules individuelles ).Le 2° étage, surnommé  »Le Pigeonnier », abrite les archives et le service des « stups ».

Le porche ( Document photo BT ) Le policier en tenue, avec son célèbre képi, son bâton et ses manchettes blanches : les crispins, ( Document amicale police patrimoine ).

A la conciergerie, un planton, chef de poste, est à l’entrée et filtre les arrivées. Au rez de chaussée, Jules est responsable du « foyer ». C’est un endroit convivial, un lieu d’échange réservé aux policiers, pour leur pause. Un distributeur de café est à leur disposition. Tous les bénéfices du foyer sont destinés aux œuvres sociales de la police. Trois bureaux de la sûreté sont à l’étage. Les véhicules de police sont garés dans la cour pavée intérieure.

La 403 Peugeot du commissaire divisionnaire, dans la cour du Commissariat Central (Document F. Bauwens )

Le fourgon Citroen Type H ou Tube des années 50 ( Document amicale police patrimoine )

Le J 9 Peugeot des années 60,  surnommé : le panier à salade ( Document caradisiac )

A la fin des années 1960, le commissaire divisionnaire est André Vincent. Il est également responsable des 5 postes de police de quartiers qui se situent :

– rue St Vincent de Paul ( à deux pas de la rue de l’Alma )

– 8 rue des Fossés ( Place de l’église Ste Elisabeth )

– 14 place du Travail

– 297 Grande rue ( Place Chaptal )

– 37 rue du Général Sarrail

Dans les années 1960, le développement de la population, dû au baby-boom, nécessite bien évidemment des policiers supplémentaires. Ils sont environ 200 au Commissariat Central, dont 70 en permanence ( au bureau et sur le terrain ), car le commissariat est ouvert non stop 24h/24.

36 et 34 rue Pellart ( Document D Labbé )

Le commissariat se développe encore dans les années 1970. Les commerçants de la rue Pellart et de la rue Pauvrée commencent à se plaindre des stationnements des véhicules de police, et également des véhicules du personnel : cela empêche les roubaisiens de se garer, pour effectuer leurs achats. La toiture du bâtiment principal fuit ; le service des « stups » déménage au poste de police de la rue Saint Vincent, où 9 bureaux sont disponibles. Un manque de place évident se fait sentir. Le commissaire trouve un accord avec le voisin, au 34 rue Pellart, pour y aménager des locaux d’accueil du public, plus sécurisés, ainsi que le service des policiers en tenue et le chef de la sûreté générale. En 1980, le Commissaire principal Lucien Ripoll envisage une réfection de façade du 34. Il est temps de songer à trouver des locaux mieux adaptés.

Le 34 rue Pellart ( Document Archives Municipales )

Le Ministère de l’Intérieur décide la construction du nouveau commissariat sur un terrain vierge, au 72 Boulevard de Belfort, à côté de la Bourse du Travail. Le déménagement a lieu, au début des années 1990, dans des locaux neufs, plus vastes, plus modernes et plus fonctionnels.

L’emplacement du futur Commissariat Bd de Belfort ( Document Archives Municipales )

De 1990 à 1993, le 36 rue Pellart est utilisé comme annexe du Lycée Saint Martin ( actuellement rue de Lille ). A partir de 1993, des associations s’y installent : Radio Boomerang, puis l’ARA ( Autour des Rythmes Actuels ) qui est toujours présent aujourd’hui.

En 2003, l’édifice est menacé de démolition, avec le projet du Géant Casino. Fort heureusement, le bâtiment a été classé Monument Historique. La rénovation est faite de 2002 à 2005 ; les locaux sont réhabilités pour répondre aux besoins des activités musicales de l’ARA ( insonorisation des salles, création d’un studio d’enregistrement, mini salle de concert … ).

Le 301 avenue des Nations Unies ( Document photo BT )

Remerciements aux Archives Municipales, à l’ARA, ainsi qu’à Eric Eudes, Franck Bauwens et Luc Watteau

Luc Watteau ( ancien inspecteur de police de Roubaix ) sur les marches du perron du Commissariat Central de la rue Pellart en 2015, lors de la sortie de son livre : Le dossier SNK ( Document Photo Nord Eclair )

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Coryse Salomé et la bijouterie Lauras

André Lauras est né en 1897. Dans les années 1920, il est conducteur de travaux dans une entreprise de bâtiment. Pour arrondir des fins de mois difficiles, il met en vente, à son domicile rue de l’Alouette, des boites de poudre de maquillage de chez Coryse Salomé. Cela fonctionne plutôt bien et il passe des commandes régulières à son fournisseur. Maurice Blanchet, le directeur de Coryse, est informé de son action. Intrigué et curieux, il contacte André Lauras pour faire sa connaissance. Maurice apprécie ses qualités d’homme et lui propose de vendre les produits Coryse Salomé, non plus chez lui, mais dans un point de vente, dont l’emplacement est à trouver.

André Lauras ( Document D Dujardin )

André accepte la proposition et trouve un local, au 17 rue Pierre Motte. C’est un estaminet tenu par L. Matisse. Très peu de temps après, il négocie la reprise du commerce voisin, au 19, un débitant de tabac, F. Lefebvre Lecomte. L’affaire est conclue. Il démarre les travaux d’aménagement des deux magasins et l’inauguration a lieu en 1932. Le 17 rue Pierre Motte devient la parfumerie Coryse Salomé et le 19 se transforme en commerce d’articles de bijouterie fantaisie.

Inauguration du magasin ( Document collection privée )

André Lauras a un sens inné du commerce. Sur la photo ci-dessus, on remarque une grande pancarte publicitaire, à la fois sur les deux façades des magasins mais également sur la porte cochère d’à côté ; il est en effet de bon contact, fin négociateur et a réussi à convaincre son voisin de pouvoir placer son panneau en partie chez lui.

Façade du magasin ( Document collection privée )

André est marié à Yvonne. Tous deux vont bénéficier d’une formation importante des produits, par leur fournisseur Coryse Salomé. Le concept est de proposer à la clientèle des produits en vrac : les eaux de Cologne et les parfums sont vendus dans des flacons consignés, ce qui permet de diminuer le prix de vente de façon significative. Les prix sont donc très compétitifs par rapport aux parfumeries traditionnelles ( 50 % de remise, en moyenne ). Cette formule de vente s’adresse à tous types de clients mais elle est particulièrement intéressante pour la clientèle ouvrière de la ville. Les gens se déplacent de très loin pour profiter des prix imbattables. André n’hésite pas à installer une table sur le trottoir, où une vendeuse est à disposition, pour les conseils et la vente des parfums et eaux de Cologne, quand les conditions météorologiques le permettent. Le succès est immédiat.

L’intérieur du magasin ( Document D Dujardin )

Pour la bonne conservation, les eaux de toilettes et parfums sont stockés dans des « Balarues », sorte de bocaux en verre, parfois très grands ( jusqu’à 50 cm de hauteur ) que l’on peut trouver également dans certaines herboristeries. La fermeture de ce récipient est particulièrement étanche et hermétique, ce qui permet de prolonger indéfiniment la durée de vie des parfums.

L’enseigne fabrique et distribue également des produits cosmétiques en vrac : poudre de maquillage, poudre de riz, crème de soins, rouge à lèvres, fard à paupière, brillantine, dentifrice, savon, ainsi que des accessoires : vaporisateur, houppette, houppe de cygne, etc

Produits ( Document D Dujardin )

André et Yvonne ont eu 4 enfants. Trois d’entre eux, les aident au commerce :

– Roger poursuit ses études de bijouterie-joaillerie à Paris. Une fois, son diplôme obtenu, il revient à Roubaix. En 1945, André lui propose alors un coin du magasin, pour travailler sur des bijoux qu’il propose à façon, à la clientèle, c’est à dire qu’il crée des bijoux à la demande ; la bague ou le bracelet devient alors une pièce unique et exclusive. Le succès de cette activité de bijouterie-joaillerie est tel qu’André décide de lui consacrer entièrement le 19 de la rue Pierre Motte ; le commerce devient : la bijouterie Lauras.

– Jean reçoit une formation de bijoutier de son frère Roger, et prend la responsabilité d’un magasin identique au 34 rue St Jacques à Tourcoing.

– Denise aide à la vente à la parfumerie, à Roubaix.

La petite entreprise familiale se développe, car bientôt un nouveau magasin ouvre à Amiens, rue des Trois Cailloux.

Bijouterie Sigma ( Document D Dujardin )

Yvonne, l’épouse d’André, aide bien sûr son mari à la gestion des deux magasins et à la vente de détail à la parfumerie ainsi qu’à la bijouterie ; elle devient en effet spécialiste de la création et de la réparation de colliers de perles de culture.

André Lauras crée sa marque de bijouterie « SIGMA ». Passionné de communication, il diffuse, auprès de sa clientèle, la « Sigma Revue » : une lettre d’information et de conseils sur des articles de bijouterie (c’est une  »newsletter » avant l’heure).

Sigma revue ( Document F Lauras )

En 1950, André fait modifier la façade des 2 magasins, par un architecte parisien. Les travaux sont réalisés par l’entreprise Delfosse au 39 rue de Crouy. Il profite de ces travaux pour ouvrir une porte intérieure qui relie les deux magasins. Il communique par des publicités communes aux deux points de vente.

Nouvelle façade 1950 ( Document D Dujardin )

Photo de l’intérieur de la parfumerie. A droite porte intérieure qui donne sur la bijouterie ( Document F Lauras )

Documents publicitaires pour les 2 magasins ( Documents collection privée )

Au milieu des années 1950, Denise, après un stage de formation intense d’un mois, au siège Coryse Salomé, dans la région parisienne, devient esthéticienne. André modifie alors, en 1964, l’intérieur de la parfumerie et installe deux cabines de soins esthétiques pour développer ses ventes et son chiffre d’affaire. Denise habite désormais au premier étage.

La cabine de soins esthétiques. On distingue, dans le miroir central, André Lauras qui prend la photo. ( Document D Dujardin )

Le commerce a une activité constante toute l’année, mais il y a bien sûr des périodes de forte affluence, comme la fête des mères, les fêtes de Noël et de fin d’année. Et puis, il y a le 1er Mai ! date particulièrement importante pour la parfumerie. En effet, l’ensemble du personnel ( 7 personnes) conditionne manuellement des petits flacons de parfum de muguet, avec un brin de muguet en tissu, fixé sur le dessus. Les quantités vendues sont impressionnantes, car de nombreux chefs d’entreprise viennent se fournir, pour offrir ce cadeau sympathique à leurs salariés, à l’occasion de la fête du travail. Denise ne compte pas ses heures de travail, pour la plus grande satisfaction de la clientèle.

( Document Nord Eclair )

( Document D Dujardin )

Les affaires sont florissantes et, en 1972, Roger Lauras fait modifier la façade de la bijouterie. L’entreprise Decora de Lambersart est choisie pour les travaux.

Modification de la façade ( Document Archives Municipales )

Sylvie, la fille de Denise, part à Paris au siège de l’entreprise Coryse Salomé, pour un mois de formation. A son retour, elle aide à la tenue et à la gestion du commerce. Francis, le fils de Roger, reprend la bijouterie en 1985. Roger aide son fils à ses débuts, puis prend sa retraite à la fin des années 1980.

L’entreprise Coryse Salomé à Paris connaît quelques problèmes financiers au milieu des années 1990. Denise est inquiète car les commandes sont livrées incomplètes et elle n’arrive pas à satisfaire la clientèle. Elle décide donc de prendre sa retraite, et de fermer définitivement le magasin en 1997. Vont se succéder alors au 17 rue Pierre Motte : un commerce de développement rapide de photographie, puis deux sandwicheries, sans grand succès.

A la bijouterie, Francis et son épouse Catherine, prendront une retraite bien méritée l’année prochaine ; le commerce sera cédé fin 2020.

Photographie de l’intérieur de la bijouterie et la façade actuelle ( Photo BT )

Remerciements aux Archives Municipales, ainsi qu’aux membres de la famille : Denise, Sylvie et Francis, pour leur témoignage et leur documentation.

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Robert Lecocq, traiteur

Robert Lecocq naît le 21 Avril 1932. Il apprend le métier de boucher charcutier traiteur, mais c’est surtout l’activité de traiteur qui le passionne : la création de plats, de mets succulents et de desserts pour le plaisir des clients.

A la fin des années 1960, il installe ses bureaux au 111 rue du Luxembourg à Roubaix et ouvre un magasin de traiteur, au 189 Boulevard Gambetta à Tourcoing. C’est une artère importante qui relie les deux villes, ce qui lui permet de faire venir les clients de Roubaix Tourcoing, mais également des petites villes voisines. Car les particuliers viennent de loin pour commander chez Robert Lecocq. Sa réputation et sa notoriété sont désormais acquises.

Publicité années 60 ( Document collection privée )

Robert Lecocq livre à domicile, que ce soit pour les particuliers ( noces, mariages et banquets ), ou pour les entreprises ( repas d’affaires ).

Il est ambitieux et son souhait le plus cher est de pouvoir mettre une salle de réception à disposition de sa clientèle. L’occasion se présente en 1979, lorsqu’il rencontre Mme Maes qui possède le 31 rue Paul Lafargue. C’est un hôtel particulier construit en 1928 par l’industriel André Carissimo. Cette maison de maître de 265 m2 de surface au sol (la façade fait 19m de long sur plus de 14m de large) possède deux étages. Le terrain de 3360 m2 donne sur l’avenue Gustave Delory et la demeure est inoccupée depuis 1976. Un bail de location est signé.

Les Hauts de Barbieux ( Document J.J.Young )

Robert Lecocq s’installe dans ces locaux et crée l’enseigne « Les Hauts de Barbieux ». Il installe la cuisine, le laboratoire et la chambre froide au sous sol et aménage deux salles de réception au rez de chaussée : La Chaudrée et la Fontaine. Il fait ouvrir le mur de clôture, avenue Gustave Delory, pour la création d’une porte cochère, afin de faciliter le passage des véhicules de livraison.

Les Hauts de Barbieux ( Documents collection privée )

Il a donc désormais plusieurs activités : traiteur et livraison à domicile, salle de réception pour les week-end, et restaurant pour le reste de la semaine. Le succès est immédiat et le restaurant se trouve déjà à l’étroit. Au début des années 1980, Robert fait donc construire une véranda sur les 19m de façade, côté jardin : la salle principale est maintenant immense, magnifique et très lumineuse.

Les Hauts de Barbieux ( Documents collection privée et Google Maps )

Les Hauts de Barbieux ( Documents D. Gaudenzi )

Robert Lecocq devient le spécialiste incontesté de la cuisine pour les plus fins gourmets et les plus grands gourmands. Les créations sont toujours uniques, délicates et savoureuses, car tous les plats sont faits maison à partir de produits frais. Robert est très exigeant, voire même intransigeant auprès de son personnel sur la qualité.

Menu restaurant ( Document J.J.Young )

En 1986, Robert Lecocq prévoit l’extension et l’agrandissement de ses locaux techniques, avec l’accord de la propriétaire Mme Maes, mais en 1988, il renonce à effectuer les travaux, car il a d’autres projets : la création de salles de réception, dans des lieux historiques et prestigieux . . .

En 1989, Robert Lecocq signe un accord avec la ville de Mons en Baroeul, pour la location du Fort de Mons. C’est dans cet édifice du XIX° siècle, avec une architecture remarquable, niché dans la verdure, que Robert aménage des salles de réception et un restaurant dans de magnifiques salles voûtées.

Le Fort de Mons ( Document collection privée )

Fin 1990, Robert tombe malade et arrête son activité professionnelle pour pouvoir se soigner. Son épouse Chantal et leurs trois fils François, Emmanuel et Alexandre reprennent le flambeau, continuent l’activité et développent l’entreprise de façon très importante et rapide, car ils fourmillent d’idées originales.

En 1991, la famille Lecocq décide d’aménager des cuisines et un laboratoire, dans un nouveau local rue Émile Moreau, car cet emplacement se trouve à proximité de l’église Notre Dame, futur nouvel espace de réception.

La mairie de Roubaix signe une concession, en 1992, pour la location de cette ancienne église qui date du XVIII° siècle, désacralisée en 1983. Les travaux de rénovation sont immenses, car cet ancien lieu de culte inoccupé depuis 10 ans, a servi de stockage pour la municipalité, et se trouve en mauvais état.

L’église Notre Dame ( Documents collection privée )

L’espace Gobelins est né. C’est un lieu magique, majestueux, étonnant avec ses larges colonnes et sa voûte à 20m de hauteur. La salle est immense, puisqu’elle peut recevoir 350 personnes pour un dîner ou 1500 personnes pour un cocktail. C’est un écrin idéal pour les réceptions ; la clientèle est ravie.

Espace Gobelins ( Documents D. Gaudenzi )

En 1997, la famille Lecocq reprend le restaurant « La Terrasse des Remparts » à Lille ( auparavant tenu par le chef étoilé Bardot ), qui se trouve dans l’enceinte même de la Porte de Gand : site historique classé, construit en 1620. La décoration est originale et marie audacieusement le moderne et l’ancien, avec succès. Le restaurant a une capacité de 110 couverts, et emploie 15 personnes.

La Terrasse des Remparts ( Document collection privée )

En 2002, le groupe Lecocq ajoute un nouveau projet et, cette fois-ci, se lance dans la création, en ouvrant un restaurant à thème, sur un concept inspiré du voyage, des vacances et de la méditerranée, à l’enseigne « Villazur », à Wasquehal. Le bâtiment, la décoration et la carte sont un billet pour le soleil : un voyage méridional entre terre et mer.

Villazur ( Document collection privée )

En 2007, le groupe Lecocq déménage tous les équipements des cuisines, de la rue Emile Moreau, dans de nouveaux locaux, au 37 avenue Henri Delecroix à Hem. Malheureusement, la crise économique de 2007-2008 entraîne une baisse des commandes du service traiteur, une baisse de la fréquentation des restaurants. L’activité tourne au ralenti et les premières difficultés apparaissent. La situation ne s’améliore guère, et la liquidation judiciaire de l’entreprise est prononcée en 2011.

Le siège de la société, à Hem, est repris par Compass Group, qui fait partie de la chaîne « Traiteur de France ». L’activité continue, et la nouvelle direction décide, bien évidemment, de garder le nom Lecocq qui représente le prestige, la forte renommée, et plus de 50 ans d’expérience. Le nom de l’entreprise est désormais : « Lecocq traiteur »

( Document Lecocq traiteur )

Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à Matthieu Croquette, Didier Gaudenzi et Jean Jacques Young.

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