Le Lloyd Continental

Alfred Verspieren est le premier courtier indépendant français. En 1880, il crée à Roubaix une société de courtage à son nom. Il s’installe 8 rue Dammartin. Son cabinet d’assurances se développe rapidement, grâce à son image de sérieux et de compétence auprès des industriels de la métropole.

A. Verspieren 1901 ( Document coll. priv. )

Alfred Verspieren est également Directeur Général de la M.C.I : Mutuelle du Commerce et de l’Industrie qu’il a créée en 1904. C’est un consortium d’industriels désireux de se protéger contre des risques tels que grèves, émeutes, troubles qui ne sont pas couverts habituellement par les compagnies d’assurance

(Document coll. priv. )

En 1920, suite à des sinistres désastreux qui frappent les industriels de la laine et du coton, les compagnies deviennent méfiantes. Le fils d’Alfred, Pierre Verspieren-Dewavrin, crée la compagnie Lloyd Continental Français, spécialisée dans l’assurance des risques d’incendie de l’industrie textile.

(Document coll. priv. )

La tâche n’est pas aisée, surtout dans une région dévastée, ruinée, après la guerre de 1914-1918, mais Pierre est optimiste ; il a de l’audace, du courage et de la volonté. Peu à peu, l’activité se développe. En plus des contrats d’assurance incendie, le cabinet propose désormais des produits d’assurance auto, habitation, vol, maladie, dégât des eaux . . .

En 1929, la famille Verspieren crée la Société Auxiliaire de Crédit, qui a pour objet de financer les ventes à crédit de voitures, de matériel…

Les deux sociétés ( Verspieren et Lloyd ), étroitement unies poursuivent un développement rapide et parallèle.

(Document ANMT )

La famille Verspieren dirige l’entreprise depuis plusieurs générations. Dans les années 1960, on trouve à la tête de l’entreprise : Charles Verspieren-Dufour, Michel Verspieren-Coisne, Pierre Verspieren-Caulliez.

(Document coll. priv. )

Le cabinet, très fortement implanté dans la région Nord, atteint désormais une dimension nationale. Dans les années 1970, on compte 15 Directions régionales, 23 inspections, 750 agents et courtiers. Le personnel administratif est composé de 1200 personnes dont 700 collaborateurs motivés à Roubaix.

De nombreuses demandes de permis d’agrandissement des locaux de la rue Dammartin sont déposées en Mairie, par l’architecte L. Maillard à Tourcoing, pour faire face au cruel manque de place. Or ce sont, à chaque fois, des demandes de construction de locaux provisoires et démontables, en matériaux légers, car la Direction a un projet bien précis : construire un nouvel immeuble. . .

(Document Archives Municipales )

En 1971, la décision de construire un nouvel immeuble est récente, mais le projet ambitieux existe depuis bien longtemps, et fait suite à une longue période de préparation. Il faut d’abord acquérir et libérer une quinzaine de propriétés voisines, nécessaires à la construction du bâtiment, à la création des parkings et des espaces verts soit 23.000 m2 au total. Les travaux sont confiés au cabinet d’architectes E. Maes et L. Maillard à Lille qui programme la construction en 3 tranches de travaux.

(Document Archives Municipales )


Le projet est bien défini : construire un nouveau siège administratif agréable, fonctionnel et moderne. Ce sont des bureaux paysagés, sur des plateaux de 1700 m2 ; cela permet de prévoir d’éventuels changements d’implantation à l’avenir. Les conditions de travail sont très agréables, que ce soit pour l’éclairage, la climatisation, ou l’insonorisation. Les couleurs des bureaux sont chaudes et chatoyantes. La Direction met en place des horaires mobiles pour le personnel. Une cafétéria, pouvant servir 650 repas quotidiennement, est construite. C’est une nouvelle conception d’environnement, de mode de vie, et de communication.

 Pose de la 1° pierre ( Document Nord Éclair )

Jeudi 15 Novembre 1973, M le Maire Victor Provo pose la première pierre du futur bâtiment, entouré de ses adjoints : Mrs Léonce Clerambeaux, Pierre Prouvost et André Thiebaut. Ils sont accueillis par Pierre Verspieren PDG et Charles Verspieren vice PDG, qui est également président de la chambre de commerce de Lille-Roubaix-Tourcoing.

(Document ANMT )

En juin 1975, c’est l’inauguration du bâtiment, sous la présidence de Norbert Segard, ministre du commerce. Les deux frères, Charles et Pierre Verspieren, accueillent : MM. Provo, sénateur maire de Roubaix, Chadeau, préfet, Camata, préfet de police, Delesalle, président de la chambre de commerce, ainsi que des personnalités importantes de la région, des chefs d’entreprise, et des professionnels de l’assurance.

De gauche à droite : Charles Verspieren, Norbert Segard, Victor Provo, Pierre Verspieren
( Document ANMT )

Après une visite rapide des locaux, tous les invités se retrouvent au restaurant du 4° étage pour les discours d’usage : éloges et félicitations sur cette magnifique construction.

En 1978, l’entreprise Lloyd Continental, qui a désormais son adresse au 1 ter rue du maréchal De Lattre de Tassigny, décide de repeindre les boiseries du vieux bâtiment de la rue Dammartin, avec la même couleur verte, d’origine.

(Document ANMT )

Dans les années 80, l’entreprise se développe encore de façon importante. En 1995, pour ses 75 ans d’existence, le Lloyd Continental organise dans le hall de l’immeuble, une exposition de 400 objets sur l’histoire de l’entreprise.

(Document ANMT )

La compagnie d’assurance Swiss Life qui souhaite renforcer sa présence sur le marché français, rachète le Lloyd Continental en 1999, et devient le 3° assureur de France avec plus de 2 millions de clients en portefeuille.

Swiss Life (Document Google Maps )

Quelques années plus tard, en 2005, la famille Verspieren, avec 138 ans d’expérience, reprend ses activités de courtage en assurances. Pierre-Anthony Verspieren ( 5ème génération ) dirige désormais l’entreprise basée à Wasquehal. Les affaires sont florissantes et le groupe Verspieren est le troisième courtier français. La devise reste : Indépendance, Engagement, Passion et Créativité.

Remerciements aux Archives Municipales, et aux Archives Départementales du Monde du Travail ( ANMT )



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2 thoughts on “Le Lloyd Continental

  1. Bonjour,
    Cet article me rappelle de nombreux souvenirs. J’ai travaillé 39 ans au Lloyd continental et SwissLife. Effectivement, à l’occasion des 75 ans du Lloyd continental en 1995, nous avons rassemblé, Jean-Marie HAUTCOEUR (récemment décédé) et moi-même, un maximum d’objet et de documents pour expliquer la naissance et de développement de la Société. Après cette exposition, nous ne voulions pas perdre cette riche documentation et avons obtenu de la Direction un local pour créer et faire vivre un musée. Lorsque la société a été rachetée par SwissLife en 2000, il nous a été demandé de fermer ce musée. A l’approche de notre retraite et pour éviter la dispersion, nous avons pris contact avec les Archives du Monde du Travail de Roubaix et avons transmis en plusieurs fois l’ensemble des documents et objets du musée. J’espère qu’ils continuent d’être mis en valeur et peuvent encore intéresser des passionnés. Luc FOULON.

    • Bonjour Luc Foulon. C’est bien grâce à vous que j’ai pu écrire cet article, car je me suis rapproché des Archives du Monde du Travail pour les documentations. J’ai bien connu Jean Marie Hautcoeur, mais malheureusement, j’ai commencé à rédiger après son décès, et je n’ai donc pas pu l’informer à l’époque. Cordialement. Bernard Termeulen

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