Un abattoir à Roubaix (suite)

Cet abattoir fut agrandi plusieurs fois (1894, 1908 et 1925), modernisé en 1899 et équipé de chambres froides en 1919. Cette année là, un peu partout, les municipalités des grandes villes installent des services frigorifiques pour maintenir les produits congelés importés à basse température jusqu’au moment de leur consommation. Roubaix ne fait pas exception. Un projet d’installation pouvant abriter 200 tonnes de viandes est examiné. Il s’agirait de transformer une écurie de l’abattoir en un frigorifique et en une anti chambre de décongélation. La salle des machines serait établie sur un petit terrain libre à côté dépendant de l’abattoir.

Le quartier se développe autour de l’abattoir. Parmi ses riverains, on trouve deux tailleurs, deux estaminets, dont l’un s’appela un temps A la vache d’or, et bien sûr deux bouchers. La Place de l’Abattoir reçut sa disposition actuelle en 1925 : elle fut composée de deux terre-pleins plantés de tilleuls argentés, agrémentés de bancs pour les promeneurs, et elle fut alignée en son centre avec la rue de l’abattoir (future rue Léon Allart).

L’abattoir des années trente CP Méd

À cette époque, l’Abattoir communal est ouvert de 6 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Avril au 30 Septembre. De 7 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Octobre au 31 Mars. L’établissement est fermé les dimanches et jours de fêtes.

L’abattoir accueille un grand nombre de professions : bouchers, charcutiers, chevilleurs, tripiers, fondeurs de suif et leur accès est sévèrement réglementé. MM. le Vétérinaire Inspecteur de l’Abattoir, le Directeur du Bureau d’Hygiène et le Commissaire Central de Police, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du règlement.

L’Administration Motte avait projeté en 1909 la construction d’un nouvel abattoir aux Trois-Ponts près du Tir National. Ce projet avait plusieurs gros inconvénients : il portait préjudice au commerce du quartier. Trop éloigné du centre, il perdait une partie importante de sa clientèle de bouchers qui se seraient rendus aussi rapidement à Lille ou à Tourcoing. D’où augmentation de dépenses et diminution des recettes.

L’abattoir modernisé CP Méd Rx

En 1925, on fait le choix de la modernisation. Les travaux vont pourvoir l’abattoir d’un outillage moderne et des perfectionnements pour l’hygiène : aqueducs, eau saine et abondante sous forte pression, lumière électrique dans les halls d’abattage, échaudoirs lambrissés en grès émaillés, monorails avec crocs ou baquets suspendus pour le transport, augmentation du nombre de pendoirs, salles de grattage et de dégraissage conformes aux exigences de l’hygiène, écuries, étables, bergeries, vestiaires et lavabos pour le personnel. Partout de l’air et de la lumière. Les recettes, loin de diminuer vont augmenter. Double bénéfice pour la Ville. Et pas de perte pour le commerce du quartier. L’abattoir sera complètement modernisé en 1928.

 

Le jeton du parc

Notre ami Bernard, grand collectionneur devant l’éternel, nous a trouvé dans ses tiroirs un petit jeton en plastique de couleur violette, sur lequel était écrit Parc de Barbieux, bon pour une personne. Comme il n’est pas avare de questions, il nous demande de chercher bon pour quoi exactement ?

Le fameux jeton Coll Bernard Termeulen

Après avoir soumis la question à la mémoire collective et populaire, il en ressort un certain nombre de réponses assez variées. Une grande majorité se prononce pour les tours de manège, suivi par les tours en barque/ou pédalo, puis le mini-golf. On nous parle aussi d’un carrousel avec des chevaux et un carrosse ?

Le Bol d’Air CP Méd Rx

Nous avons donc décidé de chercher des témoins. Un cousin de notre ami Gérard lui indique le nom de M. Jean Paul Colin, qui a exploité le Bol d’air de 1976 à 1981 et donc était susceptible de nous renseigner. Ce qu’il a fait de bonne grâce. Voici ce qu’il nous a dit : ces jetons servaient à gérer les tours en barque ou en pédalo.

Pédalos et barques Coll Particulière

D’autres questions restent en suspens : pourquoi pour une personne ? On pouvait en mettre quatre dans un bateau et deux sur un pédalo. Fallait-il un bon par personne ? De même, il semble que le tour en barque ou en pédalo ne devait pas excéder la demi-heure, sans doute pour que plus de monde puisse en profiter. La gestion de cette animation était-elle confiée à un concessionnaire particulier ou faisait-elle partie d’un ensemble avec le manège et le mini-golf. Quelles étaient les mesures de sécurité autour de ces barques et pédalos ? D’autres se souviennent de couleurs différentes, lesquelles ? Avaient-elles un sens particulier ? Et finalement quel était le tarif ?

L’enquête ne fait que commencer mais vous pouvez toujours participer. On vous tient au courant.

Un abattoir à Roubaix

Roubaix eut autrefois son abattoir municipal. Toute trace a aujourd’hui disparu, que ce soit de l’abattoir lui-même, ou de la place et de la rue qui en découlaient. Voici son histoire. Le projet d’un abattoir municipal à Roubaix date de 1852, mais il ne peut aboutir qu’avec le décret impérial du 23 mai 1860. Jusque là, le territoire de Roubaix était parsemé de tueries particulières, dans les cours de fermes ou dans le pire des cas, les arrières cours des estaminets. Il y eut aussi un marché aux viandes qui se tint un moment sur la place de la Liberté dont l’espace exigu ne favorisait pas les conditions sanitaires. Les motivations des édiles étaient multiples : tout d’abord assurer la salubrité d’un tel service, réguler l’arrivage des viandes et centraliser les abattages. La municipalisation devait également apporter des ressources financières supplémentaires à la ville, une fois remboursé l’emprunt contracté. Pour réaliser cet abattoir un emprunt de 230.000 avait été autorisé, remboursable en 19 ans. Il sera remboursé à partir des recettes de l’abattoir. Un temps prévu à l’extrémité de la rue du Moulin Bernard (rue Bernard, aujourd’hui rue Jules Watteeuw) là où se tiendra un temps la caserne des pompiers, ce sera finalement dans le quartier du Jean Guislain, à proximité du hameau de la vigne, lequel est à l’époque en pleine campagne. L’installation de l’abattoir s’effectue donc aux portes de la ville. Le terrain situé entre les rues Lacroix et Lavoisier, est acheté le 4 Juillet 1860, les bâtiments sont adjugés le 16 Juillet 1860. Le terrain acheté n’offrant pas vers le Nord, une forme régulière, on a dû, pour le compléter, acheter à une bande de terrain complémentaire, suivant acte du 29 Décembre 1862.

Annonce dans le Journal de Roubaix

L’abattoir est ouvert aux bouchers le 12 septembre 1862. Un médecin vétérinaire fut attaché à l’établissement pour l’inspection des viandes. Le 12 décembre on y a abattu des bœufs, des taureaux, des vaches, des génisses, des veaux gras, des moutons, des porcs et des veaux de lait pour un total de plus de 3.000 têtes. L’année suivante, on dénombrera l’abattage de 13.000 têtes. Et le nombre ne fera qu’augmenter chaque année jusqu’à atteindre plus de 40.000 têtes en 1913. La réception définitive de l’abattoir eut lieu le 31 mars 1863. Le 15 mai, on procède au nivellement et à la pose d’aqueduc sur la future place qui sera dénommée Place de l’abattoir suite à une délibération municipale du 18 septembre 1867.

L’abattoir en 1904 Doc BNR Med Rx

Il semble que les aménagements se poursuivent régulièrement : construction de bergeries, porte cochère et campanile, prise d’eau, horloge, en même temps qu’on pense à le rentabiliser, un droit de pesage est perçu dès février 1863, en plus des droits d’abattage. Par la suite, la ville percevra le droit d’abri et des loyers pour l’abattoir. En 1865 la petite rue qui relie la place de l’abattoir à la grand rue prend le nom de rue de l’Abattoir puis elle deviendra en 1906 la rue Léon Allart du nom de l’industriel maire de Roubaix.

Dès lors, l’abattoir remplit sa mission et voit ses équipements se compléter peu à peu. En novembre 1871, il est procédé à l’achat d’une bascule. En octobre 1872 un crédit de 6500 fr. est voté pour travaux d’amélioration. En Janvier 1873, un marché de gré à gré est passé pour l’enlèvement des engrais provenant de l’Abattoir public. L’environnement d’un tel établissement n’est sans doute pas très agréable. Comme l’indique la pétition d’un certain nombre d’habitants au sujet de la fonderie de suif existant à l’Abattoir. En 1876, il est envisagé de construire trois nouveaux échaudoirs, sorte de cuves contenant de l’eau bouillante. On se préoccupe également des abords de l’abattoir et notamment des arbres de la place pour lesquels sont commandés des abris en fer. La grille de l’abattoir est également modifiée. Une deuxième bascule est achetée, signe de l’évolution grandissante du service. Et l’on demande l’adjonction d’un nouvel atelier : une triperie.

Vue sur la grille doc BNR Méd Rx

En 1880, il est question du rehaussement du bâtiment sans doute afin d’améliorer l’atmosphère ambiante de l’abattoir. On continue d’entretenir l’abattoir comme l’indiquent l’acquisition de tables et l’appropriation des échaudoirs. En 1883, on aura abattu plus de 20.000 têtes. Un vétérinaire assermenté est chargé de l ’inspection sanitaire des Halles et de l’Abattoir. Il opère la saisie des denrées reconnues impropres à la consommation, lesquelles sont enfouies ; il examine les bêtes de boucherie amenées en ville pour y être abattues, et fait pratiquer par un sous-inspecteur placé sous ses ordres, des inspections dans les boutiques de comestibles. L’organisation de ce service est antérieure à 1883. L’Abattoir communal manque bientôt d’échaudoirs et il est question de l’extension et de l’aménagement des locaux. En 1889, 27.000 têtes abattues !

L’abattoir vers 1900 doc BNR Méd Rx

En 1890, il est décidé la construction d’un logement pour l’Inspecteur. Il est également procédé à la réception définitive des travaux de construction d’un hangar et d’appropriations diverses à l’abattoir. En sa séance du 13 octobre 1893, on envisage la construction de nouveaux échaudoirs, décision entérinée le 3 novembre. Une décision importante concerne le marché aux bestiaux. Créé à Roubaix par arrêté ministériel en date du 21 Décembre 1863, il a été relativement florissant dans sa période de début, mais il a perdu peu à peu de son importance, en réalité, il n’existe plus. Une délibération du Conseil Municipal, en date du 18 Novembre 1892, a cherché à lui donner un regain de vitalité, en instituant des primes, en faveur des éleveurs ou commerçants y amenant des bestiaux. Cette délibération n’ayant été approuvée que le 27 Novembre 1893, ce n’est que le 13 Février 1894 qu’elle a pu être mise en application. Le marché aux bestiaux de Roubaix est franc de tous droits ; il se tient sur la place de l’Abattoir le Mardi de chaque semaine de deux à quatre heures. Le 13 avril 1894, c’est l’établissement d’un parc à moutons, suite à une demande des bouchers. En 1898 34.000 têtes sont abattues. Signe de l’importance des activités professionnelles, le Syndicat des marchands bouchers et charcutiers en gros de l’Abattoir de Roubaix est créé le 22 Mars 1898 et son siège se trouve à deux pas de l’abattoir, au n°30 Rue Lacroix. En 1899, l’étuve Wodon consiste essentiellement en un autoclave dans lequel se trouve un chariot à claies, recouvertes de la viande dépecée en morceaux de 3 à 4 kilos ; la viande est cuite par la vapeur sous pression, à la température de 115°, pendant trois heures. L’appareil est d’une grande simplicité ; un seul homme suffit au maniement, la dépense en charbon est minime. Cette étuve à stériliser les viandes tuberculeuses est installée à l’abattoir dans le courant de l ’année 1900, elle a permis de rendre applicables les mesures indiquées dans l’arrêté ministériel du 28 Septembre 1896 qui réglemente les saisies des viandes provenant d’animaux tuberculeux. Ces viandes, après la stérilisation dans la vapeur surchauffée, sont livrées à la consommation et leur vente remplit un double but ; elle permet d’indemniser les propriétaires des animaux saisis et de livrer au public, à prix réduit, une marchandise rendue tout à fait saine et nutritive.

Chevilleurs et vache doc BNR Méd Rx

Le 20 novembre 1908, le Conseil municipal approuve le projet de l’agrandissement de l’échaudoir des charcutiers et de la tuerie des chevaux. Adolphe Coupez conseiller municipal rappelle qu’il est nécessaire de changer la place où se fait la fonte des suifs et la boyauderie. Les habitants de la rue Lacroix et de la rue Fourcroy se plaignent très souvent des buées nauséabondes qui se dégagent à cet endroit. De plus du point de vue de l’hygiène, il y a encore beaucoup à faire, conclut-il. En 1910, plus de 40.000 animaux abattus. En sa séance du 21 novembre 1913, le conseil municipal décide de moderniser l’abattoir et d’exécuter divers travaux de réfection, d’aménagements, les travaux ont été évalués à la somme de 827.769 fr. 59. En 1912, les 42.049 animaux abattus ont fourni 5.435.483 kil. de viande, soit une augmentation, pour 1913, de 741 animaux et une diminution de 166.353 kilos de viande. La boucherie hippophagique a sacrifié 350 chevaux de moins que l ’année précédente. La constante progression de la production fait que l’abattoir est estimé trop petit, et un projet de nouvel abattoir est envisagé dès 1909 par l’administration Motte. Nous verrons dans le prochain épisode ce qu’il adviendra de ce projet.

à suivre

 

 

 

Une première photo

Place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre Photo NE

Une vue éphémère, car elle présente la place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre. Cela n’a pas troublé Ghislaine Dequeant (bravo à elle !) qui nous donne son commentaire : la place où il y avait l’église St Sépulcre, Le magasin dont le store est baissé au centre, est la boulangerie et le magasin en face, au coin, est le fleuriste !…. sur la gauche, avec la grande cheminée, c’est la rue de Brézin, et la rue qui fait coin avec le fleuriste c’est la rue Newcommen. Pour en savoir plus retrouvez l’article sur l’église Saint Sépulcre dans ce site  http://www.ateliers-memoire-roubaix.com/eglise-saint-sep…glise-de-lepeule/

Le jardin, la cathédrale et le stade

Au début des années 2000, le parc du Brondeloire va subir de profondes mutations. Les installations sportives sont sur utilisées, preuve de leur nécessité. Mais les terrains sont à refaire, les équipements à sécuriser. Les jardins familiaux n’ont pas survécu aux querelles intestines, et les aménagements initiaux du parc sont à revoir, notamment la butte et la végétation qui l’entoure.

Le parc du Brondeloire aujourd’hui Vue Google Maps

Le jardin

C’est au printemps 2006, que naît le jardin de traverse, installé sur une friche dans le prolongement du parc du Brondeloire à l’Épeule, en contrebas de la voie ferrée. La regrettée Anne-Sophie Danjou est à l’origine de cet espace où l’on cultive la terre tout autant que le contact humain. Son leitmotiv, « c’était de partager avec les gens, de discuter avec eux du fait qu’on peut changer les choses à son échelle, de faire en commun ». Elle avait aussi créé les géants de la Garden Pride, « le carnaval des jardins où l’on devait se fendre la pêche sans se prendre le chou ».

Le jardin de traverse de Roubaix Photo Roubaix XXL

Aujourd’hui l’Association Jardin de Traverse gère 3 sites (Jardin de Traverse, Jardins du Hêtre, Jardin de Myosotis) dont deux jardins partagés écologiques (Jardin de Traverse, Jardin de Myosotis) à Roubaix. Elle développe des animations et activités autour du compostage, de la Biobox, du zéro déchet, de la trame verte et bleue, cabanes à livres, troc de plantes, pique nique, rendez-vous des composteurs, permaculture, apiculture, ateliers cuisine, couture, animation parents, enfants. Elle accueille le marché Bio AB Ecocert. L’espace Jardin de traverse se situe entre la rue du grand chemin et la rue des arts, à l’angle de la rue du Parc et de la rue du Vivier à Roubaix, le long de la voie ferrée, en plein cœur du quartier Ouest .

Les jardiniers du Jardin de Traverse sont engagés dans une démarche d’appropriation collective. Le jardin est conçu comme un endroit paisible et agréable, avec un verger, une vigne, des plantes grimpantes, un potager, des fleurs, des plantes indigènes mais aussi exotiques, des ruches, une petite mare pour favoriser l’écosystème et la biodiversité. Les visiteurs et les jardiniers s’engagent à maintenir le lieu propre et entretenu. Les propriétaires de chien sont priés de ne pas faire entrer leur animal sur le site. Les jeux de ballons se font hors du jardin.

L’association Jardin de Traverse s’articule autour de valeurs de solidarité, de tolérance et de bonne entente entre jardiniers. L’association cultive le plaisir de se retrouver et de partager ensemble. On trouvera au bas de cet article les coordonnées de l’association.

La cathédrale

Fin 2016, entre la rue du Marquisat et le Parc de Brondeloire démarre le creusement d’un énorme trou, qui formera la future cathédrale d’orage du Brondeloire. On creuse à près de 30 mètres de profondeur dans le but d’engloutir les millions de litres d’eau d’un orage. La MEL et l’entreprise Caroni gèrent ce chantier destiné à lutter contre les problèmes d’inondations. Une installation identique à Tourcoing (sur le site sportif Melbourne), permet aux habitants des quartiers du Trichon à Roubaix, de Wasquehal (quai des Alliés) et Tourcoing (Blanc-Seau) d’éviter de se retrouver les pieds dans l’eau.

La cathédrale d’orage Photo Patrick James VDN

L’eau usée et l’eau de pluie jusqu’ici dévalaient tout droit jusqu’à la station d’épuration de Wattrelos, et débordaient du réseau d’assainissement en cas de trop fortes précipitations, Et c’est depuis le grand canal de 50 mètres de long, actuellement creusé depuis la rue des Arts, qu’elles seront détournées vers la cathédrale. Les eaux arriveront par le canal d’amenée puis rejoindront la cuve et ses équipements, capables de retenir les polluants.

Le nouveau bassin de rétention a été inauguré le mercredi 24 octobre 2018. Ce dispositif n’est pas sans rappeler l’existence d’un vivier au dix neuvième siècle qui a laissé son nom à la rue. C’était une sorte d’étang à l’orée de la ville qui a disparu avec l’urbanisation et les canalisations successives. Ainsi a-t-on renoué avec les pratiques du passé ?

Le stade

En septembre 2013, une école de football voit le jour à l’Épeule. Son nom : Académie football. Lancée à l’initiative de la Ville et de Roubaix Sport Culture, l’école de football labellisée par la Fédération Française de Football organise son premier stage pendant les vacances de Toussaint pour une équipe de 46 enfants âgés de 6 à 12 ans. Entraînements, tournois et jeux au programme, mais aussi une sortie au LOSC pour assister à la rencontre Lille/Auxerre. Les parents sont présents pour soutenir les activités, ce qui a permis selon André Lazaoui, président de l’académie, de faciliter la transmission des valeurs prônées par l’école de football, à savoir respect, travail, entraide et volonté de réussite. Valeurs incarnées par Jamel Haroun, responsable de la structure et connu du grand public comme le gardien de but de l’équipe de France de futsal. En Juin 2016, le directeur de Roubaix Sport Culture annonce que l’académie de football est sur le point de s’arrêter à cause d’un problème de subvention. L’action n’a pas été retenue dans le cadre du contrat de ville. À ce moment, cette académie de football occupe entre 80 et 100 enfants âgés de 6 à 8 ans.

Le stade Photo Hubert Van Maele VDN

Le 27 janvier 2017, la ville lance une concertation sur l’avenir du parc de Brondeloire. Au centre des débats, le terrain de football, toujours en piteux état. Cet équipement, mis en service en 2004 dispose d’un sol en gazon synthétique. La ville propose aux joueurs une rénovation a minima du stade, en attendant un projet beaucoup plus ambitieux dans le cadre de l’ANRU, qui traitera l’ensemble du parc du Brondeloire. Coût de l’opération : 350 000 euros. Malgré ce budget, on est loin d’un beau stade flambant neuf. Et les footballeurs, qui font tourner avec bien du mal l’Académie de football de l’Épeule, l’ont vite compris : « On a honte quand on reçoit les gamins des autres équipes ». La Ville propose de refaire la moquette, de la peinture dans les anciens vestiaires, et de poser des préfabriqués. Le complexe viendra ensuite avec l’aide de l’ANRU.

D’après les articles de presse de l’époque

ANRU : Agence nationale pour la rénovation urbaine

Jardins de traverse : 12 rue du Vivier 59100 ROUBAIX Blog : http://www.jardindetraverse.fr

 

Le parc du Brondeloire

En 1993, une étude de faisabilité concernant la voie ferrée Lille/Mouscron avait pour but de relever les points de vue à l’arrivée sur Roubaix. Le quartier de l’Épeule fait déjà partie de cette «mise en scène du panorama de Roubaix». En novembre 1994, le Grand Projet Urbain de Roubaix est lancé. L’étude de l’agence Devillers est axée sur les territoires de la Boucle du Canal comprenant les communes de Roubaix et Tourcoing, un complément d’étude incluant les quartiers de l’Epeule/ Fresnoy/ Mackellerie. Le foisonnement végétal bordant la voie de chemin de fer est mis en avant, et on a l’idée d’aménager un grand parc longitudinal du côté de l’Epeule.

Le long de la voie ferrée en 1988 Photo IGN

Un concours est alors lancé par la ville de Roubaix en mai 1996. Vingt quatre réponses locales ont été reçues, trois équipes sont finalement retenues, qui ont trois mois pour proposer une esquisse. Finalement, le 5 novembre 1996, c’est l’équipe B3L Paysages qui est retenue. Leur proposition se distingue par la volonté de placer les équipements sportifs perpendiculairement à la voie. Ils composent ainsi le parc par une trame longitudinale essentiellement végétale composée de bandes boisées, et d’une voie verte. Cette trame longitudinale est ensuite entrecoupée par les équipements programmés (terrains multisports, terrains de foot) et les éléments installés (butte, jardins familiaux). De plus, ils suggèrent la conservation des déchets de démolition pour constituer une butte culminant à sept mètres de haut, qui permettrait une vue sur la Mackellerie séparée de l’Epeule par la voie ferrée. Son flanc Est servirait de tribunes sur le stade. Sa face exposée au sud serait utilisée comme lieu de détente et comme point de vue privilégié sur les toits de Roubaix. Sur la face nord de cette butte, un amphithéâtre en gabions serait réalisé afin de conserver un bosquet de bouleaux déjà présent sur le site.

Le projet B3L Paysages doc AmRx

C’est en septembre 1997 que démarrent les travaux de démolition en vue de réaliser le parc Bell-Brondeloire. Sont concernés deux hectares de bâtiments en état de décomposition avancée, et les jardins familiaux. On va détruire tout ce qui se trouve entre le groupe Bell de l’OPAC de Roubaix, le supermarché Match, la rue du Brondeloire, le bâtiment Flipo Richir et la voie de chemin de fer. Cela représente une longue bande de terrain à assainir le long du remblai du chemin de fer. Les travaux de démolition doivent durer deux mois et demi. Les jardins ouvriers vont être déplacés de 150 mètres par rapport à leur situation initiale. Douze parcelles seront installées durant le premier semestre 1998, au beau milieu du futur parc. On a prévu un espace clôturé et gardienné pour les nouveaux jardins familiaux, un terrain de football avec vestiaires, des espaces de détente, un autre terrain multisports (foot, basket) aménagé en accès libre, et suffisamment loin des habitations pour ne pas gêner les riverains.

Les jardins familiaux déplacés doc AmRx

En 1998 est inauguré le parc du Brondeloire dont l’emplacement a été choisi parce que la grande surface libre appartenait déjà à la Mairie. De plus, le comité du quartier de l’Epeule réclamait depuis une dizaine d’années des équipements sportifs, car la population du quartier est jeune, notamment dans les logements du «groupe Bell». La décision de faire un parc sportif est prise immédiatement. Les entrepreneurs SOREVE et Nord Espace vert se sont occupés du chantier. L’Agence Paysages a abandonné le suivi du chantier en cours, et on constatera des différences entre la phase chantier et ce qui a été réalisé. Conséquence, les bouleaux qui définissent la forme du forum dans la butte du parc, sont pour la plupart morts ou en très mauvaise santé. Comment justifier ce forum si les bouleaux disparaissent? Les voliges destinées à délimiter les différentes pièces du jardin à l’ouest du parc n’ont pas été installées. Il en résulte une dégradation de ces espaces. Des adventices poussent sur les rebords des allées en grave. Les matériaux se mélangent (graves et terres végétales). On distingue encore les différents massifs.

Amphithéâtre et promenade doc AmRx

Il est vrai que l’appropriation du site a été très rapide. Une association d’habitants a réalisé l’entretien et l’animation du parc pendant un temps. Le parc était attendu depuis dix longues années. Cette attente et la sur-utilisation ont très vite eu des répercutions sur le site. Le parc du Brondeloire a subi de nombreuses dégradations, il n’a pas connu de trêve en terme d’utilisation. Le site ne ferme pas totalement, il y a des brèches dans l’enceinte du parc et il n’est pas gardé la nuit. Dès Mai 1998, l’amphithéâtre en gabion est remis en cause. Il a subi de petites dégradations aux conséquences importantes. Son accès et son utilisation ne se font pas en toute sécurité. De plus des pierres ont été arrachées des grillages et projetées contre les trains passant à proximité, ou sur des voitures. On projette de noyer les galets dans du béton et de poser des garde-corps. Finalement on comblera l’amphithéâtre par de la terre et pour retenir celle-ci on posera des rondins de bois, et on sécurisera l’accès par un grillage. L’amphithéâtre a donc perdu sa forme et son utilité. Seule une assise a été installée à la base de la butte.

Terrains de sports doc AmRx

Le terrain de sport est également très dégradé, le parc est soumis à de très grosses contraintes d’usure notamment en hiver durant les périodes de gel et parce qu’il est très sollicité. Selon les services des sports, il serait déjà à reconstruire. Le parc est très utilisé, notamment en été ou les activités manquent terriblement dans le quartier. Les enfants viennent donc jouer dans le parc, terrain de foot et terrains de sports sont saturés. Les potagers sont également très vivants à la belle saison. On signale cependant des conflits dans les potagers (vols de légumes). En hiver, le parc offre moins de possibilités mis à part le terrain de foot. Des problèmes de trafics de drogues sont récurrents, et empêchent parfois d’autres usagers d’utiliser les infrastructures sportives, comme par exemple les écoles qui n’ont pas eu accès au parc pendant plusieurs jours. Dix ans à peine et une grande partie du parc est à refaire.

Le long de la voie de chemin de fer en 2000 doc IGN

à suivre

Avant le Brondeloire vert

Cette fameuse tranchée verte commence au pont de la rue de Mouvaux, en face de la descente de la rue de l’Alma, autrefois occupée par la société anonyme de fabrication de tissus du même nom. Voici un relevé des rues situées entre le chemin de fer et la rue de l’épeule, à partir de la rue du grand chemin, ainsi que leur date de création : rue du Lieutenant Castelain (1894), qui rejoint la rue du Parc (rue particulière existant dès 1860 et entrée dans le réseau vicinal en 1905), de laquelle repart la rue du Vivier (id). Celle-ci croise la rue des Arts, à partir de laquelle se trouve la petite rue de la digue (1867) à hauteur d’un autre pont de chemin de fer qui rejoint la rue du Marquisat (existante en 1867, vicinalisée en 1892) d’où démarre la rue du Brondeloire (classée en 1887), dans laquelle aboutissent la rue Heilmann et la rue Brézin.

Le bout de la rue du Parc et les ateliers Verplancke Doc Google Maps

Un certain nombre d’entreprises étaient adossées au talus de la voie de chemin de fer. La percée s’est faite à l’endroit où se trouvaient autrefois les bureaux de la Compagnie des Mines d’Anzin au n°56, au ras du mur et des sheds de l’atelier de carrosserie Verplancke au n°32. On se retrouve là au bout de la rue du Parc, laquelle rejoignait autrefois la rue de la digue au pied du remblai de chemin de fer. Elle fut désaffectée sur plus de vingt mètres de son parcours, dont l’espace réapparaît aujourd’hui avec la percée verte.

Publicité Coussement doc NE

Le long de la rue du Vivier, côté pair, se trouvaient aux n°8 à 12 la société Coussement, et au n°18 la cité Lequain. Côté impair, on peut encore apercevoir les locaux d’entreprises aujourd’hui disparues, au n°5 les eaux gazeuses, au n°7 les magasins Chatiliez, au n°9 un dépôt de matières colorantes Kuhlmann. Sur le même trottoir, un poste EDF fait toujours l’angle avec la rue des Arts. Dans la rue des Arts se faisaient face en regardant vers le pont à gauche au n°215 les transports Valcke et à droite au n°244-246 la fromagerie Marcillat, produits laitiers.

Les épiceries en gros Kuhn Doc Coll Particulière

La rue du Vivier donne donc dans la rue du Marquisat, où étaient les locaux de l’épicerie en gros Kuhn au n°51, après le débouché de la rue du Brondeloire. Celle-ci reçoit dans son côté impair l’arrivée des rues de Turenne et Heilmann. De fait elle était donc constituée des façades arrières de l’importante usine Selliez laquelle donnait sur les trois rues. Sur son côté pair, dans les années soixante dix, elle comprenait au n°34 les Ets Flipo Richir qui occuperont également l’usine Selliez un peu plus tard, au n°36 l’usine de la société d’articles de sports Vroman, et aux n°38-40 les transports Delachaussée.

Les ets Flipo Manutention 34 rue du brondeloire Doc AmRx

Il faut ajouter à cette liste contemporaine des implantations plus anciennes comme celle du Peignage de l’Epeule qui occupèrent tout le côté pair de la rue du Brondeloire au début du vingtième siècle avant de disparaître dans un mémorable incendie.

Un morceau de rue disparaît

Mai 1999, l’annonce paraît dans les journaux, on va amputer un morceau de Grand Rue, celui qui fermait le rectangle de la place de la liberté à partir de la rue Jean Monnet (ex rue Pauvrée). De l’autre côté du trotttoir c’était autrefois le magasin Nord et Loire qui a disparu (entre autres) pour laisser place à l’entrée de l’ensemble Géant Casino. On va prépare maintenant s’attaquer à la suite de l’alignement des magasins existants pour l’arrivée d’un nouveau cinéma, à ce moment prévu le complexe australien Village Road Show.

Quels sont les immeubles qui vont être abattus ? Il s’agit des n° 43 au 51, des commerces plus que centenaires. Ainsi le n°43 fut-il longtemps un café tenu par M. Vanongeval puis après la seconde guerre, sous l’enseigne « Au Forgeron » par Jules Prez, professeur de musique. C’était aussi le siège des transports en commun Lebas et Dumont et du Trait d’Union Messagers au début des années soixante. Les chaussures Sam viennent s’y installer en 1968 et s’y trouvent encore au moment de la démolition.

Le magasin de chaussures Sam au n°43 Coll particulière

Le n°45 était la célèbre chemiserie de la famille Hamard, à l’enseigne des « Cent mille cravates ». Depuis les années soixante dix, le magasin était occupé par les Tricots Nord Maille.

Les cent mille cravates au n°45 Coll Particulière

Le n°47 a toujours été occupé par un bijoutier, M. Masquelier auquel succéde M. Meurisse à la fin des années soixante. Le n°49 fut longtemps l’échoppe d’un tailleur M Verhelle, puis M. Leroy-Verhelle, avant de laisser la place à la maroquinerie « Au cuir de France », au début des années soixante dix.

Vue aérienne des premiers numéros Photo NE

Le 49bis, c’était la célèbre bijouterie de M Fourgous, « au Coeur d’or », auquel succède M. Daraut. Puis le magasin Lano, confections hommes, s’y installe, tout droit venu de la rue de Lannoy au moment de sa démolition en 1964. Le photographe Bourgeois prendra la suite pendant les années quatre-vingts, venant de la rue Pauvrée. Il se réinstallera par la suite dans la Grand Rue, un peu plus haut, au n°33.

La bijouterie Fourgous, au cœur d’or Coll Particulière

Depuis les années vingt, on pouvait trouver au 49ter les Galeries Ste Anne, mercerie, soieries, tricots. En 1979 l’Office du tourisme y fait un passage avant de s’installer dans l’ancienne entrée du cinéma Casino place de la liberté. Dans les derniers temps, on y trouve Abrinor, une agence immobilière.

Les Galeries Saint Anne au n°49 Coll Particulière

Le n°51 était occupé par les tissus Lesur, puis Massard. Le fabricant de matelas et de literie Cheval vient s’adjoindre aux négociants, en même temps que les jardins populaires de Roubaix.

Vue des derniers bâtiments à démolir Coll Particulière

Le n°53 échappera aux démolitions, c’est un café tenu par Georges Desmytter, qui porte au moment de la démolition l’enseigne des Olympiades.

Les olympiades, le café survivant Coll Particulière

L’ensemble de ces bâtiments disparaît en 1999. C’est en 2004 que s’ouvre le Duplexe, des œuvres de Michel Vermoesen et Daniel Najberg, célébrant le retour du cinéma dans une ville qui en était privée depuis 1986.

Le Duplexe Vue Google Maps

Poste à l’épeule

Nous avons relaté l’existence d’une poste annexe dans le quartier de l’épeule. En l’espace d’une dizaine d’années au début du vingtième siècle, il y eut à Roubaix des petits bureaux de postes de quartier, des recettes auxiliaires, destinées à couvrir les besoins des quartiers. Il y en eut une dans le quartier de l’épeule, au n°21 rue Newcomen qui disparut après la première guerre.

La poste annexe rue Newcomen Coll Particulière

En 1930, le service des Postes Télégraphe et Téléphone est assuré, à Roubaix, par un bureau principal des postes et télégraphes, boulevard Gambetta. C’est là que les épeulois se rendent pour les opérations postales ordinaires et extraordinaires. Un troisième bureau de postes est en construction rue de l’Alma qui sera inauguré en 1933, un peu plus près de leur quartier. La mémoire des anciens épeulois n’a pas conservé trace de bureau de postes dans le quartier. Il faudra attendre plus de soixante ans avant qu’on reparle de la création d’un bureau annexe après la fin de l’établissement Hourez en 1990. Le bureau de poste annexe de l’épeule a été construit à partir du 10 octobre 1994, et la réception des travaux a eu lieu le 13 janvier 1995. Il se trouvait au n°179 de la rue, soit au beau milieu des locaux des anciens établissements Hourez. Il ne fera cependant pas long feu, un incendie le détruira complétement la même année.

Le plan de la poste du n°179 doc AmRx

Il est décidé de réinstaller la poste annexe provisoirement au 61 rue de l’épeule où se trouve déjà des locaux loués par la ville en vue de la création d’une maison des services (mairie de quartier, CCAS). Ce provisoire sera durable : pendant 22 ans, les services postaux et la mairie de quartier partageront ces locaux étroits et inappropriés.

Les locaux qui accueillirent la poste et la maison des services rue des Arts Vue Googlemaps

Une première tentative de reconstruction se présentera avec un projet de 2003 qui proposait l’intégration de la poste dans une une galerie perpendiculaire au supermarché Match. Mais cela ne se fera pas.

Projet de la galerie avec bureau de poste doc AmRx

Le projet vue de dessus doc AmRx

Il faudra attendre l’ouverture de la maison des services des quartiers ouest en avril 2015. Elle ouvre ses portes à l’angle des rues de l’Épeule et Watt. Elle regroupe la mairie des quartiers et le CCAS et attend encore les derniers logements LMH et la Poste. Les travaux étaient commencés depuis plus de trois ans. La mairie des quartiers-ouest a déménagé mi avril au 187 de la rue. Le bâtiment tout neuf se situe à l’angle de la rue Watt, en face de la pharmacie Sainte-Claire. Le CCAS a lui aussi emménagé dans ces nouveaux locaux. Cette mutualisation permet d’avoir un double accueil, plus pratique pour les usagers. D’autres permanences sont toujours proposées dans ces locaux. Le service intercommunal d’aide aux victimes (SIAVIC), le conciliateur de justice et le CAL-PACT y tiennent leurs permanences hebdomadaires. Il reste de la place pour accueillir d’autres associations ou d’autres permanences. « On est dans des locaux plus spacieux, plus agréables et plus lumineux », explique Didier Robin, directeur de la Mairie de Quartier.

La poste de l’épeule aujourd’hui vue Googlemaps

Il faudra encore deux ans pour que la Poste rejoigne l’ensemble. Ouvert depuis le 28 février 2017, au n°173 rue de l’épeule, le nouveau bureau de La Poste a été inauguré en mars. Plus grand, plus lumineux que l’ancien situé rue des Arts, il accueille aujourd’hui près de 120 clients par jour. Et si le projet a tardé à sortir, les clients en semblent aujourd’hui totalement satisfaits.