La pâtisserie du 147 rue de l’épeule

Arrivé de son Pas de Calais natal, Daniel Lamarche vient apprendre la pâtisserie au lycée Colbert de Tourcoing. Il entre au service de M. Vandenhauten comme apprenti et obtient son CAP et à l’âge de 14 ans. La pâtisserie est située de longue date à l’angle de la rue de l’épeule et de la rue Brézin. Le plafond du magasin était orné de toiles peintes à l’huile, représentant des bouquets de fleurs et des anges, et sur l’un des paquets portés par un ange, on pouvait lire le nom du premier propriétaire Hoorman déjà présent en 1898, selon le Ravet-Anceau. En 1929 c’est un pâtissier nommé De Lylle qui tient le commerce.

Le plafond de la pâtisserie de M. Adolphe Desobry, peintre décorateur. Photo Lamarche

Daniel Lamarche rencontre sa femme Madeleine au Colisée dans le quartier de l’épeule, tous les deux sont originaires du Pas de Calais, lui de Dannes, non loin du Touquet, elle d’Arras. Ils décident de se marier, puis ils reprennent la pâtisserie de M. Vandenhauten en janvier 1967. Ce n’était pas sans risques, de lourdes dettes au début et surtout l’abandon par Madeleine de son emploi de bureau. Quand ils reprennent la pâtisserie, l’épeule est encore un gros village vivant de 130 commerces de toutes sortes, et la clientèle est fidèle. Gaufres, coquilles, tartes paysannes et cramiques sont leurs spécialités. Mais ils proposent aussi petits fours et mignardises à la commande.

Le couple Lamarche dans son magasin Photo La Croix

La journée du pâtissier commence selon les jours, à 2 ou 4 heures du matin jusque 19 ou 20 heures le soir. En période de Noël et de Nouvel An, Daniel était dans l’atelier 48 heures sans dormir dans son lit ! Le samedi, en particulier, lever à 3 h. Les classiques de la production pâtissière : 25 éclairs, 25 religieuses, 30 Tom pouce, 25 pont neuf, 25 baba, 30 moka, 30 merveilleux, des tartelettes, frangipanes, et autres viennoiseries,  600 à 800 mignardises selon les commandes, puis les gâteaux anniversaires, baptême, mariages pour finir souvent à 20 heures !

Devant le 147 Photo NE

Les Lamarche se souviennent d’avoir proposé une carte de fidélité avec en gain, des spectacles de ballet du Nord. Dans un coin du magasin il y a une coupe datée de 1988 sur laquelle on peut lire : premier prix pour l’accueil et le service. L’installation du supermarché Match, et sur son parking, le marché de l’épeule du dimanche matin, ont amené du changement, mais le pâtissier s’est adapté.

Daniel Lamarche est élu en octobre 1989, président de l’union des commerçants. Il succède au président Hauguet, une soixantaine sur cent des commerçants y ont adhéré, qui réclament un meilleur éclairage pour la rue, la réactivation de la rue de l’alouette, la réinstallation de la petite chapelle dans le cadre du réaménagement de la place de l’abreuvoir.

L’équipe de l’union des commerçants de l’épeule en 1995 Photo NE

Puis on fait le constat du départ des entreprises du quartier : Herbaut Denneulin, Selliez, Roussel, Libbrecht, et autres encore, entre 800 et 1000 emplois disparus. Puis ce sera le temps des projets urbains : réalisation d’une salle des sports, de la piscine, transformation du Colisée, installation du marché, reconstruction de l’église St Sépulcre, création du parc Brondeloire. Le 30 juin 2001, les Lamarche vont cesser leur commerce. Avec les dix ans d’apprentissage, cela fera 45 ans de présence dans le quartier. Daniel et Madeleine vont prendre une retraite bien méritée, mais active : s’occuper de leurs petits enfants, donner des cours de pâtisserie dans les écoles, et participer au projet art de la tarte avec l’association Amitié Partage. Quant au magasin, il existe toujours, c’est aujourd’hui une boucherie rôtisserie.

Source

remerciements à M. et Mme Lamarche pour les témoignages et documents

ravet anceau 1898, 1929

article de l’événement du jeudi voir édition du 3 aout NE

article octobre 1989 du 9 aout 1990 et de mai 1995 et de juin 2001

Boulevard de Fourmies : l’union des commerçants

Le boulevard de Fourmies a toujours été très riche en commerces de proximité. Les commerçants y font des opérations de promotion, mais, jusque dans les années 60, ils agissent en ordre dispersé. Ils vont pourtant s’unir en octobre 1966. et former un comité pour préparer les fêtes de fin d’année. Ils s’associent à la municipalité pour installer des illuminations, et lancent, pour attirer la clientèle, une première quinzaine commerciale, assortie de distributions de louis d’or. Le président est M. Da Silva, M. Fassin est le vice-président, M. Dujardin le trésorier, et Mme Bacrot la secrétaire.

Photo Nord Matin

Photo Nord Matin

L’année suivante, Nord Eclair nous précise que l’association représente 27 commerçants, situés boulevard de Fourmies entre les places Spriet et du Travail, et regroupant tous les types de commerces. Le comité prévoit de reconduire la quinzaine commerciale à l’automne. Il envisage également d’organiser une braderie.

On apprend également que M. Buisine, président de l’union des commerçants du nouveau Roubaix, est élu membre de la chambre de commerce métropolitaine. Cette même union du nouveau Roubaix organise la même année une manifestation de sympathie à l’occasion du départ en retraite de M. et Mme Lierman-Delbaert, son vice-président, alors que M. Vandeputte en est le secrétaire. Il existe donc deux comités parallèles. Quels sont les liens entre les deux ? En tout cas, on n’entend plus parler dans la presse du comité du Nouveau Roubaix pendant un certain nombre d’années ; seul va se manifester celui du boulevard de Fourmies.

Les illuminations - document Nord Eclair

Les illuminations – document Nord Éclair

Celui-ci reconduit fin novembre 1968 les illuminations et la quinzaine commerciale, assortie de cadeaux attrayants :  il s’agit cette fois de vélos pliants distribués à l’issue de trois tombolas. De plus une caravane publicitaire assure durant quinze jours la sonorisation de cette artère. Le projet d’organiser une braderie prend corps : on la prévoit un lundi de l’année suivante.

Elle a bien lieu le lundi 9 juin 1969 : Nord Éclair la qualifie de « braderie monstre du Nouveau Roubaix ».

La braderie en 1985 – photo Lucien Delvarre

La braderie en 1985 – photo Lucien Delvarre

L’autre point fort de l’année reste la quinzaine commerciale de décembre, associée à une caravane publicitaire et une tombola.

Une idée nouvelle en 1971 : le comité organise en avril, avec le concours du Vélo Club de Roubaix, le premier grand prix cycliste du boulevard de Fourmies, réservé aux cadets, dont le départ est donné place du Travail, devant le café « au rendez-vous des auto-écoles ». Deux mois plus tard, la braderie en est à sa troisième édition ; elle coïncide avec la deuxième ducasse de la place du Travail. La composition du comité des commerçants est modifiée : alors que M.Fassin reste vice-président, le président est M. Martel, le trésorier M. Coetsier, et le secrétaire M. Vincent.

La liste des coureurs – document Nord Eclair

La liste des coureurs – document Nord Éclair

En 1972, il n’y a plus de comité des fêtes : c’est l’union des commerçants qui organise les festivités. Le grand prix cycliste réunit deux fois plus de concurrents que l’année précédente ; la braderie coïncide, cette année encore, avec la fête foraine de la place du Travail. Quant à la tombola de la quinzaine commerciale, elle fera 100 gagnants. Ces animations s’installent dans la durée, et deviennent partie intégrante de la vie du quartier.

L’année 1973 voit le comité patronner au mois de mai une grande exposition de voitures, de caravanes et de bateaux, de quoi préparer les vacances.

Document la Voix du Nord

Document la Voix du Nord

Cette exposition est associée à des ventes promotionnelles chez les commerçants membres de l’union. Les autres manifestations perdurent : le grand gagnant de la quinzaine commerciale se verra offrir un voyage aux Baléares pour deux personnes.

Les commerçants réunis en 1973 - Document la Voix du Nord

Les commerçants réunis en 1973 – Document la Voix du Nord

En 1985, naît l’union commerciale du Nouveau Roubaix, qui englobe apparemment celle du boulevard de Fourmies, qui disparaît donc au terme de près de 20 ans d’activité. La nouvelle association est composée de M. Segard, le président, M.Dubon, vice-président, et Mme Fassin, trésorière.

Le comité de la nouvelle association – document La Voix du Nord

Le comité de la nouvelle association – document La Voix du Nord