La résidence du théâtre (2)

Les appartements sont vendus par l’AFIDAC (association pour le financement et le développement de l’accession à la propriété, 44 boulevard de Paris). Les commerces du rez-de-chaussée sont proposés par le GERHA (92 avenue de France à Wasquehal), qui souhaite intéresser un constructeur automobile, un magasin d’exposition, et au premier étage, un restaurant, une cafétéria ou une salle de conférence. La commercialisation des bureaux est assurée par l’agence Largillier (222 rue Solférino, Lille). Un étage est réservé à la perception des impôts directs, installée à ce moment rue de Lille. Les trois autres niveaux présentent des petites surfaces, idéales pour des professions libérales, médecins, radiologues, experts comptables, ou des petites entreprises qui se décentralisent sur Roubaix. En résumé onze niveaux d’habitation, et quatre niveaux de bureaux.

L'appartement témoin de 1976 Photo NE

L’appartement témoin de 1976 Photo NE

En décembre 1976, on procède à l’inauguration de l’appartement témoin à la résidence du théâtre à Roubaix. Les arguments de vente se présentent en trois thèmes : la situation privilégiée, le confort et la clarté des appartements et le financement exceptionnel. Un cocktail est organisé le 11 décembre.

Ce que l'on voit de la tour Photo Méd Rx

Ce que l’on voit de la tour Photo Méd Rx

Le quartier est présenté en pleine rénovation, il est vrai que le bloc Anseele est à deux pas, tout beau tout neuf depuis 1967. L’argument d’une voiture garée dans un rayon de 300 mètres des chemins bientôt piétonniers (voir notre article sur le serpent de mer piétonnier) avec accès à quatre cinémas, à la poste centrale, à l’hôtel de ville, au centre commercial Roubaix 2000, l’arrêt du Mongy au pied de l’immeuble. Un argumentaire urbain très attractif. Question confort, on trouve des ascenseurs ultra-rapides, quatre types d’appartements de 41 m² à 91 m², de la clarté, de la moquette et des espaces de rangement. Pour le financement, un prêt à 9,89 % est proposé aux futurs propriétaires, avec un apport personnel de 20 %. Le chantier n’est pas terminé, on évoque sans la citer la date du premier coup de pioche de la construction du vaste parking aérien et souterrain de la Résidence.

En mai 1977, on promotionne encore avec des portes ouvertes. En novembre 1977, la publicité donne la parole à un jeune couple, Monsieur et Madame Alfonso, qui ont opté pour la formule location vente proposée, qui consiste à payer un loyer pendant les dix-huit premiers mois, et à l’issue, si on décide d’acquérir le logement les dix-huit mois de loyer servent d’apport. L’accent est donc mis sur le financement. En 1982, on invite encore les gens à venir y habiter.

Station service antar Photo AmRx

Station service antar Photo AmRx

La Résidence du Théâtre, c’était aussi une station service Antar, et un parking en surface et souterrain.

La tour dans son jus Photo Méd Rx

La tour dans son jus Photo Méd Rx

La résidence du théâtre

Alors que l’Hippodrome théâtre, fermé depuis mai 1957, vit ses dernières heures, on évoque déjà un projet immobilier. Le 18 février 1963, l’architecte Guy Lapchin propose les premières esquisses d’un immeuble à quatorze étages aligné au boulevard Leclerc, avec une station service et un autre immeuble de dix étages aligné avec la rue Anseele, sans oublier un ensemble de parkings souterrains pour 70 véhicules. Le projet n’entraîne aucune observation municipale, et fait l’objet d’une transmission au directeur départemental de la construction avec avis favorable. Néanmoins, le projet ne peut être accepté que s’il est complété par l’accord des riverains, parmi lesquels le Crédit Municipal, sous forme de convention de voisinage. La relocalisation du Crédit Municipal étant envisagée, une convention est donc passée avec son vis à vis, c’est à dire la société Motte Porisse.

Les premières esquisses Doc AmRx

Les premières esquisses Doc AmRx

On sait que depuis février 1963 que la COMIF (société anonyme compagnie d’investissements fonciers 7 rue Drouot, Paris) a racheté l’Hippodrome théâtre et déposé un projet immobilier sur son emplacement. La société Le Capitole a été dissoute le 16 avril 1964. Le Capitole, ex Hippodrome théâtre, a été démoli en juillet 1964. Le projet immobilier est présenté le 9 novembre 1964 : un premier bâtiment parallèle à la rue Anseele, haut de 10 étages, de l’ancien emplacement de l’Hippodrome jusqu’à la rue Dupleix, avec la suppression du crédit municipal à condition qu’il soit relogé. Un second bâtiment s’articulant avec le premier, donne sur la rue du coq français et comporte 14 étages.

Le projet, plan masse doc AmRx

Le projet, plan masse doc AmRx

Le 27 novembre 1968 est déposée une demande d’autorisation de bâtir. Le 13 février 1969, intervient le rejet de la demande d’accord préalable, avec comme raisons invoquées, la hauteur des bâtiments et le coefficient d’occupation dépassé largement. Viendra s’y adjoindre le problème des alignements dans le triangle des rues du coq français, Vincent Auriol, et du boulevard Leclerc. Le 25 avril 1970, on pense à l’immeuble Flipo situé à l’angle de la Grand Rue et de la rue de l’Hommelet, récemment acquis par la ville, pour reloger le crédit municipal1. Bien que l’accord municipal ait été donné le 24 septembre 1970, le projet n’est pas mis en exécution. Cependant un permis de construire existe en date du 19 janvier 1971. On retrouve un projet de bâtiment collectif, avec 75 logements, des locaux commerciaux et un restaurant. Le 20 août 1971, il est procédé à l’examen du projet Résidence du théâtre. On note entre autres détails, que le restaurant peut accueillir 190 personnes, y compris le personnel. Puis le 10 septembre 1971, on annonce la démolition prochaine des bureaux de l’usine Motte Bossut, ce qui doit favoriser la réalisation du projet.

Les démolitions de 1971 Photo NE

Les démolitions de 1971 Photo NE

Mais c’est un nouveau refus du permis de bâtir le 27 juin 1973, avec les raisons suivantes : le bâtiment d’une hauteur de 50 mètres se trouve à 20 mètres de l’alignement opposé de la rue du coq français. Les alignements sont incorrects. Un nouveau projet est alors présenté, un bâtiment d’une hauteur de 48 à 50 m, avec 77 logements, et quatre étages pour bureaux. La commission de sécurité donne un avis favorable le 18 juillet 1973, sous réserve des prescriptions de sécurité pour ce type de bâtiment, notamment pour le danger d’incendie. Le permis de construire est finalement délivré le 27 décembre 1973. La SCIRT (société civile immobilière de Roubaix Tourcoing) qui est un organisme sous l’égide du CIL, va donc effectuer la construction de 77 logements collectifs, de bureaux et d’un restaurant, à Roubaix, boulevard du Général Leclerc. Cet ensemble s’appellera la Résidence du Théâtre. Les 3/4 de la superficie seront consacrés à l’habitation. Le chantier est officiellement ouvert le 20 décembre 1974, et la société Ferret Savinel assure les travaux.

La tour en 1975 Photo NE

La tour en 1975 Photo NE

Un article de presse de décembre 1975 annonce des appartements, des bureaux, des magasins. La livraison est prévue pour le 4ᵉ trimestre 1976. Mais les travaux seront achevés le 15 décembre 1977 et le certificat de conformité délivré le 28 décembre 1979.

à suivre

1Voir notre article sur le sujet sur la rue de l’Hommelet

La résidence Roger Salengro

Le samedi 6 mars 1965 a été inaugurée la résidence Salengro, au n°2 de l’avenue du même nom, un nouvel immeuble de cinq étages, en présence de M. Michel Petipré PDG de la société CPN (Construction Promotion du Nord) et du maire de Roubaix Victor Provo. Sur cet emplacement se trouvait auparavant, selon le Ravet Anceau, les chantiers de la société Waquier Frères et Cie, entreprise de terrassement et pavage. On annonce qu’une partie des appartements sera réservée à des propriétaires à partir de juillet. A ce moment, un seul immeuble est construit, un deuxième va suivre, d’ici quelques mois. La configuration de cette résidence est la suivante : cinq étages, 68 appartements, des studios spacieux aux logements à quatre pièces. On procède à la présentation d’un appartement témoin.

Vue aérienne Google Maps

Vue aérienne Google Maps

Après l’entrée, à gauche du hall, se trouve une salle de séjour de grand standing, avec aux fenêtres des rideaux de tergal et des tentures. Il y a de la moquette dans les deux chambres. Le mobilier est en teck. Un petit salon intime est réservé aux soirées télévisées,  la résidence dispose de chaînes collectives. Le couloir ou dégagement, présente un placard à grand volume de rangement. Viennent ensuite les commodités et la salle de bains avec une grande baignoire encastrée, et des lavabos. La porte de cette salle de bains est munie d’un verrou libre/occupé.

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La cuisine dispose des dernières innovations : un buffet comportant une table escamotable, un réfrigérateur Kelvinator près de la fenêtre, la gazinière près d’un évier en inox surmonté d’un robinet mélangeur à bec orientable. Sous l’évier, une armoire, et à côté une armoire sèche-linge électrique pouvant contenir cinq kilos de lessive. Sans oublier le vide-ordure automatique.

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L’installation électrique n’utilise que des canalisations sous tubes d’acier émaillés encastrés. Pour le chauffage, l’installation comporte trois chaudières à mazout, il fera 20° à l’intérieur quand il fera -9° à l’extérieur. Le chauffage fournit également l’eau chaude avec une réserve de 4000 litres pour les deux immeubles. La menuiserie est en bois d’Oukoumé. Les appartements sont livrés peints et tapissés, les garages sont équipés de portes flip, sonnerie et boite aux lettres sont également prévus.

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La situation de cette résidence est privilégiée, à la sortie de l’immeuble se trouve un arrêt d’autobus ELRT d’une ligne menant au centre-ville. La rue de Lannoy, l’une des plus commerçantes de Roubaix, est là toute proche. Un peu plus loin, à moins de 200 mètres, se trouve un supermarché, sans doute Auchan de l’avenue Motte. Le lycée de garçons est tout proche ainsi que le parc des sports.

La résidence vue de l'avenue Google Maps

La résidence vue de l’avenue Google Maps

Lors de l’inauguration, le maire de Roubaix félicita le promoteur et souligna les efforts de l’initiative privée qui viennent renforcer ceux de l’administration municipale en matière de construction.

Le promoteur Pub Nord Matin

Le promoteur Pub Nord Matin

 

Os à moelle, résidence universitaire

Les roubaisiens connaissent le grand immeuble qui surplombe Mac Arthur Glen : c’est l’Os à moelle, surnom du à sa forme, encore appelé le H13, de sa dénomination technique liée à ses treize étages, et également connu sous le nom de Résidence des Tuileries, appellation liée à son implantation sur l’ancienne rue qui portait ce nom.  Cette gigantesque barre a été construite à partir de 1966, par l’architecte Guillaume Gillet. Elle cumulait de grandes innovations pour l’époque : plus de trois cents  appartements, des ascenseurs, l’eau chaude, les équipements électriques.

L'os à moelle en 1988 Photo NE

L’os à moelle en 1988 Photo NE

Vingt ans plus tard, alors que la résidence universitaire de la rue des Halles est en construction, on sait déjà qu’elle ne suffira pas pour accueillir les 1700 étudiants de LEA. La ville de Roubaix et le CIL élaborent alors le projet de transformer une entrée complète de l’Os à moelle en résidence universitaire. C’est donc 112 chambres et 25 studios avec des cuisines communes qui seront proposés aux étudiants pour la rentrée d’octobre 1988.

Maquette du projet de résidence Photo NE

Maquette du projet de résidence Photo NE

C’est en novembre 1988 que le maire André Diligent inaugure la nouvelle résidence universitaire des Tuileries, en présence de M. Pierre Sander, président du CIL. Les appartements ont été tapissés, peints et meublés en cinq mois, et les 130 chambres sont déjà toutes occupées, une liste d’attente a même été mise en place.

Inauguration de la résidence en novembre 1988 Photo NE

Inauguration de la résidence en novembre 1988 Photo NE

Cette résidence est idéalement située : à proximité de l’IUT, à deux pas du centre et immédiatement à côté du restaurant universitaire, qui se trouve dans le centre commercial Roubaix 2000. Si la configuration des lieux a changé depuis, le H13 s’élève toujours au même endroit, et la résidence des Tuileries au 23 de la rue Winston Churchill, désormais gérée par Vilogia, propose toujours aux étudiants des appartements meublés d’une surface de 32 m².

La résidence des Tuileries Photo Vilogia

La résidence des Tuileries Photo Vilogia