Auchan soigne son look

Au début des années 30 s’installe l’usine de tissage Frasez sur l’avenue Motte. Les vues aériennes montrent un bâtiment rectangulaire avec une extension sur le côté opposé à l’avenue, et un auvent protégeant une entrée latérale. Cette usine deviendra après la guerre une filature de laine, avant de fermer définitivement à la fin des années 50. Elle va bientôt être reconvertie en surface de vente.

L’usine en 1957 avant sa transformation en magasin. Photo IGN

C’est ainsi que le supermarché qui prendra le nom d’Auchan ouvre en 1961 pratiquement sans modifier l’aspect extérieur du tissage. On ajoute simplement un bâtiment bas de part et d’autre de l’entrée latérale. Pour le reste, la direction se contente d’un coup de peinture pour tout ornement, sans doute à ce moment dans l’incertitude de la réussite du projet et dans le souci de diminuer les frais généraux. A l’origine, un premier intitulé annonçait l’ouverture du Supermarché qui n’avait pas encore de nom.

L’aspect du magasin en 1961 Photos Nord Matin 

Puis le supermarché prendra le nom de Auchan, du nom du quartier où il se trouve. Les affaires se développent et le supermarché Auchan s’essaie à la vente d’autres produits. On peut ainsi apercevoir sur la photo suivante la station service qui s’est implantée au bord du parking. On notera également que le nom Auchan a été ajouté à la peinture sur le mur.

L’aspect du magasin en 1964. Photo Nord Éclair

Au cours de l’année 64, à présent confiant dans l’avenir du supermarché, le propriétaire entreprend des travaux supplémentaires autour du bâtiment. On érige une construction d’un étage qui prolonge la façade du magasin le long de la rue Braille. L’ancien bâtiment bas est englobé dans le nouveau, de même que l’auvent qui protégeait l’entrée. Par ailleurs, une extension est ajoutée de l’autre côté de l’ancienne usine. On voit sur la première photo aérienne le contour du bâtiment bas et on remarque que le parking ne dépasse pas l’extrémité du magasin, le reste du terrain étant en friche. La seconde photo montre l’ampleur des travaux entrepris. C’est une véritable métamorphose du supermarché !

Vue aérienne du magasin en 1962. Photo IGN
Le magasin en 64. photo IGN

 Le nouveau bâtiment côté rue Braille est destiné à abriter une galerie commerciale. Il est muni d’un auvent, et accueille 6 boutiques. Cette ajout est destiné à compléter l’offre du supermarché et à rendre le site plus attractif pour la clientèle. On constate également que la parking est allongé jusqu’à la limite du terrain disponible, et qu’une extension à ce parking est implantée derrière le magasin. Le nombre de places disponibles est accru dans une grande proportion. Par ailleurs, l’aspect de l’ensemble est considérablement modernisé et l’enseigne est nettement plus visible qu’auparavant. Le bâtiment de l’ancienne usine n’est désormais plus visible de l’extérieur.

L’aspect du magasin en 66. photo IGN

 Peu de modifications dans les années suivantes, marquées par l’ouverture de plusieurs super et hypermarchés de la marque, si ce n’est un élargissement important de la paroi recevant l’enseigne, celle-ci prenant ainsi un caractère plus imposant.

Photo Nord Éclair de 1980

Une ultime transformation pour moderniser le supermarché a lieu en 1980. La direction du magasin dépose une demande de permis de construire visant à modifier l’apparence des façades, sur lesquelles seront plaqués des bardages métalliques. La demande de permis présente l’état de l’époque, et l’aspect prévu après travaux.

Document archives municipales

 Ces travaux sont menés tambour battant et une photo de 1981 nous montre l’état définitif de notre magasin.

Une vue de 1981. Photo Nord Éclair

Finalement, ces aménagements seront le chant du cygne de notre supermarché. La société fermera ce site en 1985 pour se consacrer au développement d’hypermarchés qu’elle ne cessera de multiplier en France et à l’étranger.

 

 

Le Garage des sports

Antar-Motte-Delbecq-Archimuni-5742-96dpiPhoto Delbecq – Archives municipales

La multiplication des automobiles a eu très tôt pour corollaire celle des garages et stations services. C’est ainsi que le carrefour de l’avenue Motte et de la rue de Lannoy, deux voies de communication importantes, voit rapidement apparaître un garage automobile.

Dès 1934, Julien Lejeune, habitant 103 rue Ma Campagne, informe les services municipaux de son intention de faire construire Avenue Alfred Motte à Roubaix un immeuble à usage de garage d’Automobiles. Le bâtiment prévu se développe sur 25 mètres le long de l’avenue.

Garage-2938-96dpiDocument Archives municipales

Julien Lejeune diffère sans doute son projet, puisque qu’on ne trouve aucune mention de ce garage automobile, dans le Ravet-Anceau de 1938. Celui-ci voit finalement le jour, car on le distingue sur une photo aérienne prise par l’Institut Géographique national en 1950. Le Ravet-Anceau fait par ailleurs mention en 1953 d’un Garage des sports, au nom de J. Lejeune, situé au 326. Le bâtiment du garage est rectangulaire, le faîte du toit est parallèle à l’avenue Motte. Il est prolongé jusqu’au coin de la rue de Lannoy par un bâtiment coiffé d’une toiture perpendiculaire à la précédente. Ce bâtiment présente un pan coupé dégageant l’angle des deux rues.

Antar-Aérienne-96dpiLe garage avant 1962 – Photo l’usine

En 1962 des travaux modifient l’aspect du garage : Une extension de près de 10 mètres est ajoutée, qui forme un angle droit au bout du bâtiment initial. Elle est construite sur un terrain libre, à côté de la propriété. D’autre part, le bâtiment faisant l’angle des deux rues est remodelé : il possède désormais un toit constitué de deux parties en angle droit laissant la place à une terrasse.

Entre 1965 et 1968, ce garage devient une station-service Antar et prend le nom de Relais des sports. Le gérant est alors R. Delporte. Un plan daté de 1966 nous en montre la disposition : la terrasse surplombe le bureau de la station et les pompes de distribution de carburant. Devant ces pompes, une piste permet aux voitures de venir se ravitailler. Les cuves contenant le carburant sont enterrées sous l’ancien garage, et la nouvelle extension abrite le pont élévateur et l’équipement de graissage.

La cité Motte-Grimonprez

Cite96dpi

Document Journal de Roubaix du 25 Juillet 1937

Alfred Motte décède à Roubaix en 1887. Par testament, il lègue une rente de près de 17000 francs de l’époque au bureau de bienfaisance, en précisant que les intérêts devraient être capitalisés pendant 100 ans pour servir à diverses œuvres de bienfaisance, telles que maisons d’ouvriers louées à prix modérés, bains chauds et gratuits, hôpital pour maladies infectieuses, primes aux ménages les mieux tenus.

La première fondation devait obligatoirement consister à créer une ou plusieurs cités sans charge de loyer pour les femmes veuves de maris morts d’accidents dans l’industrie.

Plutôt que d’attendre 100 ans, la famille décide de commencer la réalisation dès qu’un million sera produit par la capitalisation de la rente. Ce premier million se fait attendre beaucoup plus longtemps que prévu : cet évènement ne se produit que 52 ans plus tard, en 1937. On construit donc alors avec cet argent, avenue Gustave Delory, une cité comprenant 12 maisons ouvrières pour des familles dont le chef est accidenté du travail. Les maisons sont implantées le long d’une voie privée, séparée de l’avenue par un portail monumental.

C’est ainsi que les Ravet-Anceau de l’époque font mention au numéro 225 de la « Fondation Motte-Grimonprez, bureau de bienfaisance ».

La cité existe encore de nos jours. Elle est en bon état, mais son fronton a été remplacé par un portail plus modeste. Des maisons complémentaires ont été ajoutées derrière celles d’origine. Une plaque indique encore le nom de la fondation.

citeaujourdhui96dpi

plaques96dpi

Un quartier cerné par l’industrie

La liste des entreprises

Le quartier des Longues Haies est pour ainsi dire encerclé par l’industrie depuis la fin du dix neuvième siècle. Au début de la rue Edouard Anseele, il y a Motte Porisse, la filature des Longues Haies et la Manufacture des deux gendarmes. La rue passe ensuite entre l’usine Motte Bossut et la fabrique de couvertures Lemaire et Dillies. Entre la rue Bernard et le boulevard Gambetta se trouvent les usines Toulemonde Destombes et Charles Huet. Puis, après la rue Pierre de Roubaix, il y a la bonneterie Maurice Dillies, et l’usine de pansements Willot. Sur le boulevard de Belfort se situe ensuite l’usine Motte Delescluse plus connue sous le nom de SATAIN, et enfin rue Saint Jean la maison Motte et Marquette. Ce relevé d’entreprises correspond à la situation de la fin des années cinquante.

GENENTREPRISES

Motte-Bossut, la SATAIN, Motte Porisse Coll Méd Rx

Le centre d’apprentissage

Le 11 avril 1958 est inauguré le centre d’apprentissage de la filature des Longues Haies. On y forme des jeunes filles aux métiers de la filature de laine, continus, doubleuses, moulineuses.

apprentissagePhoto Nord Eclair

Typologie des usines

Toute la production s’organise autour de la laine : les filatures de laines peignées, les tissages, les usines de teintures et d’apprêts pour fils et matières, la fabrication de tissus, le pelotonnage de laines, la bonneterie. Les produits sont nombreux : laines à tricoter, linge de table et de maison, couvertures, tissu éponge, tissus de velours d‘ameublement…

pubentreprises

Os à moelle et carré Motte

La grande barre de l’îlot Edouard Anseele, longée par la rue des Filatures, a pour nom de chantier le H 13. Les roubaisiens la surnommeront l’os à moelle à cause de sa forme caractéristique. Elle forme comme un rempart entre la nouvelle cité et les usines du carré Motte, ainsi dénommé car la famille Motte est à l’origine de la plupart des établissements industriels de cette partie du quartier qui se situe entre les rues du Coq Français, St Jean, Jean Moulin et Edouard Anseele.

osetcarrePhoto Nord Eclair

à suivre