Le Numéro 1

Après la première guerre l’office municipal d’Habitations à Bon Marché prévoit la construction au Nouveau Roubaix de 775 logements neufs, dont 554 appartements dans 7 immeubles collectifs. Les premiers coups de pioche ont lieu en 1924, et, en 1930 s’élèvent les immeubles 4 et 5 au coin de l’avenue Motte et du boulevard de Fourmies. Le long de ces deux mêmes voies, les autres immeubles sont en attente de réalisation. La dernière tranche est réalisée en 1931 avec le reste des 27 millions de brique fabriquées sur place en 1923 avec l’argile du quartier et stockées depuis sur le site. L’ensemble du projet est terminé en 1932. Le numéro 1, en face de l’église Sainte Bernadette, fait partie de cette dernière tranche. C’est le plus grand des sept et, aux dires de Lucien Delvarre, le plus beau. Au lieu de présenter une cour intérieure refermée sur elle-même, il est ouvert et affecte la forme d’un U. Des renfoncements aux angles permettent l’installation de passages permettant, grâce à quelques marches, d’accéder à la rue depuis la cour de l’immeuble.

Photos 1942 (collection particulière), 1960 (Nord Eclair), 1990 (Lucien Delvarre)

Photos 1942 (collection particulière), 1960 (Nord Eclair), 1990 (Lucien Delvarre)

Le bâtiment n’évolue pas durant une grande période, hormis l’aménagement en 1962 de 23 garages derrière l’immeuble et d’une aire de jeux au centre de la cour. Il faut attendre les années 80 pour qu’on songe à réhabiliter les HBM. Le premier à bénéficier des travaux est le numéro 4, qui constitue l’angle du L, puis c’est le tour des numéros 5 et 6 sur le boulevard de Fourmies. En 1988, il reste les numéros 1, 2 et 3 à traiter, le plan prévoyant que le numéro 1 serait le dernier. En fait, il échappe à cette vague de rénovations, et se dégrade petit à petit : dans l’attente de rénovations, l’entretien a un peu été sacrifié. Selon Lucien Delvarre, qui habitait alors l’immeuble, plutôt que de le réhabiliter, il est alors question de le reconvertir pour y faire une résidence pour personnes âgées. Mais les études durent (elles concernent plusieurs ministères), et le projet n’aboutit toujours pas. Le numéro 1 continue à s’abîmer. On y trouve des squatters ; il est l’objet de dégradations, vandalismes, petits incendies et, finalement, est jugé économiquement irréparable. On se résout à le démolir.

Photos Lucien Delvarre 1992

Photos Lucien Delvarre 1992

La démolition achevée, la végétation reprend peu à peu possession du terrain. En concertation avec le comité de quartier, on projette maintenant d’y créer un grand espace vert. L’école de Genech propose une maquette en 1993, intitulée « le chemin creux ».

Photo Lucien Delvarre et document Ecole de Genech - archives municipales

Photo Lucien Delvarre et document Ecole de Genech – archives municipales

Mais ce projet lui non plus n’aboutit pas et le terrain reste dans cet état quelques années. Finalement, on y bâtit un lotissement de logements sociaux. Cet ensemble, la résidence Watteau, est aujourd’hui gérée par LMH.

Photo Jpm

Photo Jpm

 

Réhabilitation

La réhabilitation a commencé par le Carihem en septembre 1980. D’abord il faut remédier aux problèmes de chauffage par des travaux d’isolation thermique. Il faut ensuite améliorer le confort de ces logements : refaire les entrées, installer des baignoires, revoir les revêtements de sol, améliorer l’isolation acoustique des appartements, et remettre aux normes de sécurité les installations électriques. Des travaux de ce genre attendent les vieilles HBM, à plus forte raison qu’elles datent des années 1930, qu’elles sont dans un réel état de vétusté. Par comparaison avec le Carihem, les travaux sont d’une autre importance, car ils couteront deux fois plus cher.

 Les HBM des années trente Collection Particulière

En avril 1981, une réunion des habitants du Nouveau Roubaix se déroule au centre social de la rue Carpeaux, et on fait le point sur l’étude menée par le CREPAH organisme chargé de l’étude de la réhabilitation. Le directeur des HLM, M. Xavier Grousset est présent, ainsi qu’une cinquantaine d’habitants et le conseiller municipal M. Tytgat. Cette réunion est l’occasion de l’expression des associations : CSCV, centre social, comité de quartier, groupement de défense des locataires. Un journal vidéo est présenté lors de cette réunion, qui a été réalisé par les animateurs du centre social et un opérateur de l’IREP. Des propositions concrètes sont faites : appartements témoins après travaux, création d’une commission avec habitants du quartier pour servir d’interlocuteur avec l’office HLM, création d’une permanence de l’office.

 HBM et HLM concernées par la réhabilitation Collection Médiathèque de Roubaix

En Mars 1983 on apprend qu’il y aura deux tranches de travaux. La première concernera 584 logements collectifs et 191 individuels, les HBM, la seconde les immeubles construits entre 1950 et 1955, les HLM.  Les premiers travaux devraient débuter fin 1983. L’opération doit s’étaler sur cinq ans. La presse signale qu’un grand nombre de logements sont vides en raison de leur dégradation.

La réhabilitation est plus importante qu’au Carihem. Au Nouveau Roubaix, il faut refaire l’isolation thermique, les installations sanitaires, la réfection des cours, la confection de loggias, l’évacuation des ordures, le chauffage, l’installation électrique, les toitures, les terrasses, les menuiseries, l’équipement intérieur, et prévoir l’aménagement de locaux collectifs résidentiels.  L’office HLM travaille à rassurer les habitants qui s’inquiètent de l’augmentation prévisible des loyers, en collaborant avec le comité de quartier. La permanence demandée plus tôt est créée : une chargée de mission,  Mme Pavy est basée au 54 rue Léonard de Vinci, et elle reçoit les familles et leurs doléances. L’information des habitants du quartier se poursuit avec des tracts, affiches, cassettes vidéo et réunions publiques. Le centre social Carpeaux a mis un animateur à disposition du comité de quartier, Didier Lebecque. Son rôle est de favoriser l’expression et la réflexion des habitants sur le projet de réhabilitation.

 Croquis paru dans Nord Éclair

En Octobre 1983, l’opération est détaillée par voie de presse : on procédera immeuble par immeuble, on gardera la taille des appartements. Les locataires habiteront ailleurs dans le quartier le temps des travaux. On commencera par l’immeuble n°7, à l’angle angle boulevard de Fourmies et Horace Vernet. Les travaux ne seront pas terminés en 1987.

Visite d’un appartement

J’habitais le bâtiment trois à l’angle de l’avenue Motte et de la rue Rubens, l’entrée était tout au bord de la rue Rubens, on y accédait par un escalier qui tournait, mais on aurait pu y mettre un ascenseur, c’était très grand au milieu et tout ouvragé avec des rampes en fer forgé…

On entrait dans l’appartement par un couloir, et il y avait trois chambres qui faisaient au moins 10 m² chacune. On entrait et il y avait immédiatement l’accès à deux chambres dans l’entrée, et la troisième porte donnait dans le séjour. Il n’y avait pas de salle de bains, on l’a faite après, il y avait une petite cuisine, avec un évier, le gaz qui était sur le côté. Dans le séjour, il y avait une cheminée avec un feu à charbon, car il n’y avait pas de chauffage central. Par la cuisine on accédait à un balcon suspendu qui était très grand et où il y avait les toilettes, et le vide-ordures qui était là au bord du balcon. J’ai connu ça jusqu’en 1965, on était cinq à vivre là, mais les chambres étaient suffisamment grandes, je dormais dans la même chambre que ma sœur.

hbmCour et balcons d’un immeuble HBM Photo Nord Eclair

Pas de travaux, jusqu’à ce que ma mère quitte l’appartement, on a juste changé le carrelage, c’étaient des dalles noires et blanches, qu’ils ont changé dans les années soixante dix. Par contre dans les appartements qui ont été démolis, les carrelages étaient rouges et blancs. Ça m’impressionnait quand j’y allais, j’avais une amie là, je trouvais que c’était beau, et dans les entrées aussi, les montées d’escalier, c’était du carrelage avec des rampes en fer forgé.

Les chambres au sol, c’était du parquet, et les murs c’était en brique avec du plâtre, on pouvait mettre des tableaux, on mettait du papier peint dont on coupait la bordure de gauche, pour le chevauchement. On avait acheté le papier chez Hourez, rue de l’Epeule, les plus grands fournisseurs de Roubaix.

L’appartement n’était pas bruyant, c’était bien isolé, bien qu’il n’y ait pas de double vitrage. Je me souviens, comme on n’avait pas de chauffage central, on tirait les rideaux qui collaient aux carreaux. On avait une cheminée avec un feu continu au charbon, et on en faisait provision pendant l’été, c’était moins cher. Après on a eu un poêle à mazout.

La chambre la plus éloignée du feu, donc la plus froide, c’était celle des parents…Dans le séjour, il y avait la cheminée, et on avait deux fauteuils de chaque côté, un bahut, une petite commode et puis la table et les chaises au milieu. Les meubles avaient été fabriqués par un ébéniste de la rue de Lannoy. Pour les chambres d’enfant, on était allés chez Cavalier, rue de Lannoy. La radio était sur la commode, on écoutait la famille Duraton.  En 1960, on a eu la télé, surtout pour avoir des nouvelles d’Algérie, où les jeunes étaient partis faire la guerre. Chaque appartement avait son antenne.

Chaque chambre avait un lit et une armoire, il n’y avait pas de placards. Dans la cuisine, il n’y avait pas de meubles, l’évier était presque contre le mur, car il y avait les descentes d’eau. On avait une belle fenêtre, et on mettait la table et les chaises pour déjeuner le matin. Il y avait la gazinière, une petite armoire et aussi une étagère sur le mur. On avait le garde manger sur le balcon, il n’y avait pas de frigo, les jours d’été, il y avait les marchands de glace, qui livraient des blocs. Les gamins allaient aussi chercher des glaces à Monsieur Léon et son triporteur, mais c’étaient des crèmes glacées. Quand les enfants étaient dans la cour intérieure du bâtiment, on pouvait les surveiller de la cuisine. Le sol du balcon, c’était comme du béton, et on pouvait faire couler l’eau, c’était un balcon fonctionnel. Pour l’époque c’était bien, avec le vide-ordures qui se trouvait là. Les gens faisaient attention à leur voisinage, on mettait les ordures dans les journaux, les éboueurs passaient une fois par semaine. C’était un service de la ville. Ils venaient avec un camion découvert, des pelles et des fourches pour ramasser les ordures.

Chaque appartement avait une grande cave et on y stockait le charbon de chez Sergeraert, le charbonnier du quartier, qui se trouvait là où il y a une pagode maintenant, rue Horace Vernet. Pour certains, c’était dur, quatre étages pour monter le charbon ! Après, dans les années quatre-vingt, il y a eu le chauffage individuel.

Après la guerre, les gens ont voulu du moderne. D’abord la salle de bains, puis le chauffage… Après ils ont remplacé le carrelage, en 1978, le parquet était usé aussi… Ces appartements n’étaient pas très pratiques, on devait traverser le séjour pour aller dans les chambres, on vivait beaucoup dans la cuisine. Dans les appartements qui faisaient l’angle, il n’y avait pas de pièce pour la cuisine, c’était la cuisine américaine, intégrée dans le séjour. On s’est fait un coin douche parfois…

Il y avait un toit terrasse. Pour y accéder, on ouvrait une trappe au dernier étage. Pour la course Paris Roubaix, les locataires montaient sur cette terrasse pour être aux premières loges, car l’avenue Motte regorgeait de monde. On était sur plusieurs rangs, on se pressait contre les barrières, ou on venait avec son escabeau.

Texte Christiane

Constructions HLM 1949-1950

La poursuite des HBM, les HLM.

Dès 1949, la ville poursuit l’effort enclenché avant guerre sur des terrains encore libres entre la rue Jean Macé et la rue Rubens.  Il est prévu qu’on construise dix sept blocs pour deux cents  logements et un centre sportif scolaire. En novembre 1950, deux cents habitations sont sorties de terre entre les rue Jean Macé, Horace Vernet, Rubens, et Raphaël, édifiées par l’office municipal HLM.

hcnv7 copieLes HLM des années cinquante (photos PhW et AmRx)

Particularités

La rue Fragonard ne traverse pas complètement le quartier. Elle part en effet de l’avenue Motte et vient donner dans la rue Jean Joseph Weerts sans atteindre l’avenue Linné. Sans doute le lotissement suivant était-il déjà prévu. Autre phénomène, l’allée Bonnard dans laquelle autrefois, se faisait l’entrée des immeubles est désormais fermée à la circulation. Aujourd’hui l’entrée se fait allée Renoir, du côté opposé.

hcnv7b copieLe terrain rouge, jour de l’inauguration, et jeux des enfants (photos Nord Éclair)

Le terrain rouge

C’est en juillet 1954 qu’est livré aux enfants le nouveau terrain de jeux dit le terrain rouge: des tourniquets verts et blancs, une cage à écureuil (sic) argentée, des barres fixes miniatures, un toboggan rutilant, un bac à sable, des balançoires. Ce jardin d’enfants est l’œuvre de M. Bernard, chef du service des jardins et ingénieur paysagiste, qui guide le maire Victor Provo et son équipe venus pour une inauguration sans grande pompe ni discours. Les arbres et les haies ont grandi, mais les équipements de jeux ont disparu pour des raisons d’entretien et de sécurité. Le terrain rouge sera un temps occupé par des terrains de baskets, et la question de l’occupation de sa surface reste à l’ordre du jour: certains y voient le marché, et même un marché couvert, d’autres préféreraient lui garder sa fonction de square et d’espace vert. Le débat est ouvert depuis quelques temps.

Les immeubles HBM 1927-1930

Deuxième tranche de travaux

La ville de Roubaix développe un important programme de logements après une délibération d’août 1923, achète les parcelles entre le boulevard de Fourmies, l’avenue Alfred Motte et des Villas et la rue Linné pour l’Office Public Municipal d’Habitations à Bon Marché. Ces parcelles forment une vaste propriété de plus de 7 hectares dont la société Lemaire Frères et Lefebvre est propriétaire. L’achat est réalisé en 1923. La construction des immeubles HBM commence en 1927, dans une deuxième tranche de travaux.HBMGEN1

Des noms d’arbres pour les immeubles

La deuxième tranche de construction des HBM a permis de réaliser sept immeubles collectifs à quatre niveaux. Comme pour la première tranche, le même cahier des charges a été donné à sept architectes différents qui en ont donné leur interprétation personnelle, ce qui donne un certain cachet à l’ensemble. Des noms d’arbres ont été donnés à chacun des îlots : les Acacias, les palmiers, les Chênes, les Saules, les Châtaigniers, les Merisiers.

Des noms de peintres pour les rues

Les rues qui desservent ces HBM seront créées pendant leur construction. La municipalité choisit de leur donner des noms de peintres célèbres : Léonard de Vinci, Rubens, Fragonard, Van Dyck. Un peintre roubaisien figure parmi ce panthéon : Jean Joseph Weerts.

Présence du commerce

Les angles des îlots HBM accueillent bien souvent un commerce. Sur les 28 angles formés par les immeubles, on peut dénombrer: trois boucheries, trois épiceries, deux magasins de fruits et légumes, un fleuriste, un marchand de volailles, une boulangerie, une mercerie, une droguerie, un cordonnier, un salon de coiffure, une laverie automatique, et un restaurant. Quelques commerces ont aujourd’hui disparu et ont été reconvertis en logements, ou servent d’agence pour les bailleurs locaux.

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Les premières maisons HBM 1924-1928

Les projets de Jean Lebas

Au lendemain de la première guerre mondiale, un projet d’aménagement général d’un ensemble d’habitations destinées à la population ouvrière de Roubaix est impulsé par Jean Baptiste Lebas, Maire de Roubaix. Ce dernier a créé par décret le 3 juin 1921, l’Office Public d’Habitations à Bon Marché, ancêtre des H.L.M. Le Conseil Municipal du 31 janvier 1924 va émettre la demande d’utilité publique et les terrains sont achetés à la société Lemaire frères et Lefebvre, dans le but d’être cédés aux H.B.M. La rue Jean Macé fait partie de ce plan d’ensemble, avec cinq autres rues (Léon Marlot, Raphaël, Léonard de Vinci, Van Dyck et Fragonard) qui formeront le quartier du Nouveau Roubaix. La ville de Roubaix lance un premier chantier d’ensemble de maisons dans la rue Jean Macé.

Cinq architectes roubaisiens

Les travaux de construction des immeubles démarrent en janvier 1925, en partant de l’avenue Linné. L’Office des H.B.M. a attribué par lots les plans des constructions aux principaux architectes roubaisiens. C’est ainsi que Paul Destombes construira la première partie des immeubles constituée par une tranche de huit maisons, en façade latérale du Groupe scolaire de l’avenue Linné. Les huit maisons suivantes sont attribuées à l’architecte Poubel, puis huit autres encore à l’architecte Dupire, le lot suivant à l’architecte Barbotin, auquel succédera l’architecte Derveaux . C’est Paul Destombes qui clôturera les constructions par un projet déposé le 11 juin 1928. Le cahier des charges des constructions était le même, mais chaque architecte en donnera son interprétation personnelle, ce qui donne une variété de formes à des maisons qui ont cependant gardé un air de famille.

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Nouvelles rues

Le 27 juin 1924 , le Conseil Municipal donne le nom de Léon Marlot, jeune héros de la guerre 14-18, à une rue non viabilisée. Il faudra attendre cinq ans pour avoir une chaussée convenablement construite. La rue Léon Marlot se termine alors dans le chemin vicinal n°9 qui rejoint à l’avenue Alfred Motte. Son parcours sera rectifié en 1929 afin qu’elle se poursuive en ligne droite jusqu’à l’avenue Motte. La rue Jean Macé devient une voie publique en 1931 et elle rejoint l’avenue Motte après un parcours rectiligne, quelques mètres après une école communale de filles et de garçons (Groupe scolaire Jules Guesde) dont la construction a été rendue nécessaire par le développement de la population du quartier, et dont les plans ont été établis en décembre 1930, la réalisation étant achevée en 1934.

Les premiers lotissements 1922-1924

La société anonyme roubaisienne d’habitations ouvrières

En 1921, cette société, dont le président est Edouard Rasson et le secrétaire Victor Hache, entreprend la construction de 22 maisons de part et d’autre de l’avenue Linné. Ce chantier donnera le superbe alignement de l’avenue Linné et en face, le square des Platanes. Les premiers habitants s’installent en 1924. Un témoin raconte : il n’y a jamais eu de réhabilitation, sauf un coup de peinture pour le square des platanes en plus de 90 ans d’existence. Victor Hache demeurait lui-même dans une des maisons de l’avenue Linné. Cette société a bâti le même type de maisons dans le quartier du Hutin, également à Croix, Wattrelos, Lys et Leers.

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Square des platanes AM Roubaix Lotissement de l’avenue Linné Photo PhW

Lotissements ou HBM

Le nom d’Henri Sellier donné à une petite rue située au milieu des constructions du quartier du Nouveau Roubaix rappelle les choix qui ont été faits à l’époque en matière de construction de logements. Henri Sellier était en effet Président des HBM de la Seine, et sa grande cause était l’amélioration de l’habitat des populations ouvrières. On se trouve en effet en présence de deux logiques dans l’entre deux guerres : l’une, d’initiative privée, les lotissements, dont le square des Platanes est un exemple  roubaisien, et l’autre d’initiative publique, les cités-jardins et les HBM. Les habitations à bon marché, ou HBM ont été réalisées dans l’ensemble de la France. C’est la loi Siegfried du 30 novembre 1894 qui crée l’appellation d’« habitations à bon marché » (HBM) incitant la mise à disposition de logements à prix social avec une exonération fiscale.

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Square des Platanes années cinquante Collection privée