Les cycles Vercoutère

Charles Jules Vercoutère est né en 1880. Il est mécanicien, passionné par le vélo. En 1908, il s’installe marchand de cycles au n° 113 rue de l’Epeule, à l’angle de la rue de l’ Industrie, sous l’enseigne « Au vélo d’or », et se met à la fabrication de tubes pour cadres de vélo.

( Document coll. priv. )

Il crée une bicyclette avec un cadre plus court, ce qui facilite le roulage, et le déplacement devient moins fatigant. Ce vélo connaît un succès immédiat. Rapidement Charles s’installe au 105 de la même rue, et bénéficie d’une double grande vitrine.

( Document BNR et coll. priv. )

Charles Jules se marie avec Ernestine Vandermaelen. Ils ont deux enfants : Charles-Georges né le 22 février 1913 et Maurice né le 24 juillet 1918. En 1925, Charles s’associe avec ses deux cousins : Philibert et Adolphe. Ils fabriquent un vélo auquel ils donnent la marque PAC ( les trois initiales des prénoms de chacun : Philibert Adolphe Charles ).

( Document coll. priv. )

Par la suite, les trois compères vont prendre des destinations professionnelles différentes ; mais Charles va garder la marque PAC, très connue, qui va devenir Pneus-Accessoires-Cycles. Les deux fils, Charles-Georges et Maurice, sont maintenant adultes et sont également passionnés par le vélo, comme leur père qui leur a transmis le virus.

( Document BNR )

Sur cette photo, de gauche à droite : Charles Vercoutère père, Maurice son fils cadet, Ernestine son épouse et Charles son fils aîné.

( Document coll. priv. )

Ils fabriquent les tubes de cadres sur lesquels ils posent les accessoires ( freins, selles de vélo, pédalier etc…). Ils peuvent donc créer des bicyclettes spéciales : des tandems, des triplettes et même des quadruplettes !

( Document coll. priv. )

Ils créent également des vélos excentriques, pour les acrobates du cirque, avec des roues carrées, des roues décentrées, des mono-cycles, des vélos avec une grande roue devant et une petite à l’arrière, etc…Ils les fabriquent bien souvent sur mesure. Leur magasin est un véritable musée de la petite reine ; ils présentent non seulement les bicyclettes qu’ils fabriquent, mais également de très belles pièces de collection acquises, comme le grand B.I, le vélocipède Michaux et bien d’autres, tous datant des années 1860 1870.

Rue de l’Épeule à l’angle de la rue de Turenne ( Document coll. priv. )

Les frères Vercoutère sont très connus dans la profession, et très demandés. Ils ont d’ailleurs eu l’occasion de prêter un de leurs vélos à Raymond Devos pour un de ses sketchs. Ils vendent également beaucoup d’accessoires, leur spécialité étant une petite coccinelle métallique qui maintient les câbles de frein les uns contre les autres.

( Document coll. priv. )

Mais leur plus grande fierté c’est de sortir leurs cycles lors des fêtes locales, comme la braderie de la rue de l’Epeule, ou les fêtes de quartier Epeule-Alouette ; à chaque fois, ce sont des attroupements de promeneurs surpris et ébahis de voir les frères Vercoutère se promener sur leurs vélos si originaux. Le père et les deux fils ne vivent que pour le vélo. Au milieu des années 50, Charles-Jules, à 74 ans, prend plaisir à faire plusieurs fois par semaine des aller-retour Roubaix-Tournai ( 40 km ) et ce, sans fatigue.

( Document Nord Eclair 1961 )

Charles et Maurice décident de créer l’événement en faisant une exposition unique de tous leurs vélos de collection dans le hall du Colisée à partir du 7 Septembre 1961. Cette exposition est organisée par le comité du quartier Epeule, et par l’association Nord Touriste présidée par M. Dupriez. Les deux frères Vercoutère prennent leur retraite et le magasin est cédé en 1985. Charles et Maurice n’ont pas de descendants si bien qu’avant leur décès ils ont décidé ensemble d’offrir leur prestigieuse collection de cycles à un grand musée Parisien.

Remerciements à la BNR et aux Archives Municipales

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Les papiers peints Hourez ( suite )

( Documents Isabelle Vervust )

Henri est intéressé par toutes sortes de publicités originales : il amène deux petits éléphants, devant et à l’intérieur de son magasin ! ce qui va bien sûr attirer clients et badauds.

( Document coll. priv. )

Il fait également beaucoup de publicité sur les bus et tramways, il fait peindre la camionnette de livraison en imitant un papier peint à fleurs, bleu et blanc.

Henri est marié avec Francine Suys. Ils ont deux filles. L’aînée Véronique travaillera avec ses parents dans l’entreprise. Isabelle la cadette donnera un coup de main appréciable lors des vacances scolaires.

En médaillon Henri Hourez ( Documents Nord Eclair 1969 et Isabelle Vervust )

Début Septembre de chaque année, c’est traditionnellement la braderie de la rue de l’Epeule ; c’est un événement incontournable et, bien sûr, Henri Hourez et sa fille Isabelle, sont présents.

( Documents Isabelle Vervust )

Henri innove également dans le matériel, comme cette machine qui découpe les bordures de papier peints, et cette vitrine composée de plusieurs miroirs posés côte à côte, qui permet de visualiser le résultat final de la cuisine ou du séjour et facilite le choix du client.

Henri et son épouse Francine travaillent énormément ; ils ne comptent pas leurs heures. Les moments de loisirs sont assez rares, si bien que, dès qu’ils en ont la possibilité, ils partent dans leur maison de campagne des Landes, avec leur véhicule : une Citroën SM Maserati ; Henri est passionné par les belles automobiles.

Au milieu des années 60, la maison Hourez reprend le 187 rue de l’Epeule au coin de la rue Watt, commerce tenu par Mme Dehaene café « chez Manu » et E. J. Dehaene coiffeur.

Henri et Francine ont maintenant 8 personnes pour les aider : 5 vendeuses, 1 comptable, 1 secrétaire et 1 chauffeur-livreur. A la fin des années 1970, la maison Hourez rachète le commerce de M Demey, la teinturerie Duhamel au 175.

( Document Archives Municipales )

Le commerce s’étend désormais du 175 au 187 de la rue de l’Epeule.

Henri, son épouse Francine et leurs deux filles habitent à l’étage et, comme le bâtiment est immense, il y a suffisamment de place pour stocker aussi les rouleaux de papier-peint. Un toboggan est d’ailleurs installé pour descendre plus facilement les rouleaux commandés par les clients.

Henri Hourez prend sa retraite au début des années 1980. Il cède son affaire à un confrère, Jean Devaux, qui possède plusieurs magasins à l’enseigne Murosol.

En 1983, Jean Devaux demande à son architecte JC Lequain à Wattrelos une étude pour rénovation de la façade et en 1984 il fait poser par l’entreprise « Publicart » une enseigne de 2,00m sur 2,50m sur la façade .

( Document Archives Municipales )

Malheureusement le succès ne sera plus au rendez vous ! La mode est, à présent, à la peinture sur les murs plutôt qu’au papier peint et les grandes surfaces spécialisées en bricolage-décoration font une rude concurrence au commerce de détail.

Murosol ferme donc ses portes à la fin des années 90 ; le bâtiment est rasé et on trouve aujourd’hui à cet emplacement un bureau de poste, le CCAS de Roubaix et aux étages, des logements sociaux.

( Document Archives Municipales et Photo BT )

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Remerciements aux Archives Municipales, à la BNR ainsi qu’à Isabelle Vervust et Véronique Toulemonde pour la documentation et leurs témoignages.

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Les papiers peints Hourez

Henri Hourez naît en 1860 à Croix au 117 rue Kleber. Il est maître-peintre. Pour compléter ses revenus, il décide d’ouvrir en 1889 une petite échoppe de papiers peints à Roubaix au 181 183 rue de l’Epeule. La Maison Hourez est créée.

( Documents BNR et Isabelle Vervust )

Il se marie avec Marguerite Pollet. Leur fils, Raoul, voit le jour en 1899. Adulte, Raoul devient peintre tapissier et continue l’activité.

( Documents coll. priv. )

Les affaires se développent. Un important choix de papiers peints est proposé à la clientèle malgré l’étroitesse de ce petit commerce. Il propose des revêtements de sol ( linoleum ), des toiles cirées et quelques articles divers comme des balais, des paillassons, etc…mais la spécialité de la Maison Hourez reste incontestablement le papier-peint.

Raoul n’hésite pas à présenter sur le trottoir, les papiers peints et les linos.
( Documents Isabelle Vervust )

Raoul se marie, en 1923, avec Valentine Haustrate. Leur fils naît en 1929 ; ils décident de le prénommer Henri, comme le grand-père.

En 1949, Raoul décède brutalement à l’âge de 50 ans. Son épouse Valentine se retrouve seule à gérer le commerce, si bien que son fils Henri abandonne ses études de tapissier à la célèbre école Boulle de Paris et remonte à Roubaix pour aider sa mère à la gestion de la petite entreprise. Henri a 20 ans, il est courageux et volontaire. Il a plein d’idées et de projets ambitieux en tête. Il va développer la « Maison Hourez » et lui donner une incroyable expansion. Au début des années 1950, Henri reprend le commerce voisin de graineterie de M. Derycke au 179 rue de l’Epeule.

Reprise du 179 rue de l’Epeule ( Document Isabelle Vervust )

En 1959, il reprend le commerce de l’autre côté au 185, tenu par M d’Albuquerque qui vend du beurre et des œufs. La façade fait alors 19 mètres de large et il décide de transformer sa devanture par une rénovation de façade avec remplacement des vitrines. Il confie les travaux à l’entreprise Waquier de Croix. Les travaux s ‘élèvent à 300.000 Frs.

( Document Archives Municipales )

En 1960, Henri Hourez reprend le 177 de la rue, à Georges Descat. C’est une maison particulière avec un très grand jardin. L’architecte Pierre Neveux de Roubaix est choisi pour la transformation de la façade avec un budget de 20.000 NF de travaux.

Le couloir principal avec d’un côté, les papiers peints et de l’autre, les revêtements de sol ( Documents Isabelle Vervust )

Les années 60 sont exceptionnelles. La Maison Hourez propose le choix le plus important de papiers peints de la région, la livraison à domicile, une collection complète avec les marques Leroy, Inaltera, Nobilis ou Décofrance. De nombreux artisans peintres-tapissiers viennent de toute la métropole pour s’approvisionner chez lui, vu le choix immense proposé.

( Documents Nord Eclair 1965 et Isabelle Vervust )

Henri a le sens du commerce : le superbe porte-clefs Hourez est offert gratuitement pour tout achat d’une valeur de 30 Frs. Il a aussi le sens du bon goût et de la présentation des produits qu’il vend. Il fait souvent appel au décorateur Dominique Lemaire qui décore ses vitrines extérieures comme par exemple celle du « manége enchanté » ci-dessus.

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à suivre . . .

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Rermerciements aux Archives Municipales, à la BNR ainsi qu’à Isabelle Vervust et Véronique Toulemonde pour la documentation et leurs témoignages.

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