Le collège Samain

 

 

Photo Nord Eclair 1974

Photo Nord Eclair 1974

Au 30 de la rue d’Alger, au coin de la grande rue, est installée, depuis le début du 20ème siècle et jusque dans les années 60, la Filature de coton Motte et Compagnie. La propriété comprend également l’habitation d’Étienne Motte et de sa famille, située dans un parc. Après la fermeture de l’usine, il faut trouver un usage pour la friche ainsi constituée, qui représente cinq hectares de terrain. Son acquisition est décidée par la communauté urbaine en juin 1970 pour y ériger un collège d’enseignement secondaire. On réserve la moitié pour la construction prochaine d’un lycée technique industriel. La Voix du Nord précise qu’après la démolition de l’usine, de longs travaux de déblaiement et de préparation ont été nécessaires.,

Ce collège est prévu pour 1290 élèves. Il doit être mis en service à la rentrée scolaire 1972-73. Le service des constructions publiques du ministère de l’Équipement de Lille est chargé des travaux.

Le collège en construction. Photo la Voix du Nord 1972

Le collège en construction. Photo la Voix du Nord 1972

En juillet 1972, on procède aux aménagements intérieurs et aux abords. M. Desmulliez, vice-président de la communauté urbaine, accompagné de l’architecte M. Goulard, vient se rendre compte de l’état des travaux. L’inauguration officielle se fait conjointement avec celle du lycée technique du Boulevard de Paris. M. Roussel, principal du collège accueille fin février 1973, parmi de nombreuses personnalités, M. Notebart, président de la communauté urbaine et Victor Provo, le maire de Roubaix

L'inauguration Photo Nord Eclair

L’inauguration Photo Nord Eclair

On prévoit également de construire une salle de sports sur l’ancien dépôt du laboureur. Elle ne sera réalisée que beaucoup plus tard. La première année, le collège comporte près de 500 élèves, mais il doit faire progressivement le plein : on attend 300 élèves nouveaux en 6ème pour la rentrée prochaine.

Le collège est précédé d’un parking placé le long de la rue d’Alger. Une fois la grille passée, on découvre à droite le bâtiment administratif. Entre celui-ci et le bâtiment des cours, à gauche, une galerie couverte qui commande l’accès à la cour de récréation. Le bâtiment principal comprend trois étages dont les classes sont classiquement desservies par un couloir central. A son extrémité, et placé à angle droit, un bâtiment à un étage avec le préau au rez de chaussée, la restauration scolaire à l’étage, prolongé à l’arrière par les locaux de la SES. Une très grande cour permet les ébats des enfants.

Photo IGN 1975

Photo IGN 1975

Mais, au fil du temps, les locaux vieillissent, et, le nombre d’élèves diminuant, la décision est prise de remplacer l’établissement par un collège neuf qui serait construit à peu de distance le long du canal au coin de la rue d’Oran et du quai de Marseille. La déclaration d’utilité publique est faite en 2012. Construit sur une superficie de 14000 mètres carrés, il est prévu pour 550 élèves et une section de Segpa de 80 élèves. L’architecte est le cabinet Goulart-Brabant-Loïez.

Le futur collège – document de l'architecte – la Voix du Nord

Le futur collège – document de l’architecte – la Voix du Nord

On relate dans les journaux que le collège doit intégrer un hêtre pourpre planté en 1840 et inscrit au patrimoine de la ville de Roubaix, ce qui semble toucher le public, mais aussi la quincaillerie Carré, ex brasserie Salembier, qui a surtout été la ferme de la Grande Vigne, une des quelques grandes fermes roubaisiennes, considérablement plus ancienne que le hêtre, et dont le sort ne semble émouvoir personne. D’après les plans du futur établissement scolaire, seule l’entrée semble devoir être préservée…

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Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Derrière l’église

Après la seconde guerre, l’église Ste Bernadette était à l’orée d’une plaine champêtre, en face de l’église d’aujourd’hui, sur l’emplacement actuel du siège d’une importante entreprise textile roubaisienne. Un vaste terrain se trouvait alors derrière son imposante masse, qui fait l’objet en janvier 1949 de tous les soins de l’Union des Sociétés Sportives de Roubaix, qui souhaite l’aménager en stade. Situé entre la briqueterie et l’église, cet emplacement a été aplani et présente l’aspect d’une pelouse bien entretenue. On prévoit sur ce terrain de sports d’y pratiquer le football, le basket, l’athlétisme. Un vestiaire est prévu avec boxes et douches. Le temps de l’inauguration est proche, n’étaient ce les 300.000 francs qui manquent encore pour parfaire la réalisation. L’abbé Lehembre, aumônier de l’U.S.S.R, 83 rue Henri Lefebvre, s’occupe de réunir les fonds. L’U.S.S.R à cette époque, c’est six sociétés de gymnastique, onze clubs de football, six clubs de basket. Le tout est subventionné par la ville et agréé par les autorités militaires.

André Diligent inaugurant le stade de la Centrale Photo Nord Éclair

L’inauguration intervient le 10 mai 1949 et André Diligent, adjoint au maire coupe le ruban pour l’occasion. La cérémonie ait été fixée à 15 heures, mais le stade de la Centrale (c’est le nom qui lui fut donné) avait déjà été envahi bien avant par un grand nombre de sportifs. L’envahissement fut endigué et l’on put procéder à l’inauguration à laquelle succéderont un défilé scandé par la Fanfare d’Hem, puis des matchs de football, de basket et des exhibitions de gymnastique.

On ne sait pas encore quand les activités de ce stade cessèrent. Il y eut bien d’autres activités derrière l’église dont l’histoire reste à écrire. Ainsi les débuts de l’école sainte Bernadette, avant qu’elle s’en aille avenue Delory, ou encore les œuvres paroissiales ou les activités du patronage. Les témoignages sont toujours les bienvenus. L’horizon de cette petite plaine se ferma avec la construction de la cité des Hauts Champs à partir de 1958.

Confirmations à la paroisse Ste Bernadette Photo Nord Éclair

En avril 1959, Monseigneur Dupont, évêque auxiliaire de Lille, vient administrer le sacrement de confirmation à deux cent vingt enfants de la paroisse Ste Bernadette. Nous découvrons ici les bâtiments qui se trouvaient derrière l’église, avec les nouveaux immeubles des Hauts Champs juste derrière…

L’emplacement du futur collège Photo Nord Éclair

En juillet 1973, la presse annonce la construction prochaine d’un collège d’enseignement technique derrière l’église Sainte Bernadette, rue Léon Marlot. Il s’agira d’un établissement privé où l’on donnera un enseignement commercial et on préparera au CAP et au brevet. L’ouverture est prévue à la rentrée de septembre, pour deux classes au moins. Quand il sera terminé, ce CET accueillera entre 300 et 400 élèves.

Le collège disparu

Jusqu’à la fin des années 60, les terrains situés entre l’usine Motte-Bossut et la rue Jean-Jacques Rousseau étaient occupés par des jardins ouvriers. Une première parcelle, placée le long de l’avenue Motte, verra s’ériger un garage, tandis que le reste sera ensuite dévolu au collège Jean Jacques Rousseau.

Le futur emplacement du collège. Photo IGN

Les travaux de construction du collège débutent en 1975, et l’ouverture est prévue en Septembre. Pourtant, à cette date, les locaux ne sont pas terminés et, comme il y a de la place au Lycée Van Der Meersch, on y héberge provisoirement le collège jusqu’à la fin des travaux qui se fera attendre près de six mois. L’association de parents d’élèves se constitue dès la rentrée.

Le nouveau principal, venant du collège d’Avion, est nommé en Mai. Il est provisoirement logé au collège Samain, rue d’Alger et participe aux réunions de chantier dès son arrivée . Il noue de bonnes relations avec l’équipe de Ferret Savinel, constructeur de l’ouvrage. Même si l’essentiel était déjà fixé, ces réunions lui permettent de faire quelques remarques prises en compte sur des points de détail (par exemple, il n’était pas prévu de clôture extérieure à l’origine). Au mois de Juin, les travaux en sont au stade des fondations, et en Septembre, l’ossature est en place. Ensuite, le reste des bâtiments s’est monté assez vite.

Photo La Voix du Nord

Dès la fin des travaux, au printemps 76, près de 400 élèves intègrent les nouveaux locaux, mais les repas du midi continuent à être assurés au Lycée Van Der Meersch. Les effectifs de demi-pensionnaires n’étant pas très importants, il n’a pas paru intéressant de nommer du personnel, et les élèves font ainsi le trajet en rangs tous les midis accompagnés d’un surveillant. La salle polyvalente sert donc à d’autres usages que la restauration : animations, réunions, spectacles… Le collège est prévu pour 600 élèves avec une SES (Section d’éducation spécialisée incluant un enseignement professionnel). Pour les garçons, il devait y avoir deux sections, mais une seule ouvre finalement : la menuiserie. Pour les filles, c’est la section traditionnelle à l’époque : enseignement ménager. Le corps enseignant est très jeune. Son dynamisme fait que tout marche dès le début sans aucun problème.

A proximité se trouvaient le garage Renault, et l’usine Motte-Bossut qui fonctionnait encore à l’époque ; elle a fermé quelques années plus tard. Sa cheminée émettait des noirons un peu agressifs, qui avaient tendance à esquinter les carrosseries des voitures du garage, ainsi que celles des riverains de Hauts Champs. Les plaintes n’empêchèrent pourtant pas l’usine de fumer !

Les officiels visitent une classe le jour de l’inauguration – photo La Voix du Nord

C’est M. Desmullier, vice-président de la communauté urbaine accompagné du recteur d’Académie, M. Niveau qui a procédé, en novembre 1976, à l’inauguration du collège, en même temps que ceux de Hem et de Lys. Ce jour là, justement, il faisait un temps un peu couvert, et les émanations de la cheminée étaient particulièrement présentes. Aux officiels qui regardaient ces fumées derrière les vitres, le principal fit remarquer que l’environnement n’était pas excellent ! Les mesures de qualité de l’air, installées par la suite, n’auraient jamais indiqué grand chose. L’usine travaillait alors jour et nuit, et c’était par ailleurs assez bruyant la nuit.

Un beau jour, on a appris qu’ils déménageaient les machines, et ça a commencé à agiter les syndicats. Le déménagement a duré deux jours complets. Et là, il n’y a plus eu de fumées ! Ça faisait partie de l’évolution d’une ville et de la vie.

Photos collection particulière
Réalisé grâce au témoignage d’Henri que nous remercions bien chaleureusement.

 

L’inauguration du Collège de la Potennerie

Le maire de Roubaix Victor Provo eut un mois de septembre 1967 chargé : pas moins de quatre nouveaux établissements scolaires à inaugurer ! Le tout nouveau groupe scolaire Albert Camus situé dans le quartier Edouard Anseele sera le premier, dès le 9 septembre, puis ce sera au tour de l’école Jean Macé boulevard de Mulhouse, qui devient pour l’occasion un groupe scolaire le 16 septembre. Le Collège de la Potennerie fera l’objet de la troisième inauguration le 23 septembre, avant que le groupe scolaire Buffon ne termine la série le samedi 30 septembre !

La construction du Collège de la Potennerie est annoncée le 29 octobre 1965, sur l’ancienne propriété D’Halluin, où se trouvaient deux habitations distinctes qui appartenaient respectivement à M. Jules D’Halluin et Mme Berton D’Halluin, la Grande et la Petite Potennerie. La Petite Potennerie a déjà laissé la place au groupe scolaire de la Potennerie, à l’angle des rue Jules Guesde et Dupuy de Lôme. La Grande Potennerie, dont on a pensé un temps utiliser les locaux pour une maison de jeunes, puis pour le nouveau lycée technique de jeunes filles, sera finalement démolie pour permettre la construction du CES de la Potennerie.

collegeJeanLebasCollège de la Potennerie en construction Photo Nord Éclair

En présence de nombreuses personnalités, le maire Victor Provo coupe le ruban tricolore et commence la visite de l’établissement : à droite de l’entrée, le grand bâtiment d’externat sur trois niveaux, huit salles d’enseignement général, six salles d’enseignement avec annexes, trois salles d’enseignement pratique, deux salles de propreté, une salle des professeurs, un cabinet médical et un préau aménagé sous le premier étage. Au fond, juste en face de l‘entrée, se dresse le bâtiment de demi pension composé de deux salles de restaurant  pour un effectif de 400 élèves, en deux services, une salle à manger des professeurs, une grande cuisine moderne et des vestiaires. Enfin à gauche de l’entrée, le bâtiment administratif (direction, sous direction, secrétariat, gestionnaire, orientation) parloir, logement du concierge et trois appartements pour la directrice, le sous directeur et l’intendant[1]. L’édifice est dû aux architectes Clément et Caron, et il aura coûté 340 millions de francs, dont la ville prendra en charge plus de la moitié du financement, afin notamment d’augmenter la qualité des revêtements de sol. Il est de plus situé dans le cadre verdoyant de l’ancien parc dont on a préservé tant que possible les grands arbres. Le CES de la Potennerie est le premier collège d’une série de cinq à bâtir à Roubaix.

Vient alors le moment des allocutions. Mme Legrand, la directrice du CES, qui dirigea auparavant l’institut Sévigné, salue le maire et l’inspecteur d’académie, les remercie d’avoir fourni au corps professoral du CES un superbe édifice. Elle souligne le véritable tour de force des entrepreneurs qui ont réalisé la construction en huit mois, ce qui a permis une rentrée normale des élèves, le lundi précédent.

Ensuite l’inspecteur d’académie évoque l’emploi heureux d’un procédé nouveau de béton, dans une chaîne industrialisée de production et il se dit certain que d’autres projets existent dans les cartons de la ville de Roubaix, le lycée technique de jeunes filles du boulevard de Paris notamment.

Le maire Victor Provo fait l’éloge des instituteurs, des professeurs et de leur mission : éveiller les enfants et les conduire jusqu’à l’aboutissement de leurs études, les aider à devenir des hommes sachant juger, peser et décider. Les possibilités d’aménagement du terrain sont grandes car on pourra construire dans son enceinte une salle de sports et une piscine…

Puis M. Treffel, l’inspecteur d’académie, remet les insignes de chevalier dans l’ordre des palmes académiques à quatre enseignants MM Roger Braem et Robert Cacheux directeurs d’école primaire, Achille Leclercq instituteur, et Jean Van Welden professeur de collège. La cérémonie s’achève par un vin d’honneur et l’harmonie des anciens et jeunes soldats musiciens entame la Marseillaise dans la cour du Collège. Quand la piscine sera réalisée quelques années plus tard, le site de la Potennerie aura pris la configuration qu’on lui connaît encore : les immeubles CIL, le square, le groupe scolaire et le collège partagent le nom du quartier.

Il convient de remarquer que les quatre établissements inaugurés ont connu ou vont connaître des modifications : le groupe scolaire Albert Camus a été reconstruit, le groupe scolaire Jean Macé a récemment connu la rénovation de sa salle des fêtes, le groupe scolaire Buffon est en pleine rénovation. Quant au collège de la Potennerie, à présent nommé Jean Lebas, il vient d’être entièrement reconstruit. La durée de vie des établissements des années soixante serait-elle de quarante ans ?


[1] D’après les présentations des journaux Nord Éclair, Nord Matin et la Voix du Nord