Pennel & Flipo 1935-1945

Le bulgomme devient le produit phare de la maison. On souhaite étendre la production en ouvrant une nouvelle unité. Une nouvelle usine s’ouvre donc en Belgique à Hérinnes les Pecq, la première pierre est posée en septembre 1936, et l’usine tourne en janvier 1937.

En tête Pennel belge Coll Particulière

En tête Pennel & Flipo belge Coll Particulière

En 1937, intervient la création de l’Enverdaim, traitement pour imperméables, pour lequel un brevet est obtenu en 1938. Le procédé Enverdaim fut acheté par la firme Ferguson and Shiers de Manchester, qui vendait ses produits sous la marque Doeskin (littéralement « peau de daim » ).

Publicité Enverdaim Coll Particulière

Publicité Enverdaim Coll Particulière

Avant la guerre, le chiffre d’affaires se répartissait de la manière suivante : rayon confectionnés ameublement : 33,3 %, Tapis : 10,58 %, Gommage : 38,42 %, Tissus divers : 15 %, Dermoplast : 0,48 %, Feuille de gomme : 2,20 %.

La guerre éclate, et dans un premier temps, l’entreprise pense se délocaliser dans la commune de Pons, en Charente, entre Royan et Cognac, mais elle est de retour à Roubaix dès octobre 1940. Pendant la guerre, Jean Pennel crée dans son établissement une section de jeunes apprentis, car  «les matières premières manquent et la main d’œuvre juvénile est exposée au désœuvrement ». Ce sont donc les circonstances qui ont entraîné les premières bases d’un apprentissage rationnel et de l’enseignement professionnel. La première promotion d’apprentis date de 1940. En 1941, la S.A. Pennel & Flipo devient une S.A.R.L.

L'usine en 1940 Coll Particulière

L’usine en 1940 Coll Particulière

De 1942 à 1944, l’entreprise Pennel & Flipo œuvre à soustraire les jeunes aux réquisitions et rafles de l’occupant, en les éloignant dans le cadre de chantiers forestiers. Ainsi les jeunes ayant l’âge du service militaire, s’en vont travailler dans des chantiers forestiers à Bouconville dans la Meuse et à Chermisy en Champagne, avec le concours du secrétariat général des eaux et forêts.

Le journal du Bulgomme Col PhW

Le journal du Bulgomme Col PhW

L’entreprise Pennel & Flipo assurera également le lien entre son personnel mobilisé ou prisonnier et les familles avec le journal de l’entreprise, intitulé Le journal de Bulgomme. Dans le numéro d’avril 1940, on pouvait y lire les travaux effectués dans l’usine, des conseils de cuisine, de la poésie, un article sur le comité d’entraide des enfants de mobilisés, des histoires de permissionnaires, les événements familiaux et une importante rubrique du courrier des mobilisés.

(à suivre)

Pennel & Flipo : 1924 à 1934

Le 10 juin 1924, c’est la création de la société anonyme des Ets Pennel & Flipo. Firmin Dubar[1]  annonce aux jeunes entrepreneurs : il faut dix ans pour créer une entreprise !

Deux des parrains de l'entreprise: Firmin Dubar et l'abbé Pinte Photo VDN

Deux des parrains de l’entreprise: Firmin Dubar et l’abbé Pinte Photo VDN

Ils se lancent donc dans la fabrication de feuille de gomme. Pour la fabriquer, il faut une calandre avec un mélangeur pour l’alimenter. Le calandrage est un procédé de mise en forme du caoutchouc qui permet de fabriquer des feuilles de caoutchouc dont l’épaisseur et la largeur sont constantes. On utilise également le calandrage pour recouvrir une feuille de tissu d’une mince couche de caoutchouc ou pour imprimer un dessin sur la feuille ou lui donner une texture. Pennel & Flipo seront les premiers à utiliser ce nouveau procédé en Europe. Pennel et Flipo avaient acheté une première calandre chez Repiquet à Bobigny. En 1928, ils achèteront une autre calandre plus grande chez Repiquet, pour tissus de grande largeur, encore en service trente ans après ! Ce matériel produisait 5.000 mètres par journée de huit heures.

Calandre Repiquet Coll. Particulière

Calandre Repiquet Coll. Particulière

En 1926, Pennel & Flipo s’intéressent aux vêtements de pluie caoutchoutés. 1930, l’entreprise prospère ! L’atelier devient petit, surtout après l’achat d’une deuxième grande calandre chez Repiquet. Il fallait aussi trouver une clientèle. Ce seront les confectionneurs pour lesquels on produit du gommage à façon. Ils font leurs achats de tissus à Roubaix Tourcoing, ils font l’économie des transports, le « gommeur » de Roubaix va les chercher. Pennel & Flipo auront bientôt un agent unique à Paris au n°3 rue André-Gill de 1926 à 1929 (Métro Pigalle) puis au 70 rue de l’aqueduc de 1929 à 1936, (Métro Stalingrad) et enfin boulevard Voltaire.

Bulgomme Coll. Particulière

Bulgomme Coll. Particulière

En 1932, le Bulgomme, caoutchoutage cellulaire, fait l’objet d’un brevet. Il contribuera à assurer solidement la réputation de la maison, alors qu’elle produit encore les articles qui l’avaient fait vivre jusque là, à savoir les culottes, alèzes, bavoirs, bonnets de bain, tabliers en tissus imprimés caoutchoutés. La gomme renforcée remplace progressivement le taffetas huilé.

En  1932, on prépare la loi sur les allocations familiales. Certains industriels pratiquaient déjà la prime en faveur de la mère au foyer. Quand parut la loi sur les allocations familiales obligatoires, les prestations légales étaient inférieures à celles déjà pratiquées. L’année suivante, en 1933, cinq entreprises dont Pennel et Flipo (Leclercq Dupire, Léon Olivier, Lesaffre et cie et Saint Gobain) versent une allocation complémentaire pour couvrir la différence.

L'usine en 1936 Coll Particulière

L’usine en 1936 Coll Particulière

On poursuit l’équipement, signe de l’évolution de la production. En 1933-1934, il est procédé à l’achat d’une quatrième calandre chez Repiquet. Pennel & Flipo, à cette époque, c’est 100 salariés. On célèbre les traditionnelles fêtes patronales suivantes : la Sainte-Anne pour la confection, et la Saint-Eloi pour la fabrication. Le bilan des dix ans est positif. Firmin Dubar pouvait être fier de ses filleuls.

à suivre

D’après l’historique de la société Pennel et Flipo, et le Journal de Roubaix


[1] Firmin Dubar (1860-1947) directeur de la firme textile Dubard-Delespaul à Roubaix, parrain de la nouvelle société.