La démolition des bains

Il y a cinquante ans, en avril 1966, on procédait à la démolition des bains roubaisiens, au 31 rue Pierre Motte. C’était une piscine couverte avec une façade et une coupole exotiques, œuvre de l’architecte Albert Bouvy.

Les bains roubaisiens CP Méd Rx

Les bains roubaisiens CP Méd Rx

Sa construction datait de 1894, et l’établissement était plus vaste que ne le laissait supposer son étroite entrée. C’était la première piscine couverte de Roubaix et comme pratiquement toutes les installations sportives de l’époque, elle était gérée par une société privée. Les bains roubaisiens connurent les premières compétitions de natation, et de water polo, notamment avec le Racing club de Roubaix au début du vingtième siècle.

L'intérieur des bains CP Méd Rx

L’intérieur des bains CP Méd Rx

Ces bains roubaisiens n’étaient pas les seuls, ni les premiers équipements de natation à Roubaix. Il existait en effet une école de natation au quai de Gand ouverte en juin 1880, qui accueillait en moyenne 16.000 personnes par an, dont les installations seront supprimées en 1936. Puis, on construisit une piscine plus grande en 1932, rue des champs, qui est aujourd’hui devenue un musée, et dans laquelle quelques générations de roubaisiens ont appris à nager.

Les deux plaques commémoratives, Photos Lucien Delvarre

Les deux plaques commémoratives, Photos Lucien Delvarre

De sinistre mémoire, les bains de la rue Pierre Motte furent utilisés à deux reprises par les allemands comme prison, lors de la première et de la deuxième guerre. Les locaux étaient occupés par un négociant en tissus quand la démolition intervient en 1966. L’établissement fit alors place aux agrandissements des magasins Monoprix.

Dernière image des bains Photo NE

Dernière image des bains Photo NE

Sources : Roubaix ville de Sports Philippe Waret et Jean Pierre Popelier Editions Sutton 2004

Les bains-douches

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Les bains-douches en 1911 Photo Journal de Roubaix et Plan Archives municipales

L’établissement des bains-douches du n°153 de la rue des Longues Haies a été construit dans le cadre des œuvres sociales de la Caisse d’épargne de Roubaix. Il ne s’agit toutefois pas de libéralité ou de bienfaisance, mais bien de placement en vue d’obtenir un rendement plus ou moins intéressant[1]. Le médaillon de façade est explicite sur la destination de l’équipement : Propreté donne Santé. L’établissement est composé de vingt cabines réparties dix de chaque côté dans le sens de la longueur. La céramique blanche et le système d’aération garantissent la salubrité des lieux. Chaque cabine comprend un coin déshabilloir[2], et la salle de douches. A l’époque de l’inauguration, on paie 20 centimes le bain-douche, savon compris, et le bain est limité à 20 minutes. On met en valeur la modicité du prix, tout en précisant que l’avenir de la propreté dépend du bon marché auquel on peut l’obtenir[3]. Autrement dit, plus les gens viendront se laver, plus l’établissement sera rentable.

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Les bains-douches en 1911 Photos Journal de Roubaix

Les Bains douches municipaux de la rue des Longues Haies ouvrent au public le 1er juillet 1911, pendant la grande exposition internationale. Ils seront inaugurés le 25 septembre 1911, à l’occasion de la conférence des caisses d’Epargne de l’Est et du Nord. Puis l’établissement des bains est acquis par la ville en 1921. Les anciens du quartier ont encore en mémoire la grande salle carrelée où l’on attend son tour, assis sur un banc avant d’accéder aux cabines de douches. Certains chantent dans les douches, ou font leur lessive, ce qui est strictement interdit. Il arrive qu’un client s’attarde, dépasse les vingt minutes imparties, mais quelques coups sur la porte lui signalent qu’il doit laisser la place. On sort de là tout frais, tout propre. Les derniers temps, une baisse de la clientèle et un déficit conséquent entraînent une augmentation qui porte le prix d’entrée à 50 francs. Les bains-douches ont fermé à la St Sylvestre 1960 pour difficultés financières et disparaissent dans les démolitions de l’opération de rénovation de la rue Edouard Anseele.

D’après le Journal de Roubaix
Remerciements à Robert et à Bernadette pour les témoignages.

[1] Les expressions employées sont du journaliste de l’époque
[2] Id
[3] Id

Santé et salubrité dans le quartier

dipdispensairePhoto Nord Eclair & Journal de Roubaix

Le dispensaire

Créé en novembre 1908 par l’Union Mutualiste des cantons de Roubaix, ce dispensaire est la cinquième fondation de ce type en France. En février 1920, le comité de la Croix Rouge y installe un préventorium et l’établissement prend le nom de dispensaire antituberculeux Pierre de Roubaix. Cet immeuble était situé aux n° 90 et 92 de la rue des Longues Haies et occupait tout le pâté de maisons compris entre la rue de la Planche Trouée et la rue Henri Lefebvre.

Ses activités

L’œuvre de l’enfance, ancêtre des PMI d’aujourd’hui, s’intéresse aux bébés jusqu’à l’âge de dix-huit mois. Les salles des opérations et des pansements sont entourées de salles auxiliaires : salle d’attente, pharmacie, salle de réserve des bandages, salle de consultation, salle de radiothérapie. On y pratique la chirurgie des amygdales et végétations, et on y fait piqûres, pansements, pose de ventouses, cuti-réactions, injections. Certains se souviennent du masque désagréable pour l’anesthésie.

rxdelc68Le dispensaire CP Médiathèque de Roubaix

L’école d’infirmières

Le même bâtiment accueille les élèves infirmières ( de 19 à 35 ans) qui viennent y effectuer leur stage d’instruction pour devenir hospitalières ou pour se former à la puériculture et aux soins à donner aux malades et aux blessés. Onze médecins viennent bénévolement donner des cours. Une infirmière raconte : Je suis entrée à l’école de la croix rouge qui se trouvait dans les locaux du dispensaire de la rue Edouard Anseele en 1959. J’y ai préparé un diplôme d’auxiliaire de puériculture. J’ai suivi des consultations de nourrissons avec le docteur Ratel, des consultations de dispensaire avec le docteur Beaugrand. J’y ai appris à soigner la gale ! Je restais avec des enfants installés sur une table avec les yeux protégés pour des séances de rayons ultra violet pour soigner le rachitisme. Puis j’ai commencé mes études d’infirmière toujours à l’école de la Croix Rouge. Je faisais des visites à domicile pour des piqûres ou des pansements.

bainspublicsPlan façade Bains Municipaux  Archives Municipales de Roubaix

Les bains municipaux

Créé par la caisse d’épargne en 1911, l’établissement des bains est acquis par la ville en 1921. Les anciens du quartier ont encore en mémoire la grande salle carrelée où l’on attend son tour, assis sur un banc avant d’accéder aux cabines de douches. Certains chantent dans les douches, ou font leur lessive, ce qui est strictement interdit. Il arrive qu’un client s’attarde, dépasse les vingt minutes imparties, mais quelques coups sur la porte lui signalent qu’il doit laisser la place. On sort de là tout frais, tout propre. A l’époque de l’inauguration, on paie 20 centimes le bain douche, savon compris, et le bain est limité à 20 minutes. Les derniers temps, une baisse de la clientèle et un déficit conséquent entraînent une augmentation qui porte le prix d’entrée à 50 francs.

à suivre