Shell aux Hauts Champs

Au milieu des années 70 s’installe avenue Motte, dans l’alignement de la rue Jean Macé, une station service à l’enseigne de Shell. Une photo aérienne de 1976 nous la montre près du bloc HBM numéro 1 et de l’église Sainte Bernadette, qui ne tarderont pas à disparaître l’un comme l’autre.

aerienne 1976Document IGN 1976

 Les installations sont simples : des quais desservant cinq blocs de pompes et protégés par un toit, un bureau placé perpendiculairement, un atelier comportant un pont élévateur, et, attenant à celui-ci, un équipement de lavage automatique à brosse rotative. Cette aire de lavage est desservie par un passage contournant le bureau, qui mène le client, par trois virages successifs à angle droit, jusqu’à la brosse. Le chauffeur devait alors descendre pendant le lavage : Il pouvait suivre l’opération depuis le modeste parking de l’établissement. Un mat, placé le long du trottoir de l’avenue, arborait le coquillage Shell et affichait le prix des carburants.

78-1-96dpiPhoto Lucien Delvarre 1978

 On trouve le nom du gérant dans le Ravet-Anceau de 1987, qui mentionne « station Shell Gaillard ».  L’année 1990 voit des travaux importants s’effectuer sur la station. Quelle est la nature exacte de ces travaux ? En tout cas, on ne lésine pas sur le matériel employé !

LucienDelvarre-1990-96dpi Photos Lucien Delvarre

 Mais la station, victime comme beaucoup de la concurrence des grandes surfaces, doit finalement fermer ses portes et Speedy s’installe à sa place. Cette société, après avoir supprimé les pompes, a remplacé l’ancien bureau par un bâtiment plus grand qui lui permet d’assurer ses interventions sur les voitures qu’on lui confie.

Speedy-96dpiDocument coll. particulière

Le Garage des sports

 

 Le garage vu de l’avenue Motte Photo Delbecq – Archives municipales

La multiplication des automobiles a eu très tôt pour corollaire celle des garages et stations services. C’est ainsi qu’au carrefour de l’avenue Motte et de la rue de Lannoy, deux importantes voies de communication, vient s’implanter un garage automobile. Dès 1934, Julien Lejeune, habitant 103 rue Ma Campagne, informe les services municipaux de son intention de faire construire Avenue Alfred Motte à Roubaix un immeuble à usage de garage d’Automobiles. Le bâtiment prévu se développe sur 25 mètres le long de l’avenue.

 Le plan de façade du garage Document Archives municipales

Julien Lejeune diffère sans doute son projet, puisque qu’on ne trouve aucune mention de ce garage automobile, dans le Ravet-Anceau de 1938. Celui-ci voit finalement le jour, car on le distingue sur une photo aérienne prise par l’Institut Géographique national en 1950. Le Ravet-Anceau fait par ailleurs mention en 1953 d’un Garage des sports, au nom de J. Lejeune, situé au 326. Le bâtiment du garage est rectangulaire, le faîte du toit est parallèle à l’avenue Motte. Il est prolongé jusqu’au coin de la rue de Lannoy par un bâtiment coiffé d’une toiture perpendiculaire à la précédente. Ce bâtiment présente un pan coupé dégageant l’angle des deux rues.

 Le garage avant 1962 – Photo l’Usine

En 1962 des travaux modifient l’aspect du garage : une extension de près de 10 mètres est ajoutée, qui forme un angle droit au bout du bâtiment initial. Elle est construite sur un terrain libre, à côté de la propriété. D’autre part, le bâtiment faisant l’angle des deux rues est remodelé : il possède désormais un toit constitué de deux parties en angle droit laissant la place à une terrasse.

Entre 1965 et 1968, ce garage devient une station-service Antar et prend le nom de Relais des sports. Le gérant est alors R. Delporte. Un plan daté de 1966 nous en montre la disposition : la terrasse surplombe le bureau de la station et les pompes de distribution de carburant. Devant ces pompes, une piste permet aux voitures de venir se ravitailler. Les cuves contenant le carburant sont enterrées sous l’ancien garage, et la nouvelle extension abrite le pont élévateur et l’équipement de graissage.

Document Coll. particulière

Ce relais des sports perdure jusqu’après 1983, alors qu’en 1987 il est remplacé par l’entreprise Roubelec, protection contre le vol. A ce moment, un étage coiffé d’un toit à quatre pans vient s’ajouter au dessus d’une partie du garage initial.

Enfin s’installent dans le bâtiment les pompes funèbres Douillez, sans modifier son architecture extérieure.

 

 

 

Les baraquements anglais

Au début de la première guerre mondiale, l’armée anglaise stationnée à Roubaix éprouve le besoin de pourvoir au cantonnement de ses troupes. La périphérie sud de Roubaix est alors essentiellement constituée de champs. C’est ainsi qu’est prise la décision de construire des baraquements en bordure de l’avenue Motte, en face du boulevard de Fourmies, sur ce qui est aujourd’hui le quartier des petites haies.

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Une vue de l’avenue Motte avant 1930 –Photo Bernard Thiebaut

Établis provisoirement par la préfecture du Nord sur demande de l’autorité militaire, ces baraquements sont bâtis rapidement en planches et ne présentent aucun confort : elles ne sont pas reliées au réseau électrique, et l’écoulement des eaux usées se fait dans des fossés. Ils ne sont pourtant pas démolis aussitôt après la guerre parce que la demande de logements est forte à ce moment. Elles sont alors habitées par une population de condition modeste, que ne rebute pas ce confort sommaire.

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Photo Lucien Delvarre

Très tôt apparaissent des problèmes de salubrité liés à la précarité de ce type de construction. Dès 1925, le directeur du service de l’hygiène, M. Rivière signale des cas de fièvre typhoïde et préconise des travaux d’assainissement : les fossés d’évacuation étant complètement comblés par les détritus, toutes les eaux usées reviennent sur l’avenue Motte en contre-bas. Les services de l’hygiène estiment indispensable de creuser des égouts et des fosses septiques.

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Photo Lucien Delvarre

Un témoin nous précise que son beau-père, Edouard Behague, qui tenait une quincaillerie-épicerie-dépôt de pain au coin de l’avenue Rubens et de l’avenue Motte depuis 1930, vendait de grandes quantités de bidons de pétrole aux habitants des baraques. En effet, ceux-ci utilisaient ce pétrole pour se chauffer et s’éclairer.

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Un des bidons survivants

Le journal de Roubaix, dans une édition de 1939, annonce la disparition imminente de ces constructions.

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Document Journal de Roubaix – 1939

Ce même témoin ajoute qu’au début de la guerre, les allemands utilisent les baraquements comme cadre pour des prises de vues de propagande. Elles sont enfin démolies durant l’occupation. A leur place sont créés des jardins ouvriers.

En 1949, la ville prévoit de céder le terrain ainsi libéré, avec d’autres parcelles situées de l’autre côté de l’avenue Motte, à la société d’habitation populaire « Le toit familial » pour être loti. Les maisons actuelles sont construites en 1950.

Constructions CIL 1949-1950

Dès 1948, les quartiers du Nouveau Roubaix et des Trois Ponts sont cités comme terrains disponibles pour bâtir…

CIL et Toit familial

En Janvier 1949 le CIL construit 110 maisons et un immeuble de 30 appartements. Dans le quartier du Nouveau Roubaix, dans le triangle avenue Motte, Gustave Delory et Horace Vernet, En octobre 1949 le CIL  a pratiquement terminé les alentours de la rue Mignard. L’opération se poursuit en janvier 1950 : on construit dans le même périmètre avec le Toit Familial. Le lotissement portera le nom évocateur de vertes allées.

vertesallees&fourmiesVertes allées et Boulevard de Fourmies Photos PhW

La maison plébiscitée

La cité expérimentale CIL de Mouvaux lancée et construite dans l’immédiat après guerre présentait un grand nombre de nouveaux modèles de maisons, parmi lesquels on en plébiscita  un en particulier. Ce type de maisons se retrouve dans les lotissements de cette époque, d’un côté et de l’autre de l’avenue Motte, à l’angle de l’avenue Delory, ou dans la cité de la gare de débord.

La cité de la gare de débord

Face à la rue Mignard et juste en dessous de la cité des Trois Baudets à Hem, qui est historiquement le premier chantier CIL de l’après seconde guerre mondiale, se poursuit le chantier démarré en janvier 1949. Le lotissement prendra le nom de l’ancienne affectation ferroviaire des lieux.

maisonmodeleLa maison plébiscitée  Photo PhW

L’avenue Motte

On l’a d’abord appelé avenue des Villas, puis boulevard industriel. Sa double voie est d’origine,  mais son terre-plein vient d’être débarrassé des derniers rails qui menaient autrefois les convois ferroviaires de la gare du Pile à l’emplacement de la gare de débord sur lequel sont apparues des maisons. L’avenue Motte est devenue une splendide artère à la suite du boulevard Clemenceau qui descend de Hem, et qui trouve dans son prolongement l’avenue Salengro à hauteur de la rue de Lannoy. Le macadam a remplacé les pavés.

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L’avenue Motte CP Médiathèque de Roubaix