4000 Cyclotouristes à Roubaix

En 1988, du 31 juillet au 7 août, plus de 4000 cyclistes de toute la France et aussi de pays étrangers se retrouvent à Roubaix pour la 50ème Semaine Fédérale de Cyclotourisme. Depuis la création de cet événement, en 1927, c’est la première fois qu’une ville du Nord de la France est choisie pour l’organiser.

Les organisateurs extrait brochure de l'événement

Les organisateurs extrait brochure de l’événement

Une Semaine Fédérale de Cyclotourisme est un rassemblement annuel de cyclos, mis en œuvre par un club qui a déposé un dossier et qui est désigné par la Fédération Française. Le but d’une Semaine Fédérale est de faire découvrir, en la parcourant en vélo, une région en se laissant guider sur des circuits fléchés et minutieusement préparés en privilégiant les sites touristiques. Quatre circuits, de 20 à 200 kms sont proposés chaque jour.

Nord Touriste créé en 1899 Coll Privée

Nord Touriste créé en 1899 Coll Privée

C’est en juin 1984, lors du brevet « Le Tour du Nord » que les responsables du Nord Touriste, Vincent Verschaeve et Jean Claessens prennent conscience des atouts méconnus de notre région et décident de déposer un dossier de candidature. Trois villes sont en concurrence : Feurs en Haute Loire, Thouars dans les Deux Sèvres et … Roubaix. Un courrier en date du 11 juin 1985 confirme au Président du Nord Touriste que l’organisation de la Semaine Fédérale 1988 est confiée à sa structure.

Dès lors, une dizaine de commissions de travail sont créées. Raymond Bodart, bien qu’en déplacement professionnel sur le chantier du futur tunnel sous la Manche, assure le rôle de coordinateur. Les défis à relever sont nombreux et de taille, notamment en termes d’hébergement et de restauration ! Près de 70 % des cyclotouristes sont campeurs. Les terrains de sport de la ville (Parc des Sports, Carihem, Jocelyn Vandaele) vont être aménagés et transformés en campings. Quelques campeurs s’installeront à la Carluyère à Wattrelos. Le reste des hébergements doit être trouvé, et négocié, dans les hôtels, à l’hôpital de la Fraternité et dans différentes sites de villes voisines. 800 petits déjeuners et 1000 repas chaque soir doivent être servis sous un grand chapiteau installé derrière la salle du Centre Aéré (emplacement aujourd’hui du vélodrome couvert Jean Stablinsky). 50 personnes sont mobilisées pour assurer le service. Un service de garderie pour les enfants est mis en place.

lundimardimercrediLa préparation des circuits, en collaboration avec les clubs locaux des secteurs visités en particulier pour l’accueil, les ravitaillements et les animations, nécessite la pose de 9000 flèches. Il faut aussi s’occuper du programme d’excursions et de visites proposé aux accompagnants qui ne roulent pas. Enfin, chaque soir, des ateliers mécanique, des conférences, des animations sont organisés. Ainsi, une réunion sur piste a lieu au vélodrome le jeudi soir à l’initiative du Vélo Club de Roubaix.jeudivendredisamedi

Le vendredi soir, la Ville convie les participants et la population à une prestation des Ballets du Nord sur la Grand Place suivie d’un spectacle pyrotechnique d’embrasement des façades de l’ Hôtel de Ville. Le dimanche 7 août, tous les cyclotouristes s’élancent pour un défilé d’au revoir à travers les rues de la Ville. Nombreux sont les roubaisiens qui les applaudissent !

Les cyclos à Roubaix Photo Raymond Bodart

Les cyclos à Roubaix Photo Raymond Bodart

Puis vient le temps de la cérémonie de clôture et le dernier repas qui rassemble plus de 2000 convives sous le fameux chapiteau.

Adieu Roubaix. Rendez vous à Feurs en 1989…

Quand le basket occupait la place

Parmi les grandes figures du sport roubaisien évoquées lors des récentes journées du patrimoine, il y avait Jean Pierre Rousselle, qui nous a quittés en novembre 2015. Le basket, c’était sa vie. Il découvre le basket à l’école et il en fera son métier, en tant que joueur, moniteur et entraîneur. Il joue à l’AS Denain Voltaire, avec le célèbre Jean Degros. Ce club français de basket-ball fondé en 1947 va grimper dans la hiérarchie du basket français jusqu’à atteindre l’élite en 1960 et remporter la Coupe de France alors qu’il évolue en Excellence. Cinq ans plus tard, il réalise l’exploit de remporter le titre de champion de France avec plusieurs écoliers de Voltaire dans l’effectif. Puis Jean Pierre entraîne le Clermont Université Club, champion de France 1979 1980, qui fera un beau parcours en coupe d’Europe…

Jean Pierre Rousselle à l'AS Denain Voltaire Photo NE

Jean Pierre Rousselle à l’AS Denain Voltaire Photo NE

Il arrête le basket de haut niveau en 1981, devient moniteur à Roubaix en 1984 et entraîneur au Stade Roubaisien. En Janvier 1992, Jean Pierre Rousselle devient le Monsieur Basket de Roubaix, avec une mission pour trois ans : en tant que moniteur municipal dans les écoles primaires. Il prend la direction de l’école municipale des sports de Roubaix, option basket, et il encadre les 7 à 14 ans, tous les mercredis matin dans la salle des sports de la rue du Pays. Enfin il est le responsable technique du stade roubaisien pour toutes les équipes du club, et entraîneur manager de l’équipe première féminine. Roubaix est une ville de basket : l’Évolution Roubaix basket est première de son championnat, de même que le Stade roubaisien. Il y a donc deux équipes de basket qui jouent au même niveau à Roubaix, et Jean Pierre milite pour un seul grand club.

Jean Pierre, coach du Stade Roubaisien Photo NE

Jean Pierre, coach du Stade Roubaisien Photo NE

En mars 1994, démarre l’opération Basket en liberté, dans un esprit d’animation des quartiers avec la dynamique suivante : former des animateurs basket, organiser des matchs, des tournois, créer des terrains en libre accès. Treize entreprises roubaisiennes sont impliquées parmi lesquelles Camaieu, Chaussport…En avril 1995, c’est l’organisation d’un tournoi inter quartiers, avec des matchs d’une demi heure, de 10 heures à 18 heures. Huit équipes sont engagées : celles des centres sociaux de l’ Hommelet, des 3 Ponts, de l’Alma et la Maison des 2 quartiers, l’ASCO, animation 92 et une équipe de la police qui en finale bat le CS Hommelet, la coupe du fair-play revenant à animation 92. Le calendrier de l’année est éloquent : 15, 16, 17 avril tournoi de street basket, 23 juillet tournoi logicil 3 Ponts, le 27 août tournoi Quick, le 4 septembre tournoi GTI Sodifac et chaussport. Le 23 et 24 septembre, l’opération nationale France basket tour passe par Roubaix, au parc des sports : 800 jeunes jouent ensemble, l’accueil du france basket tour est financé par les entreprises Flipo Manutention, Hutchinson, GTI Sodifac, Sodexo, Logicil, la SRIEM…L’année se termine avec le tournoi Westaflex qui a lieu le 22 octobre. En avril 1996, le France basket tour repart de Roubaix. On joue sur la grand place.

Le basket sur la Grand Place Photo NE

Le basket sur la Grand Place Photo NE

Puis en février 1997, treize jeunes s’étant distingués comme acteurs et pratiquant le basket dans leur quartier, sont sélectionnés par les centres sociaux et les comités de quartier pour aller à New York. Jean Pierre Rousselle a pu convaincre les entreprises déjà impliquées dans Basket en liberté et d’autres de financer ce voyage. Ambassadeurs et reporters, ces jeunes roubaisiens vont aussi jouer au basket en découvrant New York, l’espace d’une petite semaine. Ultime hommage, la salle de basket où joue le Stade roubaisien porte désormais le nom de Jean-Pierre Rousselle.jprou

La presse de l’époque parle de 28 terrains de basket fonctionnant pour l’opération basket en liberté à Roubaix. Saura-t-on encore les situer aujourd’hui ?

 

La démolition des bains

Il y a cinquante ans, en avril 1966, on procédait à la démolition des bains roubaisiens, au 31 rue Pierre Motte. C’était une piscine couverte avec une façade et une coupole exotiques, œuvre de l’architecte Albert Bouvy.

Les bains roubaisiens CP Méd Rx

Les bains roubaisiens CP Méd Rx

Sa construction datait de 1894, et l’établissement était plus vaste que ne le laissait supposer son étroite entrée. C’était la première piscine couverte de Roubaix et comme pratiquement toutes les installations sportives de l’époque, elle était gérée par une société privée. Les bains roubaisiens connurent les premières compétitions de natation, et de water polo, notamment avec le Racing club de Roubaix au début du vingtième siècle.

L'intérieur des bains CP Méd Rx

L’intérieur des bains CP Méd Rx

Ces bains roubaisiens n’étaient pas les seuls, ni les premiers équipements de natation à Roubaix. Il existait en effet une école de natation au quai de Gand ouverte en juin 1880, qui accueillait en moyenne 16.000 personnes par an, dont les installations seront supprimées en 1936. Puis, on construisit une piscine plus grande en 1932, rue des champs, qui est aujourd’hui devenue un musée, et dans laquelle quelques générations de roubaisiens ont appris à nager.

Les deux plaques commémoratives, Photos Lucien Delvarre

Les deux plaques commémoratives, Photos Lucien Delvarre

De sinistre mémoire, les bains de la rue Pierre Motte furent utilisés à deux reprises par les allemands comme prison, lors de la première et de la deuxième guerre. Les locaux étaient occupés par un négociant en tissus quand la démolition intervient en 1966. L’établissement fit alors place aux agrandissements des magasins Monoprix.

Dernière image des bains Photo NE

Dernière image des bains Photo NE

Sources : Roubaix ville de Sports Philippe Waret et Jean Pierre Popelier Editions Sutton 2004

Un grand prix automobile à Roubaix

Comment ? Des voitures de courses à Roubaix ? Et au parc de Barbieux en plus ! Il en aura vu de toutes les couleurs ce pauvre parc, depuis 1911 et 1939 ! C’est en effet en 1950 que l’automobile club du nord de la France dont le siège est à Roubaix, décide de fêter le cinquantenaire de sa création, en organisant un grand prix. La compétition automobile de l’après seconde guerre mondiale reprend doucement et commence à se structurer. On court depuis longtemps sur des circuits, pour des raisons de sécurité, et notamment des circuits urbains dont le premier fut celui du Mans. Le Grand Prix automobile de Roubaix entre dans cette catégorie, alors que la même année, la création du championnat du monde de formule 1 est décidée, le premier grand prix aura lieu à Silverstone, en Angleterre.

Plan du circuit Publié par NE

Plan du circuit Publié par NE

Mais revenons à Roubaix. Dès la mi avril, on habille les rues alentour du parc de Barbieux en circuit de compétition automobile. Ballots de paille, barrières de protections, passerelles au dessus de l’avenue Lenôtre, montage de tribunes forment le décor de la future compétition. L’organisation d’un grand prix n’est pas une mince affaire : déjà, la ville de Roubaix investit vingt millions de francs pour remettre en état les 900 mètres de la ligne droite du circuit (l’avenue Jean Jaurès). Car le circuit entoure le parc de Barbieux : la ligne de départ se situe à l’entrée de l’avenue Lenôtre au bout de laquelle, les concurrents empruntent un premier virage vers le fer à chevel où un second virage les amène dans l’avenue Jean Jaurès, puis avenue Jussieu et avenue Lenôtre.

Affiche du grand prix Coll Particulière

Affiche du grand prix Coll Particulière

L’Automobile Club du Nord de la France se charge de l’organisation : Marcel Leclercq Président, Marcel Dehédin, Paul Desruelles, chevilles ouvrières, avec toute une phalange de techniciens ! Le circuit est entouré d’une haute palissade de bois, tribunes et gradins peuvent accueillir quinze mille personnes ! Il y a deux grandes tribunes pour le public, une tribune officielle et une tribune de presse, un stand de ravitaillement et quartier des coureurs. On a prévu la sonorisation d’un bout à l’autre de l’immense enceinte. Un peu partout, les spectateurs pourront disposer de buffets et de buvettes, et même un restaurant, des chalets de nécessité. Pour la sécurité, des tonnes de bottes de paille ! Deux passerelles enjambent l’avenue Lenôtre, et huit kilomètres de barrières, pour empêcher les spectateurs d’approcher.

Le programme propose deux courses de motos organisées par le Moto-Club du Nord (6.000 membres) : une première course pour les 350 cm3 longue de 125 kms. quinze partants ; une seconde course pour les 500 cm3 longue de 140 kms. seize partants. On court sur Norton, Vélocette, AJS, Motorcense, Guzzi, Triumph. Une attraction, les boîtes à savon, petites voitures fabriquées par leurs conducteurs, dont le prix ne peut excéder 8.000 francs. Ce sont des voitures de Derby, pilotées par des moins de 15 ans. Une finale de championnat a lieu en juin à La Madeleine, et le titre national va se jouer à Paris. A Roubaix, ce sera juste une exhibition, les petits engins non motorisés seront tirés par des voitures.

 

La foule et les voitures Photo NE

La foule et les voitures Photo NE

Puis ce sera le Grand Prix Automobile sur le Circuit du Parc de Barbieux : quatorze partants vont parcourir 300 kilomètres, soit une centaine de tours. Les pilotes engagés sont Raymond Sommer et Giovanni Bracco, sur Ferrari, Robert Manzon, Maurice Trintignant, Aldo Gordini, André Simon, tous sur Simca Gordini, Alfredo Pian sur Maserati, Marcel Balsa sur BMW, René Bonnet sur Deutsch Bonnet, Georges Abecassis John Octave Claes et John Heath sur HWM (Hersham and Walton motors) et un amateur Fourry sur Servat spéciale.

Les voitures sont logées par écuries dans divers garages de la ville : Les Simca Gordini au garage Champier rue de Tourcoing, les Ferrari au garage Peugeot rue du Maréchal Foch, les argentins chez Renault, les anglais chez Citroën, et le coureur Balsa chez BMW au Modern Garage rue de l’alouette. Ces bolides sont arrivés par camions. Le pesage, le contrôle et la vérification des machines a lieu le samedi de 14 h à 17 salle Watremez rue de l’Hospice. On sait ce que gagneront les vainqueurs : pour le 1er : 300.000 francs, le 2e 150.000 francs, le 3e 100.000 francs, le 4e 80.000 francs, le 5e 50.000 francs. Pour le record du tour: 30.000 francs. Pour les mécaniciens, le 1er : 15.000 francs, le 2e 10.000 francs, le 3e 5.000 francs. La coupe Edmond Lefebvre sera attribuée au vainqueur de l’épreuve. La coupe Hector Franchomme au record du tour.

Pour accéder aux places, pour les pelouses, il y a deux entrées : avenue Gustave Delory et passage Loridan, la place est à 400 francs. Pour les gradins Edmond Lefebvre, l’entrée se situe rue Bossuet, la place est à 700 francs. Pour les gradins Franchomme, l’entrée est avenue Lacépède, la place est à 900 francs. On accède à la tribune Nadaud et à la tribune officielle par le boulevard de Paris.

 

Le vainqueur, Sommer sur Ferrari Photo NE

Le vainqueur, Sommer sur Ferrari Photo NE

Le départ est donné : Balsa accroche un autre concurrent, puis un peu plus tard, Heath est en panne au Fer à Cheval, Fourry l’amateur, aussi, les deux abandonnent. Sommer mène devant Manzon et Trintignant, puis Bracco, et Simon. L’argentin Pian abandonne sur problème mécanique.

Au 20e tour, Bracco et Simon abandonnent à leur tour. Plusieurs arrêts au stand pour Trintignant, alors troisième. Sommer est loin devant Manzon, et on lutte pour la troisième place : Abécassis, Trintignant, Balsa et Bonnet. Trintignant abandonne, puis Balsa, la troisième place se joue entre Abécassis et Bonnet. Trois tours avant la fin Abécassis qui était devant Bonnet, abandonne. Raymond Sommer est le grand vainqueur de l’épreuve devant Robert Manzon et René Bonnet.

Il y aura encore un grand prix automobile à Roubaix en 1952, le 14 septembre, qui sera remporté par Maurice Trintignant sur Gordini. Le dernier grand prix automobile de Roubaix aura lieu le 20 juin 1953 et sera remporté par René Bonnet sur Deutsch et Bonnet. Question de budget…

Formula E, la course de Formule 1 électrique, s’installe à Paris ce samedi 23 avril 2016 pour une course mémorable, autour de l’Esplanade des Invalides ! Une première exceptionnelle pour Paris, à ne pas manquer. Et pourquoi pas à Roubaix, où le circuit du Parc de Barbieux existe toujours ?

 

 

Qui était Maurice Maertens ?

La première guerre mondiale vient de se terminer. Dès 1919, on va rejouer au football. Le Stade Roubaisien va retrouver le terrain qu’il occupait déjà depuis avril 1903, appelé le terrain du Parc Cordonnier au Pont Rouge. En hommage à un de ses membres mort pour la France, ce terrain devient le stade Maurice Maertens.

Le Stade Roubaisien avant la première guerre Coll particulière

Le Stade Roubaisien avant la première guerre Coll particulière

Né à Roubaix le 31 décembre 1882, Maurice Maertens est le fils d’un père né en Belgique, Florentin Maertens, marchand épicier rue Ma Campagne, et de Marie Augustine Planchon. Il est employé de tissus à son recensement militaire. Il est dit fondateur du club, selon l’historique, en 1896, iI a quatorze ans à peine. Le Stade Roubaisien, à l’époque l’amical club de Roubaix, c’est un club omnisports qui pratique la course à pied, la vélocipédie et le football.  En 1901, le Stade Roubaisien demande son affiliation à l’U.S.F.S.A (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques, la Fédération Française de Football de l’époque) et se trouve engagé dans le championnat du Nord en 1901. Maurice Maertens fait partie de l’équipe première. Il effectue son service du 8 octobre 1905 au 18 septembre 1906 au 148 RI. A son retour, il réintègre l’équipe et devient un pilier incontournable du stade roubaisien. Ses qualités de footballeurs lui valent d’être appelé souvent en sélection du nord. Maurice Maertens joue dans la ligne des demis, est capitaine de son équipe et dirigeant de son club. Il se marie le 25 juillet 1914 avec Juliette Pollez. Puis survient la guerre. Il est mobilisé et envoyé sur le front en Belgique. Alors que la course à la mer a pris fin du côté de Dixmude, à partir d’octobre 1914, la 1ère bataille d’Ypres commence. Les troupes françaises se trouvent dans les secteurs d’intervention entre Zonnebeke, Zillebeke, Wallemolen, Vlamertinghe, Fortuyn, Wieltje, … Nombreux sont les soldats qui tombent en terre de Flandres. Maurice Maertens est de ceux-là. Il est mort pour la France et pour la Belgique, à Zillebecke en Belgique, le 16 décembre 1914, Il avait 32 ans.

Le stade Maertens aujourd'hui Vue Google maps

Le stade Maertens aujourd’hui Vue Google maps

En 1952, lors de l’ouverture de la rue Braille, on aménage une partie des terrains dépendant du stade Roubaisien, les tribunes et les vestiaires du stade sont démolis, pour laisser place à un groupe d’immeubles à usage d’appartements résidentiels construits par la Maison Roubaisienne. Le nom de Maurice Maertens fut retenu pour l’allée nouvelle.

Une casserole à un milliard

En 1984, c’est la pose de la première pierre de la salle des sports de la rue Delespaul, à l’angle de la rue de Philippeville. M. Gilles Neveux vainqueur du concours, sera son architecte, pour un coût global de 660 millions de francs. Un square est prévu à l’angle de la rue des pyramides et de la rue de Philippeville pour permettre une sortie en sécurité. L’installation comprend trois batteries de deux vestiaires, avec installations sanitaires, ce qui rend possible un roulement d’occupation. Le terrain présente une forte pente avec une déclivité de 1,80 m entre la rue Delespaul et la rue des pyramides, une partie de la salle sera donc enterrée du côté de la rue Delespaul. Le bâtiment est en briques, avec des parties en verre, une cafétéria, et un hall d’entrée donne sur le square. De grandes arches donnent sur la rue de Philippeville, et une terrasse doit être aménagée côté rue Delespaul.

Maquette de la salle des sports publiée par NE

Maquette de la salle des sports publiée par NE

Cette salle de sports n’est pas un équipement de compétition, mais plutôt d’appel. Il s’agit de donner envie de faire du sport, plutôt que d’attirer les gens à des rencontres de sport spectacle.
C’est la vocation initiale du lieu, car les travaux ont notamment entraîné la disparition des locaux du foyer Paul Bert.  Le stand de tir qui s’y trouvait fut condamné. Sur l’espace occupé par la salle, en 1926, il y avait le terrain de basket de l’amicale Paul Bert, à l’époque, l’un des premiers clubs de la Région. Des noms sont cités par un témoin. (Picavet, Tjoen, témoin M. Delnatte) Une histoire à retrouver…A quelques mètres de la salle des sports, une petite salle de réunion avec trois bureaux a été mise à disposition pour les associations locales, le comité de quartier et des permanences, il y a également un logement de fonction pour le gardien.

Inauguration en juin 1986 Photo NE

Inauguration en juin 1986 Photo NE

Juin 1986, c’est l’inauguration après deux ans et demi de travaux. Le sénateur maire Diligent a cette pique en direction de son prédécesseur, présent à la cérémonie : c’est une casserole à un milliard que vous nous laissez là ! Pour l’occasion, une démonstration de volley ball et de basket est effectuée par les membres de Bulgomme sports et de l’EPI (Education Physique Interentreprises). On y présente aussi la gymnastique d’entretien pour les anciens du foyer Paul Bert, et une activité de danse par Manou pour les adolescentes du Gai Hutin.

Le hall d'entrée Photo NE

Le hall d’entrée Photo NE

L’équipement est placé sous la responsabilité de M. et Mme Vincke. La presse signale qu’il a déjà été trois fois vandalisé depuis son ouverture en mars 1986. Il est néanmoins utilisé en permanence à raison de 51 heures 30 d’occupation par semaine. On y trouve les enfants de l’enseignement primaire à 50% du temps, puis ceux de l’enseignement secondaire à raison de 5 heures, les écoles municipales de sport pour 3 heures, le Foyer Paul Bert pour 4 heures, Bulgomme sports à raison de 6 heures et l’EPI pour 3 heures.

Aujourd'hui Vue Google

Aujourd’hui Vue Google

La salle de sports Delespaul revient dans l’actualité en avril 2013 : elle a été entièrement détruite par un incendie criminel, qui s’est déclaré pendant la nuit. A l’arrivée des pompiers, la salle de sports était entièrement embrasée. La toiture de l’édifice a été en partie détruite tout comme les équipements se trouvant à l’intérieur. Que va-t-on faire de cette ruine ?
En août 2015, toujours inutilisée depuis le violent incendie d’avril 2013, la salle de sports Delespaul du quartier Oran-Cartigny est une nouvelle fois incendiée. Les sapeurs-pompiers de Roubaix ont rapidement stoppé le feu de détritus visiblement allumé dans l’entrée de la salle inoccupée. Une lueur d’espoir pour terminer : d’après les témoins, habitants du quartier, les travaux de réaménagement devraient commencer en 2016. Affaire à suivre !

Fêtes quinquennales 1967

Les fêtes quinquennales de l’année 1967 se déroulent dans le quartier du Fresnoy-Mackellerie. Elles sont organisées par le comité officiel des fêtes du quartier, qui a six ans d’existence. Le président d’honneur est Monsieur René Vanhove, directeur de la société des transports de la rue de Rome,  le président actif est Monsieur Charles Farvacques, cafetier et marchand de vélos rue Cuvier, assisté de Monsieur Albert Stuer, débitant de tabacs, le secrétaire M. Henri Isebaert, de chez Guilbert, assisté de M. Roger Bouy, entrepreneur en électricité,  le trésorier Monsieur Jean Hébert, coiffeur, assisté de M. Jean Claude De Brigode, boucher chevalin.

Le comité des fêtes Photo NE

Le comité des fêtes Photo NE

Le vendredi 2 juin, avant les fêtes et comme une belle introduction, se déroule le 5eme circuit cycliste du Fresnoy-Mackellerie, patronné par Nord Eclair. La course emprunte l’itinéraire suivant : boulevard d’Armentières, rues de Lorraine, Ouest, Fresnoy, Rome, Naples, Ouest, Luxembourg, Danemark, Mackellerie, Mouvaux, Rome, Solferino, Cuvier, boulevard d’Armentières à parcourir vingt-quatre fois. Le départ est donné entre les cafés « au cristal » et « au pélican d’or » à l’angle des rues Cuvier et du Fresnoy. Il y avait soixante-quatorze partants et seulement quatorze à l’arrivée de ce long parcours que la chaleur a rendu pénible. Jacques Bommart de l’ASPTT de Lille remporte la course détaché.

Le cinquième circuit Photo NE

Le cinquième circuit Photo NE

Le programme des fêtes quinquennales se répartit sur deux journées, le samedi 2 et le dimanche 3 juin. L’ouverture des festivités est annoncée par une grande caravane publicitaire à 10 heures 30. L’après-midi, le public peut assister à un concours sur vélo excentrique rue Boucher de Perthes et rue de Naples. En début de soirée, à 18 heures 30, a lieu une promenade flamande avec la participation de la fanfare scolaire de la Fédération des Amicales Laïques. A 20 heures 30, sur le terrain des sports de la rue de Rome, sous un chapiteau, un grand bal est donné animé par l’orchestre Ray Lombrette et sa grande formation. A 22 heures, on procède à l’élection de la reine et de ses demoiselles d’honneur ; les photos des candidates ont été publiées dans le journal, elles sont au nombre de seize, toutes aussi charmantes les unes que les autres. Des cadeaux sont offerts par la Confiserie Saint Jacques, La Redoute et Nord Eclair.

La Reine et ses dauphines Photo NE

La Reine et ses dauphines Photo NE

Le lendemain matin, réveil en fanfare par la FAL à 8 heures 30. Dès 9 heures 30, on peut assister à une démonstration de judo par le Club Saint Martin. Une heure plus tard, la musique reprend ses droits avec un concert donné par la Grande Fanfare de Roubaix. A midi, le comité des fêtes reçoit le maire de Roubaix Victor Provo au terrain des sports de la rue de Rome. Il est accompagné de Pierre Prouvost adjoint, et de François Winants président du comité directeur des fêtes, entre autres. A 15 heures, c’est le grand défilé musical et carnavalesque avec la participation des sociétés suivantes : clique scolaire et fanfare de la FAL, les lurons du Fresnoy, le char « le broc géant de l’apéritif », le groupe « les marins acrobates », le bataillon des majorettes de Méricourt, la fanfare des trompettes et cors avionnais, le groupe « les vrais O’gustes » de Gand, le char « les anciens », le groupe « Drumband D.O.K.A » de Gand, le bataillon des majorettes du stade-parc, la clique et musique « l’étoile du Marin », la société de gymnastique « l’Ancienne », le char aumônière, le char de la reine et de ses demoiselles d’honneur.

Les marins acrobates Photo NE

Les marins acrobates Photo NE

Ce défilé parcourt toutes les rues du quartier, et la présentation de chaque groupe est faite rue de Naples vers 17 heures 30 avant dislocation. A 20 heures, un grand bal termine les fêtes sous le chapiteau de la rue de Rome.

On imagine le travail que représentait l’organisation d’une telle fête, et l’animation extraordinaire qu’elle représentait pour les commerçants et les habitants du quartier. Ces fêtes quinquennales ont repris une longue tradition de festivités de quartier qui faisaient de Roubaix une ville de musique, de carnaval et de convivialité. Si quelqu’un avait encore en sa possession la plaquette de présentation des fêtes de 1967, nous serions heureux de pouvoir la consulter.

Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix

C’est en mars 1965 que se déroule l’inauguration du Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix. A cette occasion, une exposition réalisée par le club des jeunes de Paul Bert est présentée dans la salle des fêtes du groupe Marlot Linné : l’équipe de MM Wild, Souris et Mangold expose toutes sortes de fossiles, pierres, serpents, poissons, coquillages, insectes, oiseaux. M. Torion[1], Président du foyer prend la parole pour expliquer l’orientation des activités des amicales vers les jeunes, dont « la masse est imposante notamment dans le quartier du Nouveau Roubaix ». M. Torion déclare que ce foyer étendra ses activités jusqu’aux Hauts Champs. Il ajoute que la réforme de l’enseignement provoquera petit à petit la disparition des amicales. C’est pourquoi les amicales Jules Guesde et Marlot Linné ont fusionné pour former un foyer. M Pierre Prouvost, adjoint au maire constate à son tour que les anciennes structures sont dépassées. Il assure que l’administration municipale encouragera au maximum cette nouvelle direction dans les activités des jeunes.

L'exposition lors de l'inauguration de 1965 Photo NE

L’exposition lors de l’inauguration de 1965 Photo NE

De fait, l’heure est à la transformation des vieilles amicales. Ainsi l’amicale Jean Macé devient-elle le Foyer des Jeunes et de la Culture en novembre 1965, sous l’égide de son Président Octave Vandekherkove, alors que le doyen François Winants reçoit la décoration du mérite philanthropique des mains de Victor Provo, maire de Roubaix. De même, également en novembre, l’amicale Archimède, auréolée par les résultats sportifs de son club de jeunes, souhaite par la voix de son Président Florentin Six l’aider au maximum. L’amicale Pierre de Roubaix saute le pas également en devenant un foyer de jeunes et d’éducation populaire, avec de nouveaux statuts, et de nouvelles activités. Les amicales Paul Bert et Edgar Quinet, par la voix de leur président Francis Leignel dit l’urgente nécessité de fonder un foyer de jeunes et d’éducation populaire. C’est une période de changement : en décembre, la fédération des amicales laïques emménage dans de nouveaux locaux, elle quitte les locaux vétustes du 42 rue d’alsace pour s’installer au 20 rue de Lille.

Nouveaux locaux pour la FAL PhotoNE

Nouveaux locaux pour la FAL Photo NE

En 1966, le Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix comprend cent vingt membres âgés de 16 à 25 ans, et leurs aînés ont toujours des activités : société d’épargne, belote, tir, un stand de tir (en préparation dans la salle des fêtes du groupe scolaire Jules Guesde), loisirs culturels. Le programme pour l’année 1966 est important : une soirée musicale et artistique est prévue dans la salle des fêtes de la rue Jean Macé. C’est un événement : il s’agit d’une animation artistique « hors le centre », avec la participation des lauréats du conservatoire et de leur directeur André Thiriet. Les autres activités sont diverses : en février, une conférence sur l’initiation à la peinture moderne, un colloque sur la guerre au Vietnam, avec une exposition. En mars, une intervention du centre d’orientation professionnelle à l’intention des parents d’élèves, une conférence de Bernard Jeu sur l’Union Soviétique. En avril, une exposition concours de photographies. En mai, le Foyer participe à la fête du travail, et à cette occasion présente une pièce de théâtre par son groupe théâtral dirigé par Melle Leroux à la bourse du travail. Fin mai, théâtre encore, avec un drame policier de Robert Thomas, Piège pour un homme seul. La liste des activités est encore longue : un ciné club fonctionne tous les derniers samedis de chaque mois, une section discophile permet la pratique et l’étude de la musique. Il y a aussi une section de danses collectives, de jeux d’échecs. Le Foyer va aussi accueillir la tournée de l’Ufolea « prestige de la guitare » et organiser des soirées dansantes.

Daniel Deloor et Henri Drymala, entraîneurs du LC Nouveau Roubaix Photo NE

Daniel Deloor et Henri Drymala, entraîneurs du LC Nouveau Roubaix Photo NE

Les sports sont également représentés : une section de football, de tennis de table avec M. Jacquemin, et une section de lutte, le Lutteur club du Nouveau Roubaix avec des éléments de valeur, internationaux, champions de France, et un moniteur de classe internationale, Henri Drymala. En février, le Foyer organise les éliminatoires du championnat des Flandres dans la salle des sports Brossolette des Hauts Champs. Pour l’animation, le Foyer dispose de deux salles en alternance, la salle des fêtes Marlot Linné et celle du groupe scolaire Jules Guesde. En projet, un foyer tout neuf et indépendant ?

En Octobre 1966, lors de son assemblée générale, le Foyer des jeunes et d’éducation populaire du nouveau Roubaix se réunit dans la salle de la rue Jean Macé. Michel Hory, responsable du club de jeunes rappelle le but du Foyer : apprendre au jeune un métier d’homme et l’aider à passer avec le moins de difficultés possible de l’adolescence à l’âge adulte. Il émet le souhait de réunir les clubs de jeunes afin de mieux se connaître et pour mieux s’épauler. Toujours en octobre, signe de l’évolution grandissante de l’activité, a lieu la présentation officielle d’un entraîneur adjoint issu du club à Henri Drymala. Daniel Deloor, 20 ans, deux fois champion de France, international, trois fois champion de France militaire, s’occupera de la culture physique et de l’entrainement général de la pratique de la lutte. Un bel exemple d’émulation par le sport.


[1] Monsieur Richard TORION, Retraité de l'Éducation Nationale, Ancien adjoint au maire de Roubaix, 
Président d'honneur de la Fédération du Nord des délégués départementaux de l'Éducation Nationale, 
Chevalier de l'ordre national du Mérite, Commandeur des Palmes académiques, 
nous a quittés le 31 mai 2012 à l'âge de 89 ans.

La société Vroman Sports, une institution roubaisienne

Jules Vroman est né le 3 juin 1864 à Roubaix, rue du Calvaire (nom de la Grand–rue à l’époque). Ses parents étaient commerçants : le père Alexandre était boulanger et quand il décède,  Jules n’est âgé que de 13 ans. Sa mère reprend le commerce situé au 225 Grand Rue, elle apparaît au Ravet Anceau de 1883 comme épicière. Un article de journal retraçant sa carrière nous apprend qu’il est un élève d’une intelligence précoce et d’un amour ardent de l’étude. Il quitte l’école à l’âge de quinze ans, avec des connaissances dans des matières aussi diverses que le solfège, le dessin de menuiserie.

Jules Vroman & La Roubaisienne Photo Coll Privée et En tête AmRx

Jules Vroman & La Roubaisienne Photo Coll Privée et En tête AmRx

A 20 ans, il est gymnaste à la Roubaisienne. Jules Vroman est un jeune homme sportif parmi les sportsmen de l’époque qui fréquentent cette  importante société de gymnastique. Cette pratique sportive l’amène à s’orienter vers la fabrication d’appareils de gymnastique. Habile menuisier, il crée ainsi dès 1884 sa société, dont les locaux se trouvent dans la maison maternelle, au 225 de la grand-rue. Le réseau grandissant des sportifs va constituer sa clientèle. Il fait preuve d’innovation, et d’un vrai sens commercial : son matériel est aisément démontable, avec des tarifs adaptés et il est testé par la Roubaisienne. A 29 ans, il devient aussi professeur de danse et de gymnastique.

La première société Vroman Coll Privée

La première société Vroman Coll Privée

Jules Vroman épouse Zoé Marie Millescamps le 31 mars 1894. Le commerce se développe et les locaux de la Grand Rue deviennent trop petits, Jules Vroman va s’installer rue des Fabricants au n°28 et il participe à la fondation de l’Ancienne le 14 juillet 1895. C’est une société de gymnastique et de jeux athlétiques et d’instruction militaire, dont il sera le directeur technique, puis le président. Les sociétés de gymnastique sont nombreuses et florissantes à cette époque. Comme elles voyagent et remportent de nombreux concours. Jules Vroman voit ses affaires prospérer avec le développement de son réseau sportif. Dans un premier temps, le siège de l’Ancienne est situé 28 rue des Fabricants, et Jules Vroman voit ainsi se développer la société sportive et sa société de fabrication.

En tête de l'Ancienne et catalogue Vroman En tête AmRx Catalogue Coll Privée

En tête de l’Ancienne et catalogue Vroman En tête AmRx Catalogue Coll Privée

Le 30 juillet 1898 naît Jules Vroman, deuxième du nom, qui prendra la succession de son père en 1928. Entretemps, le succès de la société Vroman nécessite de nouveaux locaux et la maison se retrouve au n°30 de la rue du Grand Chemin.

La société Vroman au 30 rue du Grand Chemin En tête Méd Rx

La société Vroman au 30 rue du Grand Chemin En tête Méd Rx

En 1900, Jules Vroman loue l’établissement sis Grand-rue n°50, jusque là occupé par un fabricant de cardes, M. Beaumont. Il y crée le franco-américain skating rink, lieu de loisirs inspiré des patinoires américaines, bientôt consacré aux patins à roulettes sur plancher de bois. Cette reconversion d’un vaste hangar rencontrera un grand succès. Le même type d’établissement existera au Fresnoy un peu plus tard. C’est sur cet emplacement du n°50 de la Grand-rue que sera créé le Casino Théâtre de Roubaix, grande salle de spectacles de music hall, qui deviendra un des grands cinémas de la ville.

Le skating rink de la Grand Rue CP Méd Rx

Le skating rink de la Grand Rue CP Méd Rx

Après la première guerre, la société Vroman a développé ses fabrications : la gymnastique les sports collectifs, la natation, pour lesquels sont fabriqués les installations et équipements appropriés.

à suivre

Merci à Mme Vroman pour les témoignages et les illustrations

Le Jardin Ma Tante

Lors d’une séance plénière de l’atelier mémoire, notre ami Paul Meunier évoquait un endroit bien connu des anciennes générations de roubaisiens, le Jardin Ma Tante. Sa mère avait l’habitude de s’y promener, étant jeune. Cet endroit participe d’un mystère, celui de l’évolution de la propriété des Près appartenant à M. Cordonnier. Une grande partie de la surface sera utilisée pour la réalisation des deux stades du quartier, le stade Dubrulle Verriest, et le stade Maertens. Le Jardin Ma Tante aurait été une situation transitoire entre les deux époques, c’est-à-dire entre le décès de Monsieur Cordonnier survenu en 1876 et l’apparition des espaces sportifs.

Roubaix  au début du vingtième siècle AmRx

Roubaix au début du vingtième siècle AmRx

Que savons-nous du Jardin Ma Tante ? C’était un grand parc floral avec des gloriettes, des labyrinthes de haies où les familles pouvaient venir se promener. Jean Piat, le journaliste et historien de Roubaix l’évoque ainsi : les promeneurs se reposaient au Jardin Ma Tante, y jouaient une partie de boules, ou dégustaient une portion de jambon avec des frites et du pain au son.

Publicité du journal l’Étoile du Nord Bibliothèque Gallica

Publicité du journal l’Étoile du Nord Bibliothèque Gallica

Nous trouvons des traces de l’endroit dans les publicités d’un journal roubaisien éphémère, l’Etoile du Nord. On peut y lire que le Jardin Ma tante est la propriété des sympathiques directeurs Robyns et Loucheur, que c’est un jardin de verdure pittoresque et magnifique, un véritable paradis rustique et agréable. Un café moderne s’y trouve où l’on peut prendre un five o’clock campagnard à base de café et de pain bis. On y vient régulièrement le dimanche et le jeudi. Un concurrent du Beau Jardin, alias le parc de Barbieux ? On pourrait le croire, car le Jardin Ma Tante est qualifié de Versailles roubaisien, lieu préféré des familles roubaisiennes, où il a des jeux divers pour enfants, et une grande salle de dégustation en cas de mauvais temps. Mieux encore, à l’occasion de la Pentecôte 1913, un concert et une braderie y sont organisés. Ceci situe l’action avant 1914.

Publicité de l’Étoile du Nord 1913 Bib Gallica

Publicité de l’Étoile du Nord 1913 Bib Gallica

Fait curieux, pendant l’occupation allemande, le bulletin de Roubaix, journal à la solde des allemands, annonçait la réouverture du Jardin Ma Tante, en avril 1918. Signe d’un assouplissement de l’occupation, ou indication de leur futur départ ?

On ne parle plus du Jardin Ma Tante après guerre. La reconversion en terrains de football s’est vraisemblablement opérée à cette époque. Dans la rubrique sportive de 1919, le Stade Roubaisien joue au Stadium, alors que le Racing club de Roubaix est encore au terrain de Beaumont. Les deux clubs ne vont pas tarder à s’installer au lieu-dit du Pont Rouge, transformant ainsi une grande promenade de jardins, en pelouses plus sportives. Mais ceci est une autre histoire.