En remontant la rue Dammartin

Remontons aujourd’hui cette rue qui contient de bien belles demeures. Nous nous arrêterons, chemin faisant, devant certaines, particulièrement remarquables.

De droite à gauche, les numéros 10,12, et 14 - Photo Jpm

De droite à gauche, les numéros 10,12, et 14 – Photo Jpm

A droite de la photo le numéro 10, qui fait partie du domaine des assurances Verspieren. Les numéros suivants, 12 et 14, ont connu bien des habitants successifs : depuis 1891, où Mme Leconte-Deffrennes est propriétaire du 14, on rencontre en 1900, Th. Leuridant, secrétaire de la chambre de commerce au 12, et Henri Bruyant, fabricant au 14 ; L. Wibaut, fabricant au 14 en 1914 ; en 1923 J. Brierre, encore un fabricant, au 12, et le chanoine Leuridan au 14 ; en 1930 Lucien Lepoutre-Toulemonde, fabricant au 12 ; en1939, H. Droulers-Wibaux, industriel au 14, qu’il habitera jusqu’en 1965.

Plus haut dans la rue, on rencontre un bel ensemble symétrique de 5 maisons, dont celle du centre est plus haute. Elles sont numérotées du 18 au 26 :

 

Les numéros de 18 à 26 - Photo Jpm

Les numéros de 18 à 26 – Photo Jpm

Au numéro 22 (la maison centrale du groupe) habitaient en 1900 l’industriel Harinckouck-Fort, et entre les deux guerres un autre industriel M. Dhalluin-Leurant.

Aux numéros 24 et 26 l’on trouve en 1900 respectivement Paul et Charles Toulemonde, qui y sont remplacés en 1909 par P.Motte-Voreux, industriel, et E. Requillart, négociant. Les deux premiers cités font construire plus haut dans la rue deux maisons côte à côte qu’ils iront habiter aux numéros 52 et 54. Dans l’entre-deux guerres on rencontre R. Pollet-Dubar, industriel, au 24 et J.Toulemonde-Lestienne, au 26, puis J. Pollet-Destailleurs dans les années 50 et 60, eux aussi industriels. Le 26 abrite le consulat de Bulgarie depuis 2009.

Le long du trottoir opposé, voici encore un bel ensemble symétrique aux numéros 37 à 45, là aussi avec un bâtiment plus important au centre.

 

Les numéros 37 à 45 - Photo Jpm

Les numéros 37 à 45 – Photo Jpm

Cet ensemble, dû à l’architecte Ernest Thibeau, est l’objet dune demande de permis de construire par M. Fort en 1892. Y habiteront au 37 M. Wibaux, en 1914, au 41 en 1930 J. D’halluin-Prouvost, et en 1953 P. Dazin-Pollet, tous industriels. Le 43, la maison centrale et plus importante, sera en 1908, la propriété de M.L.Meillasoux-Noblet, et le 45, celle de E. Watine, industriel en 1914.

 

Les numéros 52 et 54 - Photo Jpm et document Médiathèque de Roubaix

Les numéros 52 et 54 – Photo Jpm et document Médiathèque de Roubaix

On trouve plus haut, aux numéros 52 et 54 les habitations que font construire à partir de 1900 les deux frères Paul et Charles Toulemonde, qui quittent alors les numéros 22 et 24. Les bâtiments jumeaux sont dus à l’Architecte Maillard, les deux demandes de permis de construire étant datées du mois de mai. Elles sont séparées par deux allées fermées par des grilles ; elles permettent aux voitures de déposer leurs passagers devant les vestibules principaux situés sur les côtés, les portes donnant sur la rue étant des entrées de service, qui débouchent chacune sur un office. Ces deux demeures resteront dans la familles jusque dans les années 50. Le 52 abrite aujourd’hui la résidence Port Royal (Ephad).

 

Le numéro 62 – photo Jpm

Le numéro 62 – photo Jpm

 

En haut de la rue, la vaste demeure du numéro 62 est construite pour l’industriel Ch Toulemonde-Joire, sur les plans de l’architecte Bourgeois. On le retrouve encore à cette adresse en 1965.

Nous aurons sans doute encore l’occasion de nous pencher sur cette rue qui offre tant de constructions intéressantes.

 

 

Au bas de la rue Dammartin

En 1883, une voie privée et pavée se raccorde au boulevard de Paris et mène au chemin de Barbieux. Les riverains demandent son classement, la construction d’un aqueduc et son revêtement, en échange du don des terrains concernés et une participation aux frais. La rue ferait 15 mètres de large (8 mètres pour la chaussée et 3m50 pour chaque trottoir). Parmi les riverains on trouve les noms de Henri et Jean Baptiste Bossut, Motte-Bossut, Georges Motte, Vve Wattine-Bossut, Vve Lepers, et surtout la société civile Bossut-Fougasse, peut-être fondée pour l’occasion, qui détient la plus grande partie des terrains. Les riverains sont représentés par E. Barbotin.

La municipalité procède à des études en janvier 1884. Le service de la voirie conseille d’accepter la proposition, conforme à ce qui se fait couramment pour les rues nouvelles, la commission municipale nommée à cet effet, également. Le conseil entérine donc et lance l’enquête d’utilité publique. Le préfet classe la voie la même année.

Le plan du quartier de 1884 ne montre qu’une construction de chaque côté de la rue. Les propriétés existantes donnent sur le boulevard de Paris ; plus en retrait, aucun autre bâtiment jusqu’au chemin de Barbieux et, au delà, celui du petit Beaumont.

Plan Cadastral 1884 – Document Archives municipales

Plan Cadastral 1884 – Document Archives municipales

Dès 1889, on lance le prolongement de la rue dans le même alignement jusqu’à la rue de Beaumont.

Les constructions suivent à bonne allure. En 1891 le Ravet Anceau fait déjà état de 18 propriétés occupées, dont, déjà, les assurances Verspieren près du coin du boulevard de Paris. Une grosse partie des habitants de la rue sont négociants ou fabricants.

Une vue ancienne prise depuis le boulevard de Paris nous montre à droite, sur le coin la propriété Réquillart-Roussel, puis les mur et des bâtiments appartenant à aux assurances Verspieren.

Document Médiathèque de Roubaix

Document Médiathèque de Roubaix

Le bâtiment à droite, numéro 2, abrite notamment après guerre les bureaux de la société Rhovyl, ainsi que les services administratifs de la société Despatures dont les dirigeants Jules, Joseph et Paul inventent la fibre Thermolactyl, dont la composition inclut du Rhovyl, et créent la société Damart, nom tiré de celui de la rue. Cette construction disparaîtra au début des années 70.

Les assurance Verspieren, après de longues années, deviendront Lloyd Continental dans les années 70, puis Swisslife aujourd’hui.

Document Médiathèque de Roubaix

Document Médiathèque de Roubaix

Tout ce qui est avant ce bâtiment bas a aujourd’hui disparu pour faire place à des locaux modernes. A gauche l’alignement de bâtiments existe encore de nos jours, de même qu’à droite, le bâtiment bas Verspieren abritant désormais des garages

Le bas de la rue. Photos coll. particulière

Le bas de la rue. Photos coll. particulière

 

 

 

 

Magasins rue du Moulin en 1973

Actuellement en pleine mutation, la rue Jean Moulin s’honorait d’être une rue commerçante au même titre que les plus importantes voies roubaisiennes, telles que la rue de l’Epeule, de l’Alma, ou de Lannoy. En avril, les commerçants  organisent leur traditionnelle exposition de printemps, et ils proposent à leur clientèle potentielle une petite promenade devant leurs étalages. Les magasins étaient encore nombreux en 1973.

La rue du Moulin en 1973 (photo NE)

La rue du Moulin en 1973 (photo NE)

Les numéros impairs. Au n°3 la rôtisserie royale Libeer vous propose ses délicieux poulets rôtis, son choix de volailles, lapins et chevreaux. Au n°7, vous trouverez l’optique Basuyaux, et au n°9 le libraire Hequette.

Le Chat Botté 1973 Pub NE

Le Chat Botté 1973 Pub NE

Le textile est au n°17, avec les laines du Chat Botté (Motte-Porisse, filature de laines peignées), et au n°19, avec le Comptoir Textile de Roubaix, laines à tricoter. Au n°33, Renault, qui n’est pas encore installé comme aujourd’hui, propose des véhicules d’occasion, ouvert le dimanche matin. La mode et la confection suivent : au n°53 les établissements Camus et Duhayon, confection pour enfants, au n°57 Mme Dambrin, modes, au n°59 Melle Coffin tricots. Au n°63, le café La Caravelle est tenu par Mme Roth.

Paris Lingerie n°65 (photo NE)

Paris Lingerie n°65 (photo NE)

Une nouvelle série de confection, avec au n°65 Paris Lingerie, prêt-à-porter féminin et layettes, et au n°67, Mme Wilfart, bonneterie, tandis qu’au n°67bis on trouve l’auto école Albin. Au n°73bis le boucher Thomas voisine avec Natalis aun°73ter. Au n°77, il y a le Café Mahboubi, puis au n°79 le libraire Warret, livres d’occasion, et au n°81 l’épicerie des Docks du Nord. Pour les femmes, nous avons au n°83 le Tub confection dames, et au n°91 le salon de coiffure pour dames Hélène, tenu par Mme Jablonski, Puis au n°93-95, les articles de ménage Silbermann, précédent la crémerie Luthun au n°99. Au n°103 le coiffeur Verdière, juste avant la droguerie Smits, au n°105bis, qui offre des rabais de 5 à 20% sur les peintures et de 5 à 10% sur les papiers peints. Pour finir les impairs, au n°109 le marchand de vins Gadeyne, au n°113 la crémerie Galle, et au n°121 le boucher Carette Bruneel.

Magasin Dewulf n°56-58 Pub NE

Magasin Dewulf n°56-58 Pub NE

Pour les numéros pairs, on commence au n°12 avec Art et Beauté, institut capillaire, coiffure dames, traitement et produits sur mesure, Au n°18 il y a l’épicerie Fettah (légumes), et au n°24, La Corbeille aux décors, offre un grand choix de rideaux, voiles tentures, coussins, tapis. Au n°28-30, le bijoutier fabricant Vieille, Au 4e Top, puis au n°34 les meubles de bureau Vanovermeir (marque Matéric). Au n°46 la boulangerie Bammez, juste avant  le Relais du Moulin Au n°48-52, garage automobile appartenant à M. Van Wambeke.  Au n°54, le café Vaille, puis aux n°56-58, le marchand de télévision Dewulf, concessionnaire Philips, service après vente et dépannage toutes marques. Au n°62, le tailleur Delcroix, propose des costumes sur mesure, et des pantalons dames et enfants. Au n°68 on trouve  à l’enseigne « aux sept nains », l’ancienne maison « primerose », bonneterie, layettes, jouets, bazar.

Alimentation générale au n°80 Photo Coll Particulière

Alimentation générale au n°80 Photo Coll Particulière

Au n°80, c’est l’alimentation générale de M. et Mme Desmet Heuls, Au n°100, Pluie de Roses, le fleuriste Willaert Dhaene, et au n°106, les Bois Panneaux à vos dimensions. Au n°108 le Distributeur Station Technique Auto Radio Fontaine, propose des autos radios toutes marques et toute l’électricité automobile. Au n°110 le dépôt Anett, teinturerie dégraissage, puis aux n°114-120, la pharmacie Courdent Playoust. Au n°128, le marchand de journaux Planckaert, au n°130, le cordonnier Rolland, et au n°134, la boulangerie Decottignies. Au n°138, le café tabacs Schifa Elaut, et un peu plus loin, au n°146 Le Grillon, café tenu par M. Haccart. Au n°148 la salle de cours de l’auto école Albin, au n°164, l’épicerie Convelard, Au n°182-184, Régénéon, une société qui s’occupe de la vente de néons pour enseignes.

Le n°134 aujourd'hui Photo Coll Particulière

Le n°134 aujourd’hui Photo Coll Particulière

Tous ces commerces ont aujourd’hui disparu, ils n’ont laissé que quelques traces, ici une vieille enseigne, là  une façade sans vie, et ces publicités dans la presse qui nous ont servi à illustrer cet article.

 

Les numéros impairs

Entre le boulevard Gambetta et la rue des Longues Haies, un estaminet fait le coin de la rue du Moulin depuis 1886. Siège de nombreuses sociétés, il va néanmoins connaître une fin brutale puisqu’il va s’effondrer lors de travaux effectués en 1964.

Le café de la ligue des sports, vu depuis et vers le boulevard Gambetta

Le café de la ligue des sports, vu depuis et vers le boulevard Gambetta

Les photos montrent que l’estaminet, dont la façade principale donne sur le boulevard Gambetta, ouvre également sur le coin des rues du Moulin et des longues Haies. On y remarque que les rails du tramway, dédoublées au carrefour, se réunissent en une voie unique qui remonte la rue.

Document Nord Eclair

Document Nord Eclair

Une photo de l’estaminet effondré permet de voir le débouché de la rue Edouard Anseele et le bas de la rue Jean Moulin. L’angle est formé par un commerce. En 1886, c’est un estaminet, tenu par F.Wacrenier. La charcuterie Vrambout s’y installe à partir de 1914, qui devient boucherie sous le même nom en 1955, et, reprise par M.Libert, un commerce de volailles en 1974.

Document La Voix du Nord

Document La Voix du Nord

On trouve après le coin et jusqu’à la rue St Jean une suite quasi ininterrompue de commerces, dont quatre estaminets, en 1886. Au coin de la rue St Jean, en particulier, se situe un débit de boissons, d’abord au nom de Mazurel, puis deviendra l’estaminet Bus, puis Deffrennes, puis Carette jusqu’à la deuxième guerre.

Société réunie devant l'estaminet du 61

Société réunie devant l’estaminet du 61

Le 7, après avoir abrité un estaminet, devient une bonneterie à partir de 1908. A l’enseigne du « bas roubaisien », elle s’étend au 11 à partir de 1929. En 1965, un opticien y établit son commerce. Au 9 est installé un libraire en 1908. La boutique devient une imprimerie en 1925, puis une papeterie en 1929, pour redevenir une librairie en 1932, et jusque dans les années 60.

 

Les commerces du 7 et du 9

Les commerces du 7 et du 9

En 1903 s’installe au 53 la brasserie coopérative Quint-Delvallée, qui prendra vite pour enseigne « La Confiance ». On y retrouve un magasin d’usine dans les années 70 :

Document la Voix du Nord

Document la Voix du Nord

Mais les entreprises industrielles sont également très présentes dans la rue. A partir de 1895, s’installent au 21 le tissage Florimond Watel, et, du 23 au 45, la teinturerie Motte et Bourgeois. Celle-ci prend successivement les noms des établissements Motte et Marquette à partir de 1908, puis Société anonyme des établissements Hannart frères & Motte et Marquette réunis au début des années 20. L’entreprise installe ensuite ses bureaux au 53 de la rue. Les maisons aux numéros 47 à 53 se vident progressivement jusqu’en 1914, rachetés pour abriter au 45-47-49 la teinturerie Burel. Au début des années 30, le tissage est repris par Alfred Motte frères et Jules Porisse qui installent leurs bureaux aux numéros 17 à 21. L’entreprise prend en 1955 le nom de filature des Longues Haies et en 65 celui des laines du chat botté.

Les entreprises industrielles dans les années 20

Les entreprises industrielles dans les années 20

Au 33 en 1955, Renault installe son département véhicules d’occasion, prélude à une extension beaucoup plus importante, qui aura raison de tout le bas de la rue, côté impair…

Document Nord Matin 1973

Document Nord Matin 1973

Les autres documents proviennent de la bibliothèque numérique de Roubaix

 

En bas de la rue

La rue du Moulin, une des plus anciennes voies de Roubaix, a très vite été densément bâtie. Si on considère la partie basse de la rue, entre le boulevard de Paris et la rue du Havre pour les numéros pairs, on est surpris du nombre de commerces, d’entreprises et de courées de part et d’autre de l’école municipale.

Le bas de la rue, côté pair – vues depuis et vers la rue Neuve

Le bas de la rue, côté pair – vues depuis et vers la rue Neuve

Ce côté pair présente avant la première guerre une profusion d’estaminets : on en compte pas moins de 12 avant la rue du Havre ! Les commerces de bouche y sont également bien représentés : une charcuterie, quatre épiceries et deux crèmeries. D’autres commerces complètent ce panel : la pharmacie au coin du boulevard de Paris, une blanchisserie, un marchand de couleurs, un buraliste, deux magasin vendant des étoffes, une coiffeuse, un marchand de journaux. Sans oublier , tout au bas de la rue, la serrurerie Liagre, déjà présente en 1886 :

 14-16-2-96dpi

Cette partie de la rue abrite également d’autres métiers artisanaux : trois ferblantiers, un teinturier, un vannier, un ébéniste, deux tailleurs, un cordonnier. Il n’y a pratiquement pas de maison sans boutique ! Les maisons d’habitation sont renvoyées dans des courées, généralement attenantes à un estaminet. On trouve ici au 22 la cour Delmarle, au 42 la cour Dubar, au 64 la cour Loridant, et, au 70 la cour Brabant.

L'entrée de la cour Delmarle de nos jours. Photo Jpm

L’entrée de la cour Delmarle de nos jours. Photo Jpm

Les entreprises industrielles sont bien présentes aussi, avec une fabrique de pompes, qui deviendra un atelier de fonderie au 38, juste à côté de l’école, et, au 50-52, l’entreprise D’Halluin-Grenu, puis D’Halluin-Namur en 1901, puis Bayart père et fils.

Dhalluin-96dpi

Entre les deux guerres, peu de changements. Un maréchal ferrant s’installe au 36, un marchand de chaussures au 72, un marchand de jouets au 44 et un marchand de cycles au 62, remplaçant d’autres commerces. Exemple de stabilité, la pharmacie au coin du boulevard de Paris, reste tenue par M. Constant depuis 1885 jusque dans les années 50… Une affaire de famille !

La droguerie Molinier  a pris, en 1922, la suite de la serrurerie Liagre

La droguerie Molinier a pris, en 1922, la suite de la serrurerie Liagre

Autre exemple de stabilité, les débits de boisson restent très nombreux : la proportion d’estaminets ne varie pas sensiblement.

L'estaminet Derly, au numéro 40

L’estaminet Derly, au numéro 40

Après la deuxième guerre, même pérennité. La droguerie Molinier perdure sous le nom de Dupont-Delalé jusque au seuil des années 70. Le salon de coiffure, installé au 12 depuis le début des années trente se retrouve au même endroit en 1874 ! Le 80, au coin de la rue du Havre est un commerce d’alimentation depuis les années 20 jusqu’à aujourd’hui, après qu’on y ait vendu des gaufres en 1914, et du beurre en 1922.

Au premier plan le carrefour de la rue du Havre et le n°80

Au premier plan le carrefour de la rue du Havre et le n°80

Si les premières maisons ont été détruites récemment, les autres sont toujours debout, et les façades de la partie remontant jusqu’à la rue du Havre n’ont pratiquement pas changé. Elles mériteraient pourtant quelques travaux de rénovations !

 

 

 

 

 

 

 

Evolution de l’école

L’école du Moulin, terminée en 1867, est amenée à évoluer : En 1876, on construit à l’arrière du terrain, sur la rue du Général Chanzy, un gymnase municipal et un stand de tir. Le gymnase est utilisé notamment par les sapeurs-pompiers qui y pratiquent des activités sportives.

panneau-96dpi

Photo Jpm

 En 1885, le chef des sapeurs pompiers demande la libre disposition du jardin de l’école pour pouvoir compléter l’entraînement de ses hommes par des exercices d’incendie. En 1886, on installe provisoirement les cours de dessin de l’école nationale des arts industriels (hébergée à ce moment à l’institut turgot) dans des locaux inoccupés de l’école.

Puis l’école devient publique et les frères qui la dirigeaient sont remplacés par des instituteurs laïcs. M. Dazin en devient le directeur et fonde en 1887 l’amicale du Moulin. Celle-ci procède l’année suivante à la première distribution de vêtements aux élèves grâce à une donation de 150 franc or. Cette tradition s’est perpétuée jusque dans les années 50. En 1894 La municipalité décide la création d’une cantine pour les écoles des rues du Moulin et de Chanzy.

En 1903, M. Dazin se voit retirer son jardin qu’il cède à la ville contre un dédommagement de 400F. Au décès de M. Dazin, c’est M. Dhermes qui le remplace comme directeur et M. Seynave qui prend la présidence de l’amicale. En 1905 M.Thaisne succède à M.Dhermes. La présidence passe à Clovis Segard, qui gardera ce poste pendant 31 ans ! Les directeurs se succèdent : Mlle Harcqz en 1908, puis Mme Dumoulin, M. Taisne, Mlle Prum, Mme Doleans en 1932, Mme Despretz, Mlle Clochez et enfin M. Joly juste avant la guerre. Après la libération, M. Dumez prend la direction de l’école et M. Foelix la présidence de l’amicale. Ils sont remplacés par M. Renand-Bouchez qui dirige l’école et préside l’amicale. Celle-ci compte en 1952 260 membres. En 1955 l’adresse de l’école passe de la rue du Moulin à la rue du général Chanzy. L’entrée des élèves se fait dorénavant par une porte à côté du gymnase.

L’école, alors quasi centenaire, est rénovée en 1963. Un article de Nord Matin nous détaille les travaux : restauration des façades avec modification des fenêtres, galerie de desserte des classes, vestiaires, réfectoire installé dans un nouveau bâtiment, escalier de secours, réfection de la cour, du préau et des installations sanitaires, rénovation du chauffage et de l’éclairage…

1963-NM-96dpi

Les travaux – Photo Nord Matin

 Le bâtiment donnant sur la rue du Moulin ne sert bientôt plus aux besoins scolaires. Il abrite désormais plusieurs locataires, et, à partir de 1965, au rez-de-chaussée s’installent au 34 les meubles Vanovermeir, qu’on retrouvera jusqu’en 1974.

2013-96dpi

Photo Jpm

 Le Gymnase accueille jusque dans les années 60 les activités de la société sportive « la Roubaisienne ». On trouve à la direction de l’école successivement MM. N.Bailleul, P.Delins, Cl. Drumez. Au début des années 2000 l’école ferme ses portes. Ses locaux abritent alors l’inspection académique. Pourtant, dans la deuxième partie des années 2000, une école maternelle s’y installe à nouveau. Elle s’y trouve toujours et perpétue une tradition vieille de près de 150 ans.

fronton-96dpi

Photo Jpm

L’hôpital devient l’école

Lors d’une séance extraordinaire du 22 mars 1847, le conseil municipal décide la création d’un hôpital provisoire pour faire face aux besoins pressants. Cet hôpital devrait être établi sur une propriété de M. François Ferlié, située en bas de la rue du Moulin (aujourd’hui aux numéros 32-34), et louée pour l’occasion. Cette propriété consiste en une maison d’habitation et un atelier, séparés par une porte cochère. La partie habitation servira au logement des religieuses qui soigneront les malades. On ajoute une infirmerie provisoire pour femmes construite en planches, et l’ensemble représente une capacité d’une cinquantaine de lits. Finalement, la propriété est rachetée en 1854 par la municipalité. On rajoute encore une nouvelle salle de trente lits en 1857.

 1847-hopital-96dpi

Plan de l’hôpital – 1847

 Mais la construction en 1865 de l’hôpital Napoléon rue de Blanchemaille rend sans objet l’établissement provisoire. Le conseil municipal forme le projet de convertir les bâtiments pour réaliser une école de garçons et y loger une partie des frères des doctrines chrétiennes, dont la résidence est devenue trop petite pour eux.

On retrouve plusieurs versions des plans de l’ensemble. L’un prévoit l’école proprement dite sur la rue Jean Moulin avec une façade sur deux étages, et l’habitation des frères dans un second bâtiment placé derrière derrière.

1866-1-96dpi

Un premier projet de façade

 Un autre projet reporte les classes tout au fond, près de la rue du général Chanzy, et un troisième les place dans le bâtiment central (3 au rez-de chaussée et trois à l’étage), là où elles se trouvent aujourd’hui. En juillet on modifie le projet pour rajouter un étage au bâtiment d’habitation. Ce nouveau projet prévoit des locaux pour loger les religieux, une chapelle, ainsi que six classes. La façade sur la rue du Moulin est monumentale ; un double porte centrale permet l’accès. Le rez de chaussée du bâtiment donnant sur la rue du Moulin comporte, gauche une salle d’étude et à droite un réfectoire. L’entrée des élèves se fait par une porte située à gauche du bâtiment. Celle-ci est prolongée par un couloir débouchant sur la cour, bordée de galeries couvertes. Ensuite, installé transversalement, le bâtiment des classes ferme la cour et, à droite , en longueur, s’étend la chapelle. Derrière l’école, un jardin.

1882-1-96dpi

Le projet définitif pour la façade

 On lance une adjudicaton qui prévoit d’inclure la démolition des bâtiments de l’hôpital et le réemploi d’un maximum des matériaux récupérés pour les constructions nouvelles. Un seul adjudicataire se présente, M. Léturgeon. Il obtient donc le marché et procède aux travaux. Ensuite vient l’adjudication pour l’ameublement, et l’école s’installe enfin dans ses murs.

 1866-96dpi

Le plan d’ensemble
 La partie concernant l’hôpital est inspirée de « Cinq siècles et demi d’histoire hospitalière roubaisienne (Xavier Lepoutre) »
Les documents proviennent des archives municipales.

 

 

 

 

La rectification du carrefour

Pour faire face à l’afflux de trafic au carrefour, on se préoccupe dès 1886 de favoriser la circulation des tramways. Devant le conseil municipal, M. Roche défend le projet de dégager l’alignement de la rue Neuve (de nos jours, rue du Maréchal Foch), en démolissant les immeubles entre la rue de Lille et le boulevard de Paris,  pour faciliter le passage des tramways de Lille. En effet, la rue de Lille obliquait alors vers la gauche pour rejoindre la rue Neuve en suivant l’alignement de la rue des Loups. Pour aller à droite en direction du boulevard de Paris, il fallait contourner un groupe de maisons placées dans le prolongement de la rue du Moulin, dont l’axe ne correspondait pas à celui de la rue Neuve.

Cet îlot appartient alors aux hospices de Roubaix, et les immeubles sont loués à un certain nombre de commerçants. On trouve au coin de la rue de Lille (n°1) et de la rue du Moulin (n° 2 et 4) un vieil estaminet à l’enseigne de l’ancienne barque d’or, au nom de M.Desbarbieux. Au n°6 de la rue du moulin, un sellier, M. Dupureur-Barot, au n°8 un négociant en vins, M.Coulon-Cuvelier, et au n°10, un autre estaminet au nom de M.Depauw. Rue de Lille, avant la rue des Loups, il y a une pâtisserie au n°3, au nom de R.Vanhaelst. On voit sur le plan qui suit les cinq commerces concernés et en rouge, le tracé du nouvel alignement.

Le projet en 1911 – document archives municipales

Le projet est pourtant reporté pour des raisons financières, le bail de ces commerçants ne se terminant qu’en 1924, ce qui représente des indemnités conséquentes à verser. En 1910, on reprend l’idée, et les immeubles situés entre la rue de Lille et le boulevard de Paris et appartenant aux hospices de Roubaix sont frappés d’alignement pour dégager les entrées de la rue du Moulin et de la rue de Lille, qui serait ainsi redressée. Les immeubles concernés sont un cabaret au coin du boulevard de Paris loué à M Desurmont, brasseur, et tenu par M. Dubus, un tapissier au n°6, Mme Veuve Rohart, un bourrelier au n°4, M. Dupureur, et l’estaminet de la barque d’or au n°2, au nom cette fois d’Henri Duvillers.. Au n°3 de la rue de Lille se trouve toujours la pâtisserie Vanhelst, et un terrain est loué à la compagnie des tramways de Lille à l’angle du boulevard de Paris.

Par ailleurs, il est également prévu d’exproprier trois immeubles situés au bord du boulevard de Paris, où exercent le boulanger Moreau, le photographe Shettle, et le marchand de vins Grimonprez. Il s’agit en fait de démolir tous les immeubles situés entre la rue de Lille et le boulevard de Paris jusqu’au débouché de la rue des Loups, pour créer une vaste place publique… La commission concernée juge que pour des raisons financières, il vaut mieux s’en tenir à la première partie du projet.

L’estaminet Dubus au numéro 10, le tapissier aau numéro 8 et vue des  démolitions 
documents Journal de Roubaix et coll. particulière

La ville reprend les baux et fait évacuer les occupants pour pouvoir démolir, mais Dupureur regimbe : il n’envisage pas d’abandonner aussi précipitamment une maison de commerce aussi bien placée dans l’intersection des plus belles et des plus vitales artères de la ville… La guerre survient, qui repousse les travaux de démolition. Ceux-ci sont finalement réalisés, et l’Écho du Nord nous montre en 1930 une palissade couverte d’affiches et de panneaux publicitaires cachant un terrain vague, et qualifié de véritable lèpre dans le quartier. On voit que les immeubles à l’entrée du boulevard de Paris sont toujours debout.

Le site en 1930 – photo Echo du Nord

En 1932 voit le jour un projet de construction d’un immeuble moderne, et le journal l’Égalité précise que le syndicat d’initiative les amis de Roubaix intervient pour que l’immeuble soit conçu dans le style flamand, bien dans la note locale. On décide aussi de démolir les n° 2 à 10 du boulevard Paris, appartenant à la « foncière des Flandres », avant de construire l’immeuble de rapport. Ces bâtiments, dont on voit le premier sur la photo précédente et qu’on retrouve sur la suivante, abritent au n°2, à l’angle, le pâtissier Vanhelst,  exproprié en 1912 du n°3 rue de Lille, et qui a repris la boulangerie de M. Moreau, le photographe Shettle au n°4, un expert comptable au n°6, suivi des entrepôts du Nord, négociant en vins.

Les immeubles à démolir – document collection particulière

Les travaux vont bon train et l’immeuble prend forme l’année suivante. L’Égalité déclare : par son architecture il se rapproche de l’Hôtel des Postes, tout voisin, et, comme cette construction, il ne manque pas d’élégance.

L’immeuble en construction – photo l’Egalité 1933
Le même, terminé – document médiathèque de Roubaix

Mais l’histoire de ce carrefour ne s’arrête pas là, et nous ne manquerons pas de la détailler davantage…

Les expropriés du carrefour

Les expropriations ont donc lieu en deux temps : d’abord en 1912 pour la rangée de la rue Jean Moulin et l’extrémité de la rue de Lille, en 1932 pour la partie bordant le boulevard de Paris. Essayons de voir ce que deviennent ces commerçants.

En ce qui concerne les expropriations de 1912, le pâtissier Van Haelst quitte le 3 rue de Lille et fait quelques mètres pour s’installer au 2 boulevard de Paris, où nous allons le retrouver en 1932. Le commerce de tapis, tenu par Mme veuve Rohart-Mahieu s’installe rue St Georges  (aujourd’hui la rue du général Sarrail) où elle ré ouvre son commerce au numéro 22. Elle change son activité en 1923 pour vendre de la la bonneterie. Le sellier Dupureur reste sur place jusqu’en 1914, puis cesse apparemment son activité et on perd sa trace à Roubaix après la guerre.

Au moment de l’expropriation de 1912, l’estaminet de la barque d’or, qui avait donné son nom au carrefour ferme. Son tenancier, Henri Duvillers, traverse alors la rue de Lille pour s’implanter sur le trottoir d’en face au 4, où il reprend l’hôtel de Paris. Il y restera jusque vers 1925, année où monsieur Gyselinck reprendra l’hôtel.

L’enseigne de la barque d’or ne disparaît pourtant pas, puisqu’on la retrouve immédiatement au 64 bis de la rue Neuve où il orne désormais la façade du cabaret de M. Desmarez. Un cliché datant de la première guerre nous le montre à son nouvel emplacement.

La barque d’or et le café des arcades pendant la première guerre – document Médiathèque de Roubaix

Noter la flèche indiquant la « Kommandantur » sur le mur du café à gauche de la porte du café des Arcades. On voit que l’enseigne « la barque d’or » a remplacé le nom du propriétaire C. Desmarez, qui s’y trouvait depuis 1904. Il tient son commerce jusqu’à la fin des années 20, et cède son fonds en 1930, le nouveau propriétaire étant désormais Auguste Meegens-Desmarez – probablement son gendre. Celui-ci demande en 1933 l’autorisation de faire des travaux sur sa façade, bien que le bâtiment soit partiellement frappé d’alignement, considérant le fait qu’il abrite le siège du syndicat des cabaretiers.

Le café de la barque d’or et ses propriétaires dans les années 30 – documents Médiathèque de Roubaix

En 1939, on trouve toujours M. Meegens derrière son comptoir. En 1953, la barque d’or est passée dans les mains de monsieur Housay. Aujourd’hui, l’établissement, devenu café-restaurant, se trouve toujours au même emplacement.

L’estaminet aujourd’hui – Photo collection particulière

 Pour ce qui est des expropriations de 1932, on retrouve au 2, à l’angle, R.Van Haelst , le pâtissier exproprié en 1912 du 3 rue de Lille et qui a repris la boulangerie de M. Moreau.  Apparemment très attaché à notre carrefour, celui-ci s’est relogé sur place puisqu’il rouvre sa pâtisserie au numéro 14 du boulevard de Paris ! Il cessera ses activités en 1935, et la pâtisserie deviendra un magasin d’antiquités.
A. Shettle, dont la boutique de photographe se trouvait au 47 de la rue de Chanzy, s’installe dès 1893 au 4 du boulevard de Paris, à l ’emplacement de l’estaminet Hermain. Il fait (re)faire sa vitrine en 1904, alors que la propriété appartient à M. Derville-Wibaux. On le retrouve à la même adresse  en 1932. Après la la démolition et la construction du nouvel immeuble de rapport, il reprend son activité quasiment au même endroit et ré ouvre  son commerce au 1 de la rue de Lille en 1935. Encore un commerçant qui reste attaché à ce carrefour !

Documents collection particulière

En 1956 la raison sociale devient Shettle et ses fils, puis en 1988, Shettle photo vidéo. C’est aujourd’hui une agence immobilière qui est installée dans ce local.

Un carrefour de tramways

Ancien chemin d’accès vers le moulin seigneurial, la rue du Haut Moulin est classée, ainsi que la rue de Lille, dans le réseau des voies urbaines en 1836. Elle prolonge la rue Neuve passée la rue de Lille. Au milieu du 19e siècle, elle troque son nom contre celui de rue du Moulin. Elle deviendra rue Jean Moulin en 1963.

Le bas de notre rue du Moulin sert de limite au du canal ouvert en 1843, qui s’arrête là en cul de sac. Il était prévu d’établir la jonction avec le tracé de Croix à travers les Hauts de Barbieux (actuel parc de Barbieux), mais des difficultés imprévues conduisent à l’abandon du chantier et à la réalisation d’un nouveau tracé au Nord. L’ancien canal est alors comblé entre la rue du Moulin et le pont Nyckees de 1873 à 1883. Sur son emplacement, on crée un boulevard central qui prend alors le nom de boulevard Gambetta. Le chantier du canal au delà de la rue du Moulin, abandonné, constituera l’avenue de l’Impératrice et le parc qui la prolonge. Cette avenue prendra en 1871 le nom de boulevard de Paris. On ne tarde pas à orner l’extrémité du boulevard Gambetta d’une fontaine.

Plan de 1867 – Document archives municipales

L’évolution des techniques fait que ce carrefour très passant ne tarde pas à être traversé de nombreuses voies ferrées. En 1878 la compagnie des Tramways de Roubaix et Tourcoing (TRT) met en service les premières lignes de tramways à chevaux, dont la ligne 1, menant de Croix à Tourcoing, qui emprunte la rue de Lille pour tourner à angle droit dans la rue Neuve. Cette ligne est construite à écartement normal (1m44), alors qu’en 1881, la ligne F des tramways à vapeur de la compagnie des tramways de Lille et de sa banlieue (TELB), également à voie normale, et menant de Lille à Roubaix par Croix, emprunte également cette même voie.

En 1894, les tramways à chevaux cèdent la place à des motrices électriques à la TRT. Celles-ci étant désormais à écartement métrique (1m), les rues neuve et de Lille doivent recevoir quatre files de rails imbriquées (écartement normal pour TELB et métrique pour les TRT). Mais le nombre de voies traversant notre carrefour va encore se multiplier. En effet, une ligne nouvelle ligne 2 bis, puis A bis) conduit à partir de 1905 de la grand-Place vers l’hospice Barbieux par la rue Neuve et le boulevard de Paris. Une autre ligne nouvelle emprunte la rue Neuve et la rue du Moulin et traverse la zone qui nous occupe aux alentours de 1900 vers le Raverdi et le boulevard de Fourmies (ligne 10, puis I).

1909 voit la mise en service du grand boulevard parcouru par le Mongy, sous les couleurs de l’ELRT, l’Électrique Lille-Roubaix -Tourcoing, à écartement métrique lui aussi. Il emprunte le boulevard de Paris par des voies longeant chacun des trottoirs et traverse la rue Jean Moulin pour poursuivre sa route par le boulevard Gambetta jusqu’à son terminus situé place de la Justice. Par la suite, la TRT abandonne la ligne vers Croix aux TELB, et la rue Neuve perd à cette occasion ses quatre files de rails pour ne conserver que sa voie métrique. En effet, le parcours de cette ligne est modifié en 1908 ; venant de la rue de Lille, elle rejoint désormais la grand-place par le boulevard Gambetta et la rue Pierre Motte. Quelle densité de voies ferrées à cet endroit !

Les voies traversant le carrefour en 1914. Document archives municipales

Ce plan de voies va se simplifier au fil du temps jusqu’à la suppression finale des tramways « urbains ». Seules les voies du Mongy demeureront. Elles vont modifier leur itinéraire et emprunteront la rue du Maréchal Foch dans les années 50 à la suite du prolongement de la ligne de la place de la liberté à la grand-Place et la constitution d’une raquette de retournement.

Intéressons nous maintenant aux bâtiments formant le coin rue de Lille-rue Neuve-boulevard Gambetta : Ils ont également beaucoup évolué au cours des années. A l’angle de la rue Neuve et du boulevard Gambetta on trouve à la fin du siècle un estaminet sous les noms de Farvacque en 1885, Lecreux en 1900, à l’enseigne du café des Arcades.

Le café des arcades – document médiathèque de Roubaix

Traversons la rue Neuve. Sur le trottoir d’en face, à l’angle de la rue de Lille, côté rue Neuve, une épicerie et une boucherie appartenant toutes deux à la famille Scarceriau. L’épicerie deviendra très vite un bureau de tabacs et la boucherie se transformera en estaminet sous la direction de M. Desmarez avant 1904. Le pan coupé de ce commerce arbore sur la photo une splendide peinture murale ! Sur le même coin, mais côté rue de Lille, on trouve une charcuterie au 2, et l’hôtel du Nord au 4.

 L’extrémité de la rue neuve après 1908 – A gauche l’estaminet Desmarez et la rue de Lille . Au fond une motrice électrique des TRT – document médiathèque de Roubaix

Mais le sujet est à peine effleuré, et nous le compléterons lors d’un prochain article…