L’évolution du groupe scolaire

En 1939, le groupe scolaire Jules Guesde c’est une école de garçons dirigée par M. Victor Huard, avec cinq classes et 203 élèves. C’est aussi une école de filles dirigée par Mme Vandercruyssen, avec cinq classes et 227 élèves. C’est enfin une école maternelle dirigée par Melle Fernande Carette avec trois classes et 147 élèves. Par comparaison, le groupe scolaire de l’avenue Linné à deux pas : Léon Marlot Garçons, c’est huit classes et 306 élèves, et Linné filles, huit classes et 309 élèves.

L’école Jules Guesde en chantier 1931 doc AmRx

La guerre a laissé des traces sur les bâtiments. On apprend par un rapport daté du 11 juillet 1945, qu’il faudra refaire les toitures pour un montant de 2 millions cent mille francs. Cette réfection est rendu nécessaire car ces toitures ont été utilisées par l’armée anglaise puis par l’armée allemande pour les tours de guets et l’installation des DCA (dispositif contre les avions). Des crevasses sont apparues du fait des vibrations, aggravées par les obus. Ceci explique en partie les fuites récurrentes du toit de l’école.

Nouvelles classes et nouveau préau Photo PhW

L’école maternelle est agrandie par décision du 30 mars 1953. Puis un rapport de décembre 1954 de l’inspecteur primaire annonce l’augmentation de la fréquentation scolaire pour la rentrée prochaine. En juillet 1955 Il est donc question d’augmenter le nombre de classes de l’école des filles et de l’école des garçons, quatre classes pour les deux écoles, plus une classe d’enseignement ménager pour les filles (gaz et éviers). Les préaux existants seront donc utilisés à cet effet, ce qui nécessite la construction de nouveaux préaux, qui longeront le mur de séparation des deux écoles.

Les entrées rue Jean Macé Photo PhW

Dans le même projet, il est question du percement d’une porte pour chaque établissement sur la rue Léon Marlot. Jusqu’ici, on n’entrait que par la rue Jean Macé. Cela nécessite la construction d’un couloir, il y en a pour 28 millions de francs pour l’ensemble des travaux.

Les accès côté rue Léon Marlot Photo PhW

En mai 1959, c’est le temps des préfabriqués, un peu partout dans Roubaix. Tandis qu’on construit des écoles dans les hauts champs, rue Édouard Vaillant et au Pont rouge, il est décidé d’affecter des classes préfabriquées Jules Guesde et Potennerie, dans le souci de faire quelques économies. L’année suivante, le groupe scolaire Oran/Delespaul et les centres sociaux rue Decrême, et boulevard de Metz seront également édifiés en préfabriqués. Le modèle est dûment approuvé par le ministère de l’éducation nationale et il est construit par la maison Lécorché Frères de Moyenmoutier dans les Vosges.

Modèle des préfabriqués doc AmRx

En 1960, les fuites de la toiture sont à nouveau à l’ordre du jour. Il est décidé que les vieilles terrasses en asphalte coulé seront désormais remplacés par une couverture en zinc à ressauts et dilatation, avec chéneaux, ce qui permet une évacuation plus prompte des eaux pluviales et ne nécessitent pas un entretien onéreux. Ce genre de couverture est dit mieux adapté à notre climat. Il sera d’ailleurs adopté pour l’ensemble des toitures scolaires roubaisiennes.

Une vingtaine d’années plus tard, l’école de garçons est fermée et réaffectée dans le cadre de la promotion sociale municipale, à l’A.F.P.S, Association pour la Formation et la Promotion Sociale, dispense des cours du soir, notamment en Français et en Mathématiques. Il existait également un atelier libre-service informatique. C’était un organisme municipal, dont les activités étaient hébergées dans l’ancienne école des garçons au 94 avenue Léon Marlot, l’école des filles étant devenue une école mixte. Puis, suite à la demande d’instances extérieures, il devient nécessaire de confier l’organisation de ces cours à un organisme indépendant et non plus municipal. L’A.D.E.P, Association pour le Développement de l’Éducation Permanente, est donc créée en juin 1998, et commence ses activités à la rentrée 98-99. Elle s’y trouve toujours, pour le bonheur de la population.

logo de l’ADEP

Inauguration du groupe scolaire

Plan du groupe scolaire Jules Guesde doc AmRx

Le groupe scolaire Jules Guesde est constitué d’une école maternelle, d’une école de garçons et d’une école de filles. Il a été réalisé de 1931 à 1933. L’architecte est Pierre Neveux et treize entreprises roubaisiennes ont participé au chantier sur une vingtaine de sociétés listées. On y trouve Léon Planquart Grand rue 222, Pennel et fils Crouy 39, Ferret Savinel et cie avenue Louis Pluquet, Derville fils rue de l’alma, Verbeeke-Beert, boulevard d’Armentières, Levast-Bayart et Adolphe Mazeman rue Pierre de Roubaix, Delespaul et fils rue d’Oran, Carette Duburcq rue du Luxembourg, Le Morvan et Stiernet rue Pellat, Rodolphe Frappe rue d’Alger, Gaston Prouvost Grand Rue et Maurice Fougous rue Pauvrée (Horlogerie électrique industrielle).

Fête pour l’inauguration doc AmRx

L’inauguration du nouveau groupe scolaire Jules Guesde prévue initialement en avril 1933, eut finalement lieu le 3 septembre de la même année. Entre-temps, il a été question de faire coïncider cet événement avec la fête annuelle de l’amicale Marlot Linné, dans le courant du mois d’août. Mais l’amicale Jules Guesde souhaite organiser elle-même cette fête. La date du 3 septembre est donc prise début juillet, et l’on annonce pour le programme des réjouissances : un cortège dont le rassemblement sera fixé à 15 heures, place du Travail, et un concert à donner après la cérémonie inaugurale. C’est la Philharmonie de Roubaix qui est désignée pour participer à ces deux moments de la journée. Son président, Paul Verbrackel, va se mettre en rapport avec le Président de l’amicale Jules Guesde, Louis Droit. La clique scolaire et post scolaire de la FAL est également sollicitée, pour la retraite aux flambeaux du samedi soir, et pour le cortège du dimanche. Pour le concert apéritif de 11 h 30, il est fait appel à la Fanfare La Paix, qui participera également au cortège dominical. Qui dit cortège, dit défilé de sociétés, et le Sport Ouvrier Roubaisien sera de la partie, de même que les sociétés de gymnastique « La Roubaisienne » et « l’Ancienne ». On complète le défilé avec des musiques : la fanfare des Trompettes « les dévoués », les accordéonistes roubaisiens de la rue Bernard, la société des Trompettes « les enfants du nord », les accordéonistes du Pile. L’illumination de l’inauguration sera assurée par la maison Albert Deny (rue decrême 170).

Officiellement invités, les directrices et directeurs sont prévenus le 11 août et il leur est suggéré d’aviser leur équipe. Melle Vandercruysse (directrice de l’école des filles) M. Huard (directeur de l’école de garçons) et la directrice de l’école maternelle non identifiée sur le courrier.

le défilé des amicales Photo JdeRx

L’ordre du cortège est ainsi défini : en tête la clique des tambours, clairons et fifres de la F.A.L, suivie par la section féminine et la section masculine de la F.A.L, les fanions des amicales laïques. Puis viennent la fanfare des Trompettes « les enfants du Nord », les élèves filles et les élèves garçons du groupe scolaire Jules Guesde et l’amicale laïque du groupe scolaire. L’Harmonie des accordéonistes du Pile fait une respiration musicale avant les amicales laïques, puis la Philharmonique de Roubaix précède la société de gymnastique « la Roubaisienne », les accordéonistes Roubaisiens, les gymnastes de l’Ancienne. Le Sport Ouvrier Roubaisien vient à la suite de la fanfare des Trompettes « les dévoués », et devant la Fanfare Ouvrière « la Paix ». Le public et les enfants des écoles publiques suivent.

Le défilé des élèves Photo JdeRx

Le regroupement a lieu à 15 heures place du Travail, on démarre une demi-heure plus tard, par le boulevard de Fourmies, les rues Raphaël, Jean Macé, Horace Vernet, Léon Marlot, l’avenue Alfred Motte et la rue Jean Macé.

Les officiels photo AmRx

À 15 heures, on procède à la réception des personnalités officielles invitées, des vins d’honneur sont offerts dans la salle du réfectoire, avant qu’on visite les locaux sous la direction de l’architecte Pierre Neveux. Le cortège arrive vers 16 heures 30, et il se place dans la cour des garçons. La Clique scolaire fait une sonnerie, et les discours s’enchaînent : Paul Droit président de l’amicale Jules Guesde, Gaston Duburcq pour la F.A.L, M. Laforest pour l’inspection académique, et Jean Lebas maire de Roubaix. Une nouvelle sonnerie de la clique clôture ce moment officiel. Le public est alors invité à visiter les locaux.

École de garçons côté rue Jean Macé Photo PhW

Le concert des fêtes inaugurales est organisé le lundi 4 septembre, avec le concours des grands prix et lauréats du 14 juillet 1933, parmi lesquels on retrouvera les noms suivants : Mademoiselle Odette Proisy, Monsieur Maurice Gilmé, Monsieur Léon Briffaut, Monsieur Robert Gilmé et Monsieur Vanoteghem. La pianiste acompagnatrice est Madame Scalbert.

Le collège Samain

 

 

Photo Nord Eclair 1974

Photo Nord Eclair 1974

Au 30 de la rue d’Alger, au coin de la grande rue, est installée, depuis le début du 20ème siècle et jusque dans les années 60, la Filature de coton Motte et Compagnie. La propriété comprend également l’habitation d’Étienne Motte et de sa famille, située dans un parc. Après la fermeture de l’usine, il faut trouver un usage pour la friche ainsi constituée, qui représente cinq hectares de terrain. Son acquisition est décidée par la communauté urbaine en juin 1970 pour y ériger un collège d’enseignement secondaire. On réserve la moitié pour la construction prochaine d’un lycée technique industriel. La Voix du Nord précise qu’après la démolition de l’usine, de longs travaux de déblaiement et de préparation ont été nécessaires.,

Ce collège est prévu pour 1290 élèves. Il doit être mis en service à la rentrée scolaire 1972-73. Le service des constructions publiques du ministère de l’Équipement de Lille est chargé des travaux.

Le collège en construction. Photo la Voix du Nord 1972

Le collège en construction. Photo la Voix du Nord 1972

En juillet 1972, on procède aux aménagements intérieurs et aux abords. M. Desmulliez, vice-président de la communauté urbaine, accompagné de l’architecte M. Goulard, vient se rendre compte de l’état des travaux. L’inauguration officielle se fait conjointement avec celle du lycée technique du Boulevard de Paris. M. Roussel, principal du collège accueille fin février 1973, parmi de nombreuses personnalités, M. Notebart, président de la communauté urbaine et Victor Provo, le maire de Roubaix

L'inauguration Photo Nord Eclair

L’inauguration Photo Nord Eclair

On prévoit également de construire une salle de sports sur l’ancien dépôt du laboureur. Elle ne sera réalisée que beaucoup plus tard. La première année, le collège comporte près de 500 élèves, mais il doit faire progressivement le plein : on attend 300 élèves nouveaux en 6ème pour la rentrée prochaine.

Le collège est précédé d’un parking placé le long de la rue d’Alger. Une fois la grille passée, on découvre à droite le bâtiment administratif. Entre celui-ci et le bâtiment des cours, à gauche, une galerie couverte qui commande l’accès à la cour de récréation. Le bâtiment principal comprend trois étages dont les classes sont classiquement desservies par un couloir central. A son extrémité, et placé à angle droit, un bâtiment à un étage avec le préau au rez de chaussée, la restauration scolaire à l’étage, prolongé à l’arrière par les locaux de la SES. Une très grande cour permet les ébats des enfants.

Photo IGN 1975

Photo IGN 1975

Mais, au fil du temps, les locaux vieillissent, et, le nombre d’élèves diminuant, la décision est prise de remplacer l’établissement par un collège neuf qui serait construit à peu de distance le long du canal au coin de la rue d’Oran et du quai de Marseille. La déclaration d’utilité publique est faite en 2012. Construit sur une superficie de 14000 mètres carrés, il est prévu pour 550 élèves et une section de Segpa de 80 élèves. L’architecte est le cabinet Goulart-Brabant-Loïez.

Le futur collège – document de l'architecte – la Voix du Nord

Le futur collège – document de l’architecte – la Voix du Nord

On relate dans les journaux que le collège doit intégrer un hêtre pourpre planté en 1840 et inscrit au patrimoine de la ville de Roubaix, ce qui semble toucher le public, mais aussi la quincaillerie Carré, ex brasserie Salembier, qui a surtout été la ferme de la Grande Vigne, une des quelques grandes fermes roubaisiennes, considérablement plus ancienne que le hêtre, et dont le sort ne semble émouvoir personne. D’après les plans du futur établissement scolaire, seule l’entrée semble devoir être préservée…

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Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Le lycée Jean Moulin

Dans son numéro du 24 Août 1969, Nord Éclair annonce la construction d’un Lycée Technique Mixte boulevard de Paris, au milieu de « magnifiques parcs privés qui entouraient les châteaux bordant le boulevard ». Le journal se félicite, selon l’opinion couramment partagée à l’époque, de cet événement qui va contribuer à donner un visage moderne à la ville. Il s’agit de remplacer le Lycée de la place Notre-Dame, trop petit. Le nouvel établissement doit comporter des sections industrielles et commerciales et intégrer un collège d’enseignement technique jumelé. Une grande cuisine et sept salles à manger, nécessaires pour nourrir les 1500 élèves prévus, doivent compléter l’ensemble.

Document Nord Éclair

Document Nord Éclair

Le futur Lycée doit trouver sa place entre la rue du Général Chanzy et la rue Dammartin. Cette zone, construite à l’époque depuis près de cent ans, est constituée de beaux immeubles construits en front à rue et de magnifiques propriétés constituées d’hôtels particuliers qui s’élèvent au milieu de parcs ornés de pièces d’eau. On trouve, en 1885, entre les numéros 39 et 47 les familles Cavrois-Mahieu, Druon-Voreux, Wattinne-Hovelacque, Destombes, ainsi que les assurances Verspieren, et, en 1939, les familles Loridan-Dassonville, Cavrois, Dhalluin, Thibeau-Motte, Wattinne-Dubrulle, et Motte-Rasson. La propriété la plus importante est le numéro 43, l’hôtel Thibeau-Motte, séparé du boulevard par un haut mur percé d’une grille imposante.

Il va falloir démolir tout ça.

Documents IGN 1953 – en encart l'hôtel Thibeau-Motte.

Documents IGN 1953 – en encart l’hôtel Thibeau-Motte.

Dès 1966 le conseil municipal a décidé du périmètre à consacrer au lycée dans le cadre de l’aménagement du boulevard de Paris. Les architectes désignés sont MM. Neveu, Spender et Aureau. On décide cette même année d’acquérir soit à l’amiable, soit par expropriation les propriétés et le préfet lance une déclaration d’utilité publique. Les travaux seront financés grâce à un emprunt d’un montant de 1 750 000 F contracté auprès de la caisse des dépôts. En 1968, on procède à l’expropriation pour cause d’utilité publique de la propriété appartenant aux consorts Thibeau (n° 43). C’est la communauté urbaine qui sera chargée de la construction. Les travaux de démolition commencent

Photo Nord Éclair. Au premier plan le bassin, au fond les restes de l'hôtel particulier

Photo Nord Éclair. Au premier plan le bassin, au fond les restes de l’hôtel particulier

La construction démarre au début de l’année 1971. Le temps est compté : le lycée doit ouvrir ses portes à la rentrée de septembre de l’année 72.

Le début des travaux - Photo Nord Éclair

Le début des travaux – Photo Nord Éclair

Tout se passe conformément aux plans, puisque la réception des travaux a lieu début Août 72. Le journal se réjouit du bel aspect de l’édifice. L’architecte a réussi à insérer les bâtiments en conservant certains des arbres centenaires. Face au boulevard de Paris, un bâtiment bas permet l’entrée des élèves et abrite les bureaux de l’administration. Sur la gauche, placé à angle droit, une vaste construction de trois étages rassemble les salles de cours. A droite, toujours perpendiculairement au boulevard, les logements sur trois niveaux, et, au fond, l’ensemble cuisine-réfectoire. On prévoit tout au fond, le long de la rue Coligny, une salle de sports. C’est Mlle Leroy, sa directrice, qui présidera aux destinées de l’établissement

La réception des travaux – photo Nord Éclair

La réception des travaux – photo Nord Éclair

L’inauguration conjointe du collège Samain, rue d’Alger et du lycée Jean Moulin, a lieu en février 1973, en présence d’Arthur Notebart, président de la Communauté Urbaine, et de M. Provo, le maire de Roubaix, parmi de nombreuses personnalités.

Le parking professeurs en 1993

Le parking professeurs en 1993

Les documents proviennent des archives municipales.

 

L’Espéranto à Roubaix

En Février 1903, intervient la création du groupe espérantiste roubaisien, avec des membres approbateurs, non protecteurs, tels que Georges Motte président de la chambre de commerce, Victor Despature, commandant de l’armée territoriale, président du cercle militaire, Edouard Roussel conseiller municipal, président d’honneur de la société des vétérans des armées de terre et de mer, Docteur Butruille, président du syndicat médical de Rx, président de la protection de l’enfance, président du nord touriste, Edmond Ternynck, industriel, Elie Derveaux, architecte, Jules Vroman chef de la société de gymnastique l’Ancienne. Le président du groupe est M. Xavier Dorion et les adhésions nombreuses dépassent la centaine.

Étiquette imprimerie Dorion AmRx

Étiquette imprimerie Dorion AmRx

Qu’est ce que l’Espéranto ? Créée en 1887, cette langue universelle a beaucoup attiré l’attention, et contrairement aux autres essais de langue internationale comme le Volapück , elle s’est rapidement répandue. EIle compte plus de cent mille adhérents dans le monde en 1903. L’Espéranto ne se présente pas comme appelé à remplacer les autres langues, mais comme langage auxiliaire, permettant à tous les pays de s’entendre. L’Espéranto ne peut en vertu de sa nature même s’inféoder à aucune croyance, à aucun parti, à aucun peuple, il est le bien de tous…La bibliothèque de l’Espéranto comprend méthodes, littérature, science ; à Roubaix, le dernier ouvrage publié est un recueil de prières pour les catholiques Pregareto por katolikoj. Suivent quelques exemples de textes comme les Paroles d’un croyant de Lamennais, et une ode dédiée à Léon XIII. L’auteur a fait suivre son livre de quelques pages explicatives de la méthode espérantiste.

Du 3 au 13 août 1905, à Boulogne sur mer, se tient un congrès international réunissant trois mille personnes de quinze nationalités différentes, parlant l’Espéranto le nouveau langage universel. En France les groupements espérantistes sont nombreux, et affiliés au groupement central de Paris qui a pris pour nom Société française pour la propagation de l’Esperanto. On peut y assister à des animations culturelles, discours, monologues, pièces de théâtre, dont le Mariage forcé de Molière traduit en Espéranto joué par dix acteurs de neuf nationalités différentes. Il est dit que l’Espéranto a la douceur de l’italien et la sonorité de l’espagnol.

Le café Pandore CP Méd Rx

Le café Pandore CP Méd Rx

Roubaix a donc son groupe, fondé en 1903 par Xavier Dorion, professeur de langues vivantes, qui s’était assuré la haute protection de M. Eugène Motte, qui fut président d’honneur, et de nombreuses personnalités de la ville. Charles Dorion a succédé à son père. Le groupe se réunit tous les mardis soir dans une salle du Café Pandore, où il a son siège. On y parle exclusivement l’Espéranto, et on l’écrit aussi. Sur une demande de M. Félix Chatteleyn, sénateur, un cours d’Espéranto a été créé à l’établissement Pierre Catteau, rue du grand chemin, tous les vendredis soir, animé par Charles Dorion. Les élèves sont toutefois peu nombreux, compte tenu de l’activité commerciale intense roubaisienne.

Congrès de Boulogne sur Mer Coll Particulière

Congrès de Boulogne sur Mer Coll Particulière

En Aout 1906, lors du deuxième congrès de l’Espéranto à Genève, on note la présence d’une délégation française, conduite par le lieutenant Bayol instructeur à st Cyr, auteur d’une brochure pour les médecins et le personnel médical. Il y est dit que le locuteur français reconnaît 75 mots de sa langue dans l’Espéranto, dont la grammaire est facile.

Congrès espérantiste Roubaix 1911 Photo le Journal de Roubaix

Congrès espérantiste Roubaix 1911 Photo le Journal de Roubaix

En Juin 1911, a lieu le Congrès régional espérantiste à Roubaix, à l’occasion de l’exposition internationale. La région du nord a un groupe espérantiste dans chaque ville, et la Fédération centrale est à Lille. A Roubaix, dans la salle artistique rue des champs, une réception est organisée par les membres du comité roubaisien. A dix heures et demie, sous leur bannière verte avec une étoile en coin, les espérantistes se rendent à l’hôtel de ville, où ils sont reçus. M. Dorion président du comité, Durieu de Lille, MM. Lamère, Vauthier et Tobis, secrétaires et trésorier du groupe de Roubaix, MM Denis Didier, Hellin, Bannart, Ernoult Taffin et Charles Dupire, membres du comité. Après la réception, un banquet de 200 couverts attend les congressistes à la salle artistique, en l’absence de M Prelat directeur de l’enseignement primaire du nord, Minet inspecteur primaire, et Lambert directeur de l’école pratique de commerce et d’industrie de Roubaix, tous excusés.

Le groupe espérantiste roubaisien pendant les années vingt Coll Particulière

Le groupe espérantiste roubaisien pendant les années vingt Coll Particulière

C’est en 1920 qu’on retrouve trace des espérantistes : Victor Vajda originaire de Budapest en Hongrie s’installe à cette époque à Roubaix où il crée une entreprise de publicité et de peinture en lettres. Il adhère au cercle espérantiste roubaisien « al fratigo » à la même époque. Il épouse à Roubaix en 1925 une autrichienne, et ils sont mariés en Espéranto. Ils font ainsi partie des 56 couples à travers le monde à s’être mariés de la sorte. En 1928, le groupe espérantiste est accueilli à l’hôtel de ville de Roubaix avec leurs amis de Courtrai.

Ceci n’est que le début de l’histoire. On a pratiqué l’Espéranto à Roubaix jusqu’à l’an 2000, mais les traces sont difficiles à trouver. Merci de nous aider à poursuivre l’historique par vos commentaires. On peut toujours pratiquer l’Espéranto sur Villeneuve d’Ascq, et on trouvera sur Internet les adresses et renseignements de ce groupe, de la fédération régionale, et de la fédération nationale des pratiquants de cette langue universelle.

 

Un collège innovant

En 1980, le CES Pellart, devenu entre-temps le collège Anne Franck, change de principal. Mme Perron est remplacée par Serge Psaume, qui, s’appuyant sur une équipe d’enseignants jeunes et dynamiques va impulser un certain nombre d’innovations.

Le collège au début des années 80 – document archives municipales

Le collège au début des années 80 – document archives municipales

L’établissement est classé en Zone d’Education Prioritaire. Son projet, élaboré au cours de nombreuses concertations, prévoit d’abord la mise en place de groupes de niveau dans les matières d’enseignement général (en particulier, Anglais, Français et Maths). Les élèves sont évalués régulièrement et passent périodiquement d’un groupe de niveau à l’autre selon le résultat des évaluations.

On met également en place l’aide au travail pour les élèves. Deux salles sont ouvertes chaque jour après la fin des cours au collège, mais aussi dans les quartiers. Les enseignants concernés apprennent aux élèves à s’organiser dans leur travail, leurs apportent un soutien en reprenant ce qu’ils n’ont pas compris, et les aident à faire leurs devoirs. Ce soutien individuel a très vite un grand succès et les jeunes prennent l’habitude de ce dispositif.

Tout ceci fonctionne grâce à l’esprit de coopération qui s’installe entre les enseignants qui prennent l’habitude de se « serrer les coudes » face aux difficultés, et de travailler ensemble, pour unifier le contenu de leur enseignement à l’intérieur les différents groupes de même niveau, certains faisant même leurs préparations de cours en commun.

A droite le réfectoire, suivi de la salle de dessin et de celle de musique – Cliché Jpm

A droite le réfectoire, suivi de la salle de dessin et de celle de musique – Cliché Jpm

Dans le même temps, le collège développe, sous l’impulsion de deux enseignants, un projet informatique ambitieux. Il réussit à faire partie des 83 collèges expérimentaux choisis au niveau national, et reçoit à ce titre une dotation de 10 ordinateurs de type Micral 8022, magnifiques machines graphiques.

Document Excelvision

Document Excelvision

L’équipe s’étoffe et s’étend à plusieurs matières, les professeurs développant des exercices complémentaires utilisés soit en cours, soit lors de séances de soutien placées le soir. On s’aperçoit en effet que les élèves, n’éprouvent pas de blocage vis-à-vis de l’ordinateur n’hésitent pas à effectuer les exercices, heureux quand ils les réussissent, et sans éprouver de culpabilité en cas d’échec. On réussit à leur faire intégrer des notions qu’on arrive pas à faire passer en cours traditionnel.

La Voix du Nord de Janvier 1984

La Voix du Nord de Janvier 1984

Dans un deuxième temps, et dans le cadre des plans Fabius « Informatique pour Tous » et « Télématique pour tous », l’équipe reçoit une deuxième dotation composée de TO7 de chez Thomson, bientôt remplacés par un nano-réseau de MO5 du même constructeur. Le nombre d’enseignants concernés continue à croître. 30% des enseignants suivent des formations spécialisées en informatique. Avec le concours du Cueep, on développe au collège des programmes en Basic et en Logo et de nombreux exercices d’ Enseignement Assisté par Ordinateur. Une bonne partie des élèves « passent sur ordinateur » à un moment ou à un autre et profitent des bienfaits de cette technologie.

Photo La Voix du Nord 1984

Photo La Voix du Nord 1984

Le collège est également doté d’un serveur télématique Leanord, et des exercices sur minitel sont également développés. Par ailleurs, il reçoit un équipement vidéo sous forme d’une régie noir et blanc qui sera utilisée avec les élèves. Cet équipement est bientôt remplacé par des équipements VHS.

Toutes ces actions débouchent sur des résultats, et le pourcentage des non-lecteurs qui était précédemment au collège de 10 % à l’entrée en sixième, diminuent considérablement : au bout de deux ans d’expérimentation, on ne compte plus que 6 non-lecteurs sur l’ensemble des élèves qui l’ont suivie.

Par ailleurs, on organise pendant les vacances des ateliers informatiques les initiant à la programmation. Ceux-ci sont suivis avec enthousiasme par les jeunes.

Photo La Voix du Nord Ete 1984

Photo La Voix du Nord Ete 1984

La Voix du Nord 1984 – A droite M. Psaume

La Voix du Nord 1984 – A droite M. Psaume

Les documents joints proviennent des archives municipales.

On construit le collège

Après les démolitions, les travaux marquent le pas. Le terrain n’étant pas constructible, sa libération nécessite plus de temps que prévu, et les élèves sont toujours pour partie au petit Lycée, pour partie à Turgot, le reste étant hébergé rue Notre Dame dans les locaux de l’école publique.

Cependant, en Juillet 1974, les travaux du CES sont en cours. Ils sont réalisés par une entreprise de Gironde, avec la participation de l’entreprise Planquart. Une photo de la Voix du Nord, prise de la rue Pellart montre les bâtiments de la SES. A droite les ateliers, puis les salles de technologie et, sur deux étages les salles de cours. Au dessus de ce dernier bâtiment se profilent ceux encore en place avant la construction de la salle de sports.

Photo la Voix du Nord - 1974

Photo la Voix du Nord – 1974

On envisage une ouverture prévue à la rentrée de Toussaint pour les 900 élèves prévus auxquels va s’ajouter une section d’éducation spécialisée (SES). La construction est de type « industrialisé léger avec une ossature en béton ». Si l’ossature béton est solide, on ne peut pas en dire autant panneaux légers qu’elle structure, et les utilisateurs du collège ont le souvenir des nombreuses plantes poussant entre les cloisons extérieures et la dalle au rez de chaussée des bâtiments : la nature s’installait dans les classes !

Une photo aérienne de l’époque nous montre à droite le bâtiment de la SES avec sa partie centrale plus basse, au centre le bâtiment des cours du collège, et, en haut à gauche, l’amorce de la cour de récréation. Notons que le parking, situé en bas à droite le long de la rue Pellart, est très étendu. Il se situe là où passera l’avenue des Nations Unies et héberge les voitures des enseignants du collège, mais aussi celles des policiers travaillant au commissariat situé de l’autre côté de la rue Pellart. En bas à droite, l’ancien pâté de maisons qui ne tardera pas à disparaître pour faire place à la salle de sports.

Document IGN - 1975

Document IGN – 1975

L’équipe administrative est déjà en place, derrière la directrice Mme Perron. Son adjoint est M. Lapierre, et le directeur de la SES Jean Marie Caudron, le poste du Conseiller Principal d’Education étant tenu par M. Faille. L’intendant est M. Andès (qui a également en charge le Lycée Turgot et le CET du boulevard de Lyon, et qui prendra très vite en charge le lycée Jean Rostand à sa construction. Son adjointe au collège est Mme Bernard, qui chapeaute l’équipe des personnels de service, une demi-pension étant prévue pour nourrir l’importante population scolaire.

Le bâtiment de la SES – photo Delbecq

Le bâtiment de la SES – photo Delbecq

Le collège comporte, à côté des classes allant de la 6ème à la troisième, des sections CPPN (Classes Préprofessionnelles de Niveau) et CPA (classes de Préparation à l’Apprentissage) dont une part importante de l’horaire est consacré à la technologie et à l’enseignement professionnel, ainsi que la section d’enseignement spécialisée qui offre la particularité, à côté de l’enseignement technique, de confier l’enseignement général à des instituteurs spécialisés : les élèves n’ont donc affaire qu’à deux enseignants : un pour l’enseignement général, et un autre pour le technique. L’implantation des bâtiments reflète sa structure pédagogique avec un bâtiment consacré à l’enseignement général, un autre aux enseignements spécialisés, et un troisième à la SES.

Photo IGN

Photo IGN

Le bâtiment d’enseignement général comporte deux étages. A chaque niveau un hall central donne accès aux classes. Au rez de chaussée, le bureau du Conseiller Principal d’Éducation et le Centre de Documentation et d’Information.

Le bâtiment le plus vaste, sans étage, regroupe les enseignements spécialisés. Le programme prévoit, pour les filles, l’enseignement ménager et la couture, pour les garçons les travaux du bois et du métal. Il intègre également les bureaux de l’intendance et de l’administration, ainsi que la salle des professeurs. Deux patios éclairent le centre du bâtiment et un ensemble de couloirs desservant l’ensemble permettent un parcours circulaire, le jeu pour les élèves étant d’en faire le tour en courant durant les récréations, et, pour l’équipe des surveillants, de les en empêcher !

Document IGN

Document IGN

Le collège, dénommé à ses débuts « CES Pellart » va prendre rapidement son nom définitif de Collège Anne Franck et entamer le cours de son histoire, sur laquelle nous reviendrons.

Un CES dans le centre

Dans les années 70, il est impératif de diminuer le nombre d’élèves à l’institut Turgot, très surchargé, et implanté sur un terrain trop petit pour lui. Les élèves de la sixième jusqu’à la troisième sont hébergés en majorité au petit Lycée, ouvrant sur la grand rue et le boulevard Gambetta, mais ce n’est qu’une solution provisoire et on songe à construire un CES neuf dans le centre. Un emplacement est sélectionné à peu de distance de la grand place, à l’angle des rues Pellart et du Pays, dans une zone qui doit être bouleversée par le passage prochain de la pénétrante. Cette partie de Roubaix, cœur de la ville, est très densément et très anciennement construite. On y trouve nombre d’entreprises, cohabitant avec des maisons particulières. On délimite la zone sur lequel sera implanté le CES, à coups d’expropriations.

La zone à exproprier – document IGN 1962

La zone à exproprier – document IGN 1962

L’îlot formant le coin des deux rues est laissé de côté dans le projet, mais il succombera dès 1977 lors de la construction de la salle des sports. Les bâtiments à démolir sont, pour la rue du Pays les numéros 14 à 24, et, pour la rue Pellart, les numéros 17 à 31.

On trouve notamment, en 1960, rue du Pays au 14 un négociant en laines, au 16 la Banque Régionale du Nord, au 18 une maison particulière, au 20 l’entreprise Ryo-Catteau, qui se prolonge jusqu’à la rue Pellart, aux 22 et 22bis, les Tissages du centre, Léon Monnier, et au 24 les établissements Derville Frères, négociants en tissus. Les locaux de la banque régionale du Nord seront finalement rachetés par la ville pour être aménagés en maison de jeunes.

Les bâtiments à démolir rue du Pays - Photo Nord Matin

Les bâtiments à démolir rue du Pays – Photo Nord Matin

On voit au premier plan le numéro 14, qui abrita la manufacture Dumortier-Guiot, puis le tissage Béaghe et compagnie. On aperçoit ensuite la façade monumentale de la banque du Nord, installée aux numéros 16 et 18 avant la première guerre. L’impressionnante grand porte qui suit est celle de l’entreprise Ryo-Catteau, qui fabrique des machines textiles depuis 1836. La façade qui suit, aux nombreuses fenêtres, est celle du tissage Léon Monnier située aux numéros 22 et 22bis, qui portait le nom de tissage Paul Prouvost à la fin du 19ème siècle. Le bâtiment suivant, au numéro 24, était en 1910 celui de Mme Boët, repris ensuite par MM. P. et Ch. Toulemonde, qui avait également son siège social au 9 de la même rue et des bureaux au 30.

Documents collection particulière

Documents collection particulière

La rue Pellart était également densément bâtie. On y trouvait en 1960 au17 Les laines à tricoter Bohnlaines, au 19 Caliqua, chauffage industriel, rien au 21, l’entreprise Ryo-Catteau aux 23 et25. Le numéro 27 abritait le Tiers-Ordre Franciscain, et le 31 la bonneterie M. et R. Masurel et Cie.

Les bâtiments de la rue Pellart qui vont disparaître – photo Nord Matin 1972.

Les bâtiments de la rue Pellart qui vont disparaître – photo Nord Matin 1972.

Dans ces bâtiments ont également prospéré au 17 le tissage Mulliez-Frères, au 19 le fabricant Petrosino Spriet et Cie, au 31 la société J et M Bossut.

Documents collection particulière

Documents collection particulière

1972 voit se concrétiser le projet de démolition pour faire place au le CES Pellart., Les gravats, nous précise Nord Matin, seront évacués par la grande porte des établissements Ryo-Catteau, les camions étant autorisés, pour l’occasion, à emprunter la rue Pellart à contre-sens. On prévoit que les travaux de démolition dureront jusqu’à la fin de l’année. Les choses se précisent : en novembre 1973, on assiste à la naissance de l’association des parents d’élèves, qui se réunit au 150 grande rue, dans les locaux du petit Lycée. La construction du collège ne va pas tarder ; nous la relaterons dans un prochain article…

 

 

 

 

 

Années 50 : baby-boom et constructions scolaires

Dans les années 50, les quartiers sud vont être abondamment lotis. Cet afflux de population a pour corollaire la construction d’écoles primaires qui permettront d’absorber cet afflux d’enfants, lié au transfert de population venue d’autres quartiers, mais aussi à l’influence du baby boom. Les nouveaux lotissements sont construits sous l’égide du CIL, dans le but d’éliminer l’habitat insalubre.

Ces constructions débutent en 1950 par l’école Ste Bernadette, située dans un quartier où se mettent en place les chantiers des groupes Pigouche (45 maisons) et Carpeaux (54) sous l’égide de l’UMIC. L’école est construite sur l’emplacement de la vieille ferme de la Haie, appartenant à la famille d’Halluin et acquis en 1946 par la ville. Les bâtiments sont construits dans le style des maisons environnantes, récemment construites. Ils forment un L qui inclut l’ancien bâtiment d’habitation de la ferme servant aux religieuses.

L'école en 1983 - Photo Lucien Delvarre

L’école en 1983 – Photo Lucien Delvarre

1951 voit, rue de Condé dans le quartier du Pile, l’ajout de 3 classes aux 6 existantes et la construction d’un réfectoire, à la grande satisfaction de Mme Legrand, la directrice. Ces travaux s’expliquent par le fait qu’on prévoit 88 logements collectifs au square Destombes, tout proche, dont la construction démarre cette même année.

Photo Nord Matin 1951

Photo Nord Matin 1951

Après ces chantiers isolés, à partir de 1955 est mis en place un vaste plan de construction comportant plusieurs groupes scolaires, pour répondre au lotissement des nouveaux quartiers construits sur les zones restées libres.

Les premiers immeubles collectifs du quartier du Pont-rouge sont mis en chantier en 1950. D’autres constructions suivront à partir de 1953. On prévoit également un peu plus tard la construction du quartier des 3 ponts. Il faut scolariser toute cette nouvelle population, et l’on construit en 1955 un groupe scolaire comportant 16 classes à l’extrémité de la rue Julien Lagache, après l’hôpital et face à la vieille ferme Loridan. L’ouverture a lieu l’année suivante. Construite en plein champs, on l’appellera quelques années « l’école aux vaches », jusqu’à ce que les bâtiments s’implantent tout autour.

 

Le chantier à ses débuts. Photo Nord Eclair 1955

Le chantier à ses débuts. Photo Nord Eclair 1955

Pour répondre à la construction de la cité de débord, implantée dès 1950, et anticiper celle du quartier des Hauts Champs, qui s’élèvera à partir de la fin des années 50, on prévoit la construction du groupe Brossolette. La construction démarrera en 1956 et sera conduite en plusieurs phases successives pour arriver à un total de 38 classes.

Document la Voix du Nord 1956

Document la Voix du Nord 1956

Plus ponctuellement, apparaît une nouvelle maternelle au 225 de la rue de Leers. Mme Naye y sera directrice en 1968.

Photo Nord Eclair 1956

Photo Nord Eclair 1956

 Dans le quartier de Beaumont, où apparaissent également des lotissements de maisons individuelles, on élève un nouveau groupe scolaire, mais sur deux terrains proches pour des raisons de place disponible, toutes deux sur l’emplacement d’anciennes fermes (Leuridan et Cruque). On installe rue Edouard Vaillant l’école de filles et la maternelle (respectivement 4 classes, directrice Mme Brouart, et 3 classes, Mme Fourrage), et place du Travail l’école de garçons (directeur M. Godin).

Photo la Voix du Nord 1957

Photo la Voix du Nord 1957

A la Potennerie s’implantent au début des années 50 des collectifs. Dans le même temps s’ouvre en 1956 au coin des rues Jules Guesde et Dupuy de Lôme, sur une partie du parc, un ensemble scolaire comportant 10 classes de filles et 6 de maternelles. Il est inauguré en septembre 1956.

Document Nord Eclair 1955

Document Nord Eclair 1955

 En ce qui concerne l’enseignement privé, on construit à la même époque 4 classes supplémentaires à l’école St Michel rue Jouffroy.

Durant cette période, la municipalité fait donc un effort considérable pour s’adapter et faire face à l’afflux des élèves. Cet effort se poursuivra au cours la décennie suivante, mais dans une moindre mesure, l’essentiel étant réalisé.

Tous les documents proviennent des archives municipales.

 

Un Lycée technique sur une filature

Dans les années 50, l’institut Turgot comporte  des classes allant de la sixième à la terminale, ainsi que des sections professionnelles préparant aux CAP et BEP, et il est un peu à l’étroit dans ses murs. Dans un article de 1961, Nord Matin attire l’attention sur les difficultés croissantes qu’éprouve l’établissement pour accueillir les élèves. Il est question de reporter des classes sur le « petit Lycée », boulevard Gambetta, rattaché à l’institut en 1948. Mais on voudrait implanter l’établissement ailleurs. On parle d’abord de l’emplacement de l’ancien abattoir, puis du quartier du Carihem, près du nouveau Lycée de garçons flambant neuf, mais rien n’est défini. En attendant, on profite de tout espace resté libre pour construire salles de classes et ateliers.

Le nouveau bâtiment en bordure de la rue de la Paix - photos Nord Matin 1961-La Voix du Nord 1962
Le nouveau bâtiment en bordure de la rue de la Paix – photos Nord Matin 1961-La Voix du Nord 1962

 Si on construit de nouveaux locaux sur place, on envisage toujours d’édifier un nouvel établissement. Finalement, l’ancien Institut sera partagé en trois parties : les classes jusqu’à la troisième seront reprises par le collège Anne Frank, la partie secondaire (classes de seconde à la terminale), iront au Lycée Jean Rostand. Le collège technique, lui, reste rue du Collège.

C’est le site des anciens établissements Motte, rue d’Alger, qui est choisi pour construire le Lycée Rostand . Il partagera l’espace disponible avec le collège Samain, lequel est ouvert en 1972.

Le site en 1953, 1975 et 1981 – documents IGN
Le site en 1953, 1975 et 1981 – documents IGN

Mis en chantier en 1975, les bâtiments sont constitués de modules identiques préfabriqués. La construction est l’œuvre de l’entreprise Caroni, sur des plans des architectes Jourdain et Lecroart. Le lycée est prévu pour accueillir à terme 750 élèves.

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Le lycée en construction documents Nord Eclair
Le lycée en construction documents Nord Eclair

Le bâtiment des logements des personnels administratifs est construit à l’angle de la grand-rue, là où se trouvait le logement du propriétaire de l’usine. L’architecte fait en sorte de conserver une partie de l’ancien parc et des magnifiques arbres qui l’ornaient. Les fenêtres du de la bibliothèque donnent directement sur les arbres du parc.

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L’établissement n’attend plus que les élèves.

 Documents Archives municipales