Le refuge du quai de Gand

Lors de la fondation de l’antenne roubaisienne de la Ligue Protectrice des Animaux par M. Lenglant, la ville met à leur disposition un espace dans l’abattoir en 1957, puis, en 1959, les loge dans les bureaux de l’ancien dépôt des tramways situé rue de Mascara. On y installe des boxes et un enclos extérieur pour permettre aux animaux de prendre l’air. Ceux-ci sont sous la garde vigilante de M. Fontaine, nous précise la Voix du Nord.

Le refuge rue Mascara en 1959 – photo la voix du Nord

Le refuge rue Mascara en 1959 – photo la voix du Nord

Mais cette implantation n’est que provisoire, et, en 1965, le refuge s’installe près du canal, au coin de la rue Turgot et du quai de Gand sur un espace planté de jardins.

Le nouveau lieu d'implantation – photo IGN 1947

Le nouveau lieu d’implantation – photo IGN 1947

On construit à cet effet un bâtiment à un seul niveau dont la façade s’aligne le long du quai. Un espace reste libre derrière la nouvelle construction pour permettre les ébats des « réfugiés » tout en laissant la place à une future extension.

Photo IGN 1965

Photo IGN 1965

L’ouverture est prévue pour le 27 décembre. Nord Matin qualifie le bâtiment de « coquet » avec sa peinture blanche et bleu-ciel. Le journal souligne le progrès réalisé par rapport aux locaux précédents « perdus au fond d’une impasse tristement mélancolique ». Les installations comprennent un bureau, une infirmerie, et, au fond, 26 boxes avec accès à une grande cour carrelée s’ouvrent sur un long couloir. Mme Dewitte en est la gérante. Le personnel bénévole comprend en outre quatre personnes, et l’association emploie deux vétérinaires.

Les nouveaux locaux – photo Nord Matin

Les nouveaux locaux – photo Nord Matin

Le temps ayant passé, ces installations sont devenues de plus en plus vétustes et sont constamment bondées. En 2012, le refuge comprend 70 box, mais ils sont insuffisants en nombre pour accueillir les animaux abandonnés. Les responsables de l’association drainant les animaux de 80 communes réclament périodiquement des locaux plus grands, mais la question du relogement reste pour l’instant sans solution. Un prochain déménagement, cinquante ans après le précédent, se fait encore attendre…

Document LPA - 2013

Document LPA – 2013

Hormis le dernier, les documents proviennent des archives municipales.

 

Boulevard de Fourmies : l’union des commerçants

Le boulevard de Fourmies a toujours été très riche en commerces de proximité. Les commerçants y font des opérations de promotion, mais, jusque dans les années 60, ils agissent en ordre dispersé. Ils vont pourtant s’unir en octobre 1966. et former un comité pour préparer les fêtes de fin d’année. Ils s’associent à la municipalité pour installer des illuminations, et lancent, pour attirer la clientèle, une première quinzaine commerciale, assortie de distributions de louis d’or. Le président est M. Da Silva, M. Fassin est le vice-président, M. Dujardin le trésorier, et Mme Bacrot la secrétaire.

Photo Nord Matin

Photo Nord Matin

L’année suivante, Nord Eclair nous précise que l’association représente 27 commerçants, situés boulevard de Fourmies entre les places Spriet et du Travail, et regroupant tous les types de commerces. Le comité prévoit de reconduire la quinzaine commerciale à l’automne. Il envisage également d’organiser une braderie.

On apprend également que M. Buisine, président de l’union des commerçants du nouveau Roubaix, est élu membre de la chambre de commerce métropolitaine. Cette même union du nouveau Roubaix organise la même année une manifestation de sympathie à l’occasion du départ en retraite de M. et Mme Lierman-Delbaert, son vice-président, alors que M. Vandeputte en est le secrétaire. Il existe donc deux comités parallèles. Quels sont les liens entre les deux ? En tout cas, on n’entend plus parler dans la presse du comité du Nouveau Roubaix pendant un certain nombre d’années ; seul va se manifester celui du boulevard de Fourmies.

Les illuminations - document Nord Eclair

Les illuminations – document Nord Éclair

Celui-ci reconduit fin novembre 1968 les illuminations et la quinzaine commerciale, assortie de cadeaux attrayants :  il s’agit cette fois de vélos pliants distribués à l’issue de trois tombolas. De plus une caravane publicitaire assure durant quinze jours la sonorisation de cette artère. Le projet d’organiser une braderie prend corps : on la prévoit un lundi de l’année suivante.

Elle a bien lieu le lundi 9 juin 1969 : Nord Éclair la qualifie de « braderie monstre du Nouveau Roubaix ».

La braderie en 1985 – photo Lucien Delvarre

La braderie en 1985 – photo Lucien Delvarre

L’autre point fort de l’année reste la quinzaine commerciale de décembre, associée à une caravane publicitaire et une tombola.

Une idée nouvelle en 1971 : le comité organise en avril, avec le concours du Vélo Club de Roubaix, le premier grand prix cycliste du boulevard de Fourmies, réservé aux cadets, dont le départ est donné place du Travail, devant le café « au rendez-vous des auto-écoles ». Deux mois plus tard, la braderie en est à sa troisième édition ; elle coïncide avec la deuxième ducasse de la place du Travail. La composition du comité des commerçants est modifiée : alors que M.Fassin reste vice-président, le président est M. Martel, le trésorier M. Coetsier, et le secrétaire M. Vincent.

La liste des coureurs – document Nord Eclair

La liste des coureurs – document Nord Éclair

En 1972, il n’y a plus de comité des fêtes : c’est l’union des commerçants qui organise les festivités. Le grand prix cycliste réunit deux fois plus de concurrents que l’année précédente ; la braderie coïncide, cette année encore, avec la fête foraine de la place du Travail. Quant à la tombola de la quinzaine commerciale, elle fera 100 gagnants. Ces animations s’installent dans la durée, et deviennent partie intégrante de la vie du quartier.

L’année 1973 voit le comité patronner au mois de mai une grande exposition de voitures, de caravanes et de bateaux, de quoi préparer les vacances.

Document la Voix du Nord

Document la Voix du Nord

Cette exposition est associée à des ventes promotionnelles chez les commerçants membres de l’union. Les autres manifestations perdurent : le grand gagnant de la quinzaine commerciale se verra offrir un voyage aux Baléares pour deux personnes.

Les commerçants réunis en 1973 - Document la Voix du Nord

Les commerçants réunis en 1973 – Document la Voix du Nord

En 1985, naît l’union commerciale du Nouveau Roubaix, qui englobe apparemment celle du boulevard de Fourmies, qui disparaît donc au terme de près de 20 ans d’activité. La nouvelle association est composée de M. Segard, le président, M.Dubon, vice-président, et Mme Fassin, trésorière.

Le comité de la nouvelle association – document La Voix du Nord

Le comité de la nouvelle association – document La Voix du Nord

 

Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix

C’est en mars 1965 que se déroule l’inauguration du Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix. A cette occasion, une exposition réalisée par le club des jeunes de Paul Bert est présentée dans la salle des fêtes du groupe Marlot Linné : l’équipe de MM Wild, Souris et Mangold expose toutes sortes de fossiles, pierres, serpents, poissons, coquillages, insectes, oiseaux. M. Torion[1], Président du foyer prend la parole pour expliquer l’orientation des activités des amicales vers les jeunes, dont « la masse est imposante notamment dans le quartier du Nouveau Roubaix ». M. Torion déclare que ce foyer étendra ses activités jusqu’aux Hauts Champs. Il ajoute que la réforme de l’enseignement provoquera petit à petit la disparition des amicales. C’est pourquoi les amicales Jules Guesde et Marlot Linné ont fusionné pour former un foyer. M Pierre Prouvost, adjoint au maire constate à son tour que les anciennes structures sont dépassées. Il assure que l’administration municipale encouragera au maximum cette nouvelle direction dans les activités des jeunes.

L'exposition lors de l'inauguration de 1965 Photo NE

L’exposition lors de l’inauguration de 1965 Photo NE

De fait, l’heure est à la transformation des vieilles amicales. Ainsi l’amicale Jean Macé devient-elle le Foyer des Jeunes et de la Culture en novembre 1965, sous l’égide de son Président Octave Vandekherkove, alors que le doyen François Winants reçoit la décoration du mérite philanthropique des mains de Victor Provo, maire de Roubaix. De même, également en novembre, l’amicale Archimède, auréolée par les résultats sportifs de son club de jeunes, souhaite par la voix de son Président Florentin Six l’aider au maximum. L’amicale Pierre de Roubaix saute le pas également en devenant un foyer de jeunes et d’éducation populaire, avec de nouveaux statuts, et de nouvelles activités. Les amicales Paul Bert et Edgar Quinet, par la voix de leur président Francis Leignel dit l’urgente nécessité de fonder un foyer de jeunes et d’éducation populaire. C’est une période de changement : en décembre, la fédération des amicales laïques emménage dans de nouveaux locaux, elle quitte les locaux vétustes du 42 rue d’alsace pour s’installer au 20 rue de Lille.

Nouveaux locaux pour la FAL PhotoNE

Nouveaux locaux pour la FAL Photo NE

En 1966, le Foyer des Jeunes du Nouveau Roubaix comprend cent vingt membres âgés de 16 à 25 ans, et leurs aînés ont toujours des activités : société d’épargne, belote, tir, un stand de tir (en préparation dans la salle des fêtes du groupe scolaire Jules Guesde), loisirs culturels. Le programme pour l’année 1966 est important : une soirée musicale et artistique est prévue dans la salle des fêtes de la rue Jean Macé. C’est un événement : il s’agit d’une animation artistique « hors le centre », avec la participation des lauréats du conservatoire et de leur directeur André Thiriet. Les autres activités sont diverses : en février, une conférence sur l’initiation à la peinture moderne, un colloque sur la guerre au Vietnam, avec une exposition. En mars, une intervention du centre d’orientation professionnelle à l’intention des parents d’élèves, une conférence de Bernard Jeu sur l’Union Soviétique. En avril, une exposition concours de photographies. En mai, le Foyer participe à la fête du travail, et à cette occasion présente une pièce de théâtre par son groupe théâtral dirigé par Melle Leroux à la bourse du travail. Fin mai, théâtre encore, avec un drame policier de Robert Thomas, Piège pour un homme seul. La liste des activités est encore longue : un ciné club fonctionne tous les derniers samedis de chaque mois, une section discophile permet la pratique et l’étude de la musique. Il y a aussi une section de danses collectives, de jeux d’échecs. Le Foyer va aussi accueillir la tournée de l’Ufolea « prestige de la guitare » et organiser des soirées dansantes.

Daniel Deloor et Henri Drymala, entraîneurs du LC Nouveau Roubaix Photo NE

Daniel Deloor et Henri Drymala, entraîneurs du LC Nouveau Roubaix Photo NE

Les sports sont également représentés : une section de football, de tennis de table avec M. Jacquemin, et une section de lutte, le Lutteur club du Nouveau Roubaix avec des éléments de valeur, internationaux, champions de France, et un moniteur de classe internationale, Henri Drymala. En février, le Foyer organise les éliminatoires du championnat des Flandres dans la salle des sports Brossolette des Hauts Champs. Pour l’animation, le Foyer dispose de deux salles en alternance, la salle des fêtes Marlot Linné et celle du groupe scolaire Jules Guesde. En projet, un foyer tout neuf et indépendant ?

En Octobre 1966, lors de son assemblée générale, le Foyer des jeunes et d’éducation populaire du nouveau Roubaix se réunit dans la salle de la rue Jean Macé. Michel Hory, responsable du club de jeunes rappelle le but du Foyer : apprendre au jeune un métier d’homme et l’aider à passer avec le moins de difficultés possible de l’adolescence à l’âge adulte. Il émet le souhait de réunir les clubs de jeunes afin de mieux se connaître et pour mieux s’épauler. Toujours en octobre, signe de l’évolution grandissante de l’activité, a lieu la présentation officielle d’un entraîneur adjoint issu du club à Henri Drymala. Daniel Deloor, 20 ans, deux fois champion de France, international, trois fois champion de France militaire, s’occupera de la culture physique et de l’entrainement général de la pratique de la lutte. Un bel exemple d’émulation par le sport.


[1] Monsieur Richard TORION, Retraité de l'Éducation Nationale, Ancien adjoint au maire de Roubaix, 
Président d'honneur de la Fédération du Nord des délégués départementaux de l'Éducation Nationale, 
Chevalier de l'ordre national du Mérite, Commandeur des Palmes académiques, 
nous a quittés le 31 mai 2012 à l'âge de 89 ans.

Le centre de formation de la rue Delespaul

Au n°185 de la rue Delespaul se trouvaient en 1953, les ateliers de constructions électroniques, anciens Ets Flaga. Il y avait un concierge, M. Breywaert. Puis en 1960, c’est la société parisienne Clarel qui vient s’installer là. Les membres de l’atelier se souviennent du grand nombre d’ouvriers qui travaillaient là et de l’agencement des lieux. Chaque étage était réservé à un type de fabrication particulier. CLAREL était une société Française spécialisée dans la fabrication d’appareils d’éclairage intérieur et extérieur. CLAREL s’est fait connaître sur le marché de l’éclairage public Français au début des années 1950. Sa première réalisation fut un modèle résidentiel de lanterne fait d’une vasque en plexiglass allongée en forme d’accordéon, équipée de tubes fluorescents. Son catalogue de produits s’est largement développé en France et en Belgique. La société Ragni continue de commercialiser les lanternes CLAREL encore présentes au catalogue lors de la reprise tout en commercialisant ses propres produits.[1]

Publicité Clarel parue dans NE

Publicité Clarel parue dans NE

Une annonce parue dans la presse en janvier 1971 nous apprend que le centre AFID est installé depuis quelques mois dans ses nouveaux locaux du 185 de la rue Delespaul, et qu’il pourra accueillir de nombreux élèves à la rentrée prochaine. On peut situer la création du centre de formation dans le courant de l’année 1970. Les témoins disent que le site est resté inoccupé quelques années.

L’A.F.I.D (association pour la formation dans les industries diverses de la région Roubaix Tourcoing) existe depuis le 24 mars 1961, date de l’inauguration officielle de ses locaux à Roubaix, 18 rue Pauvrée. Elle fait partie de l’A.I.F.P. (association interprofessionnelle de formation professionnelle). Sa mission est d’étudier les problèmes de formation professionnelle du personnel des entreprises industrielles et commerciales de la région. Elle suscite, crée ou participe à la création de moyens de formation et de perfectionnement. M. Gacon en est le directeur en 1961. Première initiative, une session d’initiation industrielle destinée aux jeunes qui sortent de l’école primaire, et qui n’ont pu accéder aux collèges d’enseignement technique. Des projets : formations de bobiniers électriciens, vers un CAP, électromécaniciens, cours de vente en magasins de détail, examens professionnels.

Le centre AFID Photo CQ ECHO

Le centre AFID Photo CQ ECHO

L’A.F.I.D fonctionne avec des commissions constituées par les représentants des écoles ou instituts intéressés, des représentants patronaux, des salariés et des spécialistes compétents. Ces commissions déterminent les programmes, le niveau établi, le moyen de formation choisi, et suivent l’exploitation et la gestion de cette activité. L’AFID ne recueille aucune cotisation, n’a pas d’adhérents. Ses frais administratifs sont couverts par des subventions d’organismes professionnels.

Le point de vue de l’AFID en 1963 est le suivant : l’activité économique se façonnera qu’en fonction d’une main d’œuvre qualifiée. Il faut donc développer la formation régionale en fonction des problèmes industriels et commerciaux. Les contacts entre professionnels, responsables de formation et d’enseignement et spécialistes doivent être plus nombreux. Les professionnels doivent mettre en place les moyens pour les formations qu’ils désirent voir appliquer et prouver ainsi aux organismes officiels (FPA) la nécessité de telle ou telle formation. Des conventions pourront ensuite être passées pour les frais de formation. Enfin, il faut éviter l’émigration de la main d’œuvre qualifiée, en lui permettant de se perfectionner.

Une vue des ateliers Photo NE

Une vue des ateliers Photo NE

En janvier 1971, on annonce donc  l’ouverture pour la rentrée prochaine d’un nouveau centre AFID. Installé depuis quelques mois, il accueillera 100 nouveaux élèves à la rentrée scolaire (septembre), élèves âgés de 14 ans. On trouve là un centre d’éducation professionnelle, avec stages en entreprises (46 entreprises de Roubaix et environs), un centre de formation d’apprentis, pour jeunes embauchés souhaitant obtenir un CAP avec accord employeur, et une section adultes, en recyclage, techniques électroniques et pneumatiques, plans et dessins, conducteurs de machines.

Les membres de l’atelier ECHO se souviennent d’un centre très fréquenté, mais également replié sur lui-même, qui communiquait peu dans le quartier. Cependant, en mai 1990, le centre de formation de la rue Delespaul organisait une opération « portes ouvertes » pour promotionner ses formations de tourneurs, fraiseur, soudeurs.

Démolition du centre Photo CQ ECHO

Démolition du centre Photo CQ ECHO

Nous ne savons pas encore quand le centre de formation arrêta ses activités, ni pour quelles raisons. Le comité de quartier a pris ces clichés au moment de sa démolition  en novembre 1998. Tous les témoignages sur la vie et les activités de ce centre sont les bienvenus !

L'emplacement vide ext Google maps

L’emplacement vide ext Google maps

Remerciements au Comité de Quartier ECHO pour les témoignages et illustrations


[1] D’après le site Phozagora

Le premier comité de quartier

Le quartier du Fresnoy-Mackellerie peut se targuer d’être le premier comité de quartier qui ait été créé à Roubaix. Comment cela s’est-il passé ? Il faut rappeler que lors de la campagne pour les municipales de 1977, le socialiste Pierre Prouvost avait préconisé la mise en place de comités de quartier librement constitués, de commissions extra-municipales et de commissions ad hoc sur des problèmes spécifiques. (Nord Eclair 19 février 1977).

Après les élections, on procède donc à la mise en place de ces comités. Début Juillet 1977, une visite du quartier du Fresnoy-Mackellerie est effectuée par le maire Pierre Prouvost accompagné de ses adjoints, MM. Duhamel, Vandewynckèle, Pétrieux et de nombreux conseillers municipaux.  Une liste de 22 problèmes à résoudre est établie à l’issue de cette visite. A la suite de quoi, se déroule une réunion des forces vives pour la constitution d’un comité de quartier, dans la salle de la rue de Rome. M. Vandewynckèle, adjoint au maire et MM Mosnier et Wyndels, conseillers y participent, avec les responsables de diverses associations du quartier : il y a là le comité des fêtes, le Label, la CSCV, le CA et la direction du centre social de la rue du Luxembourg, le foyer logement de la rue de Mouvaux, l’Union des commerçants et le GAR (groupe pour l’avenir de Roubaix, opposition municipale). Six commissions sont créées : cadre de vie, urbanisme et environnement, éducation et formation, culture, famille sports et loisirs, relations dans le quartier et emploi.

La visite du quartier par la municipalité Photo Nord Éclair

 A la veille de la constitution du comité de quartier, en octobre 1977, une liste de neuf chantiers a été établie par les habitants du quartier : nouveaux locaux pour le centre social, établissement d’un square à l’angle des rues d’Italie et du Fresnoy, aire de repos derrière le foyer logement de la rue de Mouvaux, utilisation du court de tennis de l’office HLM, aménagement du pont du chemin de fer, utilisation des terrains disponibles dans le quartier, pose de feux tricolores au carrefour de la rue du Fresnoy et du boulevard d’Armentières, implantation de deux cabines téléphoniques, réparation des voies et trottoirs.

La création du premier comité de quartier le 4 novembre 1977 Photo La Voix du Nord

 Le 4 novembre 1977, intervient la création du comité de quartier du Fresnoy-Mackellerie ! Il commencera réellement à fonctionner le 22 novembre. A cette date, il sera logé, on évoque la transformation de la salle de la rue de Remiremont en maison de quartier, et il sera officiellement institué en association type loi 1901. Les commissions de travail sont déjà réparties : MM. Renaud, Voeten et Thenis font partie de la commission cadre de vie et environnement, Mmes Croes (CSCV) et Ballois constituent la commission vie familiale et étudient la possibilité d’une information sur la contraception. La commission éducation et formation est prise en charge par Mme Trenchs, et MM. Hatt, Vermeersch. La culture et les loisirs feront l’objet des attentions de Mme Parent, et de MM. Isbaert et Laplace. La commission sports est composée de MM. Frebourg (Volley Club de Roubaix), Doutreligne et Milliez. Enfin la commission emploi comprend Melle Jonasz (centre social) et Fautrez (LCR rue de Mouvaux). Il reste encore quelques sièges à pourvoir pour le comité où l’on espère voir des enseignants, des membres du club du 3me âge de la rue de Mouvaux, du club des marcheurs, de la JOC et de l’Union des commerçants.  

Un foyer d’éducation populaire

Le Foyer d’éducation populaire Jean Macé Pasteur est issu de la fusion de deux très anciennes amicales laïques : l’association amicale des anciens élèves de l’école publique de la rue Delezenne, et l’association amicale des anciennes élèves de l’école communale de la rue du Pile. La première est née le 4 septembre 1890, la seconde le 23 janvier 1896, toutes les deux après le visa préfectoral. A cette époque, le scénario de la création d’une amicale laïque est pratiquement toujours le même : sous l’impulsion du directeur ou de la directrice de l’école, des parents d’élèves, des élèves récemment sortis de l’école sont appelés à se réunir pour la défendre contre les adversaires de la loi Ferry. Il est vrai qu’à Roubaix, à partir de 1884 le pouvoir politique est retombé entre les mains des partisans de l’école « libre », qui ne pouvant remettre en question la loi, privilégient les subventions à l’élite et visent la maîtrise de l’enseignement supérieur. Les activités les plus courantes de ces amicales seront les suivantes : distributions de vêtements et chaussures aux enfants nécessiteux, récompenses et encouragements aux élèves méritants et assidus (médailles, livrets de caisse d’épargne,…), montage de bibliothèques populaires et scolaires, organisation de voyages et d’excursions (récompenses certificat, mais également plus tard pour les membres), organisation de conférences.

L’école de la rue Delezenne et l’école de la rue du Pile Photos Journal de Roubaix et PhW

L’école de la rue Delezenne, et l’école de la rue du Pile étaient très anciennes. L’école de garçons de la rue Delezenne datait de 1873, elle est laïcisée en 1881. On y crée des cantines scolaires en 1894, elle est agrandie en 1909. Une délibération du 28 décembre 1934 décide de sa démolition. Entre-temps, l’école Jean Macé a été édifiée.  L’école des filles de la rue du Pile, également appelée école Pasteur, fait partie de la série des écoles publiques dites de Mollins construites en 1877. Elle sera agrandie en 1908 et fera l’objet d’aménagements divers jusqu’en 1970.

L’école Jean Macé en 1933 Photo Journal de Roubaix

Les recherches sont en cours pour retrouver les dates de changement du nom de l’amicale Delezenne en Jean Macé, et en Jean Macé Pasteur, sans doute avant la seconde guerre. On trouve dans les archives de l’amicale une déclaration en préfecture du Nord le 21 décembre 1950 : le siège était à l’école de garçons du boulevard de Mulhouse, il est transféré au n°4 rue d’Anzin. La modification de son titre est annoncée en association amicale des anciens élèves des écoles publiques Jean Macé et Pasteur. La réunion des deux amicales a-t-elle eu lieu à cette date ?

Au cours de l’assemblée générale qui se tient le 14 novembre 1965, l’amicale transforme une nouvelle fois son titre et l’article 2 de ses statuts :

Le Foyer comprend plusieurs secteurs d’activité : club de jeunes, secteur adultes avec ses sections culturelles spécialisées, sa section activités sociales, sa section parents d’élèves…, secteur enfance avec des activités organisées par les adultes au profit des enfants : patronages, centres de vacances, centres aérés, USEP…

Le Foyer met à la disposition de tous, les moyens de développement d’activités éducatives, sociales et récréatives : éducation physique, intellectuelle, artistique, information scientifique, technique, économique et sociale.

Par ces moyens, le Foyer contribue à l’émancipation intellectuelle et sociale et à la formation civique. Par son action, il entend manifester sa fidélité à l’idéal laïque et à l’enseignement public en prolongeant son œuvre dans le même esprit.

Le 22 décembre 1965, l’amicale prend donc le titre de Foyer Populaire Jean Macé Pasteur (foyer de jeunes et d’éducation populaire), qui est toujours son titre distinctif.

Le conseil d’administration de l’amicale Delezenne en 1923 doc archives Foyer Jean Macé Pasteur
Remerciements au Foyer Jean Macé Pasteur pour la consultation de ses archives
Extrait sur l’historique des amicales, in La Question laïque Philippe Waret Collection des Cahiers Roubaisiens Editions Lire à Roubaix

 

Un nouveau centre social

Lors de l’assemblée générale de mai 1988, le Président Jean Deslée aborde la question de la réhabilitation du centre social construit en 1962. En effet, les locaux sont devenus vétustes et trop petits. Sont évoqués la toiture, les ouvrants qui seront refaits entièrement. On prévoit des aménagements intérieurs, tels que l’agrandissement de  la cuisine, mais d’autres locaux viendront compléter l’équipement actuel. Une nouvelle halte garderie, une entrée, des bureaux de permanence plus spacieux, des locaux d’activités  pour les usagers.

Le centre social des Hauts Champs avant rénovation Photo VDN

En décembre 1988, Mme Françoise Van Wambeke remplace M. Deslée démissionnaire, à la présidence de l’association du centre social. Le chantier de transformation est lancé le 4 juin 1989 pour une durée d’un peu moins d’une année. Il est donc projeté de réhabiliter la partie existante, qui couvre 719 m², et de réaliser 280 m² supplémentaires. C’est le cabinet d’architecture Deleligne qui est chargé entre autres, d’améliorer l’esthétique de la façade.

Le projet de rénovation et d’agrandissement du centre social Photos NE & VDN

Ce chantier qui fait l’objet d’un dossier DSQ (développement social des quartiers), est porté par le propriétaire du centre social, à savoir l’association des logements de l’enfance, présidée par M. Cassette. Coût de l’opération, quatre millions de francs. Les financements se répartissent entre l’état et la région, la CAF et le CIL, le département et la ville d’Hem.

La nouvelle façade du centre social des Hauts Champs en 1990 Photo collection Centre Social des Hauts Champs
D’après Nord Éclair et la Voix du Nord

Services Collectifs Ménagers

L’action se situe fin des années 40, début des armées 50. Le M.P.F (Mouvement Populaire des Familles) devenu M.L.P. (Mouvement de Libération du Peuple) puis M.L.O. (Mouvement de Libération Ouvrière) crée les A.F.0 (Association Familiale Ouvrière), puis l’A.P.F. (Association Populaire Familiale), association déclarée légalement en Préfecture dans la cadre de la loi 1901. Ces associations sont habilitées pour créer et gérer des services qu’elles peuvent mettre à la disposition de leurs adhérents. C’est ainsi qu’ont démarré les premières Maisons de Vacances Populaires. Partant du principe que ce qui était trop cher pour une famille ouvrière (coût des locations par rapport au pouvoir d’achat) devenait possible quand un certain nombre de familles se groupaient et acceptaient d’accomplir ensemble pour ne pas alourdir les coûts de gestion : entretien de la chambre, épluchage des légumes, nettoyage de la vaisselle, entretien des parties communes…

Affiche du Mouvement Populaire des Familles Source Bibliothèque de Lyon vu sur Internet

Au début des années 1950, nous avons appris que des militants MLO de la région de Roanne Loire), avaient lancé pour leurs adhérents APF, un service de machines à laver le linge. L’idée était que cet ustensile qu’on n’utilise pas tous les jours, acheté en commun, pouvait servir par roulement. Nos copains de la Loire nous ont donné pas mal de tuyaux sur la façon dont ils avaient monté ce nouveau service. Nous nous sommes inspirés de leur expérience et en novembre 1952, une première machine à laver Hoover démarrait à Wattrelos, un commerçant nous ayant consenti un paiement étalé pour ce premier achat et les suivants. Dans les quelques mois qui ont suivi, plusieurs machines ont été mises en service. Nous étions organisés en Inter-APF (6 ou 7 communes), l’initiative a été vite colportée. En juin 1953, les militants ayant lancé ce service se retrouvèrent pour faire le point. On s’est aperçu qu’une trentaine de machines étaient en service, achetées pratiquement chez le même commerçant dans des conditions plus ou moins bien définies (les militants n’étant pas tous des familiers de la comptabilité).

Les machines en location Publicité allemande site Hoover

Cette réunion a permis de prendre des décisions en commun : d’abord, élaborer un règlement avec souche signée par l’usager, spécifiant que le service était réservé aux adhérents A.P.F, sinon nous risquions d’être considérés comme commerçants, donc, passibles de payer des impôts et taxes. Les machines étaient véhiculées sur des chariots faits sur mesure, sur lesquels était attachée une boite contenant le cahier où la responsable avait inscrit les noms et adresses des utilisateurs de la machine pour la semaine ; également une petite boite où chacun mettait sa participation (1 franc) après chaque lessive. Certains militants étaient quelque peu réticents sur ce dernier point, craignant des vols d’argent, mais nous avons voulu prouver que la classe ouvrière savait respecter les biens collectifs. Pour dire vrai, à l’usage, il faut constater que les quelques « soustractions » qui ont pu se produire, représentent une infime quantité. Autre décision importante, Henri Brunin (comptable de profession) a proposé de prendre toutes les dettes que chacun avait chez notre même fournisseur ; en contrepartie, chacun lui remettrait ses recettes, décision acceptée par tous, ce qui nous a permis de nous mettre d’accord avec notre vendeur, qui ne demandait pas mieux d’avoir un seul interlocuteur. Les dettes, épongées, nous ont permis d’avoir des conditions d’achat plus intéressantes. D’autres APF avaient laissé le choix de la marque aux usagers, mais les frais de dépannage étaient évidemment plus élevés. Puis, s’est posé la question de l’entretien et de la réparation du matériel qui finissait par devenir cher (nous avions même acheté une machine de dépannage). Mon activité artisanale n’ayant pas encore son plein régime, j’ai pu m’occuper, à mi temps, de ce travail (disposant de téléphone, voiture, outillage nécessaire). Le nombre de machines augmentait sans cesse (près de 100), plus quelques aspirateurs, cireuses et même machines à tricoter, il a été utile d’avoir l’aide, également à mi temps de Lucien Delvarre. En 1963, ce dernier a pris la responsabilité complète de ce service dépannage.

écrit par Maurice Morelle

Je prends la relève pour la suite de cette aventure. A noter, le travail des responsables de machine : d’abord le bouche à oreille, puis contact avec les militants, lancement d’une réunion chez la responsable (déjà bénévole, elle payait même sa lessive !) : explications, présentation du service et de son fonctionnement, bonne volonté de chacun pour que ça tourne. La machine partait le lundi matin et ne revenait qu’en fin de semaine. Les services étaient généralement le matin et l’après midi, il est arrivé que des gens travaillant à l’extérieur fassent un troisième tour le soir (costaude la machine Hoover !). Au fur et à mesure de la progression de la demande, des négociations ont été engagées pour obtenir des prix de gros et la livraison de pièces détachées pour pouvoir « retaper » les machines en récupérant des pièces. Cette gestion intelligente a permis de contribuer à l’achat de la Maison Familiale de Sangatte. (la boucle est bouclée !). Il faut souligner la coopération militants/ responsables/ usagers sans laquelle on n’aurait pas pu réaliser cela, ainsi que l’adhésion jumelée APF/MLO qui permettait de dépasser le simple point de vue « usager de machine ». Toutes les campagnes MLO, planification, enseignement, consommation, presse, élections, ont été répercutées dans les « circuits » de machines à laver.

Les atouts de cette réussite de gestion ouvrière étaient la cohésion géographique (toutes les villes se touchent), donc, communication rapide, le potentiel militant hérité de la J.O.C/M.P.F, et au plan national une structure solide. Les grandes questions d’actualité étaient étudiées avec des moyens pédagogiques : panneaux, livrets « Etudes ouvrières », guide du présentateur. Tout cela était exposé et discuté dans les grandes journées de militants (généralement pendant un dimanche entier. . . mais oui !). Puis les gens retournaient dans leurs secteurs pour lancer des réunions d’information. Je l’ai dit, un public de choix était constitué des usagers de machine, invités par la responsable, donc bien connue, ce qui facilitait les échanges. Il y a des usagers qui sont devenus responsables (de machine), il y a des responsables qui sont devenus militants (es). Les discussions qui ont eu lieu avec l’apport du journal « Vie Populaire » ont permis à pas mal de gens d’approcher et de soutenir le combat que nous menons.

Ecrit par Lucien Delvarre en décembre 2009, avec un hommage particulier à Henri Brunin, aujourd’hui disparu, pour le boulot qu’il a réalisé. Contribution à l’HISTORIQUE DES SERVICES COLLECTIFS MENAGERS DE L’INTER – A.P.F. DE ROUBAIX ET ENVIRONS 1952 – 1968

Merci à Lucien pour la communication de ces deux textes

La question du chauffage, encore

En décembre 1966, le syndicat des locataires des Hauts Champs et quartiers limitrophes se réunit à la maison de jeunes avenue Laënnec à Hem. Le vice président, Monsieur Ingelaere, fait le bilan des actions entreprises au cours de l’année écoulée auprès de la municipalité, des organismes propriétaires  (HLM et Toit Familial) et de la préfecture. Cependant, dit-il,  beaucoup des locataires du Nouveau Roubaix n’ont pas conscience du fait qu’ils peuvent s’exprimer par la voix de leur syndicat, organisme représentatif qui a une très large audience auprès des autorités compétentes. La mobilisation aurait-elle tendance à faiblir ?

Madame Chain fait ensuite un exposé sur le problème de l’eau et du chauffage. Puis on évoque à nouveau la question des équipements sociaux, sportifs et culturels, premier cité des cinq objectifs donnés pour le syndicat par son président M. Desjardins.

Le président prend la parole pour énumérer un certain nombre d’équipements souhaités par les habitants : stade, piscine, maison de jeunes, dont il faudra peut être revoir l’implantation, suggère Monsieur Desjardins. Rappelons qu’elle se trouve sur Hem, à l’extrémité du grand axe  longeant la Grande Barre. Il réaffirme que ce sont des réalisations prioritaires. Enfin, la réunion se termine par une motion de solidarité avec les mal-logés des 46 dernières courées de Roubaix.

En avril 1967, le syndicat des locataires des Hauts Champs et quartiers limitrophes s’associe à la manifestation organisée à Lille, par les syndicats CGT et CFDT, les associations familiales, mouvements d’éducation populaire, associations et mouvements de jeunes, sur le thème des problèmes de l’emploi, de la sécurité sociale, de l’enseignement, du logement social…Le Syndicat signifie qu’il sera présent non en tant quel tel, mais avec ses militants et adhérents regroupés dans leurs organisations respectives.

Une partie du bureau du syndicat, M. Desjardins, Président, entouré de Mme Delion, secrétaire et M. René Valque Photo Nord Éclair

Quelques jours plus tard, le Syndicat remobilise ses troupes autour de la question du chauffage par le sol, l’un des premiers dossiers déjà abordé en 1960 ! Suite à une enquête auprès des locataires, une réunion publique est organisée pour informer les adhérents sur les différentes actions qui vont être entreprises dans les jours suivants. Il est question de rencontrer les différentes sociétés propriétaires afin d’obtenir un réglage complet et plus strict du chauffage et de la société qui en a la charge. En effet, les charges de chauffage et d’eau chaude pèsent lourdement sur le budget familial. De plus, ce type de chauffage est remis en cause, non seulement parce qu’il ne permet pas l’utilisation personnalisée, mais surtout qu’il n’est pas bon pour la santé.

En 1965, au moment de la construction des cubes du chemin vert, la chaufferie près du bâtiment Degas Photo IGN

Cette démarche sera relayée nationalement, et une lettre a été envoyée à tous les médecins de Roubaix, pour étayer de leur avis, l’action du syndicat des locataires. Le Président termine la séance en rappelant qu’il s’agit plus d’humaniser les conditions de vie de l’ensemble des Hauts Champs, plutôt que de gêner les sociétés propriétaires dans la location de leurs appartements.

Conférences de jardinage

Avant d’être la cité de tours et d’immeubles que l’on connaît depuis les années soixante dix, le quartier des Trois Ponts était un espace mi industriel, mi champêtre, où se trouvaient des cultivateurs, des horticulteurs et des jardiniers. Dans cette dernière catégorie, il y eut de nombreux jardins ouvriers, à proximité des usines et dépendant d’elles, comme le groupe Cohem situé derrière la teinturerie Delescluse, ou des groupes municipaux, dont celui des Trois Ponts, créé en 1935. Chaque ensemble de jardins était animé par un brigadier, dont le rôle était d’animer la vie des jardins par ses conseils et recommandations, mais aussi de faire respecter la réglementation en vigueur. Les jardiniers participaient sous sa férule à un concours annuel où ils remportaient des prix pour la qualité de leurs cultures et pour la bonne tenue et l’ornementation florale de leur jardin.

Jardinier des Trois Ponts Photo Nord Eclair

Les jardiniers se réunissaient régulièrement à l’occasion de causeries ou de conférences, données par des ingénieurs horticoles, ou des chefs jardiniers de la ville de Roubaix. Ces réunions se déroulaient comme suit : le conférencier faisait son exposé, puis il répondait bien volontiers aux questions de l’assistance, avant qu’ne tombola et le verre de l’amitié ne viennent terminer la séance. Ces conférences se déroulaient dans des lieux très divers. Pour le quartier des trois Ponts, il y eut la salle des fêtes de l’école Jean Macé, mais aussi le café Delaforterie ou le café Cohem.

Conférence dans le café Cohem Photo Nord Éclair

Une des dernières conférences eut lieu au café Cohem en décembre 1968. Elle fut organisée par la société d’horticulture et des jardins populaires de France dont le siège est à Valenciennes. Ce jour là, un professeur d’horticulture vint parler des travaux de saison (élagage, semis), de la conservation des plantes, de l’utilisation des engrais.MM Bolsius délégué régional de la société et Delaforterie, trésorier de la société des Trois Ponts assistaient à cette conférence avec une nombreuse assistance. Une tombola suivit l’exposé.

Ces conférences étaient très suivies et attiraient beaucoup de monde. Elles étaient la preuve que l’activité du jardinage créait des liens et des échanges que la disparition des jardins a définitivement enterrés.