La disparition de la rue Pellart

L’avancée des travaux de percement de la future avenue des Nations Unies va durement toucher la rue Pellart, qui va disparaître de plus de la moitié de son parcours. Elle s’étendait autrefois de la la jonction de la rue du Curé et de la rue du Pays jusqu’à la place d’Audenarde où se trouvait autrefois l’église du Sacré Coeur. Elle faisait huit cents mètres de long sur 7,50 de large, sa largeur dénotant de son ancienneté, les rues plus contemporaines atteignant au moins 9 mètres. Le devenir du côté impair a été abordé dans un article précédent (Nations Unies : Les premiers travaux), examinons ce qu’il reste du côté pair. Tout le début de la rue, jusqu’au n°36, a laissé place à l’arrière du centre Géant Casino et à la sortie du parking. Ajoutons que la rue Pellart à cet endroit a cédé la place à l’avenue des Nations Unies.

Publicité Stiernet 1965 parue dans NE

À cet endroit se trouvaient autrefois le centre d’apprentissage de filature du coton (atelier collectif n°12/14), l’entreprise de chauffage Stiernet , la cour Fontier (n°20) les docteurs Renard au n°26 un foyer Adataréli au n°30. Arrêtons nous un instant au n°36, seul bâtiment subsistant de l‘époque. Les flâneurs ont raconté son histoire : dans les années 1870, Amédée Prouvost se fit construire un hôtel particulier au n° 36 il mourut en 1885. Sa veuve l’habita jusqu’en 1902 puis lui succédèrent M. et Mme Auguste Lepoutre. Après la seconde guerre mondiale, l’hôtel fut transformé en commissariat central. Le bâtiment est préservé lors des travaux de démolitions récents, inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques en 1998. Il est devenu le 301, un lieu d’activités musicales géré par l’association ARA (Autour des Rythmes Actuels) qui propose d’apprendre à jouer de la musique, développer des projets de création et cultiver le plaisir de l’écoute.

La maison d’Amédée Prouvost Photo AmRx

Après le croisement de l’ex rue Pauvrée, aujourd’hui Jean Monnet, et la rue du collège, la rue Pellart ne reprend son alignement qu’à partir du CCAS situé aux n°9-11. Entre la rue Pauvrée et la rue du collège, la rue Pellart a disparu, permettant ainsi au square des Mulliers d’avoir pignon sur l’avenue ainsi que le lycée Saint Rémi. Vont disparaître des institutions comme le syndicat des cadres du textile, des contremaîtres et techniciens et l’union locale CGC (n°66). Des rues font également les frais de cette réorganisation urbaine : la rue Jean Baptiste Glorieux, la rue Choiseul, la rue du Ballon, de part et d’autre de la rue du Collège.

L’ouverture de l’avenue devant le square des Mulliers Photo AmRx

L’avenue des Nations Unies se présente donc maintenant sous la forme d’une large artère construite sur le parcours de la rue Pellart et sur l’emplacement des rues que nous venons de citer, ce qui lui assure une largeur de plus de quarante mètres. L’avenue des Nations Unies occupe même l’ancien tracé de la rue Pellart, côté numéros pairs du n°26 au N°44 sur le mur duquel on peut encore découvrir une plaque « rue Pellart » (de quoi perturber un peu plus le facteur ou le flâneur). La rue Pellart reprend donc après le carrefour de la rue de l’Hommelet pour les numéros pairs.

Les démolitions de la rue Pellart Photo AmRx

Ainsi a disparu en partie, l’une des rues les plus anciennes de Roubaix au profit d’une large pénétrante moderne reliant Tourcoing à Roubaix.

Aujourd’hui avenue des Nations Unies et rue Pellart Photo Google maps

 

L’origine de la cave aux poètes

Roubaix est sans aucun doute une ville de poètes, de Gustave Nadaud en passant par Amédée Prouvost fils et Louis Decottignies, Charles Droulers et Louis Catrice, sans oublier Paul Vanriet et nous n’aurons pas fait le tour exhaustif de la pratique poétique à Roubaix. Cette tradition s’est maintenue avec des journaux comme La Fauvette et Le Canard, grand rivaux de la rime, des sociétés parmi lesquelles la Muse de Nadaud et des concours plus contemporains comme ceux de la FAL ou du théâtre Tous Azimuts. En 1967, il manquait un lieu à la poésie qu’on lui trouva bientôt. Tout commence en janvier 1967 avec le projet qu’expose Pierre Prouvost alors adjoint à la culture, devant un parterre « de personnalités locales préoccupées par les problèmes de culture et d’éducation populaire ». Il s’agit de créer une association qui prendrait le nom de Poèmes et chansons de la jeunesse, afin de donner une tribune aux jeunes auteurs, compositeurs et interprètes. Vingt cinq candidatures sont envoyées au secrétariat de l’association, ce qui prouve si besoin en était, qu’il y avait bien des amateurs de poésie à Roubaix. Un comité de lecture se réunit pour sélectionner les œuvres qui seront choisies pour la première soirée poétique. Puis on se met en quête d’un local.

La visite de la cave début 1967 Photo NE

Une cave en demi-cercle située sous la scène de la salle Watremez fera l’affaire. Le décor semble adapté : des murs de briques blanchis à la chaux, des poutres de bois, du sable jeté à même le sol…On est entre les caves de Saint Germain et le caveau de la République, l’espace en moins. Poètes, diseurs, gratteurs de guitare, peintres viendront fréquenter ce nouvel espace culturel, repeint en rouge et blanc. Des tonneaux serviront de table et on se rassemblera à la chandelle. Un bar sans alcool et un vestiaire sont prévus.

Le look de la cave en 1967 Photo NM

Le 17 mars se déroule la soirée inaugurale, et le nom de l’endroit est trouvé à cette occasion, ce sera désormais « La cave aux poètes ». A partir de vingt heures vont se succéder jeunes poétes et poétesses. Les premiers à s’exprimer sur la petite estrade en bois blanc sont Serge Vleyminckx, Marie José Mascioni, Gérard Vernier, Angéla Cassaro, Bernard Baudringhin, Françoise Duval, Christian Vandenberghe, Ch Castelain, Michèle Quéret, Jean Paul Senave, Ghislaine Lietanie, Jean Trackoen, Josée Ricard, Patrick Maton, Anne France Deldique, Jean Pierre Tarrot, Alain Lesnard, Jean Baptiste Soubitesse, Denis Jean Tassart. Si l’un ou l’une de ces pionnier(e)s se souvient de cette soirée, nous serons heureux de recueillir son témoignage.

Quand la cave aux poètes était une rubrique dans le journal

Le tour à Roubaix en 1967

On a récemment annoncé le Tour de France à Roubaix pour 2018 ! Les relations entre notre ville et la grande boucle ne datent pas d’hier. La première édition du tour de France s’ouvrait en 1903 par une étape Paris Roubaix ! Il en sera de même de 1907 à 1910. Après la première guerre, Roubaix n’aura pas la faveur d’être ville étape. Il faudra attendre 1948 pour avoir une étape de clôture Roubaix Paris. Puis en 1952, les coureurs arrivent à Roubaix venant de Rouen avant de repartir vers Namur. De 1955 à 1967, Roubaix accueille le tour tous les deux ans, et gardera cette position de ville étape entre la Normandie et la Belgique : ainsi Dieppe et Rouen seront des débuts de parcours ouest est ou inversement, par Roubaix pour aller rejoindre la Belgique, avec des villes comme Namur, Charleroi, Jambes, Liège. En 1967, les coureurs arriveront d’Amiens, et partiront vers Jambes.

La ville s’organise pour accueillir la grande boucle. On « neutralise » les rues, avenues, boulevards qui seront empruntés par les coureurs. L’arrivée de l’étape Amiens Roubaix est prévue le 3 juillet aux alentours de 16 heures au Parc des Sports. Il est donc interdit pendant le temps de l’épreuve, de stationner, de circuler sur le parcours défini par les organisateurs, à savoir Willems, Hem, la côte de Beaumont, les avenues Delory, Motte et Salengro. Les autobus sont déviés, les lignes 13, 15, 18, 19, 20 et 21 sont concernées, et les rues perpendiculaires au trajet sportif sont mises en sens unique.

Les pistards Bernard Guyot et Jacques Anquetil au Parc des Sports Photos NM et NE

Une réunion d’attente sur piste est organisée au parc des sports, avec des champions comme Bernard Guyot ou Jacques Anquetil, alors en fin de carrière et en pleine affaire de dopage suite à son record de l’heure. Le tour innove cette année avec un prologue, et on court par équipes nationales. L’étape Amiens Roubaix est remportée au sprint par le belge Guido Reybrouck et son compatriote Jozef Spruyt s’empare du maillot jaune.

Guido Reybrouck, Joseph Struyt et Roger Pingeon

Après l’arrivée, une kermesse aux étoiles se déroule sur la Grand Place devant des milliers de spectateurs. Dalida, Harold Kay, Monty, Sim se succèdent sur la scène pour le plus grand bonheur de l‘assistance. On pouvait aussi revoir sur grand écran en plein air le résumé de l’étape du jour.

Un grand écran sur la grand place photo NE

Le lendemain on se prépare pour l’étape Roubaix Jambes. À dix heures, les coureurs viennent à l’hôtel de ville pour signer les listes de contrôle. Le tout se déroule dans une ambiance festive, avec le défilé de la caravane publicitaire et des voitures officielles. À 11h30, la grand place bourdonne, un quart d’heure plus tard Jacques Goddet donne le coup de sifflet du départ aux 124 coureurs, aux suiveurs, aux motards, aux journalistes, au camion pharmacie, et à la voiture balai. L’intinéraire est le suivant : grand place, rue Pierre Motte, de la Halle, du Coq français, Jouffroy, Lecomte Baillon, avenue Motte côté impairs, rue de Lannoy vers Toufflers.

Le départ vers Jambes photo NE

Après soixante kilomètres d’effort solitaire sur des pavés comparables à ceux de Paris-Roubaix, Roger Pingeon réalise un véritable exploit. Il remporte l’étape à Jambes et le maillot jaune en reléguant les favoris à plus de six minutes ! C’est le futur vainqueur du tour qui s’est affirmé là.

Roubaix aura encore maintes fois l’occasion d’accueillir le tour, après le rendez-vous annuel, celui-là, de la « Pascale », de la reine des classiques, alias Paris Roubaix !

Sources

les journaux Nord Eclair, Nord Matin et la Voix du Nord

le site http://www.lagrandeboucle.com

Roubaix Ville de Sports Philippe Waret et Jean Pierre Popelier Editions Sutton 2004

les photos des champions proviennent des sites suivants :

Guido, commons wikimedia.org, Joseph ledicodutour.com et Roger cyclopassion.blogspot.com

L’évolution du groupe scolaire

En 1939, le groupe scolaire Jules Guesde c’est une école de garçons dirigée par M. Victor Huard, avec cinq classes et 203 élèves. C’est aussi une école de filles dirigée par Mme Vandercruyssen, avec cinq classes et 227 élèves. C’est enfin une école maternelle dirigée par Melle Fernande Carette avec trois classes et 147 élèves. Par comparaison, le groupe scolaire de l’avenue Linné à deux pas : Léon Marlot Garçons, c’est huit classes et 306 élèves, et Linné filles, huit classes et 309 élèves.

L’école Jules Guesde en chantier 1931 doc AmRx

La guerre a laissé des traces sur les bâtiments. On apprend par un rapport daté du 11 juillet 1945, qu’il faudra refaire les toitures pour un montant de 2 millions cent mille francs. Cette réfection est rendu nécessaire car ces toitures ont été utilisées par l’armée anglaise puis par l’armée allemande pour les tours de guets et l’installation des DCA (dispositif contre les avions). Des crevasses sont apparues du fait des vibrations, aggravées par les obus. Ceci explique en partie les fuites récurrentes du toit de l’école.

Nouvelles classes et nouveau préau Photo PhW

L’école maternelle est agrandie par décision du 30 mars 1953. Puis un rapport de décembre 1954 de l’inspecteur primaire annonce l’augmentation de la fréquentation scolaire pour la rentrée prochaine. En juillet 1955 Il est donc question d’augmenter le nombre de classes de l’école des filles et de l’école des garçons, quatre classes pour les deux écoles, plus une classe d’enseignement ménager pour les filles (gaz et éviers). Les préaux existants seront donc utilisés à cet effet, ce qui nécessite la construction de nouveaux préaux, qui longeront le mur de séparation des deux écoles.

Les entrées rue Jean Macé Photo PhW

Dans le même projet, il est question du percement d’une porte pour chaque établissement sur la rue Léon Marlot. Jusqu’ici, on n’entrait que par la rue Jean Macé. Cela nécessite la construction d’un couloir, il y en a pour 28 millions de francs pour l’ensemble des travaux.

Les accès côté rue Léon Marlot Photo PhW

En mai 1959, c’est le temps des préfabriqués, un peu partout dans Roubaix. Tandis qu’on construit des écoles dans les hauts champs, rue Édouard Vaillant et au Pont rouge, il est décidé d’affecter des classes préfabriquées Jules Guesde et Potennerie, dans le souci de faire quelques économies. L’année suivante, le groupe scolaire Oran/Delespaul et les centres sociaux rue Decrême, et boulevard de Metz seront également édifiés en préfabriqués. Le modèle est dûment approuvé par le ministère de l’éducation nationale et il est construit par la maison Lécorché Frères de Moyenmoutier dans les Vosges.

Modèle des préfabriqués doc AmRx

En 1960, les fuites de la toiture sont à nouveau à l’ordre du jour. Il est décidé que les vieilles terrasses en asphalte coulé seront désormais remplacés par une couverture en zinc à ressauts et dilatation, avec chéneaux, ce qui permet une évacuation plus prompte des eaux pluviales et ne nécessitent pas un entretien onéreux. Ce genre de couverture est dit mieux adapté à notre climat. Il sera d’ailleurs adopté pour l’ensemble des toitures scolaires roubaisiennes.

Une vingtaine d’années plus tard, l’école de garçons est fermée et réaffectée dans le cadre de la promotion sociale municipale, à l’A.F.P.S, Association pour la Formation et la Promotion Sociale, dispense des cours du soir, notamment en Français et en Mathématiques. Il existait également un atelier libre-service informatique. C’était un organisme municipal, dont les activités étaient hébergées dans l’ancienne école des garçons au 94 avenue Léon Marlot, l’école des filles étant devenue une école mixte. Puis, suite à la demande d’instances extérieures, il devient nécessaire de confier l’organisation de ces cours à un organisme indépendant et non plus municipal. L’A.D.E.P, Association pour le Développement de l’Éducation Permanente, est donc créée en juin 1998, et commence ses activités à la rentrée 98-99. Elle s’y trouve toujours, pour le bonheur de la population.

logo de l’ADEP

Inauguration du groupe scolaire

Plan du groupe scolaire Jules Guesde doc AmRx

Le groupe scolaire Jules Guesde est constitué d’une école maternelle, d’une école de garçons et d’une école de filles. Il a été réalisé de 1931 à 1933. L’architecte est Pierre Neveux et treize entreprises roubaisiennes ont participé au chantier sur une vingtaine de sociétés listées. On y trouve Léon Planquart Grand rue 222, Pennel et fils Crouy 39, Ferret Savinel et cie avenue Louis Pluquet, Derville fils rue de l’alma, Verbeeke-Beert, boulevard d’Armentières, Levast-Bayart et Adolphe Mazeman rue Pierre de Roubaix, Delespaul et fils rue d’Oran, Carette Duburcq rue du Luxembourg, Le Morvan et Stiernet rue Pellat, Rodolphe Frappe rue d’Alger, Gaston Prouvost Grand Rue et Maurice Fougous rue Pauvrée (Horlogerie électrique industrielle).

Fête pour l’inauguration doc AmRx

L’inauguration du nouveau groupe scolaire Jules Guesde prévue initialement en avril 1933, eut finalement lieu le 3 septembre de la même année. Entre-temps, il a été question de faire coïncider cet événement avec la fête annuelle de l’amicale Marlot Linné, dans le courant du mois d’août. Mais l’amicale Jules Guesde souhaite organiser elle-même cette fête. La date du 3 septembre est donc prise début juillet, et l’on annonce pour le programme des réjouissances : un cortège dont le rassemblement sera fixé à 15 heures, place du Travail, et un concert à donner après la cérémonie inaugurale. C’est la Philharmonie de Roubaix qui est désignée pour participer à ces deux moments de la journée. Son président, Paul Verbrackel, va se mettre en rapport avec le Président de l’amicale Jules Guesde, Louis Droit. La clique scolaire et post scolaire de la FAL est également sollicitée, pour la retraite aux flambeaux du samedi soir, et pour le cortège du dimanche. Pour le concert apéritif de 11 h 30, il est fait appel à la Fanfare La Paix, qui participera également au cortège dominical. Qui dit cortège, dit défilé de sociétés, et le Sport Ouvrier Roubaisien sera de la partie, de même que les sociétés de gymnastique « La Roubaisienne » et « l’Ancienne ». On complète le défilé avec des musiques : la fanfare des Trompettes « les dévoués », les accordéonistes roubaisiens de la rue Bernard, la société des Trompettes « les enfants du nord », les accordéonistes du Pile. L’illumination de l’inauguration sera assurée par la maison Albert Deny (rue decrême 170).

Officiellement invités, les directrices et directeurs sont prévenus le 11 août et il leur est suggéré d’aviser leur équipe. Melle Vandercruysse (directrice de l’école des filles) M. Huard (directeur de l’école de garçons) et la directrice de l’école maternelle non identifiée sur le courrier.

le défilé des amicales Photo JdeRx

L’ordre du cortège est ainsi défini : en tête la clique des tambours, clairons et fifres de la F.A.L, suivie par la section féminine et la section masculine de la F.A.L, les fanions des amicales laïques. Puis viennent la fanfare des Trompettes « les enfants du Nord », les élèves filles et les élèves garçons du groupe scolaire Jules Guesde et l’amicale laïque du groupe scolaire. L’Harmonie des accordéonistes du Pile fait une respiration musicale avant les amicales laïques, puis la Philharmonique de Roubaix précède la société de gymnastique « la Roubaisienne », les accordéonistes Roubaisiens, les gymnastes de l’Ancienne. Le Sport Ouvrier Roubaisien vient à la suite de la fanfare des Trompettes « les dévoués », et devant la Fanfare Ouvrière « la Paix ». Le public et les enfants des écoles publiques suivent.

Le défilé des élèves Photo JdeRx

Le regroupement a lieu à 15 heures place du Travail, on démarre une demi-heure plus tard, par le boulevard de Fourmies, les rues Raphaël, Jean Macé, Horace Vernet, Léon Marlot, l’avenue Alfred Motte et la rue Jean Macé.

Les officiels photo AmRx

À 15 heures, on procède à la réception des personnalités officielles invitées, des vins d’honneur sont offerts dans la salle du réfectoire, avant qu’on visite les locaux sous la direction de l’architecte Pierre Neveux. Le cortège arrive vers 16 heures 30, et il se place dans la cour des garçons. La Clique scolaire fait une sonnerie, et les discours s’enchaînent : Paul Droit président de l’amicale Jules Guesde, Gaston Duburcq pour la F.A.L, M. Laforest pour l’inspection académique, et Jean Lebas maire de Roubaix. Une nouvelle sonnerie de la clique clôture ce moment officiel. Le public est alors invité à visiter les locaux.

École de garçons côté rue Jean Macé Photo PhW

Le concert des fêtes inaugurales est organisé le lundi 4 septembre, avec le concours des grands prix et lauréats du 14 juillet 1933, parmi lesquels on retrouvera les noms suivants : Mademoiselle Odette Proisy, Monsieur Maurice Gilmé, Monsieur Léon Briffaut, Monsieur Robert Gilmé et Monsieur Vanoteghem. La pianiste acompagnatrice est Madame Scalbert.

La tour du fer à cheval

C’est par une lettre du 26 avril 1957, émanant du service des permis de construire de Roubaix qu’on apprend que les travaux de construction de l’immeuble-tour sur le terrain municipal du Parc de Barbieux, au lieudit « Le fer à cheval » ont démarré, sans que l’administration en soit avertie. Cette lettre est adressée à l’architecte Guillaume Gillet, auteur des plans de la dite tour, domicilié à Paris. Erreur de jeunesse ? Problème de coordination dans les échanges administratifs ? Toujours est-il que cela représente un faux départ pour le chantier, car l’ordre formel d’arrêter les travaux est donné, à l’architecte et à son entrepreneur, la société Planquart et fils. Guillaume Gillet, responsable des travaux, doit se mettre en contact avec les services compétents, en vue de l’obtention du permis de construire.

l'architecte Guillaume Gillet Photo NE

l’architecte Guillaume Gillet Photo NE

Cela ne nuira pas à la carrière de l’architecte, ni à ses relations avec les autorités roubaisiennes, car on le retrouvera sur des chantiers importants et ultérieurs : il œuvrera à Roubaix de 1958 à 1972 dans le quartier Édouard Anseele, pour la construction de logements et du centre commercial Roubaix 2000, puis de 1961 à 1975 dans la zone à urbaniser en priorité (ZUP) des Trois Ponts, pour des logements et commerces. L’opération de la Tour du Fer à cheval s’inscrit dans un programme de constructions de tours (on construit également quasi simultanément quai de Marseille) voulu par le CIL dont l’architecte en chef Guy Lapchin avait réalisé les premières études avant de les confier à son jeune collègue. Le 17 mai 1957, une demande de permis de construire est dûment demandée pour l’édification d’une tour de 60 logements. Le 22 mai parvient une première réponse avec demande de modifications concernant la conformité des conduits, de la ventilation des toilettes et des salles de bains et des fosses septiques. Le 20 août, le permis est accordé sous réserve des modifications à opérer.

Situation du chantier en octobre 1957 Photo NE

Situation du chantier en octobre 1957 Photo NE

Le chantier redémarre, comme l’atteste un article de presse d’octobre 1957, qui nous en apprend un peu plus sur le programme des tours. On annonce l’édification de quatre tours d’une quinzaine d’étages. Sont citées la tour du quai de Marseille, et celle du fer à cheval, mais aucune indication pour les deux autres.

La tour du fer à cheval est située en bordure de l’avenue jean Jaurès, et à proximité de la résidence du Parc située à Croix, dont elle semble toutefois faire partie, bien qu’elle en soit séparée par un morceau de la rue Jussieu, à Croix. En octobre, les fondations sont faites et on a réalisé le sous-sol, deux rez-de-chaussées et le premier étage. On prévoit la fin du gros œuvre pour le mois d’août 1958, la fin des travaux pour la fin de l’année, et la réception des premiers locataires en 1959.

Le journaliste vante les matériaux employés : pierres blanches de l’Oise et panneaux d’aluminium. Quatre appartements sont prévus par étage, deux avec une chambre et deux avec trois chambres, et chacun aura son balcon. Le quinzième et dernier étage sera commun aux locataires : des salles de jeux, une bibliothèque y seront installées ! La tour de la Résidence, tel est son nom, est alors présentée comme une curiosité sur la route de Lille à Roubaix, et comme le symbole d’une architecture futuriste !

Mais il semble qu’on soit revenu sur l’utilisation du 15e étage, qui sera transformé en quatre appartements, portera donc le nombre à 64 logements, et nécessitera une demande de modification le 25 mai 1958, accordée en juillet de la même année.

Deux vues de la tour aujourd'hui Photo PhW

Deux vues de la tour aujourd’hui Photo PhW

Le Ravet Anceau de 1961 indique que la tour du fer-à-cheval accueille parmi ses locataires des représentants, des ingénieurs, des pharmaciens, des directeurs, des industriels, des professeurs, et même l’architecte Guillaume Gillet venu habiter l’un des quatre appartements du 15e étage.

Guillaume Gillet est un architecte français, né le 20 novembre 1912 à Fontaine-Chaalis (Oise) et mort le 23 septembre 1987 à Paris. Grand Prix de Rome, il est connu pour son architecture moderne, principalement dans le domaine de l’architecture religieuse et pénitentiaire. (d’après Wikipédia)

Une brasserie, un cinéma, une teinturerie.

La rue Copernic commence rue Jules Guesde pour se terminer rue de Leuze. Sa longueur est de 130 mètres sur une largeur de 12 mètres. Elle fut classée dans le réseau urbain le 29 décembre 1905. En 1909 on avait construit à l’angle de la rue du Tilleul (devenue rue Jules Guesde), une maison à usage d’estaminet avec salle de concerts. Plus tard ce fut un cinéma, le Studio 47. A l’occasion d’une visite sur place, Daniel Najberg nous fit remarquer ce que seul son coup d’œil de passionné du cinéma aurait pu voir : la cabine du projectionniste était encore en place et visible de la rue.

La cabine de projection de l'ancien cinéma

La cabine de projection de l’ancien cinéma

En 1903, on avait bâti 17 maisons dont 5 en front à rue et 12 en courée constituant la cité Raux-Penet du nom de son propriétaire. Si la courée a disparu, son entrée subsiste fortement transformée au n°5. Avant même que la rue Copernic soit véritablement créée, on y trouvait déjà la Brasserie Coopérative « Union de Saint Amand » fondée le 29 octobre 1898 qui comptait 1.300 adhérents en 1915. Cette coopérative cessa son activité avant 1940.

Carton et action de la brasserie St Amand Coll Particulière

Carton et action de la brasserie St Amand Coll Particulière

Les bâtiments de la brasserie furent rachetés par la Teinturerie du Pile, laquelle se trouvait déjà rue de Condé depuis 1935. Les deux associés Achille Beghin, et Henri Descamps rachètent donc la brasserie pour étendre leurs activités. Différents travaux y furent exécutés, en particulier en 1946 quand on y éleva une cheminée haute de 30 mètres, pour remplacer la précédente plus modeste qui avait été détruite durant l’occupation.

La cheminée de la teinturerie doc AmRx

La cheminée de la teinturerie doc AmRx

La teinturerie du Pile devient vite une référence de la teinture en écheveaux. L’entreprise a pour clients le tissage Craye (l’actuelle Manufacture), Bergère du Nord, Phildar. René Béghin reprend l’affaire et la production progresse de 3 tonnes de fil par jour à 14 tonnes. En 1988, l’usine dépose le bilan, pour fermer définitivement en 1991. L’usine est cédée au franc symbolique à la Ville. En l’an 2000, on décide de raser le bâtiment et les deux cheminées les plus récentes. La plus ancienne subsistera comme la trace de l’industrie dans le quartier.

La rue Copernic aujourd'hui Vue google maps

La rue Copernic aujourd’hui Vue google maps

Que fera-on de l’espace ainsi dégagé ? La réponse se trouve probablement dans le Programme Métropolitain de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés dans lequel on retrouve le quartier du Pile à Roubaix et celui du Crétinier à Wattrelos.

Sources

Histoire des rues de Roubaix par les flâneurs

Article Voix du Nord

Série permis de construire Archives Municipales

http://www.lafabriquedesquartiers.fr

 

Les disparus de 1975

Depuis très longtemps, la rue de Mouvaux est une importante voie de passage. C’est en 1704 que le magistrat de Roubaix, responsable de l’égarderie, engage les travaux pour établir un chemin pour relier Roubaix à la route royale de Lille à Menin à hauteur de Mouvaux. Ce chemin se compléta par la suite par le tronçon menant à la frontière belge de Wattrelos/Herseaux. Il comprenait dans son tracé roubaisien la rue de Mouveaux (orthographe de l’époque), la rue du Grand Chemin (d’où le nom), la rue St Georges (rue du Général Sarrail) et la Grand’Rue…Pour cette raison, la rue de Mouvaux s’intitula chemin de grande communication n°9, avant de devenir pour un temps la départementale n°14.

Plan de la rue de Mouvaux avant 1975 doc AmRx

Plan de la rue de Mouvaux avant 1975 doc AmRx

En 1975, la construction d’un foyer et de logements va faire disparaître une partie des maisons et commerces de la rue de Mouvaux. Le 1er août de la même année, s’ouvre le nouveau foyer logement pour personnes âgées de la Mackellerie, au n°63 rue de Mouvaux. L’inauguration du foyer logement de la Mackellerie se déroulera le samedi 6 décembre 1975, en présence des maires de Roubaix, Wasquehal, Croix, et des représentants de diverses institutions.

La rue de Mouvaux après 1975 doc AmRx

La rue de Mouvaux après 1975 doc AmRx

Un certain nombre de numéros auront donc disparu du côté impair, du n°45 au n°81. Ainsi, juste après la cour Delrue, le salon de télé coiffure pour dames de Melle Windels du n°45, de même qu’au n°47, le commerce de beurre et œufs de Mme Veuve Deboosère. Suivait l’importante cour Frère, qui était une véritable rue. Puis on trouvait le magasin des établissements De Béhault, fabricants de cuisinières, aux n°49-51.

Au sans Rival n°53/55 Pub Journal de Roubaix

Au sans Rival n°53/55 Pub Journal de Roubaix

Le magasin de confections pour dames de Melles Dujardin, aux n°53-55 à l’enseigne du Sans Rival existait depuis le début du siècle. Disparaissent également une herboriste au n°57bis, un marchand de poissons au n°59, un épicier aux n°59bis et 61, une mercerie au n°65, une bonneterie au n°67.

Epicerie n°61 Pub NE

Epicerie n°61 Pub NE

Les ateliers Féraille, constructions métalliques rationnelles, étaient au n°69, la droguerie Delbarre au 69 bis. La cour Dubeaurepaire venait ensuite, puis le cordonnier Dubreucq au n°73, le magasin d’articles de ménage de Mme Pardoen au n°75, le peintre et droguiste Hautefeuille aux n° 77 79, et une corseterie au n°81.

Droguerie Hautefeille Coll Particulière

Droguerie Hautefeuille Coll Particulière

De nos jours, le comité de quartier du Fresnoy Mackellerie créé en 1978, occupe les n°49/2 (salle des petits loulous) et 71/1 (accueil des habitants).

La résidence du théâtre (2)

Les appartements sont vendus par l’AFIDAC (association pour le financement et le développement de l’accession à la propriété, 44 boulevard de Paris). Les commerces du rez-de-chaussée sont proposés par le GERHA (92 avenue de France à Wasquehal), qui souhaite intéresser un constructeur automobile, un magasin d’exposition, et au premier étage, un restaurant, une cafétéria ou une salle de conférence. La commercialisation des bureaux est assurée par l’agence Largillier (222 rue Solférino, Lille). Un étage est réservé à la perception des impôts directs, installée à ce moment rue de Lille. Les trois autres niveaux présentent des petites surfaces, idéales pour des professions libérales, médecins, radiologues, experts comptables, ou des petites entreprises qui se décentralisent sur Roubaix. En résumé onze niveaux d’habitation, et quatre niveaux de bureaux.

L'appartement témoin de 1976 Photo NE

L’appartement témoin de 1976 Photo NE

En décembre 1976, on procède à l’inauguration de l’appartement témoin à la résidence du théâtre à Roubaix. Les arguments de vente se présentent en trois thèmes : la situation privilégiée, le confort et la clarté des appartements et le financement exceptionnel. Un cocktail est organisé le 11 décembre.

Ce que l'on voit de la tour Photo Méd Rx

Ce que l’on voit de la tour Photo Méd Rx

Le quartier est présenté en pleine rénovation, il est vrai que le bloc Anseele est à deux pas, tout beau tout neuf depuis 1967. L’argument d’une voiture garée dans un rayon de 300 mètres des chemins bientôt piétonniers (voir notre article sur le serpent de mer piétonnier) avec accès à quatre cinémas, à la poste centrale, à l’hôtel de ville, au centre commercial Roubaix 2000, l’arrêt du Mongy au pied de l’immeuble. Un argumentaire urbain très attractif. Question confort, on trouve des ascenseurs ultra-rapides, quatre types d’appartements de 41 m² à 91 m², de la clarté, de la moquette et des espaces de rangement. Pour le financement, un prêt à 9,89 % est proposé aux futurs propriétaires, avec un apport personnel de 20 %. Le chantier n’est pas terminé, on évoque sans la citer la date du premier coup de pioche de la construction du vaste parking aérien et souterrain de la Résidence.

En mai 1977, on promotionne encore avec des portes ouvertes. En novembre 1977, la publicité donne la parole à un jeune couple, Monsieur et Madame Alfonso, qui ont opté pour la formule location vente proposée, qui consiste à payer un loyer pendant les dix-huit premiers mois, et à l’issue, si on décide d’acquérir le logement les dix-huit mois de loyer servent d’apport. L’accent est donc mis sur le financement. En 1982, on invite encore les gens à venir y habiter.

Station service antar Photo AmRx

Station service antar Photo AmRx

La Résidence du Théâtre, c’était aussi une station service Antar, et un parking en surface et souterrain.

La tour dans son jus Photo Méd Rx

La tour dans son jus Photo Méd Rx

Et le bus remplaça le tramway

Il y a donc cohabitation des derniers trams avec les premiers bus, qui se croisent ici et là sur le territoire roubaisien. On s’en souvient, en 1953, les trams D, G et H ont été remplacés par les bus 15, 17 et 18. Deux ans après, les usagers présentent des doléances, la perfection n’étant pas de ce monde, constamment en évolution. Le quartier du Nouveau Roubaix demande ainsi d’avancer l’horaire de 10 minutes pour le 15 et le 18, notamment pour avoir la correspondance du premier train vers Lille à la gare de 6 h 17, ce qui intéresse les gens qui travaillent sur le territoire lillois. Puis ce sont des demandes sur le fonctionnement de la ligne. Les usagers souhaitent déplacer l’arrêt du terminus de 30 m de devant chez Dollin à devant la pharmacie Lhullier, c’est à dire place Louis Spriet. L’état de la chaussée et des trottoirs semble motiver cette demande. On réclame un abri et la suppression d’un arrêt de la rue Carpeaux, qui est le 2e sur 100 mètres. Cela retarde le bus, et les roubaisiens ne rechignent pas à marcher encore quelques mètres.

La Grand Place en 1955 Photo NE

La Grand Place en 1955 Photo NE

En conseil municipal, on s’active aussi sur la question des autobus. André Diligent signale des accidents non à l’extérieur, mais à l’intérieur du bus, à cause du système de freins puissant, qui entraîne des spectacles à la Dubout1. Au début on incrimine les chauffeurs, d’anciens wattmen néophytes, puis on essaie un nouveau système électrique, mais le problème n’est pas résolu. MM. Catrice et Loucheur anticipent des aménagements futurs : le premier parle d’aménager le place de la gare, véritable enchevêtrement de tramways, autobus, voitures, charrois, qui présente un aspect lugubre pour le visiteur. Le second évoque les travaux d’une nouvelle canalisation à faire grand rue, avant que le tramway B soit transformé en autobus en 1956.

Travaux rue Pierre Motte Photo NE

Travaux rue Pierre Motte Photo NE

Les conducteurs de bus de l’ELRT ont aussi leurs doléances : ils souhaitent que soit respectée l’interdiction de stationner aux arrêts d’autobus. Les comportements incivils de certains conducteurs automobiles ou motorisés gênent les manœuvres, et mettent les voyageurs en danger au moment de la descente, quand elle ne peut pas s’effectuer à l’arrêt, contre les trottoirs.

Janvier 1956, on évoque l’état lamentable de la chaussée de la rue de Blanchemaille, où passe un autobus, entre la rue Emile Moreau et la rue Henri Carrette. Les autobus remettent en évidence l’état de la voirie, et ce sera bientôt le temps du tarmacadam.

Enlèvement des rails rue Daubenton Photo NE

Enlèvement des rails rue Daubenton Photo NE

En février 1956, la question de la ligne F, appartenant à la TELB et reliant Mons en Baroeul à la grand place de Roubaix, trouve sa solution, au moment de la création de la CGIT. L’ELRT reprendra la liaison Croix Roubaix et la compagnie lilloise reprendra le reste de la ligne. On se donne un délai de trois mois, le temps de fournir le matériel et les autobus. C’est qu’on est en train de mener à terme le programme transfert tram/bus, notamment pour les lignes B, C. On annonce également l’achèvement prochain du dépôt de l’Union. Bonne nouvelle, on peut déjà mesurer l’allègement du compte d’exploitation d’une vingtaine de millions par an avec le remplacement des tramways. On fait les comptes : pour mener à bien la fin du programme, il faudra encore 33 autobus, plus 6 suite à la décision TELB, soit 39 machines.

L’hiver 1956 a été rude. La vague de froid perturbe le fonctionnement des bus, les horaires ne sont plus respectés. Pour la ligne Leers Mouvaux, les bus passent à une heure d’intervalle. Il n’y a pas assez de personnel pour entretenir les bus, il faudrait les nettoyer plus souvent, mais réduction de personnel et réduction de dépenses pour résorber le déficit sont de mise !

On souhaite desservir le nouveau lycée de garçons (Van Der Meersch) et la ligne 15 est en passe de devenir la première ligne circulaire de Roubaix. On parle de créer une ligne Cul de four Fraternité. Le maire répond qu’il faut que l’ELRT ait tout son matériel avant de changer ou créer quoi que ce soit. L’accord pour l’emprunt servant à financer l’achat des 39 autobus arrive en février.

L'effondrement des hangars du dépôt de l'Union mai 1956 Photo NE

L’effondrement des hangars du dépôt de l’Union mai 1956 Photo NE

En mai, alors qu’on est encore à faire le bilan des moteurs gelés, des moteurs claqués, et de l’éventuelle négligence des mesures contre le froid de l’Elrt, une nouvelle catastrophe survient. Le 19 mai 1956, deux nouveaux hangars du dépôt de l’Union s’effondrent l’un après l’autre. Deux blessés, beaucoup de dégâts matériels, et surtout l’impossibilité d’accueillir les 39 nouveaux bus, et le nettoyage de l’ensemble de la flotte. Une solution provisoire sera trouvée avec l’usine de gaz de la rue de Tourcoing. La responsabilité de l’entrepreneur, Revillon rue des bois blancs à Lille, est engagée. L’inauguration des nouveaux locaux devait avoir lieu le lendemain. On imagine le désastre.

On continue d’adapter le réseau routier : le boulevard Montesquieu emprunté par le bus n°15 se voit doté d’une chaussée en tarmacadam. On élabore un projet de gare routière pour la grand place.

Le 14 juillet 1956, c’est chose faite, les trams B, C, C barré et F terminent leur carrière. le 21 remplace le F, le 14 remplace le B, le 19 le C et le 20 le C barré. Seul le Mongy échappe à cette transformation.

La première expérience Photo NE

La première expérience Photo NE

Le projet de gare routière se décline en deux phases d’expérience. Dans un premier temps, des quais sont installés le long de la bibliothèque (aujourd’hui Trésorerie Municipale), entre la grand rue et la rue pierre motte. Il faut resituer ce projet dans les transformations de l’époque ! A deux pas de là, on démolit les anciennes Halles, et on continue ici et là à enlever les rails des voies de tramway supprimées. L’expérience « en face de la bibliothèque » n’est pas jugée positive. Les quais sont jugés trop avancés vers la rue pierre Motte, et ils gênent la circulation automobile, en plein développement.

La deuxième expérience, la bonne ! Coll Part

La deuxième expérience, la bonne ! Coll Part

Finalement la gare routière est installée en face de l’église Saint Martin, après qu’on ait libéré de la place en enlevant les rails parallèles à ceux du Mongy. Les quais des autobus s’aligneront en épi face au kiosque récemment construit. Cela semble fonctionner, mais déjà des voix s’élèvent : pourquoi ne pas mettre le terminus du Mongy place de la liberté ? Et le parking automobile de la grand place qui se révèle bientôt trop étroit !

1Albert Dubout, né à Marseille le 15 mai 1905 et mort à Saint-Aunès (Hérault) le 27 juin 1976, est un dessinateur humoriste et peintre français caractérisé par son trait contourné et ses personnages caricaturaux, petits messieurs à chapeaux et très grosses femmes en robes. (extrait de Wikipédia)