Le Celtic

En 1886, une dizaine d’années après l’ouverture de la rue Pierre Motte, seulement quatre immeubles, quatre estaminets, sont bâtis, les autres terrains restent nus. En particulier l’emplacement du futur numéro 11 n’est pas encore construit. Peu après pourtant, on édifie à cet endroit deux « baraques » où, en 1896, Charles Vantighem, marchand de crêpes, tient commerce. C’est cette même année que de J. Vanschorisse, fait la demande d’un permis de construire sur ce même terrain. La demande est accompagnée d’un plan présentant la future façade.

Cette façade, nous allons la retrouver pratiquement inchangée, aujourd’hui. Elle comporte une double vitrine encadrant une porte centrale. Une porte latérale, à droite, permet de contourner le magasin. Cette porte, pour laisser plus de place au commerce, est légèrement décalée sur la droite par rapport à la fenêtre correspondante du premier étage. L’architecte, Jean Baptiste Leconte, habitant rue du Fresnoy. adresse donc à la mairie la demande de démolition des deux baraques pour ériger le bâtiment qui portera le numéro 11. J. Vanschorisse est charcutier-traiteur ; il installe son commerce dans l’immeuble neuf. Le propriétaire du terrain en 1873 est Mme Veuve Grimponprez-Bossut, et en 1909, les héritiers Grimonprez-Cavrois.

En 1907, le magasin est déjà devenu un débit de boissons : la propriétaire demande l’ouverture d’un soupirail pour descendre plus commodément les fûts à la cave. Trois ans plus tard, A.Loucheur tient le café. La vocation du commerce ne changera plus désormais. Les tenanciers s’y succèdent : F.Delplanque en 1914, Ed.Tiberghien en 1926, G.Gilmet en 1928 et 1932.

L’année 1935voit Lucien Inglebert demander à faire des travaux d’agrandissement intérieurs, ainsi que le remplacement de la vitrine en bois par une autre en métal et le cimentage de la façade. Le commerce est un café-tabac, et est toujours sous la direction de Lucien Inglebert en 1938.

Durant la guerre, en 1943, on procède à un réaménagement des lieux. La propriétaire est alors Marguerite Dutilleul. Le but des travaux, conduits par l’architecte Anatole Leman qui habite rue Daubenton. est l’agrandissement de la salle du café qui inclut l’ancienne cour, se prolonge jusqu’au fond du bâtiment et se termine par une scène, destinée à accueillir l’orchestre. On accède au tabac, séparé du café proprement dit, en empruntant la porte de droite.

Un groupe, à identifier, devant l’établissement en 1944 – document collection particulière

Après la guerre, le café passe aux mains de Robert Lemire qui en est le propriétaire en 1950, suivi de E. Lietar de 1953 à 1970. Dans les publicités, on met l’accent sur l’aspect dancing de l’établissement, vantant les qualités de son orchestre et de son accordéoniste.

L’établissement poursuit ensuite son existence avec des modifications de vitrine mineures jusqu’à aujourd’hui, comme nous le montrent ces photos de 1964 (photo collection privée) et 2017 (photo Jpm).

Les autres documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

Le Lycée de jeunes filles

En 1886, les terrains situés au Huchon, entre le sentier de Barbieux et le jardin public, face au boulevard Lacordaire appartiennent à Fidèle Duhamel, habitant 13 rue du Pays. Sa femme est née Sophie Nathalie Duhamel. La municipalité va leur racheter les terrains nécessaires à l’ouverture du futur boulevard de Douai , dont les travaux commencent en 1889.

Le 12 Août 1895, l’architecte roubaisien Ernest Thibeau, au nom de MM. Derville frères, habitant la rue de Lannoy, envoie une demande de permis de construire concernant un immeuble « à usage de maison d’éducation ». C’est ainsi qu’au coin de la rue de Barbieux et du boulevard nouvellement tracé s’installent en 1896 les sœurs de la communauté Dominicaine du Rosaire, dans un établissement d’enseignement comportant internat et externat. Il comporte un bâtiment à deux étages qui présente un triple pignon côté rue de Barbieux, prolongé par un autre, plus bas, le long du boulevard, et un autre encore avec un corps à deux étages comprenant une salle des fêtes et un préau. Un troisième bâtiment en rez de chaussée suit le mur d’enceinte jusqu’à la porte principale.

La loi sur les congrégations de 1905, va provoquer le départ des religieuses. Le 9 décembre 1904, le conseil municipal décide de réutiliser les bâtiments pour y créer un collège de jeunes filles. Le nouvel établissement ouvre en octobre 1905. La municipalité commence par louer les locaux jusqu’en 1907, puis achète l’ancien couvent des dames Dominicaines aux Derville, qui en sont toujours les propriétaires.

La municipalité procède aussitôt à la construction d’une habitation pour la directrice du collège, Mme Séverin-Bourgoignon. Cette belle maison a son entrée rue de Barbieux, pratiquement en face de la grille d’entrée de la propriété Masurel et de son moulin de briques. Le collège enseigne les lettres et les sciences, mais également le dessin, la couture et la coupe, l’enseignement ménager, la musique et les langues. Selon le Ravet-Anceau, l’enseignement des cultes catholique, protestant et israélite y est également proposé.

La maison vue de la rue et du collège

L’établissement chage de vocation durant la première guerre et devient l’hôpital auxiliaire n°169 qui contribue à soigner les nombreux blessés au combat. Aussitôt après le conflit, on retrouve Mme Severin comme directrice. Celle-ci doit déployer tous ses efforts pour remettre l’établissement en état d’enseigner.

L’établissement qui comptait 232 élèves en 1911, en accueille 500 en 1932. Cette année là, on agrandit. Les travaux ont débuté à l’été 1931. On construit le jardin d’enfants entre les logements du concierge et de la directrice rue de Barbieux, et surtout on ajoute un bâtiment en forme de U pris sur l’emplacement des serres municipales. Il comprend des salles de classes et des locaux destinés à l’internat, ainsi qu’au sous-sol, la cuisine et un réfectoire. Les agrandissements sont inaugurés en septembre 1935. La directrice est alors Mlle Couteaux et le collège devient Lycée de jeunes filles, avec un effectif de 613 élèves.

Photos Delbecq (Archives municipales) et IGN (1947)

Mme Brincourt va ensuite diriger le Lycée jusqu’en 1950, remplacée en 1952 par Mme Moulier-Brunel, alors que l’établissement comporte 900 élèves. Cette année voit la création de l’association de parents d’élèves. L’année suivante, en 1953, Mme Duthoy, une ancienne élève de l’établissement, prend sa direction. En 1954 on récupère le reste du terrain des anciennes serres municipales pour y faire un terrain de sports. Le Lycée possède alors deux dortoirs et deux réfectoires, mais Nord Matin assure néanmoins que la place manque, et qu’il sera nécessaire d’agrandir encore l’établissement.

1966 voit l’édification, en face du Lycée, en traversant la rue de Barbieux, de l’école Anatole France, qui va décharger l’établissement de ses classes maternelles et primaires. Néanmoins la décision est prise de construire des locaux supplémentaires. Les travaux débutent l’hiver suivant.

Photo Nord Eclair

Il s’agit de construire côté boulevard de Paris un immeuble pour les logements des administratifs et dans le prolongement du bâtiment de 1935, les bureaux de l’administration entourant un patio, ainsi que la loge du concierge et la nouvelle entrée principale, ouvrant sur l’avenue Le Nôtre. Perpendiculairement au boulevard de Douai, d’autres bâtiments abriteront des classes, une piscine et des salles de sport. Des terrains de sports seront aménagés le long de la rue de Barbieux.

Document Nord Eclair

La conduite des travaux d’extension est confiée aux architectes Guy Lapchin, Luc Dupire et Constant Verdonck. L’aspect du Lycée, vu de l’avenue Le Nôtre, est radicalement changé.

Le bâtiment administratif et la piscine

La communauté urbaine décide en 1968 de procéder à la dénomination des établissements scolaires sur proposition des municipalités. Le 19 mai 1969, le conseil municipal choisit le nom de Baudelaire.

Il reste encore à construire un nouveau réfectoire. Celui-ci prendra place au coin du boulevard de Douai et de la rue de Barbieux. Sa construction nécessitera la démolition de l’ancienne maison de la directrice et du jardin d’enfants. Le nouveau bâtiment est constitué d’un corps avec un étage, auquel conduit une partie basse qui s’appuie sur l’ancien bâtiment d’enceinte dont l’aspect extérieur, tout comme celui de l’ancienne porte d’entrée qui a été conservée, ne change pas. La nouvelle demi-pension est fonctionnelle en 1997.

Le nouveau réfectoire. Photo site Cité Scolaire Baudelaire

Les autres documents proviennent des archives municipales, du site de l’Institut Géographique National, et d’une collection particulière.

Des allemandes sur le Boulevard

En 1980, l’agglomération Lilloise se dote d’une première ligne de métro, et tout le monde s’interroge sur l’avenir des transports en commun. On pense notamment à améliorer le service fourni par le Mongy. La grande question est de savoir s’il faut moderniser la ligne de tramway ou la remplacer par un métro. La municipalité roubaisienne, notamment, serait favorable au tramway, à pourvu qu’on en améliore la vitesse et le confort.

A cette époque, c’est le tour des motrices 500 d’arriver en fin de vie ; il faut les remplacer, mais l’incertitude qui pèse sur une éventuelle ligne de métro empêche d’envisager l’achat de tramways neufs. On se tourne prudemment vers une solution provisoire, la mise en service de matériel acheté d’occasion.

La SNELRT se procure en Allemagne, auprès de la ville de Hertem six motrices construites par la firme Düwag en 1954, pour renforcer, dans un premier temps, le service des 500. Les nouvelles motrices arrivent au dépôt de Marcq par la route.

Ces matériels en très bon état vont être sommairement adaptés et repeints aux couleurs de la compagnie. Cette livrée ne changera pas lorsque la SNELRT passera dans le giron de la COTRALI. Les motrices seront mis en service aussitôt les travaux effectués et donneront toute satisfaction en exploitation.

La deuxième photo est de M. Damide – origine Union des Voyageurs du Nord

Le service de ces voitures étant jugé satisfaisant, on imagine de renouveler l’opération de manière à remplacer en totalité le parc des motrices anciennes. C’est ainsi que, dès 1982, on complète l’effectif en achetant à Hertem 20 motrices doubles articulées, du même constructeur. La capacité des nouvelles motrices permettrait d’accroître les capacités de la ligne. On les numérote dans la série 300, les acquisitions de départ ayant été complétées par la suite avec des voitures provenant d’autres villes d’Allemagne pour un total de 34 unités doubles. La photo suivante montre monsieur Notebart, le président de la communauté urbaine, venu au dépôt de Marcq voir les motrices nouvellement arrivées.

Il va falloir rénover l’intérieur des voitures et les repeindre extérieurement. Le service marketing des TCC veut en profiter pour rénover l’image de marque du Mongy, en faire un moyen de transport jeune et confortable. L’aménagement intérieur est mis au goût du jour avec des tissus et moquettes à la mode et, surtout, apparaît la magnifique livrée à rayures rouges et blanches qui transfigurera ces motrices. Cette livrée sera d’ailleurs progressivement étendue aux 6 motrices Düwag simples, puis à l’ensemble des bus.

Elles assurent leur service durant une vingtaine d’années, et laissent une impression de robustesse et de confort. Elles seront les dernières à utiliser à Lille le terminus du théâtre et inaugureront le souterrain les menant, à la gare, cohabitant quai à quai avec le métro.

Boulevard Carnot et au terminus de la Gare

Nos braves allemandes circuleront jusque dans la première moitié des années 90 où elles seront retirées du service pour faire place aux rames italiennes de la société Breda,.Elles prennent alors leur retraite, interdites de ligne par la tension de la caténaire qui passe de 600 à 750 volts pour alimenter les nouveaux trams italiens.

Finalement, ces voitures auront convenablement rendu le service qu’on leur demandait, c’est à dire assurer, à moindre coup, le service pendant la période où menaces et incertitudes s’accumulaient contre le Mongy. Elle disparaissent lorsque la décision est prise de pérenniser le tramway et de le moderniser complètement à coup de grands travaux.

Remerciements aux archives municipales de Roubaix. Les documents sans légende proviennent de www.Translille.com

Les michelines du Mongy

En décembre 1945, alors que les motrices 400 ont près de 40 ans de bons et loyaux services et commencent à donner des signes d’usure, la Voix du Nord fait état d’un projet visant à les remplacer par des « michelines » ultra-modernes circulant en unités doubles sous la conduite d’un unique wattman. En janvier 1948, ce quotidien nous présente la maquette d’un de ces couplage, et annonce qu’une première série de 28 motrices, constituant 14 paires, sur les 54 unités prévues est en construction.

Document la Voix du Nord

Les voitures sont finalement livrées en 1950 par leur constructeur, Brissonneau et Lotz. Elles représentent un effectif de 28 motrices numérotées de 501 à 528. Elles ressemblent aux motrices de la série 200 livrées par le même constructeur juste avant la guerre dont elles héritent la livrée crème, et la ligne nettement plus aérodynamique que les « cars » de la série 400 mises en service entre Lille, Roubaix et Tourcoing en 1909. Le public les adopte sous le nom de « Michelines ».

La 501 en couplage en 1950 bd Gambetta

Plus longues et plus puissantes que les motrices 200, les voitures de la nouvelle série reprennent la plupart de leurs caractéristiques : Plancher abaissé, contacteurs électro-pneumatiques pour la commande des moteurs, caisse en bois recouverte de feuilles d’aluminium ; elles sont prévues pour une utilisation en unités multiples. Leur vitesse maximum est portée à 80 km/h grâce à 4 moteurs de 50 chevaux. Les marchepieds, couplés aux portes à ouverture électro-pneumatique sont articulés et se déplient à l’arrêt. Les voitures prennent le courant par pantographes. Le conducteur, pour la première fois à l’ELRT, est assis. Les faces avant sont aérodynamiques, à pans coupés sous un bandeau supérieur semi-circulaire.

Photos Le Lampiste et SNELRT

Les « 500 » circulent d’abord en rames de deux éléments, puis, la longueur de l’ensemble étant jugée trop importante et gênante pour la circulation en ville, elles sont désaccouplées. On installe alors un second poste de conduite, un peu plus rustique, à l’autre extrémité des voitures pour permettre la circulation dans les deux sens (le terminus place de la liberté ne permet pas le retournement : il faudra attendre le prolongement par la grand-place et la rue du Maréchal Foch pour pouvoir le faire).

Les motrices sont rénovées en 1968-70. Les opérations concernent une modernisation intérieure avec changement des sièges, et surtout la mise en place de l’exploitation à un seul agent, permettant la suppression du receveur qui officiait jusque-là à l’arrière. Le poste de conduite est modifié pour permettre la perception du prix des billets. On en profite également un « relooking » du poste de conduite et du tableau de bord et la modification des couleurs extérieures, les panneaux situés sous la ceinture de caisse adoptant une teinte rouge « corail » alors que les portes restent crème.

La 507 en haut du boulevard de Paris – Photo origine indéterminée

Les michelines sont retirées du service en 1984, après avoir épaulé quelques années leurs remplaçantes. Elles ont assuré un service satisfaisant durant plus de trente ans et laissent un souvenir vivace dans l’esprit des habitants.

Une motrice 500 au croisé-Laroche

Remerciements à l’Amtuir, l’Amitram, à la médiathèque de Roubaix et aux archives municipales.

 

Les cars Mongy

Alfred Mongy, ingénieur de la ville de Lille, puis du Département, pense à améliorer les communications entre villes. Il projette de notamment relier les agglomérations de Lille, Roubaix et Tourcoing en créant un boulevard en Y, qui comporte trois chaussées de circulation, une piste cavalière, et une double voie réservée à un tramway interurbains. Il fonde à cet effet la compagnie de l’Electrique Lille Roubaix Tourcoing (ELRT) dont le but est d’exploiter des lignes de tramway. A l’issue des travaux, la ligne est inaugurée par des personnalités locales qui parcourent la ligne, en décembre 1909, dans les voitures pavoisées.

Journal de Roubaix – 1909

La ligne comporte une double voie située en site propre, commune entre Lille et le croisé Laroche, qui se sépare ensuite pour se diriger vers les deux destinations. Les rails en sont à l’écartement d’un mètre, comme ceux des tramways de Roubaix-Tourcoing, et à la différence de ceux de Lille, construits à l’écartement « normal » de 1 mètre 43. La ligne ne comporte qu’un nombre réduit d’arrêts, placés aux intersections des routes qui croisent le nouveau boulevard. Ces heureuses dispositions permettent des communications rapides entre les trois villes.

Photo collection particulière

Le matériel utilisé est d’abord constitué de motrices à bogies, le type 400, qui réunit des caractéristiques innovantes. Pour profiter des possibilités de vitesse fournies par la ligne tracée majoritairement en site propre, elles sont placées sur des bogies qui améliorent la tenue de voie et donc le confort et la célérité. Elle comportent un lanterneau vitré sur le toit pour augmenter l’éclairement intérieur, à la manière des voitures à voyageurs qui parcourent les voies ferrées américaines à cette époque.

Photo Journal de Roubaix 1909

Ces voitures ultra-modernes, comportant quatre moteurs leur permettant d’atteindre près de 60 kilomètres-heure, sont tout de suite surnommées les cars Mongy. Une première série de 25 voitures, numérotées 401 à 425 et construites par la société Franco-Belge, sont d’abord mises en service, et complétée ensuite par dix autres automotrices. Elles sont conçues au départ pour prendre le courant par une perche, mais celle-ci sera remplacée par un pantographe Siemens en 1950.

Des motrices 400 au dépôt de Marcq.

Document Translille

Outre l’unique phare, caractéristique des tramways roubaisiens, elles comportent également une curieuse lanterne en toiture. L’intérieur est équipé de confortables banquettes aux dossiers basculables pour faire face à la marche.

On leur adjoint à partir de 1911, pour renforcer leur capacité lors de l’exposition, des remorques à essieux d’abord, construites par Baume et Marpent, puis à bogies, construites cette fois par la Franco-Belge. Les couples motrice/remorque vont parcourir les lignes jusqu’en 1950. Les dernières automotrices 400 seront réformées en 1972.

Une motrice et sa remorque à l’entrée du parc Barbieux.

Une partie des informations provient de l’ouvrage « Au fil des Trams » de Claude Gay.

Les documents proviennent des archives municipales et de la Médiathèque de Roubaix.

Les photos couleur sont des documents qui proviennent de l’Amitram.

A suivre…

On reconstruit aux Nations Unies

Photo Nord Éclair

Photo Nord Éclair

En janvier 1980, toute la zone située devant l’église Notre-Dame, nivelée, attend le bon plaisir des lotisseurs. Avant la fin des démolitions dans la partie nord, avant la construction des chaussées, les travaux vont commencer par la plantation du mail destiné à aérer le centre ville. En avril, on plante 73 marronniers sur 485 prévus au total. Le maire, Pierre Prouvost et les responsables des espaces verts vont assister aux travaux, confiés à l’entreprise Masquelier. On choisit des arbres déjà vieux de 15 ans pour faciliter la reprise de leur végétation. Ce premier espace vert, représentant 6000 mètres carrés, devrait être suivi d’un autre, côté Blanchemaille, de deux hectares. Les 73 arbres sont plantés en deux jours.

Photos La Voix du Nord

Photos La Voix du Nord

Dès le mois de mai on met en chantier le parking et 193 logements. MM. Avinel, vice-président de la CUDL, Prouvost, le député-maire de Roubaix, et Albert Crépeau, secrétaire général du Nord posent la première pierre du Parking-Silo et d’un premier immeuble, la résidence Notre-Dame, qui sera érigée près de l’église, entre les rues Nain, des Lignes, et le prolongement de la rue de l’Hospice, sous l’égide du CIL et de la société d’HLM « Le Toit Familial ».

Les immeubles en construction au coin des rues Nain et des Lignes. Photo LVDN

Les immeubles en construction au coin des rues Nain et des Lignes. Photo LVDN

Tous ces logements seront pour une part livrés en la location, les autres en accession à la propriété, dans le but de mêler les populations. En septembre, le chantier est bien avancé. Il concerne 193 appartements. On constate pourtant qu’il reste encore une zone à démolir entre cet ensemble et la rue du vieil abreuvoir, au premier plan sur la photo suivante.

L'état des travaux - Photo Delbeck

L’état des travaux – Photo Delbeck

La tranche suivante intéressera les rues du Vieil Abreuvoir et du Curé, tout au sud de la zone à lotir. La première de ces deux rues devant devenir piétonnière, Au coin de ces deux voies, seul aura survécu le bloc du café du Carillon, qui sera désormais flanqué d’immeubles neufs représentant 26 logements rue du Curé et 28 rue du vieil abreuvoir. Au rez de chaussée, on installera des cellules commerciales.

La rue du vieil abreuvoir avant travaux et le projet – documents Nord Eclair

La rue du vieil abreuvoir avant travaux et le projet – documents Nord Eclair

Au coin des rues du vieil abreuvoir et Nain, l’ancienne poste, devenue recette municipale, est rachetée la société Texim de Villeneuve d’Ascq, qui désire y installer commerces et bureaux. L’extérieur du bâtiment, en bon état général sera peu transformé. Le rez de chaussée abritera une surface commerciale.

Document Nord Eclair

Document Nord Eclair

En avril 1981, le CIL aménage deux appartements témoins dans l’ensemble Notre-Dame. La suite des travaux comprend un groupe d’immeubles formant un U, la résidence Le Nain, et un groupe scolaire, situés entre le prolongement de la rue de l’Hospice, les rues Nain et du vieil abreuvoir. A l’instigation du CIL également, cet ensemble représentera 46 appartements en locatif et 98 en accession à la propriété.

Document Nord Eclair

Document Nord Eclair

Néanmoins, en juillet 82, la Voix du Nord se fait l’écho des difficultés qu’éprouvent les promoteurs à vendre leurs appartements. Ceux-ci semblent pâtir d’une mauvaise réputation et peinent à attirer les classes moyennes espérées. Celles-ci seraient rebutées par la petite délinquance et les impôts locaux. La municipalité réagit par une « offensive de charme » : on déclasse fiscalement les nouveaux appartements pour diminuer les impôts des acquéreurs. ; on assure par la voix du commissaire de police que le quartier est est un des plus calmes de Roubaix, et on nomme deux îlotiers chargés d’assurer la sécurité. Cette capagne porte ses fruits. En septembre, il ne reste que 35 appartements de libres.

Les travaux se poursuivent et, à l’été 83, les ensembles de la zone sont construits.

Photo la Voix du Nord

Photo la Voix du Nord

Les prochains travaux vont maintenant porter sur la zone marquée par un 3 sur la photo précédente, dans le triangle formé par ce qu’on appelle désormais l’avenue des Nations Unies et les rues du Pays et des Lignes. Un nouvel ensemble, qu’on nomme « Ambroise Paré », va englober et former un ensemble avec l’école d’infirmières, restée debout, sera érigé par la SRIEM, la Société Roubaisienne Immobilière d’Économie Mixte et comprendra 101 logements locatifs. La même société prolongera cet ensemble, toujours le long de l’avenue des Nations Unies, sur l’autre trottoir de la rue des Lignes.

L'ensemble, vu des Nations Unies et de la rue du Pays

L’ensemble, vu des Nations Unies et de la rue du Pays

 

Les documents proviennent des archives municipales.

 

 

 

Nations Unies : dernières démolitions côté nord

Les démolitions se poursuivent par la zone située entre la rue Blanchemaille et le pont Saint Vincent, constituée pour l’essentiel par l’hospice dénommé à l’origine Hôpital Napoléon, puis, à la chute de l’Empire, Hôtel-Dieu, et enfin hospice civil, et, plus récemment, hospice Blanchemaille. Il occupe depuis 1865 tout l’espace compris entre les rues St Vincent, Blanchemaille, Isabeau de Roubaix et de l’Alma. Le fronton qui surplombe l’entrée montre Isabeau de Roubaix soulageant la misère.

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Cet hospice a le grand tort d’avoir une de ses ailes sur le trajet direct de la future pénétrante. Il faudra évidemment la raser, mais on ne s’en tient pas là : la vétusté du bâtiment civil le plus ancien de Roubaix va entraîner sa démolition complète, la municipalité étant décidée à ne sauvegarder que le fronton de l’édifice. D’ailleurs, la construction de l’hôpital Victor Provo permet de faire de la place dans celui de la Fraternité où on pourra installer un service gériatrique qui accueillera une partie des pensionnaires, le reste étant installé à l’hospice Barbieux et au V360 du Carihem. L’hospice Blanchemaille est donc vide et vulnérable. On commence par démolir l’aile côté St Vincent de l’édifice, laissant en place l’autre aile ainsi que la façade principale, la cour d’honneur et la chapelle. L’édifice va rester ainsi amputé quelques mois avant de disparaître complètement du paysage roubaisien.

Photos IGN

Photos IGN

On remarque sur les photos de 1981 que l’hospice est amputé. Les pioches des démolisseurs ne dépassent pas encore la rue de l’Alma. La rue Saint Vincent reste intacte au delà, et présente toujours une rangée de maisons suivie des halles à marchandises. Rien ne presse, car les travaux pont sont au point mort. On attend que la SNCF effectue les travaux de pivotement de l’ouvrage pour le mettre dans l’alignement de la nouvelle avenue, et de construction d’un deuxième tablier à côté de l’ancien pour obtenir la largeur nécessaire. Ces travaux d’envergure vont durer plusieurs mois, au grand dam des automobilistes forcés d’effectuer un détour.

Photos IGN et la Voix du Nord

Photos IGN et la Voix du Nord

1982 voit la poursuite des travaux. L’hospice a fait place à un terre-plein, le bloc de maisons et la halle marchandises situés rue SaintVincent entre la rue de l’Alma et le pont disparaissent également ; et l’avenue, limitée à la rue de l’Alma jusque là, prend sa largeur définitive jusqu’au pont. L’ancien pont est réouvert à la circulation en décembre 1982, alors qu’on édifie encore le second tablier. C’est chose faite en 1983 : cette fois, les deux tabliers sont en place, et le goulot d’étranglement entre Roubaix et Tourcoing disparaît. L’ensemble des travaux sur le pont se terminent ; il ne reste, après la pose des canalisations, qu’à mettre les deux chaussées en service.

Photo Delbecq

Photo Delbecq

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Démolitions et disparitions

L’année 1979 voit la poursuite des travaux dans la partie nord du chantier, au delà de la rue des Lignes. L’église était flanquée des rues des Écoles et Saint Pierre. La première de ces deux rues ne sera pas touchée ; elle est essentiellement constituée des bâtiments du Lycée technique de jeunes filles et du CET, partis depuis 1972 s’installer rue du Maréchal Foch, et remplacés par des sections commerciales transfuges de Turgot. Par contre, la rue Saint Pierre va complètement disparaître avec une grande partie du pâté qu’elle borde : la pénétrante va passer juste à cet endroit.

L'église et la rue Saint Pierre – collection particulière

L’église et la rue Saint Pierre – collection particulière

Cette rue comportait nombre de commerces, et encore en 1968, au 6, Diffunor, une librairie de gros, un café-tabac au 14, une épicerie au 18. Toutes ces maisons et leur jardin vont disparaître. Seule subsistera derrière l’ancienne usine reprise après guerre par le négociant en tissus Delespierre-Baeyens, qui s’étendait de la rue des Lignes à celle de l’Ermitage. Le mur de cette entreprise bornera longtemps la nouvelle avenue, avant qu’on n’y construise des immeubles neufs.

Le mur de l'usine, depuis le coin de la rue de l'Ermitage

Le mur de l’usine, depuis le coin de la rue de l’Ermitage

Deux pâtés de maisons séparaient le chevet de l’église, et la rue de l’Ermitage, de la rue Blanchemaille, entre les rues Notre-Dame et de Vaucanson. Tout cet ensemble va disparaître, de même que la rue St Honoré qui les séparait. Anciennement constitués de petites maisons et de courées, et de quelques entreprises, ces deux ensembles n’avaient pas évolué depuis un siècle, même si des démolitions avaient déjà été effectuées en 1975.

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Les deux côtés des rues Notre-Dame et Vaucanson sont expropriés. La rue Notre-Dame, va laisser place à l’extension de l’ENSAIT, et la rue de Vaucanson, à celle de la Redoute qui se développe à cette époque. Commencée début 78 la construction d’un nouveau bâtiment rue Blanchemaille permet d’accueillir les services de cette entreprise derrière une façade de verre. Une innovation : dans ce nouvel immeuble, les bureaux seront séparés par des cloisons amovibles modulaires.

Les rues de Vaucanson (photo la Voix du Nord) et Notre-Dame à l'époque.

Les rues de Vaucanson (photo la Voix du Nord) et Notre-Dame à l’époque.

Par la même occasion, on prévoit une extension à la Redoute côté pair de la rue de Vaucanson, constitués de petites maisons, toutes construites sur un plan identique. Les numéros 26 et 66 seront ainsi détruits par la communauté urbaine. Tout ce bloc va disparaître, remplacé un moment par un parking.

rue de Vaucanson

rue de Vaucanson

Avec les démolitions et les trous béants créés dans le substrat urbain, il devient difficile d’assurer la sécurité : les habitants se plaignent des vols qui se multiplient dans le maisons encore habitées des rues Notre-Dame, Saint Honoré, Vaucanson, et Saint Etienne, et réclament une surveillance accrue de la police. Ils demandent, en outre, la suspension des démolitions tant que le relogement de tous n’est pas assuré. En effet, les constructions à l’Alma-Gare sont à peine en cours, et les chantiers débutent seulement près de la rue des Lignes. Pour l’heure, sur le tracé de la pénétrante, on creuse des tranchées pour distribuer le chauffage, et on dévie les canalisations.

Photo la Voix du Nord

Photo la Voix du Nord

A suivre…

Les documents proviennent de la médiathèque et des archives municipales.

 

 

La Société Roubaisienne d’Automobiles

On voit sur une photo ancienne représentant la rue Neuve, après l’estaminet de la Barque d’Or, trois maisons de belle apparence aux numéros 58, 60 et 62. Ce sont respectivement les demeures  du négociant Jonville-Testelin, du fabricant de Tissus Lestienne, frères et fils, et d’Albert Motte, puis de la veuve Wacrenier-Nadaud, à la fin du 19ème siècle.

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En 1935 s’installe au 62 la SRA, Société Roubaisienne d’Automobiles, agence de la société des automobiles Peugeot. Avant la guerre, les occupants des 58 et 60 quittent les lieux, et ces deux propriétés restent vides tout au long des hostilités. En 1953 le numéro 60 a été racheté par la SRA, qui loge y son directeur, Monsieur Cavrois-Dazin, dans la maison en front à rue. Le numéro 58 est également repris par la société. Une photo aérienne montre que, dès 1947, des ateliers ont été édifiés derrière les trois maisons. La façade du numéro 62 a été percée d’une large ouverture permettant l’accès des véhicules.

Photo Nord Eclair

Photo Nord Éclair

A partir de 1955, la SRA se lance dans la distribution d’essence. Elle inaugure une station Mobil à la place de l’immeuble du numéro 58. Nord Éclair loue « l’édifice élégant, clair et spacieux, … le Hall bien dégagé, les bureaux élégants, bien que sobres, … le garage aux proportions impressionnantes, le tout dans un décor agréable ». De nombreuses personnalités assistent à l’inauguration et sont accueillies par MM. Jacques et Dominique Cavrois. La station met à la disposition de la clientèle un salon de lecture, des toilettes, le téléphone et une boite aux lettres. L’éclairage et les couleurs font l’objet de tous les soins. L’entrée de la station, en retrait de l’alignement de la rue, est précédée de deux pompes automatiques.

Photo Nord Eclair

Photo Nord Eclair

En 1960 la SRA occupe les trois numéros, et l’ensemble de la propriété ainsi constituée est couvert d’ateliers. D. Cavrois-Wattine est alors directeur commercial du garage. On poursuit les travaux : en 1975 la société demande l’autorisation de démolir les numéros 60 et 62, devenus inutiles et qui sont inoccupés. Le 60, comprend trois bureaux au rez de Chaussée, au 1er quatre pièces, et 6 chambres au second. Le rez de chausse du 62 sert de hall d’exposition, et il comporte 8 pièces dont 2 salles de bains au 1er et la même chose au second. La démolition permettra la création d’un nouvel immeuble commercial. L’autorisation accordée l’année suivante, mais l’immeuble est repris en 1981 par la famille Mulliez pour y créer un magasin Kiloutou. Ce projet n’aboutit pas et, en 1983, s’installe la société SARDA, concessionnaire BMW. Le nouveau garage comporte un vaste hall d’exposition et les services d’après-vente de réparations et de pièces détachées. Le responsable commercial est Michel Junod.

Photo la Voix du Nord

Photo la Voix du Nord

Dans les années 2000 le garage est finalement démoli. Il est désormais remplacé par un immeuble neuf.

photo Google Maps

photo Google Maps

Les autres documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Nations Unies : les démolitions 78

Au printemps 1978, le souci principal des élus est de redonner un second souffle au centre de Roubaix. La modernisation de l’Ensait, maintenue sur place, l’extension de la Redoute dans des locaux neufs, le centre Mercure, formeront des pôles d’attraction que la pénétrante va relier directement au centre. On considère qu’il faut procéder rapidement à la démolition d’un quartier fait en grosse partie de bâtiments industriels désaffectés, d’immeubles déjà détruits, et d’habitations insalubres, évacuées pour la plupart par leurs habitants, pour attirer les investisseurs. Il s’agit de ramener les habitants des classes moyennes partis vers l’extérieur grâce à des constructions de standing mêlées de façon équilibrée aux nouveaux logements sociaux et à des activités tertiaires à développer.

La Voix du Nord - 1978

La Voix du Nord – 1978

Le parking-silo, prévu face à la salle de sports qu’on vient de construire, tiendra toute sa place dans le projet, dans lequel s’insérera également l’extension du secteur piétonnier et la création d’un espace vert, mail planté le long de la future avenue. Pourtant, il n’est pas prévu de tout raser d’un coup ; les démolitions s’effectueront en phases successives, synchronisées avec les travaux de reconstruction.

Les travaux de démolition vont battre leur plein fin 1978, début 1979. Ils toucheront d’abord le secteur compris entre la rue du Vieil Abreuvoir et l’église Notre Dame, limité à l’ouest par la rue Nain, et à l’est par la rue Pellart, dont le côté impair est déjà démoli.

Photo IGN 1975

Photo IGN 1975

Les constructions du rue du Vieil Abreuvoir, dont seuls survivront au coin de la rue Nain les bureaux des contributions, logés dans l’ancienne Poste, et, à l’autre extrémité le café « Le Carillon » au coin de la rue Pellart, sont pour une bonne part des commerces. On y rencontre pourtant un nombre important d’associations : l’Association Centrale Roubaisienne, les œuvres des Catéchismes, l’Union Nationale et Républicaine, le Secrétariat familial, le secrétariat de la DRAC, l’union des Sociétés sportives de Roubaix, la Jeunesse Dramatique, l’Association des Prisonniers de Guerre du Nord, le Camping Club International, l’Amicale du personnel de direction de l’Industrie Textile, le Centre Culturel espagnol…

Les immeubles à démolir rue du vieil Abreuvoir – photo Nord Eclair 1955

Les immeubles à démolir rue du vieil Abreuvoir – photo Nord Eclair 1955

Dans les années 60, le périmètre abrite nombre d’entreprises et de négociants textiles. Dans la rue Nain, côté pair : Ridoblanc, la Manufacture de la Lys, Plasti-Décor, Mullié-Lesage, Desmarchelier et fils, Lecomte et Fils, César et Emile Pollet, ainsi que des domiciles privés. L’usine César Pollet fils, au coin de la rue des Lignes, est démolie depuis peu : on abat sa cheminée en 1976.

La rue des lignes ferme notre quadrilatère. On y rencontre également côté pair des entreprises souvent textiles : au 6 les établissements Declercq-Dupont et le Comptoir Textile de France, les établissements Robert, parfumeur en gros, au 3 la Société Anonyme Weil, fabricant de tissus, les établissements Prouvost et Bernard, les tissus Bonnel, la société industrielle d’importation de tissus, Bonnel et Flipo, Delespierre-Baeyens, et, au bout de la rue, au débouché de la rue du Pays, les établissements Lepoutre.

La rue des Lignes en 1926 – La chute de la cheminée Pollet - photo Nord Eclair

La rue des Lignes en 1926 – La chute de la cheminée Pollet – photo Nord Eclair

L’essentiel des bâtiments de la rue des Lignes vont disparaître, à l’exception des deux extrémités, côté impair, en même temps que l’ensemble du quadrilatère. Une photo de 1980, prise depuis le haut du parking-silo, nous montre une zone boueuse qui va jusqu’à la rue des Lignes et l’église Notre-Dame après les travaux de démolition. Il ne reste que quelques maisons à démolir dans les premiers numéros pairs de la rue des Lignes. Celles-ci ne survivront pas longtemps : les premiers immeubles neufs vont être érigés sur leur emplacement !

Photo La Voix du Nord Janvier 1980

Photo La Voix du Nord Janvier 1980

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix