L’origine de la cave aux poètes

Roubaix est sans aucun doute une ville de poètes, de Gustave Nadaud en passant par Amédée Prouvost fils et Louis Decottignies, Charles Droulers et Louis Catrice, sans oublier Paul Vanriet et nous n’aurons pas fait le tour exhaustif de la pratique poétique à Roubaix. Cette tradition s’est maintenue avec des journaux comme La Fauvette et Le Canard, grand rivaux de la rime, des sociétés parmi lesquelles la Muse de Nadaud et des concours plus contemporains comme ceux de la FAL ou du théâtre Tous Azimuts. En 1967, il manquait un lieu à la poésie qu’on lui trouva bientôt. Tout commence en janvier 1967 avec le projet qu’expose Pierre Prouvost alors adjoint à la culture, devant un parterre « de personnalités locales préoccupées par les problèmes de culture et d’éducation populaire ». Il s’agit de créer une association qui prendrait le nom de Poèmes et chansons de la jeunesse, afin de donner une tribune aux jeunes auteurs, compositeurs et interprètes. Vingt cinq candidatures sont envoyées au secrétariat de l’association, ce qui prouve si besoin en était, qu’il y avait bien des amateurs de poésie à Roubaix. Un comité de lecture se réunit pour sélectionner les œuvres qui seront choisies pour la première soirée poétique. Puis on se met en quête d’un local.

La visite de la cave début 1967 Photo NE

Une cave en demi-cercle située sous la scène de la salle Watremez fera l’affaire. Le décor semble adapté : des murs de briques blanchis à la chaux, des poutres de bois, du sable jeté à même le sol…On est entre les caves de Saint Germain et le caveau de la République, l’espace en moins. Poètes, diseurs, gratteurs de guitare, peintres viendront fréquenter ce nouvel espace culturel, repeint en rouge et blanc. Des tonneaux serviront de table et on se rassemblera à la chandelle. Un bar sans alcool et un vestiaire sont prévus.

Le look de la cave en 1967 Photo NM

Le 17 mars se déroule la soirée inaugurale, et le nom de l’endroit est trouvé à cette occasion, ce sera désormais « La cave aux poètes ». A partir de vingt heures vont se succéder jeunes poétes et poétesses. Les premiers à s’exprimer sur la petite estrade en bois blanc sont Serge Vleyminckx, Marie José Mascioni, Gérard Vernier, Angéla Cassaro, Bernard Baudringhin, Françoise Duval, Christian Vandenberghe, Ch Castelain, Michèle Quéret, Jean Paul Senave, Ghislaine Lietanie, Jean Trackoen, Josée Ricard, Patrick Maton, Anne France Deldique, Jean Pierre Tarrot, Alain Lesnard, Jean Baptiste Soubitesse, Denis Jean Tassart. Si l’un ou l’une de ces pionnier(e)s se souvient de cette soirée, nous serons heureux de recueillir son témoignage.

Quand la cave aux poètes était une rubrique dans le journal

Le Cercle Artistique Roubaisien

le Cercle Artistique Roubaisien en 1936 ( coll. priv. )

C’est en 1934 que Robert Carette fonde le C.A.R Cercle Artistique Roubaisien, avec quelques mordus du chant passionnés comme Mrs Dubois, Hoste, Declercq, Keyaert, Deldalle, Pollefeyt, et bien d’autres. La mission du Cercle est de préparer les jeunes au chant et de leur apprendre l’amour des beaux airs et des belles pages du patrimoine lyrique. Le quartier du Pile possède déjà une troupe lyrique d’amateurs qui se produit au sein de l’Amicale Pierre de Roubaix. Quand celle-ci cesse son activité, l’idée de fonder un groupe lyrique et théâtral recueille l’adhésion de tous. Le recrutement organisé de suite permet de rassembler de nombreux chanteurs et choristes. En 1935, le C.A.R remporte déjà un premier succès au concours de chant. Pendant de nombreuses années, le C.A.R va remporter des prix, dans divers concours, tant en opérettes et opéras, que dans les diverses catégories de chanteurs individuels.

Diplôme concours de chant ( Archives Municipales – Don  M Tartare 2017.001 )

Dans le quartier du Pile, ces concours de chant, où de nombreux talents sont découverts, sont toujours suivis par des milliers de spectateurs passionnés. Dans le groupe s’installe un esprit de camaraderie et d’entraide assez remarquable. C’est dans le café de M Prosper Hoste, au 303 rue Jules Guesde, que se trouve le siège du C.A.R et c’est un voisin bien connu des habitants du quartier qui est président d’honneur: M Louis Derryx commerçant en cycles. Dans le café de M Hoste, la salle du rez de chaussée ainsi que le premier étage sont assiégés, envahis, submergés les jours de répétition, toujours dans la joie et la bonne humeur, réunions qui se terminent toujours par l’hymne du C.A.R.

Hymne CAR ( Archives Municipales – Don M Tartare 2017.001 )

En 1948, le C.A.R remporte 43 prix individuels dont 18 premiers prix. Ce record exceptionnel fait honneur aussi bien au Comité d’Administration et à la Direction Artistique qu’aux lauréats eux-mêmes. Et si ces chiffres ne sont plus atteints par la suite, c’est qu’au fil des ans les brillants éléments de la Société sont mis « hors concours ».

 

Concours international de chant 1954 ( coll. priv. )

Les 5 et 6 Juin 1954, pour son 20° anniversaire, le C.A.R organise le Concours International de Chant Lyrique Amateur, sous le patronage de la Fédération, avec l’aide de la ville de Roubaix et du Comité de quartier. 176 personnes participent à ce concours. Une semaine avant la date, le journal local précise qu’ il y a finalement près de 200 interprètes à cette manifestation et que les horaires prévus sont avancés de 30 minutes. Le jury est composé de personnalités nationales et internationales : des professeurs de conservatoire et des directeurs d’opéra de Paris, du Luxembourg, de Bruxelles, de Sarrebruck, de Gand, de Bordeaux, de Lyon . . .

Plusieurs catégories parmi les concurrents : Soprani et Barytons à la Bourse du Travail, Boulevard de Belfort, Mezzos-Contraltos, Ténors et Basses au Conservatoire de Musique, rue de Soubise. Une foule immense vient assister à cette fête

Le Dimanche 6 Juin en fin d’après midi, pendant la délibération du jury à la Bourse du Travail, a lieu un concert du cercle Orphéonique de Roubaix. Les prix sont ensuite décernés aux meilleurs chanteurs : dans chaque catégorie, 10 prix sont distribués pour un total de 70.000 Frs.

Concours international de chant ( Nord Eclair Juin 1954 )

Dans les années 60, les temps deviennent plus difficiles ; les jeunes délaissent de plus en plus l’art lyrique et se tournent plus volontiers vers le rock and roll et la musique pop. Mais le C.A.R ne se décourage pas et continue sa tâche : diffuser le chant et la musique, la seule langue connue de tous les peuples.

En 1961, au programme, figure « La Cocarde de Mimi Pinson » et « Les Mousquetaires au Couvent ». En 1966, le Cercle Artistique Roubaisien reçoit 3 000 F de subvention pour mettre en scène « Carmen » de Bizet.

Carmen ( Archives Municipales – Don M Tartare 2017.001 )

Prosper HOSTE, président honoraire du C.A.R et du cercle symphonique Jean Macé-Pasteur, est nommé chevalier du mérite philanthropique. En mai 1969, le Cercle Artistique Roubaisien remporte le prix du festival international d’art lyrique à Vichy. Au début des années 70, le Cercle Artistique Roubaisien organise une soirée cabaret flamand à l’amicale Pierre de Roubaix, et se distingue en présentant « les cloches de Corneville » au théâtre Pierre de Roubaix. En 1973, nouveau succès pour le C.A.R : « Le pays du sourire » en janvier et « la cocarde de Mimi Pinson » en septembre, une animation sous chapiteau place Carnot en avril, avec des airs de la belle époque. L’année suivante, le Cercle Artistique Roubaisien présente « les mousquetaires au couvent ». Cinq opérettes et pour la première fois un opéra font partie des projets pour la prochaine saison.

La fille du tambour major ( Archives Municipales – Don M Tartare 2017.001 )

Les mousquetaires au couvent ( Archives Municipales – Don M Tartare 2017.001 )

Mais malgré les succès des spectacles, les difficultés sont de plus en plus lourdes et s’amoncellent : recrutements difficiles, décors très coûteux, nécessité d’un éventail de costumes impressionnant, problèmes de trésorerie. L’âge d’or est terminé. Le Cercle Artistique Roubaisien aura donné à ce quartier du Pile le titre glorieux de dernier bastion du chant lyrique à Roubaix.

La troupe du CAR en 1978 ( Archives Municipales – Don M Tartare 2017.001 )

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Remerciements aux Archives Municipales pour la documentation.

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Le bijoutier de la Grand Place

Robert Bousquet est né à Paris en 1909. Après ses études, il devient apprenti en horlogerie bijouterie. Il se marie en Juin 1930 avec Ludivine Nys qui est secrétaire sténo dactylo dans un restaurant parisien.

( Document E. Bousquet )

Robert décide de s’installer à son compte. Son épouse étant originaire de Roubaix ( rue du collège ), il ouvre sa bijouterie horlogerie en Février 1932, au 42 rue de la Vigne, dans un petit commerce qui était auparavant le magasin des meubles De Beyne. Le couple Bousquet-Nys choisit son enseigne : Au Carillon.

( Document E. Bousquet )

Robert a le sens du commerce ; il offre le café à tous les visiteurs et n’hésite pas à poser un carillon géant sur son véhicule pour faire de la publicité dans la rue de la Vigne.

( Document E. Bousquet )

( Document E. Bousquet )

En 1946, Ludivine et Robert Bousquet souhaitent déjà développer leur clientèle sur la métropole lilloise et décident donc d’être présents sur un stand à la Foire Commerciale de Lille.

( Document E. Bousquet )

Le savoir faire professionnel de Robert est reconnu de sa clientèle. Les affaires fonctionnent de façon très satisfaisante, si bien que son jeune frère Henri est appelé en renfort ; il vient l’aider au SAV horlogerie dans la boutique et emménage dans une maison voisine.

Edyth, la fille de Ludivine et de Robert naît en 1952.

( Document coll. priv. )

Avec le développement important de l’activité, la boutique devient trop petite. Robert souhaite acquérir un magasin plus grand si bien que, quand il est informé que le célèbre café de l’Univers se libère sur la Grande Place, il saute sur l’occasion et s’y installe en 1953.


( Document Archives Municipales )

Le magasin est bien sûr installé au rez de chaussée ; au 1° étage sont aménagés le bureau de Robert et les archives comptables ; au 2° étage se trouve l’atelier horlogerie, desservi par un monte charge très pratique.

Robert garde son domicile rue de la Vigne, le temps d’aménager le 1° étage du bâtiment de la Grand Place. Ludivine et Robert y emménageront plus tard en 1957.

( Document E. Bousquet )

Le magasin a une surface de vente de 95 m2, ce qui permet à Robert d’étendre sa gamme d’orfèvrerie et de joaillerie et d’ajouter des articles cadeaux et trophées sportifs. Il développe également le choix en proposant des montres de marques prestigieuses, comme Lip, Tissot, Seiko, Breitling, Omega. Il est dépositaire exclusif des produits Jaeger-LeCoultre, et présente un choix fabuleux de 1000 montres exposées dans ses 15 vitrines !

( Document E. Bousquet )

Les affaires sont prospères. Robert Bousquet investit dans la publicité pour son nouveau magasin : « Le Bijoutier de Roubaix Grande Place » . En 1954, Robert Bousquet reçoit la croix de chevalier de l’ordre du mérite commercial.

( Document E. Bousquet )

Robert aime les automobiles, et en particulier les belles voitures américaines. Sur cette photo, on aperçoit son véhicule stationné en face de son magasin, une Henry J. Kaiser d’une belle couleur bleue.

( Document E. Bousquet )

Il crée le « Club du Haut Commerce de Roubaix » qui regroupe les principaux commerçants du centre ville comme Papillon Bonte, Screpel Pollet, le restaurant Maurice, la coiffeuse Marcelle Duhamel et bien d’autres. Il en devient le président.

( Document E. Bousquet )

Imaginatif, Robert Bousquet créé le concours de l’exactitude, à la fin des années 50. Ce concours, réservé aux écoliers de Roubaix, consiste en une rédaction de textes sur l’exactitude. Très populaire auprès des roubaisiens, il est reconduit d’année en année, de 1956 à 1963. Robert n’hésite pas à distribuer, sur le trottoir de son magasin, des bulletins de participation aux élèves intéressés, et aménage magnifiquement une de ses vitrines pour présenter le concours.

( Document E. Bousquet )

Les lots sont nombreux : une montre en or, un livret de Caisse d’Epargne de 10.000 anciens francs, un voyage pour visiter l’usine Lip à Besançon et y rencontrer M. Fred Lip en personne, un déplacement en hélicoptère de la compagnie Sabena à l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 et de nombreux autres cadeaux de valeur pour les gagnants suivants.

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À suivre . . .

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Remerciements aux Archives Municipales, et à Edyth Bousquet pour son témoignage et la documentation.

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Le Lycée de jeunes filles

En 1886, les terrains situés au Huchon, entre le sentier de Barbieux et le jardin public, face au boulevard Lacordaire appartiennent à Fidèle Duhamel, habitant 13 rue du Pays. Sa femme est née Sophie Nathalie Duhamel. La municipalité va leur racheter les terrains nécessaires à l’ouverture du futur boulevard de Douai , dont les travaux commencent en 1889.

Le 12 Août 1895, l’architecte roubaisien Ernest Thibeau, au nom de MM. Derville frères, habitant la rue de Lannoy, envoie une demande de permis de construire concernant un immeuble « à usage de maison d’éducation ». C’est ainsi qu’au coin de la rue de Barbieux et du boulevard nouvellement tracé s’installent en 1896 les sœurs de la communauté Dominicaine du Rosaire, dans un établissement d’enseignement comportant internat et externat. Il comporte un bâtiment à deux étages qui présente un triple pignon côté rue de Barbieux, prolongé par un autre, plus bas, le long du boulevard, et un autre encore avec un corps à deux étages comprenant une salle des fêtes et un préau. Un troisième bâtiment en rez de chaussée suit le mur d’enceinte jusqu’à la porte principale.

La loi sur les congrégations de 1905, va provoquer le départ des religieuses. Le 9 décembre 1904, le conseil municipal décide de réutiliser les bâtiments pour y créer un collège de jeunes filles. Le nouvel établissement ouvre en octobre 1905. La municipalité commence par louer les locaux jusqu’en 1907, puis achète l’ancien couvent des dames Dominicaines aux Derville, qui en sont toujours les propriétaires.

La municipalité procède aussitôt à la construction d’une habitation pour la directrice du collège, Mme Séverin-Bourgoignon. Cette belle maison a son entrée rue de Barbieux, pratiquement en face de la grille d’entrée de la propriété Masurel et de son moulin de briques. Le collège enseigne les lettres et les sciences, mais également le dessin, la couture et la coupe, l’enseignement ménager, la musique et les langues. Selon le Ravet-Anceau, l’enseignement des cultes catholique, protestant et israélite y est également proposé.

La maison vue de la rue et du collège

L’établissement chage de vocation durant la première guerre et devient l’hôpital auxiliaire n°169 qui contribue à soigner les nombreux blessés au combat. Aussitôt après le conflit, on retrouve Mme Severin comme directrice. Celle-ci doit déployer tous ses efforts pour remettre l’établissement en état d’enseigner.

L’établissement qui comptait 232 élèves en 1911, en accueille 500 en 1932. Cette année là, on agrandit. Les travaux ont débuté à l’été 1931. On construit le jardin d’enfants entre les logements du concierge et de la directrice rue de Barbieux, et surtout on ajoute un bâtiment en forme de U pris sur l’emplacement des serres municipales. Il comprend des salles de classes et des locaux destinés à l’internat, ainsi qu’au sous-sol, la cuisine et un réfectoire. Les agrandissements sont inaugurés en septembre 1935. La directrice est alors Mlle Couteaux et le collège devient Lycée de jeunes filles, avec un effectif de 613 élèves.

Photos Delbecq (Archives municipales) et IGN (1947)

Mme Brincourt va ensuite diriger le Lycée jusqu’en 1950, remplacée en 1952 par Mme Moulier-Brunel, alors que l’établissement comporte 900 élèves. Cette année voit la création de l’association de parents d’élèves. L’année suivante, en 1953, Mme Duthoy, une ancienne élève de l’établissement, prend sa direction. En 1954 on récupère le reste du terrain des anciennes serres municipales pour y faire un terrain de sports. Le Lycée possède alors deux dortoirs et deux réfectoires, mais Nord Matin assure néanmoins que la place manque, et qu’il sera nécessaire d’agrandir encore l’établissement.

1966 voit l’édification, en face du Lycée, en traversant la rue de Barbieux, de l’école Anatole France, qui va décharger l’établissement de ses classes maternelles et primaires. Néanmoins la décision est prise de construire des locaux supplémentaires. Les travaux débutent l’hiver suivant.

Photo Nord Eclair

Il s’agit de construire côté boulevard de Paris un immeuble pour les logements des administratifs et dans le prolongement du bâtiment de 1935, les bureaux de l’administration entourant un patio, ainsi que la loge du concierge et la nouvelle entrée principale, ouvrant sur l’avenue Le Nôtre. Perpendiculairement au boulevard de Douai, d’autres bâtiments abriteront des classes, une piscine et des salles de sport. Des terrains de sports seront aménagés le long de la rue de Barbieux.

Document Nord Eclair

La conduite des travaux d’extension est confiée aux architectes Guy Lapchin, Luc Dupire et Constant Verdonck. L’aspect du Lycée, vu de l’avenue Le Nôtre, est radicalement changé.

Le bâtiment administratif et la piscine

La communauté urbaine décide en 1968 de procéder à la dénomination des établissements scolaires sur proposition des municipalités. Le 19 mai 1969, le conseil municipal choisit le nom de Baudelaire.

Il reste encore à construire un nouveau réfectoire. Celui-ci prendra place au coin du boulevard de Douai et de la rue de Barbieux. Sa construction nécessitera la démolition de l’ancienne maison de la directrice et du jardin d’enfants. Le nouveau bâtiment est constitué d’un corps avec un étage, auquel conduit une partie basse qui s’appuie sur l’ancien bâtiment d’enceinte dont l’aspect extérieur, tout comme celui de l’ancienne porte d’entrée qui a été conservée, ne change pas. La nouvelle demi-pension est fonctionnelle en 1997.

Le nouveau réfectoire. Photo site Cité Scolaire Baudelaire

Les autres documents proviennent des archives municipales, du site de l’Institut Géographique National, et d’une collection particulière.